Attraction du pronom relatif
4° En grec, si le relatif doit être à l'accusatif et que son antécédent soit au génitif ou au datif, le relatif s'accorde le plus souvent en cas avec son antécédent ; c'est ce qu'on appelle attraction du relatif.
Cette construction est d’ailleurs bornée aux cas où la proposition relative étant absolument nécessaire pour déterminer le sens de l'antécédent se trouve ainsi étroitement unie à la proposition principale.
Ex. : PLar., Euthyphr., 14e : τίς ἡ ὠφέλεια τοῖς θεοῖς τυγχάνει οὖσα ἀπὸ τῶν δώρων ὧν παρ᾽ ἡμῶν λαμθάνουσιν ; — ]socr., VII, 32 : τοῖς ἀγαθοῖς οἷς ἔχομεν ἐν τῇ ψυχῇ, τούτοις χτώμεθα χαὶ τὰς ἄλλας ὠφελείας. Etc.
| Χέν., Cyr. I, 3, 2 : Μήδων ὅσων ἑόραχα ἐγὼ ὁ ἑμὸς πάππος χάλλιστος. — Isoc., IX, 48 : χρὴ τὰς πόλεις διοιχεῖν τοιούτοις ἤθεσιν οἵοις Εὐαγόρας εἶχεν. Cf. Χέκ., Hipp., 4,5 : τῶν ἵππων ὑπαρχόντων οἵων Se τοὺς ἱππέας αὖ ἀσχητέον.
REMARQUES. — I. Quand cette attraction a lieu, le pronom qui devrait servir d'antécédent au relatif est omis, s'il n’est pas joint à un substantif*.
Ex. : XÉN., Cyr., 1, 6, 45 : πολλοὶ ἐπιθυμήσαντες χύριοι εἶναι πάντων διὰ ταῦτα χαὶ ὧν (= χαὶ τούτων ἃ) εἶχον ἀπέτυχον. — DÉm., XVIII, 48 : Θηδαῖοι οἷς ηὐτυχήχεσαν ἐν Λεύχτροις où μετρίως ἐκέχρηντο. XIX, 246 : ἀφ᾽ ὧν ἴστε αὐτοὶ τὰ πράγματα χρίνειν δεῖ. — ISOCR., XV, 196 : μέλλουσιν ἑτέραν μεταλήψεσθαι δόξαν ἀνθ᾽ ἧς νῦν τυγχένουσιν ἔχοντες. Etc.
ΤΠ. Si l’antécédent est un substantif, on le place souvent, sans article, dans la proposition relative elle-même (voy. ci-après, 8 695, 4° RE. I, p. 789).
1. Les appositions explicatives à un mot isolé οἱ non à loutc la proposition peuvent être précédées de is qui.
Ex.: Cic., de Div., 1, 19, 36: contemnamus etiam Babylonios. eos qui numeris stellarum cursus et motus persequuntur. De Nat. deor., 1, 13, 55 : mec audiendus Theophrasti auditor Strato, is qui physicus appellatur. De Sen. 4,10 : ego Q. Maximum, eum qui Tarentum recepit, senem adulescess ita dilexi ut æqualem. Etc.
2, Toutefois l'omission du pronom, bien que très ordinaire, n'est Das obligataire, et il y a des cas où les auteurs (quelquefois pour des raisons d'harmonie ou de clarté, cf. Kaïoux, Griech. Sprachl., 3 51. 10, 2) non seulement l'expriment, mais encore ne font pas l'attraction du relatif.
Es.: Prar., Buthyph., 15 a : Gp’ οἴει τοὺς θεοὺς ὠφελεῖσθαι ἀπὸ τούτων ἃ παρ᾽ ἡμῶν
λαμθάνουσιν ; εἴ. Gorg., 520 : τοῖς σοφισταῖς οὐχ ἐγχωρεῖ μέμφεσθαι τοῦ τῳ τῷ πράγμακτε ὃ αὐτοὶ παιδεύουσιν. Etc.
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HI. Si, dans une proposition relative ayant pour attribut l'adjectif οἷος (ou ἡλίκος), on supprime le verbe être, non seulement οἷος, mais encore le sujet de la proposition relative se mettent au cas de l'antécédent!.
Ex. : XÉN., Mém., II, 9, 3 : πολλῷ ἥδιόν ἐστι χαριζόμενον οἵῳ σοὶ ἀνδρὶ (au lieu de ἀνδρὶ οἷος σὺ el) ἢ ἀπεχθόμενον ὠφελεῖσθαι. Cf. ARISTOPH., Assembl., 465 : ἐχεῖνο δεινὸν τοῖσιν ἡλίκοισι νῷν.
