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Par conséquent, dans une phrase comme celle-ci

T.-Live, XXV, 26, 10 : ut non modo lacrimis... prosequerentur mortuos, sed ne efferrent quidem,

la grammaire demanderait non modo non... prosequerentur sed ne efferrent quidem. Mais la tournure employée par T.-Live s'explique par une analogie toute naturelle avec le cas dont il est question ci-dessus.

Ce qui est plus extraordinaire et absolument incorrect, c'est une phrase comme la suivante :

T.-Livs, XXIV, 40, 12-13 : ut non modo alius quisquam arma caperet.…, sed etiam ipse rex,

dans laquelle non modo(— non modo non) est suivi de sed etiam et non de sed ne... quidem ...

5. C’est un fait analogue à celui dont nous trouvons un exemple dans cette phrase :

Cic.. de Orat., III, 14, 52: neque eum oratorem tantummodo, sed hominem non putant,

dont la forme pourrait être aussi bien : eum non modo oratorem, sed ne hominem quidem putant.

D'ailleurs la phrase de Cicéron pourrait encore être exprimée de deux manières : assentatio ne libero quidem digna est, non modo amico (en renversant les termes de l'opposition) ou bien : assentatio ne libero quidem, nedum amico digna est (cf. ci-après, ὃ 708).

708. — 1° Au grec οὐδὲ... μὴ ὅτι (cf. ci-dessus, 8 339, 2° Rev. M, p. 362), le latin répond par non (ou ne... quidem) … ne (ou nedum'), encore bien moins (à plus forte raison), pour opposer un ferme à un autre terme qui précède.

Ex. : Cic., ad. Fam., IX, 26, 2 : me vero nihil istorum ne juvenem quidem movit unquam, ne nuncC senem.— T.-Live, VI, 1, 2: ægre (mot de sens négatif) inermem tantam multitudinem, nedum armatam, sustineri posse. Etc.

2 Ne et surtout nedum s'emploient avec le sens de bien loin que, pour opposer à une proposition principale négative, qui précède, une proposition secondaire au subjonctf.

Ex. : Cie, p. Cluent., 35, 95 : Optimis, hercule, temporibus.… nec P. Popilius neque Q. Metellus... vim tribuniciam sustinere potuerunt, nedum his temporibus, his moribus, his magistratibus sine vestra patientia.. sa]vi esse possimus. — ὅλ. Cat., 1,8: quippe secundæ res sapientium animos fatigant (proposition principale de forme affirmative, mais qui équivaut à celle-ci : secundas res vix sapientium animi tolerare queunt, idée négative), ne (var. nedum) illi, corruptis moribus, victoriæ temperarent ?.

REMARQUES. — I. Nedum ut, au lieu de nedum (tout seul) est étranger à la prose classique (cf. T.-Live, ΠῚ, 14, 6 : ne voce quidem incommoda, nedum ut ulla vis fieret).

HI. C’est seulement à partir de l'époque impériale qu'on rencontre nedum après une proposition principale nettement affirmalive.

a) Pour signifier encore moins, à plus forte raison (cf. T.-LIvE, XLV, 29, 2 : quæ vel socios, nedum hostes victos, terrere possent, au lieu de : quæ etiam socios, non modo hostes victos terrere possent).

1. Nedum est tout simplement un ne renforcé; la particule dum est la même que celle dont il a été question ci-dessus, p. 545, n. 3.

4, Voy. O. Riruarx, Synt. lat., 8 270, qui explique de la manière suivante l'origine de l'emploi de nedum.

ll part de passages comme celui-ci :

Praurs, Amph., 326 : vix incedo inanis, re ire posse cum onere existumes,

et il ajoute : « Ne marque le but : (Je dis cela) pour que tu ne croies pas, etc. » (cf. T.-Live, XXVYI, 50, 4 : juvenis juvenem appello, quo minor sit inter nos hujus sermonis verecundia, où la proposition finale se rattache à une idée sous-entendue : « [je dis cela] pour que... ») Par suite d'une abréviation d'expression, cette forme de phrase ἃ pu être remplacée par la suivante : vix incedo inanis, ne (ou nedum) cum onere ire possim ».

