Place de l’article
4° Quand un nom propre est construit en apposition à un nom commun qui l'annonce, le nom commun prend l'article et souvent aussi le nom propre.
Ex. : Dés, 111, 10 : ὃ ἀδελφὸς ὃ ᾿Αρεθούσιος οὐδένα, εἴα ὠνεῖσθαι.
REMARQUES. — I. Les noms propres de fleuves ou de montagnes, s'ils sont du même genre que le nom générique qui leur sert d'apposition se placent entre l’article et ce nom générique (cf. à Εὐφράτης ποταμός, le fleuve de l'Euphrate; τὸ Πήλιον ὄρος, τὸ Αἰγάλεων ὅρος, le mont Pélion, le mont Ægaléc).
Mais si le nom propre n’est pas du même genre que son apposition il faut mettre l'article devant l'apposition (cf. [ὁ] Πίνδος τὸ ὄρος, [ἡ] Γεράνεια τὸ ὅρος).
II. L'apposition à un nom propre de personne prend l'article quand elle désigne quelque chose de connu ou une qualité distinctive.
Ex. : XÉN., Anab., 1,4, 7 : Ξενίας ὁ ᾿Αρχᾶς, στρατηγός, ἀπέπλευσεν. Cf. ARIST., Nuées, 1187 : ὃ Σόλων ὁ παλαιὸς ἣν φιλόδημος τὴν φύσιν. Etc.
2 Quand un adjectif ou une locution adjective est construite comme épithète, l'article (s'il y a lieu de l'employer) précède toujours immédiatement l'épithète. On place le premier le terme sur lequel on veut appeler l'attention.
Ex. : Piar., Rép., 545 ἃ : πῶς ποτε ἡ ἄκρατος δικαιοσύνη πρὸς ἀδικίαν τὴν ἄκρατον ἔχε: εὐδαιμονίας πέρι; Etc.
REMARQUES. — I. L'épithète d’un pronom personnel exprimé ou contenu dans la désinence verbale prend l'article au cas où elle l'aurait eu dans une autre construction.
Ex.: PLAT., Lois, 101 : τὴν περὶ Σαλαμῖνα ναυμαχίαν ἡμεῖς ys οἱ Κρῆτες τὴν Ἑλλάδα φαμὲν σῶσαι. Jon, 532 : χαίρω ἀχούων ὑμῶν τῶν
σοφῶν. — DÉM., XXIX, 45 : οὐχ ἐδούλετο τὸν ὑὸν à πένητα χαταστῆσαι. Etc. | |
PLATON, Lois, 680 : où σφόδρα χρώμεθα oi Κρῆτες τοῖς Eevixoïc ποιήμασιν. Etc.
IT. Le substantif qui précède l'épithète prend l’article dans tous les cas où il l'aurait eu dans une autre construction.
Ex. : DÉM., XXIV, 207 : νόμος αἰσχρὸς ὅταν χύριος ἢ. τῆς πόλεως ἥνειδός ἐστι τῆς θεμένης (l'article désigne ici une certaine classe de villes et marque le genre).
XÉN., Mém., IV, 5, 11 : τί διαφέρει ἄνθρωπος ἀχρατῆς θηρίου τοῦ ἀμαθεστάτου (θηρίου sans article désigne un animal quelconque, l'article devant le superlatif oppose l'animal le plus grossier à tous les autres animaux grossiers) !.
1. Cn. Tuuaor. Cours de Grammaire, etc. (notes autographiées), p. 247. J'ai cru bien faire, toutes les fois que cela m'a été possible, de prendre pour guide dans la rédaction de ce chapitre le rorne fait par mon ancien maitre du travail de Kaïasa, Griech. Sprachlehre, ὃ 50.
111. Quand le substantif est construit avec un adverbe, l'adverbe est placé comme l'adjectif épithète.
Ex. : Tauc., 1, 47,3: οἱ γὰρ ταύτῃ ἠπειρῶται ἀεί ποτε αὐτοῖς φίλοι εἰσίν. Ι, 130, 1 : ὁ Παυσανίας ἐν μεγάλῳ ἦν ἀξιώματι διὰ τὴν ιᾶσιν ἡγεμονίαν. — PLAT., Rép., 589 ἃ : τοῦ ἀνθρώπου ὃ ἐντὸς ἄνθρωπος ἔσται ἐγχρατέστατος. --- Isocr., ἸΥ͂, 158 : οἱ σατράπαι οὐ χαταισχύνουσ: τὴν ἐκεῖ παίδευσιν. Etc.
3° Le génitif possessif et celui des pronoms réfléchis sont considérés comme les équivalents d'un adjectif épithète et se construisent le plus souvent comme lui (n τῶν Περσῶν &oyn!, et νου. ci-dessus, p. 414, Rex. ΠῚ“.
