‹ Grammaire comparée du grec et du latinChapitre 263 sur 306 · Sur ἐστιν οἵ. ..., ΤΟΥ͂. ci-dessus, $ 6, p · texte numérisé non relu

Sur ἐστιν οἵ. ..., ΤΟΥ͂. ci-dessus, $ 6, p

$. Remarquez, à ce propos, que dans l'expression εἰσὲν οἵ .... l'indéfini τίνες peat étre exprimé entre le verbe εἰσίν et le relatif.

-. Ex.:Lrs., XIII, 17 : εἰσί τινὲς οἵ χωλύσουσιν.

Ex.: XÉN., Écon., 3, 12 : ἔστιν ὅτῳ πλείω ἐπιτρέπεις ἢ τῇ γυναιχί; Etc.

On trouve très souvent des exemples comme celui-ci :

Lys.: οὐχ ἄν εἴη ὅστις οὐχ ἐπὶ τοῖς γεγενημένοις ἀγανχχτοίη.

2° En latin, la proposition relative n’est ordinairement assimilée à un substantif que dans le cas où le substantif mis à la place de la proposition serait au nominatif ou à l’accusatif.

Ex. : Cic., de Am., 22, 82: maximum ornamentum amicitiæ tollit, qui ex ea tollit verecundiam. — Sac, Cat., 31,3: quibus (= ii quibus) opes nullæ sunt bonis invident. 16., 58 : quem neque gloria neque pericula excitant frustra hortere.

Quant à l'antécédent, il peut arriver qu'il soit sous-entendu même dans le cas où il eût été à un cas autre que le relatif.

Ex. : Cic., Tusc., V, 1,20: Xerxes.. præmium propesuit, qui (— ei qui) invenisset novam voluptatem. De Rep., 11, 29, 51: non novam potestatem nactus, sed quam (— ea quam) habebat usus injuste. — Conx. Nér., Dion, 9, ὃ : Quam... sit... mise-

-randa vita qui (— eorum qui) se metui quam amari malunt. Cf. Sais, Cat., 31, 3 (exemple cité plus haut). Etc.

REMARQUES. — J. Dans certains cas le relatif employé ainsi sans antécédent a le sens de si quis (voy. l'exemple de Corn. NÉP., Dion, 9, 5, où qui pourrait être remplacé par si qui et cf. ci-dessus, 8 696, 10, Rex. ]l)!.

IL. Sur l'emploi de sunt qui.…., il y a des gens qui, voy. ci-dessus, p. 435, 0.

697. — Manière de suppléer un second relatif. — Là où il devrait y avoir deux propositions relatives reliées par une conjonction copulative, le grec et le latin remplacent le plus souvent le second relatif par un pronom démonstratif.

Ex. : PLat., Gorg., 452 ἃ : τί ἐστι τοῦτο, ὃ φὴς σὺ μέγιστον ἀγαθὸν

Cic., Brut., 14, 258: Omnes tum fere qui nec extra urbem

hanc vixerant nec eos aliqua barbaries domestica infuscaverat recte loquebantur. Etc.

REMARQUE. — Lorsque, dans cette construction, le démonstratif devrait être au nominatif, il ne s'exprime pas.

Ex.: XÉN., An., INT, 1, 11: ἡμᾶς, οἷς χηδεμὼν μὲν οὐδεὶς πάρεστιν, ἐστρατεύσαμεν δ᾽ (s.-ent. αὐτοί) ἐπ᾽ αὐτόν, τί ἂν οἰόμεθα παθεῖν ; Etc.

4. C'est peut-être l'habitude de sous-entendre l'antécédent qui a condait les Latins à employer réellement Qui daus le sens de si quis.

Es.: Puaurs, Asin., 321 : ista virtus est, quando usust, qui malum fert fortiter. Sue cette construction propre à l’époque archaïque, τοῦ. KOuxen, ausf. Grammatik der lateinischen Sprache, ὃ 193, 12, p. 849.

SALL., Jug., 101, 5 : cum peditibus quos Volux….. adduxerat neque (s.-ent. ii) in priore pugna adfuerant. Cf. in Verr., Il, 4, 5, 9: mancipium..., quo et omnes utimur et (s.-ent. id) non præbetur a populo. Etc.

ὃ 5. — L'article!.

698. — Définition. — L'article est un pronom démonstratif? que l'on ajoute au substantif pour marquer que l'étendue donnée à sa signification est déterminée.

Le substantif déterminé peut l'être en deux manières : dans une portion déterminée ou bien dans la totalité de son étendue.

4° Le substantif peut être employé d'un ou de plusieurs individus déterminés, l'homme, les hommes c.-à-d. l'individu, les individus Οὐ bien d’une ou de plusieurs espèces du genre qu'il exprime : les animaux qui vivent dans l'eau, etc.

Dans ces deux cas, le substantif est pris dans une portion déterminée de son étendue. |

2 Le substantif déterminé peut être pris dans la totalité de son étendue, quand il désigne l'espèce entière ou le genre tout entier : l'homme est mortel; les animaux respirent.