Quant à l'emploi de nedum sans verbe (ci-dessus, ὃ 708, 1°), il a pu sortir de l'emploi précédent : en cffet, la phrase qui vient d'être prise pour exemple pourrait s'abréger ainsi : vix inanis, nedum cum onere. ire possum (0. Rizxaxx, Syné. lat., $ 270, Ruu. 1).

b) Pour signifier bien loin que avec le subjonctif (cf. T.-LIvE, XXVI, 26, 11 : qui vel in pace tranquilla bellum excitare possent, nedum in bello respirare civitatem forent passuri).

III. Dans le style familier nedum remplace parfois non solum.

Ex. : BALBUS et Oppius (chez Cic., ad Aft., IX, 7, a, 1) : nedum hominum humilium, ut nos sumus, sed etiam amplissimorum virorum consilia ex eventu, non ex voluntate, a plerisque probari solent.

Mais chez Cic., ad Att., X, 16, 6, le texte quoniam … nedum novum morbum removisti, sed etiam gravedinem est douteux.

IV. Tacite et les écrivains de l’époque impériale emploient au lieu de nedum, à plus forte raison, l’adverbe adeo qui devient adeo non, quand le sens le demande. Ex. : TaC., Hist., 1V, 80 : æqualium quoque (— etiam) adeo superiorum intolerantis. ΠῚ, 64 : Vitellium ne prosperis (la prospérité) quidem parem, adeo ruentibus debilitatum. III, 39 : nullius repentini honoris, adeo non principatus, appetens. Etc.!.

709. — Place de la négation. — La négation se place immédiatement devant le terme sur lequel elle porte (cf. οὗ πάντα ὀρθῶς ἐποίησεν, non omnia recte fecit, il a bien fait non pas tout ce qu'il a fait, mais une partie OU il a eu raison de faire non pas tout, mais une partie; πάντα oÙx ὀρθῶς ἐποίησεν, Omnia non recte fecit, il ἃ tout fait non pas bien, mais mal ou bien il n’a pas eu raison mais tort de tout faire ; ὀρθῶς πάντα οὐκ ἐποίησεν, recte omnia non fecit, c'est avec raison qu'il n'a pas fait tout ce qu'il avait à faire).

Par conséquent la négation précède immédiatement le verbe” quand la proposition est négative *.

REMARQUES. — I. En grec, quand la négation, au lieu de précéder immédiatement

le substantif, est placée devant l'article ou devant la préposition, c'est qu'on veut donner à entendre le contraire de l’idée exprimée par le substantif.

Ex.: Lys., XX, 5 : ἐγὼ ἡγοῦμαι ἀδιχεῖν εἴ τις ὀλίγας ἄρξας ἀρχὰς μὴ τὰ ἄριστα (suppl. ἀλλὰ τὰ χκάχιστα) ἥρξε τῇ πόλει. — Ἡέμ., XIX, 118 : πάσχειν ὁτιοῦν αἱρεῖται παρ᾽ ὑμῶν μᾶλλον ἢ Φιλίππῳ τι ποιῆσαι μὴ πρὸς ἡδονὴν (suppl. ἀλλὰ λυπηρόν). Etc. ὁ,

4. Cet emploi de adeo, dit O. Ἀπεκλπν (Synt. lat., 2° éd., p. 488, n. 1), repose sur une simple abréviation d'expression : on avait commencé par dire: ne æquales quidem ferebat; adeo (« tellement ») superiorum erat intolerans; on en vint à dire : #qualium etiam, adeo superiorum, intolerans erat.

2. En grec, la négation οὐ est parois uuie si étroitement à certains verbes qu'elle forme corps avec eux et implique le contraire de l'idée exprimée per eux :

Er. : oÙ gnpt, nego « je nie » ou (avec l'inf. fatur) « je refuse »; οὐχ ὑπισχνοῦμαι « je refuse »,

οὐχ ἀξιῶ « je désire que cela ne soit pas (cf. Tauc., IT, 89, I) », οὐχ ἐῶ (ΞΞ-Ξ χωλύω) ,

« j'empèche », οὐχ ἐθέλω « je refuse ».

De même, en dehors des verbes, οὐχ ἧσσον signifie souvent μᾶλλον, et οὐχ ἥχιστα signifie μάλιστα, ce sont des litoles (voy. Kaïozn, Griech. Sprachlehre, $ 61, 1, 2 et 3). Ex.: Xén., Hell., VI, 2, 39 : ταύτην τὴν στρατηγίαν τῶν ’Iptxparouc οὐχ ἤκεστα ἐπαινῶ (Cf. Man., II, 43 : οὐχ ἥκιστα, ἀλλὰ μάλιστα. Tuuc., VII, #4 : μέγιστον δὲ xai οὐχ nrcota ἔόλαψεν). Ete.