4 Le génitif partitif et celui des pronoms personnels non réfiéchis (cf. ci-dessus, p. 111, Rex. III) se placent le plus souvent devant le substantif accompagné de son article (cf. τῶν ᾿Αθηναίων οἱ γεραίτατοι, les plus anciens des Athéniens, etc.).
δ᾽ Quand plusieurs déterminations (adjectif, génitif possessif, adverbe, préposition avec complément) sont unies par l'article à un substantif, on peut ou bien les enclaver entre l’article et le substantif ou bien enclaver les unes et placer les autres après le substantif en employant l’article.
Ex. : Χέν., Hell, VII, 4, 38 : ἔπεμπον εἰς τὰς ἄλλας ᾿Αρκαδικὰς πόλεις. | PLaron, Bang., 209 ἃ: xat εἰς Ὅμηρον ἀποὐθλέψας xai ᾿Ησίοδον χαὶ τοὺς ἄλλους ποιητὰς τοὺς ἀγαθούς. — Escane, Il, 44 : τῶν ἐπὶ τοῦ βήματος παρ᾽ ὑμῖν λόγων ὑμεῖς ἀχηχόατε. Tauc., 1, 108, 3 : οἱ ᾿Αθηναῖοι τὰ τείχη τὰ ἑαυτῶν τὰ μαχρὰ ἐπετέλεσαν. Εἰς. "ἊΣ Ι REMARQUES. — I. Toutefois quand le substantif accompagné de l'article signifie une action, on peut placer après lui une détermination consistant en une préposition avec son complément, sans être obligé de répéter l’article. Ex. : Tauc., II, 52, 4 : ἐπίεσε τοὺς ᾿Αθηναίους ἣ ξυγχομιδὴ Ex τῶν ἄγρων εἰς τὸ ἄστυ. — XÉN., Hell., VI, 4, 27: τὰ αἴτια τῆς ἐπιδουλῆς ὑπὸ τῆς | γυναιχὸς οὕτω λέγεται. Etc.
1. On peut dire aussi τῶν Περσῶν ἡ ἀρχή ou ἡ ἀρχὴ τῶν Περσῶν ou encore à ἀρχὴ ἡ τῶν Περσῶν, suivant qu'on veut insister sur telle ou telle partie de l'idée.
Ex.: Puar., Lois, 805 d : δεῖ παιδείας χοινωνεῖν τὸ θῆλυ γένος ἡμῖν τῷ τῶν ἀρρένων γένει (on insiste sur l'idée qualificatire). — Xéx., An., V, 1, 1 : ὅσα μὲν δὴ ἐν τῷ ἄναδάσει τῇ μετὰ Κύρου ἔπραξαν οἱ "Ἕλληνες καὶ ὅσα ἐν τῇ πορείᾳ τῇ μέχρι ἐπὶ θάλατταν, ἐν τῷ πρόσθεν λόγῳ δεδήλωται (on insisie sur l'idée du subslantif).
La formule officielle pour désigner le peuple athénicn par opposition aux autres peuples était ὁ δῆμος ὁ ᾿Αθηναίων (voy. les inscriptions). | 2. Il arrive même parfois qu'une proposition relalivo considérée comme l'équivalent d’un adjectif qualificatif est enclavéo entre l'article et son substantif. Ex. : Dén., XIX, 254: Σόλων ἐμίσει τοὺς οἷος οὗτος ἀνθρώπους. Voy. Kaôozn, Gricch. Sprachlehre, $ 50, 8, 16.
LE PRONON. 801
11. Enfin quand l'infinitif, le participe ou l'adjectif sont accompagnés de l'article, les déterminations qui en précisent le sens ne sont pas nécessairement enclavées.
Ex. : MÉN., Sent., 6173 : γυναῖχ᾽ ὁ διδάσχων γράμματ᾽ où χαλῶς ποιεῖ.
Χέν. » ν».» V, 8,9: σοῦ ὁ ᾿Ασσύριος παῖδας μὲν τὸ ποιεῖσθαι ἀφείλετο, οὐ μέντοι τό γε φίλους χτᾶσθαι δύνασθαι a ἀπεστέρησεν. Mém., 1, 6, 18 : τὴν σοφίαν τοὺς ἀργυρίου πωλοῦντας σοφιστὰς ἀποχαλοῦσιν. Etc.
703. --- Absence d’article devant l’attribut. --- L'article ne s'emploie pas devant l’attribut.