2 En latin, cette attraction est fort rare et peu correcte.
Ex. : Connir., Rhet. ad Her., 1, 7, 11 : apertis rationibus quibus (ΞΞ quas) præscripsimus. — T.-Live, I, 29, 4: quibus quisque poterat elatis (— elatis 115 quæ quisque poterat [efferre]). IV, 39,9 : quibus poterat sauciis ductis secum. X, 40, 8 : quanto maxime (maximo Madvig) posset moto pulvere’. Cf. Hon., Sat. 1, 6, 14-15 : notante | judice quo nosti populo (au lieu de quem nosti)*.
REMARQUE. — Les pronoms quivis et quilibet (cf. en grec ὃς βούλει, PLAT., Gorg., 517 b) ne sont pas pour is quem vis, is quem libet, et ne s'expliquent pas par une attraction.
L'origine doit en être cherchée dans des phrases comme quem vis (quem libet) elige, cui vis (ou libet) probabis, cujus vis (ou libet) admirationem consequi potes; la langue s'étant habituée à voir dans ces formes les divers cas d'un pronom créa, par analogie, un nominatif quivis, qui, par lui-même, n'a pas de sens.
694. — 1° En grec, il est plus rare que, par une attraction inverse, l’antécédent se mette au même cas que le relatif.
Ex. : XEN., Hell.,], 4,2 : ἔλεγον ὅτι Λακεδαιμόνιοι πάντων ὧν δέονται πεπραγότες εἶεν παρὰ βασιλέως. — Lys. ΧΙΧ, 41: τὴν οὐσίαν ἣν χχτέλιπεν οὐ πλείονος ἀξία. ἐστίν. — Isocr., VI, 48 : τὴν
ἐν ἐμπειρίαν οὐ μᾶλλον τῶν ἄλλων ἔχομεν, πολιτείαν Υ οἵαν εἶναι χρὴ παρὰ μόνοις ἡμῖν ἐστιν. Etc.
REMARQUES. — I. Cependant cette attraction inverse est de règle dans l'expression toute faite οὐδεὶς ὅστις οὐ, tout le monde, qui est pour οὐδεὶς ἔστιν ὅστις οὐ..., il n'est
personne qui ne... pas.
En effet, au lieu de dire οὐδεὶς ἔστιν ὅτου, ὅτῳ, etc., on dit toujours (en supprimant le verbe εἰμί) οὐδενὸς ὅτου οὐ..., οὐδενὶ ὅτω οὐ...., etc.
Ex.: PLAT., Théél., 118: πάντων μέτρον ἄνθρωπός ἐστιν, λευχῶν, βαρέων, χουφῶν, οὐδενὸς ὅτου οὐ τῶν τοιούτων. Méner., 10 : Γοργίας οὐδενὶ ὅτῳ οὐκ ἀπεχρίνετο. — DÉM., XVIII, 200 : οὐδένα χίνδυνον ὅντιν᾽ οὐχ ὑπέμειναν οἱ πρόγονοι. Etc.
RON πὰρ GE
1. Voy. Cucuaz-Rinarx, Synt. grecque, p. 20 (Rex. Il). 3. Ce sont les trois seuls exemples de cette attraction chez Tite-Live. On remarquera que les phrases où ils se trouvent ont toutes la mème forme elliptique. Yoy. Ο. Rizxanx, Études sur. Tile- Live, 2° éd., ἡ 3. Un exemple comme celui-ci :
Cis., de Bell. Gall., Y, 2,3 : sescentas ejus gener1is cujus supra demonstravimus naves….. invenit n'est pas tout à fait concluant : on pourrait, à la rigueur, expliquer Cujus par une ellipse : ejus
generis cuis (eas fuisse) supra demonstravimus (cf. Tan., Heaut., 87 : scire hoc vis 1 — Hac quidem causa qua tibi dixi {s.-ent. me velle hoc scire]). Voy. O. Rizmamx, Synt.
Zat., $ 16.
II. On trouve une attraction analogue dans l'association d'un adjectif avec ὅσος, comme θαυμαστὸς ὅσος, θαυμαστοῦ ὅσου, etc., locutions qui remplacent θαυμαστόν ἐστιν ὅσος, ὅσου, etc.
Ex. : ARISTOPH., Plutus, 150 : ἣν περὶ αὐτὸν ὄχλος ὑπερφυὴς ὅσος. — PLAT., Rép., 350 : ὡμολόγησε ταῦτα ἑλχόμενος καὶ μόγις, μετὰ ἱδρῶτος θαυμαστοῦ ὅσου. Εἰο.΄.
2o En latin (contrairement à ce qui a lieu en grec), l'attraction du substantif antécédent est assez fréquente; en ce cas le substantif est presque constamment placé après le relatif *.
a) Cette attraction inverse* a lieu quelquefois lorsque la proposition relative précède.