3. En latin, la place de ὯΘ n'est pas aiusi fixée : ne est très souvent en tête de la proposition et séparé du verbe, quoique la proposition soit négative. Nec (neque) est toujours en tête de la proposition. 4. ον. Kavaua, Griech. Sprachlehre, 8 67, 10, 4.

I. Dans une antithèse dont le deuxième membre est introduit par ἀλλά, la négation peut être séparée du verbe et placée immédiatement devant le premier membre : l'opposition est ainsi plus fortement marquée :

Ex. : Tauc., III, 10, 2 : ξύμμαχοι ἐγενόμεθα οὐκ ἐπὶ χαταδουλώσει τῶν Ἑλλήνων, ἀλλ᾽ ἐπ᾽ ἐλευθερώσει. — Χέν., An., V, 6, 10 : ἐγὼ où χαλεπὴν ὑμῖν εἶναι νομίζω τὴν πορείαν, ἀλλὰ παντάπασιν ἀδύνατον.

III. Dans une antithèse fortement marquée (particulièrement avec μέν.. ..), [8 négation suit le terme sur lequel elle porte. Ex. : Tauc., VI, 68, ὃ : ὑπερφρονοῦσι μὲν ἡμᾶς, ὑπομένουσι δ᾽ οὔ. — Cf. 105.. VI, 27 : ἐδέθη χαὶ ἠχίσθη, ἀπώλετο δ' οὐχί, ἀλλ’ ἐλύθη. -- GNOMIQUES, 539 : φίλου τρόπους γίγνωσχε, μισήσης δὲ μή. Etc. IV. La négation qui précède un participe peut aussi affecter le verbe suivant.

Ex. : THUC., VI, 33, 1 : οὗ χαταφοθηθεὶς ἐπισχήσω (cf. Le 19, 1: μετὰ τὰ Τρωιχὰ ἡ ἱΕλλὰς μετανίστατό τε καὶ χατωχίζετο, ὥστε μὴ ἣσυγάσασα

710. — Union de plusieurs négations. --- La présence de deux ou de plusieurs négations dans une proposition donne lieu aux observations suivantes :

4° En grec et en latin, deux négations qui se rapportent à des idées différentes dans une même proposition conservent chacune leur valeur.

Ex. : Déu., XIX, 120 : où δι᾿ ἀπειρίαν γ οὗ φήσεις ἔχειν ὃ τ' εἴπῃς. XXXVII, 55 : οὐκ ἀγνοῶ οὗ τῶν εὖ πεφυχότων ὧν ἀνθρώπων.

(ic, ad. Att., VIII, 2 : non potui non dare litteras ad Cæsarem. Etc.

Les exemples sont trop connus pour qu'il soit nécessaire de les multiplier.

2 La négation peut porter sur deux propositions opposées, dont l'une est affirmative, l'autre négative, et qui sont considérées dans leur ensemble".

Ex. : Déw., XVIII, 179: οὐκ εἶπον μὲν ταῦτα, οὐκ ἔγραψα dé, οὐδ᾽ ἔγραψα μ ἐν, οὐκ ἐπρέσόευσα dé, οὐδ᾽ à ἐπε ίσέιυν μέν, οὐκ ἔπεισα ὲ Θηδαίους (litt. on ne peut pas prélendre que j'aie donné le conseil sans faire la motion, ni que j'aie fait la motion mais que je ne suis pas allé en ambassade, ni que je sois allé en ambassade, mais que je n'ai pas convaincu les Thébains). — Cic., p. Mil. 30, 84 : neque in his corporibus inest quiddam quod vigeat et sentiat, non inest in hoc tanto naturæ tam præclaro motu, et il n’est pas vrai qu'il y ait un principe vivant en chacun

1. L'auteur veut dire, en pareil cas, qu'on aurait tort de croire que, telle chose étant vraie, telle autre chose n'est pas vraie en même temps.

de nous et qu'il n'y en ait point un dans l'ensemble de Ja nature). Cf. Quinr., IX, 3,55 (traduisant le passage de Démosthène cité ci-dessus): non enim dixi quidem, sed non scripsi, nec scripsi quidem, sed non obii legationem, nec obii quidem legationem, sed non persuasi Thebanis.