L'article ne marque pas par lui-même cette différence, c'est le sens général qui l'indique”.

1. Le mot est emprunté du latin articulus, traduction du grec ἄρθρον, par lequel les grammairiess grecs désignaient à la fois le relatif et l'article (cf. Dexrs 1x Tanace, p. 640; Aporr. Dvscois, περὶ συντάξεως, p. 43-45); pour eux, le relatif ὅς était ἄρθρον ὑποταχτιχόν « article postérieur », parce qu'il se place en général après le mot (antécédent) qu'il détermine, tandis que l'article était ἄρθρον προταχτιχόν « article antérieur », parce qu'il se place devant le nom. C'est seulement de nos jours qu'on a établi une théorie scientifique de l'article.

2. L'étymologie et la grammaire historique sont iri d'accord. Non seulement ce que nous appeloss l'article joue dans Homère (sauf dans un petit nombre de cas) le rôle d’un véritable démonstratif, mais conserve encore le sens démonstratif dans certaines locutions employées en prose attique : 6 “2. δὲ... « l'un... l'autre (à tous les cas) »; τὸ μέν... τὸ δέ... et τὰ μέν... τὰ δέ... « d'un côté... de l'autre » ; au nominatif, ὃ δέ u mais lui », et à l'accusatif, τὸν δέ, dans une proposition infinitive, « mais que lui... »; de même encore, dans une proposition inflaitive, χαὶ τόν « et que lui... » (pour le nominatif, qui est χαὶ ὅς, voy. ci-dessus, p. 783, n. 3); τὸν καὶ τόν « telle personne et telle autre », τὸ χαὶ τό « telle chose et telle autre » ; πρὸ τοῦ α avant cela, auparavant » ; enfin on convait l'emploi de l'article comme antécédent du relatif (en pareil cas, l'article est à un cas autre que le nominatif et précède immédiatement le relatif, cf. Lrs., XXII, 8: τόν τε Εὐθύχριτον... καὶ τὸν ὃς ἔφη δεσπότης τούτον εἵναι,μάρτνρας παρέξομαι). Voy. Küuxen-Gentu, ausf. Gramm. der gr. Sprache, p. 575-578.

Cofament la signification de ce pronnm démonstratif est en quelque sorte transposée et se trouve confisquée au profit de la syntaxe, c'est ce que montre fort bien M. Baéaz, Essai de Sémantique, p. 231, en prenant comme exemple notre article français « le », qui représente le latin ille : « Ce dernier servait à montrer les objets ou les pronoms: magnus ille Alexander ! — Ita ille faxit Juppiter! Mais avec le temps, le geste démonstratif s'est réduit à une simple indication grammaticale : « La personne dont je t'ai parlé hier. — Les pays que nous avous traversés. » L'article ne figure ici que comme antécédent du pronom relatif. Il est devenu un outil grammatical. »

8. Cette définition est de Cu. Taunor. Cours professé à l'Ecole normale (d’après les notes recueillies par H. Goelzer).

699. — Article joint aux substantifs. — Quand l’article est employé pour marquer que la signification du substantif est restreinte à une partie déterminée de son étendue,

4° Le substantif désigne un objet connu de celui à qui l'on parle. a) Soit parce qu'il a été mentionné antérieurement :

Ex. : Χέν., Cyr., 1, 3, 9-42 : οἱ épnoo δέκα Etn χοιμῶνται περὶ τὰ ἀρχεῖα... "ἐπειδὰν δὲ τὰ δέκα ἔτη διατελέσωσιν χτλ. les jeunes gens veillent pendant dix ans autour des édifices publics. : puis, quand ils ont passé les dix ans dont je viens de parler, etc.

b) Soit parce qu'il est présent aux sens ou à l'esprit : Ex. : XEN., An., VI, 3, 21 : ἄνδρες ἴωμεν ἐπὶ τοὺς ἄνδρας (cf. en fr. : marchons à l'ennemi). — Tauc., IV, 9, 2 : ἐδούλετο τὴν μάχην ποιῆσαι. Etc.

c) Soit parce qu'il est connu de tout le monde :

Ex. : Puar., Tim., 20 : τῶν ἑπτὰ σοφώτατος ἦν Σόλων. — Tue. 1, 11, 2 : οἱ Τρῶες τὰ (comme on sait) δέχα, ἔτη ἀντεῖχον. Etc.