Ex. : Anisr., Assembl., 481 : πολλοὲ oi πανοῦργοι, nombreux sont les gredins. — Dipulle, fragm., #4 : ἐφημέρους γε τὰς τύχας χεχτήμεθα, le bonheur que nous possédons est passager. ---- XÉN., Écon., 5, 11 : ἔφη τὴν γεωργίαν τῶν ἄλλων τεχνῶν μητέρα χαὶ τρόφον εἶναι. — Ριλτον, Phédon, 101 c: εἰ μὲν γὰρ nv ὁ θάνατος τοῦ παντὸς ἀπαλλαγή, ἕρμαιον ἂν ἦν τοῖς χαχοῖς ἀποθανοῦσι τοῦ σώματος ἀπηλλάχθαι. — Isocr., VII, 11: οἱ ᾿Αθηναῖοι παρ᾽ ἑκόντων τῶν ξυμμάχων τὴν ἡγεμονίαν ἔλαθον, c’est de leur plein gré que les alliés d'Athènes lui donnèrent l'hégémonie. Etc.
Comparez τὰς εὐπραγίας ἴσμεν où παραμενούσας, nous savons que la prospérité ne dure pas et τὰς οὐ παραμιενούσας εὐπραγίας εὖ ἴσμεν, nous connaissons la prospérité qui ne dure pas; de même, φεύγοντες οἱ πολέμιοι, en s'enfuyant les ennemis... et οἱ φεύγοντες πολέμιοι, les ennemis qui s'enfuyaient..
REMARQUES. — I. Contrairement à la règle, l'article est joint à l'attribut, quand cet attribut désigne un objet déjà connu, il signifie alors celui (dont il a été déjà question) ἘΠ... . Ex. : ANTIPH., VI, 27 : οὗτοι ἦσαν οἱ φεύγοντες τὸν ἔλεγγον, c'élaient là ceux qui, comme je l'ai déjà dit, se dérobaient à l'épreuve.
Il. C'est parce qu'ils font partie de l’attribut que les ἀθθος dont il a été question ci-dessus ($ 663) sont employés sans article.
704. — Article avec les pronoms. — Certains pronoms employés comme adjectifs se placent comme les adjectifs dont il a été question $ 663 et veulent que le substantif qui les accompagne soit précédé de l’article. Ge sont :
19 αὐτός, ipse (cf. αὐτὸς ὁ βασιλεύς, le roi en personne, le roi à lui seul, le roi de son propre mouvement ; au Contraire ὁ αὐτός, idem, garde toujours l'article même quand il est employé comme attribut).
Do δὸς, οὗτος, ἐχεῖνος (cf. οὗτος ὁ νεανίας Ou ὁ νεανίας οὗτος, ce jeune homme-ci ; ἐχεῖνος ὁ νεανίας OU ὁ νεανίας ἐχεῖνος, ce jeune homme-là)!.
4, Quand le substantif déterminé par Île démonstratif est accumpagoé d' un adjectif «qualificatif, cet adjectif se place entre l'article et le substantif (ex. : οὗτος ὁ ἀγαθὸς ἀνήρ, ὁ ἀγαθὸς ἀνὴρ οὗτος ou encore ὁ ἀγαθὸς οὕτος ἀνήρ).
GRAMM. COMP. DU GREC ET DU LATIN (Syntaxe). Ji
REMARQUE. — L'article peut manquer quand on montre du geste une personne ou un objet présent ; en pareil cas, l'adjectif démonstratif se met ordinairement après le substantif (cf. Σωχράτης ὅδε, Socrale que voici; τόξον τοῦτο, l'arc que voilà, etc.)!.
En pareil cas aussi, on emploie dans le dialecte attique, les formes démonstratives hs οὗτοσί, τουτουί, etc. (cf. XÉN., Mém., IV, 2, 3 : Εὐθύδημος οὑτοσί, etc.).
3° ἃ ἄμφω (avec le duel du substantif), ἀμφότεροι, tous les deux ensemble, ἑχάτερος, l'un et l'autre (cf. ἄμφω τὼ πόλει, ἐπ᾽ ἀμφοτέροις τοῖς
4 πᾶς (ἅπας) et ὅλος, tout entier, quand le substantif même employé sans cet adjectif aurait eu l’article (cf. πᾶσαν ὑμῖν τὴν ἀλήθειαν ἐρῶ, mais ἐπαινεῖν δεῖ πάντας θεούς.
δ. ἔχαστος (mais le substantif peut ne pas prendre l'article, et c’est même le cas le plus fréquent):.
REMARQUES. — 1. Quand πᾶς et ἅπας construits avec un substantif signifient chaque ou complet, entier, pur, le substantif ne prend pas l'article (cf. παντὶ στόλῳ, avec une flotte au complet).
II. Quand l'article précède πᾶς, c'est qu'on oppose le tout à ses parties (cf. ὁ πᾶς | ἄριθιμος, le total; πέμπουσι χιλίους τοὺς πάντας ὁπλίτας, ils envoient mille hoplites en tout). Etc.