3° En grec, une négation peut être reprise ‘quand elle est éloignée ou ἢ) quand on veut donner plus de force à l'expression.

a) Ex. : Χέν., Anab., IN, 2, 25 : δέδοικα μή, ἂν ἅπαξ μάθωμεν ἀργοὶ ζῆν... ἐπιλαθώμεθα τῆς οἴχαδε ὁδοῦ. Etc.

b) ἔχ. : Anisropnane, Gren., 1048 : οὗ μὰ Δι᾿, οὗ Φαίδρας ἐποίουν. Etc.

111. — 19 En grec comme en latin, une négation composée (οὐδείς, οὐδέποτε, οὔτε, etc. — nemo, nunquam, etc.) est détruite par une négation simple qui la suit.

Ex. : Χέν., Bang., 1, 9: τῶν ὁρώντων οὐδεὶς οὐχ (il n'y ἃ personne qui ne. c.-à-d. tout le monde) ἔπασχέ τι τὴν ψυχήν. Etc.

Cic., de Am., 26, 99 : aperte adulantem nemo non videt, nisi qui admodum excors est. Etc.

REMARQUE. — Il en est de même en latin pour nec... non et il ne faut pas dire (ou croire) que ne... pas.

Ex. : Cic., de Fin., IV, 22, 60 : nec hoc ille (Zeno) non vidit, et il ne faut pas croire que Zénon n'a pas vu cela. — CŒLIUS (chez Cic., ad Fam.., VIII, 16, 1): quibus (litteris) te nihil nisi triste cogitare ostendisti neque id quid esset præscripsisti neque non tamen quale esset quod cogitares aperuisti (mais ne va pas croire que tu ne m'aies pas laissé entrevoir de quelle nature étaient tes pensées).

Dans la prose classique, nec non unit des propositions et non des mots et nec est ordinairement séparé de non. -

On voit, d'après le sens littéral des passages donnés ci-dessus, que nec suivi de non ajoute à la pensée une nuance que et ne contiendrait pas.

2 a) En grec, une négation simple est renforcée par une négation composée.

Ex. : Eun., Hel., 1618 : σώφρονος ἀπιστίας οὐκ ἔστιν οὐδὲν" γρησιμώτερον βροτοῖς. Danaë, fr. 13: Obx ἔστιν οὔτε τεῖχος οὔτε χρήματα οὔτ᾽ ἄλλο δυσφύλαχτον οὐδὲν ὡς γυνή.

4, Dans le latin vulgaire, cette règle n'était pas toujours observée. Ex. : Tén., Andr., 205 : neque tu haud dices, « et tu ne diras pas... » Εἰς.

2. Mais, en grec, οὐδέ signifiant « pas même » peut être quelquefois renforcé par la négation simple, comme dans une phrase du genre de celle-ci : οὐ δ᾽ ἐάν τις χαταλύῃ τὸν δῆμον, οὗ πείσομαι.

3. Déjà dans Varron (de Re rust., ΠΙ, 2, 14) on trouve necnoOn employé pour sigaifier « et aussi » ; mais c'est seulement chez les poètes et chez les prosaleurs qui les imitent qu'on trouve n6C non (en nn seul mot) employé comme simple synonyme de Θὲ. On voit à quel point s’était affaibli le sentiment de la valeur réelle de cette locution. (Cf. O. Riemaxx, Synt. lat., $ 267, a.

4. On dit même ordinairement οὐχ ἔστιν οὐδέν plutôt que οὐχ ἔστι τι.

b) En latin, au contraire, une négation composée est détruite par une négation simple qui la précède, mais non nemo n'est point du tout synonyme de nemo non.

Tandis que nemo non signifie il n’y a personne qui ne... et par conséquent tout le monde, n0n nemo signifie ἐΐ n’es{ pas vrai que personne ne. @t par conséquent quelques personnes, quelques-uns.

Ex. : Cic., de Div., II, 26, 55: NON NnUNQUAM (il n'est pas vrai que jamais. ne... pas, d'OÙ quelquefois) errorem creat similitudo. — Conx. Nér., Hann., 18, 2 : Hannibal tantis bellis districtus non nihil temporis tribuit litteris. Etc.!.

3° a) En grec, deux négations composées réunies dans la même proposition se renforcent.