2° Le substantif désigne une personne ou un objet déterminé par le sens général de la phrase.

a) Il remplace alors un pronom possessif :

Ex. : XEN., An., 1, 8, 3 : Κῦρος χαταπηδήσας ἀπὸ τοῦ ἅρματος τὸν θώραχα ἐνέδυ χαὶ ἀναδὰς ἐπὶ τὸν ἵππον τὰ παλτὰ εἰς τὰς χεῖρας ἔλασε᾽. — Isocn., 1, 14 : τοιοῦτος γίγνου περὶ τοὺς γονέας οἴους ἂν εὔξαιο περὶ σεαυτὸν γενέσθαι τοὺς σεαυτοῦ παῖδας. Etc.

b) Il exprime un rapport de convenance :

Ex. : Cuæn£uon (cité par Srosée, p. 19, 25) : γένοιτό μοι τὰς χάριτας (la reconnaissance que je lui dois) ἀποδοῦναι πατρί. - Σέν., Cyr., 1,3,8 : οἱ τῶν βασιλέων οἰνοχόοι τοῖς τρισὶ δαχτύλοις (avec les trois doigts destinés à cet usage) ὀχοῦντες τὴν φιάλην. — Dés., XVIII, 103 : τὸ μέρος τῶν ψήφων (le nombre exigé de suffrages) οὐ λαδὼν ἀπέτισς τὰς πενταχοσίας δραχμάς (168 cinq cents drachmes [d'amende] fixées par ἴα loi). Etc.

0) Il exprime un rapport de distribution :

, 4 , φ ‘ | Ex. : Tavc., VII, 62, 3: σχήσουσι τὴν πάλιν ἀνάχρουσιν τῆς (de chaque

vaisseau) προσπεσούσης νεώς. — Χέν., Anab. I, 3, 21 : ἔδωχεν ἀντὶ δαρειχοῦ τρία ἡμιδαρεικὰ τοῦ μηνὸς τῷ στρατιώτῃ (à chaque soldat par mois).

4. Le latin, qui n’a pas d'article, se cnntente de ne pas exprimer le possessif, quand il ne peut y avoir de doute sur le possesseur : patrem diligo (diligis, diligit).

d) Il exprime le rapport de la partie au tout :

Ex. : Χέν., Hell., ΝΠ, 5, 10 : ἀπῆσαν τῶν λόχων δέχα. ὄντων οἱ τρεῖς (trois sur dix). — Mén., Sent., 112: 6i μὴ φυλάξεις μιχρ᾽, ἀπολεῖ τὰ μείζονα. Cf. Eun., Jon, 1: ζητῶν τὰ πλείον᾽, εἶτα πάντ᾽ ἀπώλεσεν.

Tauc., 1,10,9 : Λαχεδαιμόνιοι Πελοποννήσου τῶν πέντε τὰς δύο μοίρας νέμονται (les deux cinquièmes du Péloponnèse)!.

e) Il exprime une approximation avec les noms de nombre.

Ex. : Puar., Rép., 460 e : δοχεῖ μέτριος χρόνος ἀκυῆς τὰ εἴχοσιν ἔτη γυναιχί, ἀνδρὶ δὲ τὰ τριάχοντα (l'époque moyenne de la pleine force se place pour la femme vers vingt ans et pour l'homme vers trente, — Χέν., Cyr., 1, 2, 135 : λέγονται Πέρσαι auoi τὰς δωδεχα μυριάδας εἶναι, on dit que le nombre des Perses est d'environ cent vingt mille hommes. Etc.

3° L'extension du substantif est limitée à des individus par un adjectif, une proposition relative ou un complément (ὁ ἀγαθὸς ἀνήρ, ὁ τῶν ᾿Αθηναίων δῆμος, n πόλις ἣν ἐπολιορχοῦμεν, etc.).

REMARQUE. --- On supprime souvent l'article :

4° Avec les noms propres (Θουχυδίδης ᾿Αθηναῖος, Æevopüiv ᾿Αθηναῖος), sauf quand on veut marquer que la personne désignée est connue pour une raison quelconque (0 Σωχράτης, Socrate le philosophe bien connu, Socrate dont nous avons parlé).

20 Avec βασιλεύς désignant le roi de Perse, parce qu'il équivaut à un nom propre (cf. μέγας βασιλεύς, le grand roi) et, pour la même raison, avec ἄστυ, la ville par excellence, Athènes.

3° Avec le pluriel des noms de famille et de peuple (᾿Ασχληπιάδαι [PLAT., Rép.,

406 a], Αθηναῖοι, Βοιωτοί, ᾿Αργεῖοι, Λαχεδαιμόνιοι [XÉN., Hell., IV, 4, 1} ἢ, Ἕλληνες χαὶ βάρθαροι [XÉN., Bang., 4, 48]) ὃ.

4° Avec les noms de fêtes (ex. : Δήλια, les fêtes de Délos [XÉN., Mém., IV, 8, 3]).

$o Avec les noms de vent (cf. XÉN., An., V, 1, 7 : βορέας μὲν ἕξω τοῦ Πόντου ἐς τὴν ᾿Ελλάδα φέρει, νότος δὲ εἴσω εἰς Φᾶσιν).

6° Avec les noms d'’astre ἥλιος, σελήνη (PLAT., Gorg., 451) et avec οὐρανός, γῆ, ] qui, désignant des objets seuls de leur espèce, n'avaient pas besoin d'être déterminés par l'article“.

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