Ex. : Cc, Ad Att., XI, 51: ad Cæsarem, quam misi epistulam, ejus exemplum fugit me tibi mittere. P. Sulla, 33, 92: quæ prima innocentis mihi defensio est oblata, suscepi. De Nat. deor., Il, 60, 152 : quas res violentissimas natura genuit, earum moderationem nos soli habemus. Etc.
REMARQUE. — Cette attraction ἃ lieu dans la langue familière, lors même que la proposition relative suit son antécédent pronominal exprimé ou sous-entendu.
Ex. : TÉR.. Andr., prol. 3 : poeta id sibi negoti credidit solum dari | populo ut placerent, quas fecisset fabulas. — Hor., Sat., 1, 10, 26 : πὶ scripta quibus comœdia prisca viris est, | hoc stabant. Etc.
b) L'attraction inverse a presque toujours“ lieu quand l'idée signifiée par le substantif antécédent est rapportée mentalement en apposition à un mot ou à une proposition antérieure.
Ex. : Cés., de Bell. Gall., I, 10, 1: Santones non longe a Tolosatium finibus absunt, quæ civitas est in provincia. — Cic., ad Att., V, 20,3: Amanus Syriam a Cilicia dividit, qui mons erat hostium plenus sempiternorum. De Am., 11, 62 : amici
4. C'est de la mème façou que θχυμαστῶς ὡς est devenu une locution adverbiale signifiant « étennamment ». On a eu successivement, par exemple : θαυμαστόν ἐστιν ὡς σοφός ἐστι, puis θαυμαστὸν ὡς σοφός ἐστι, puis, par attraction inverse, θαυμαστῶς ὡς σοφός ἐστιν.
2, La construction urbem quam statuo vestra est (Vina., Én., 1, 573) est exceptiannelle (εἴ. cependant Pravre, Amph., 1009 ; Curc., 410 ; Bacch., 935 ; Capt., 1 ; Tén., Eun., 653; Heaut., 138; Ad., 807; Séniqua, Herc. Œt., 410; Péraonm, Sut., 134).
3. Si l'on veut rester dans les limites étroites de la définition fixée par certains grammairiens, il faut reconnaitre que le latin, sauf dans la langue familière (voy. KÜaxan, ausf. Gramm. der lat. Spr., £ 193, 10, p. 847), ne fait pas grand usage de l'attraction inverse non plus que le grec. Toutefois il nous semble difficile de ne pas voir dans les constructions examinées au ὃ 694, 2° ἃ, b, 6, de véritables attractions invorses, ct c'est pour cela que nous avons suivi dans la rédaction de ce paragraphe la doctrine adoptée par Cn. Turnot, Cours de Grammaire, noles autographiées, p. 204 et suiv. D'autres, tout en reconnaissant qu'il v a attraction, traitent de ces questions au chapitre de la construction de l’antécédent (vor. par ex. KGuxen, our. cité, $ 195, δ. p. 865).
4. C'est à partir de T.-Live que l'on parait renoncer à appliquer constamment cette règle.
Ex. : T.-Live, I, 44, δ: pomœrium postmœærium interpretantur esse; est autem -magis circam@rium, Jocus, quem ... consecrabant (mais ici il y a une raisoe particulière ; l'auteur veut appuyer sur l'antécédent locus); cf. IV, 46, 10 : IX, 29, 9 ; XXI, 7, 4; XXIV, 4,5; Vases, 11, 17, 4, etc. Voy. Κῦππεμ, ausf. Gremm. der lat. Sprache, 8 195, 4 (p. 866).
sunt firmi et stabiles et constantes eligendi, cujus generis est magna penuria. De Sen., 4, 10: quæstor deinde factus sum, quem magistratum gessi consulibus Tuditano et Cethego (app. à l’idée de quæsturam implicitement contenue dans quæstor factus sum). — T.-Live, II, 35 : peregrinum frumentum, quæ sola alimenta ex insperato fortuna dedit, ab ore rapitur. 1V, 44, 12: eodem anno a Campanis Cumæ, quam Græci tum urbem tenebant, capiuntur. Etc.
c) Cette attraction a ordinairement lieu quand le substantif antécédent a avec toute la proposition principale un rapport que le latin exprime assez souvent par l'ablatif de qualité ou par la préposition pro' et le français par la préposition avec: ce tour est surtout fréquent dans la langue familière.
Ex. : Gc., p. Cæl., 19, 45 : copiam sententiarum et verborum, quæ vestra prudentia est, perspexistis. 4d Fam., XI, 13, 1 : qua prudentia es, nihil te fugiet. VII, 2, 1 : si mihi negotium permisisses, qui meus in te amor est,confecissem. De Of., 1, 1, 113 : Ajax, quo animo traditur (s.-ent. fuisse), millies oppetere mortem quam 1118 perpeti maluisset. Etc.