Ex. : Χέν., Mém., 1, 1, 11: οὐδεὶς πώποτε Σωχράτους οὐδὲ ἀσεδὲς οὐδὲ ἀνόσιον οὔτε πράττοντος εἶδεν οὔτε λέγοντος ἤχουσεν. Cf. Cyr., VIN, 1, 22: θεοὺς φοδούμενοι μήποτ᾽ ἀσεδὲς μηδὲν μηδὲ ἀνόσιον μήτε ποιήσητε μήτε βουλεύσητε. Etc.

b) En latin, au contraire, elles se détruisent (cf. nunquam 1116 nihil dixit, il n'y a jamais eu d'occasion où il n'ait rien dit, c'est-à-dire il a toujours dit quelque chose).

742. — En latin, deux négations peuvent se suivre dans la même proposition sans se détruire :

4° Quand le sens de la première négation est repris et éclairci par plusieurs autres négations (ordinairement neque... neque...) opposées l'une à l’autre et servant à distinguer, dans l’affirmation générale, plusieurs cas particuliers.

Ex. : Cic., ad Att., XIV, 20, 3: nemo unquam neque poeta neque orator fuit, qui quemquam meliorem quam se arbitraretur. In Verr., Il, 5, 27, 68: nihil tam tutum ad custodiam nec fieri nec cogitari potest. — Cés., de Bell. Gall., VU, 75, 1: non omnes e0s qui arma ferre possent… convocandos statuunt, sed certum numerum cuique ‘principi)…. imperandum, ne, tanta multitudine confusa, nec moderari nec discernere suos nec frumentandi rationem habere possent‘.

1. Dans le latin vulgaire, cette règle n'est pas toujours observée. Ex. : Praurs, Wil,, 1403 : jura te nociturum non esse homini de hac re nemini.

Mais chez Cicinox (in Verr., 11, ?, 24, 60 : debebat … nullum nummum nemini οὐ nummum nullum nemini), de même que chez Asix.-Porzrox (de Bell. Afr., 8 : peque locum excusatio nullam baberet) et chez T.-Livs (XLIIT, 13, 1 : neque nuntiari admodum nulla prodigia, le texte est suspect et doit être corrigé. Vuy. O. Rismamx, Synt. lat., 2° éd., p. 479, 5. 2.

2. Voy. Ο. Rixmanx, Synt. lat., 8.361, ἃ, 1° et cf. R. Kümun, ausf. Gramm. der lat. Spr., S 149,8, Anm, 8 (p. 626) où sont réunis d'autres exemples.

Gi

®e Quand la première négation est suivie de ne... quidem (8 707).

Ex. : Cic., Phil., 42, 6, 14 : nolite ne Tirones quidem, Numisios, Mustelas, Sejos contemnere. Etc.

743. — En grec οὐ et un s'emploient ensemble dans divers cas qui ont déjà été étudiés et qu'il suffira de rappeler brièvement. Mais ils forment aussi des locutions dont il n’a pas encore été question et que nous allons examiner.

Il faut d'ailleurs distinguer μὴ où et où μή.

4° On emploie μὴ οὗ:

a) Avec une forme personnelle du verbe après les expressions signifiant l’idée de crainte ($ 487).

b) Avec l'infinitif après une proposition principale négative de forme ou de sens (88 553, 1°, a, RE. ΠΙ [p. 598], 563, 1° Rem. VI [p. 617], 563, 3°, a, Rex. IV [p. 621]).

Ο) Quelquefois enfin avec le participe pour remplacer une proposition suppositive négative après une proposition principale négative.

Ex. : Sopn., Œd. Roi, 221 : οὐ γὰρ ἄν μαχρὰν lyveuoy αὐτὸς, μὴ οὐκ ἔχων κι σύμθολον. Cf. Goonwin, ouv. cité, ἃ 818.

2° Où uñ' est pour où δεινόν ἐστιν μή (cf. 8 487, REM. III), il n'y a pas de danger que et se construit avec le subjonctif ἢ, plus rarement avec l'indicatif futur.

Ce tour s'emploie quand on veut marquer qu'il est difficile que telle ou telle chose arrive (même en parlant d’une chose qui serait plutôt à désirer qu'à craindre)?.

Ex. : Χέν., Anab., II, 2,12: ἣν ἅπαξ δύο ἢ τριῶν ἡμερῶν ὁδὸν ἀπόσχωμεν, οὖκ ἔτι μὴ δύνηται βασιλεὺς ἡμᾶς χαταλαθεῖν (il ne sera plus à craindre que le grand roi puisse nous surprendre, ο.-ἀ-ἀ. le grand roi ne pourra plus guère nous surprendre). 1V, 8, 13 : ἣν εἷς πὴ δυνηθῇ τῶν λόχων ἐπὶ τὸ ἄχρον ἀναθῆναι, οὐδεὶς μηκέτι (ΞΞ οὐ un τις ἔτι) μείνη τῶν πολεμίων (c.-à-d. il sera difficile aux ennemis de tenir encore). — PLAT., Crilon., 44 Ὁ : (ἐστερήσομαι τοιούτου ἐπιτηδείου) οἷον ἐγὼ οὐδένα μή ποτε (ΞΞ οὐ μή ποτέ τινα) εὑρήσω (il n'y a pas de danger que j'en retrouve jamais un pareil). Etc.

1. Où peut être remplacé par οὐδέν pris adverbialement : « nullement ». 2. C'est généralement avec le subjonctif aoriste. 3. Voy. Cccusc-Rismawx, Synfare grecque, ὃ 139,

8 2. — Particules de comparaison!.

114. — Expression du que français. — 1° Le que français marquant la comparaison se rend en grec par ñ:

a) Après les comparatifs (voy. ci-dessus, 8 666, 1°) et les expressions qui impliquent l'idée d'un comparatif (αἱρεῖσθαι ou βούλεσθαι.. n, aimer mieux, ἐπιθυμεῖν... ἢ, désirer. plutôt que...), etc.

b' Après les adjectifs ou les adverbes qui expriment une idée de diversité, de différence, comme ἄλλος, autre, ἐναντίος, contraire. διάφορος, différent.

Ex. : Puar., Apol., 20c: ἔπραττες ἀλλοῖον ἢ οἱ πολλοί. — Xéx., Mém.. 111,42, 4: πάντα τἀναντία συμθαίνει τοῖς εὖ τὰ σώματα ἔχουσιν ἢ τοῖς χαχῶς. IV, 4,14: διάφορόν τι οἴει ποιεῖν τοὺς τοῖς νόμοις πειθομένους φαυλίζων À εἰ τοὺς ἐν τοῖς πολέμοις εὐταχτοῦντας ψέγοις ; Etc.

29 Il se rend en latin :

a) Par quam après les comparatifs (νου. ci-dessus, 8 666, 2°) ainsi qu'après les expressions qui impliquent l'idée d’un comparatif (malle, præstare, etc., ante, post, ultra, etc.).

b) Par atque* (ou ac) après idem ou alius ainsi qu'après les mots de sens analogue (cf. par, æquus, similis, pariter, æque, similiter, perinde atque... et contrarius, alius, contra, aliter, secus atque...).

REMARQUES. — Ï. On trouve quam (au lieu de atque) : 1° après contra (Cic., ir

Pis., 8, 18); 2° après non alius, non aliter, non secus….. (cf. CIc., in Ferr., Il, 4, 9, 24). ὶ

1. Il ἃ été question dans un chapitre spécial du livre II (syntaxe de coordination, ch. I, 8 2) des diverses particules de coordination et de leur syntaxe. Il ne saurait étre question d'y revenir ici, d'autant que ce que nous pourrions ajouter relève plutôt de la stylistique que de la syntaxe.

Toutefois, il y a. à propos des conjonctives copulatives en latio, deux remarques importantes à faire.

à) Lorsqu'il s'agit de relier entre eux plus de deux termes (ou de deux propositioas), l'usage correct demande ou bien qu'on répète Θὲ entre chaque terme et le terme suivant viri et equi Θέ arma ce bien qu'on supprime toute conjonction copulative viri, equi, arma, ou bien qu'on se contente de raettscher par Que le dernier terme aux précédents (viri, equi armaque). Cette règle est violée par les écrivains de l'époque impériale (ef. T.-Livs, fors, tempus ac necessitas).

b) Lorsqu'un membre de phrase rattaché à un autre par une conjonction copulative se divise en parties reliées aussi eutre elles par une conjonction copulative, l'usage est en général de ne pas employer dass les deux cas la même conjonction copulative.

Ex. :Cic., p. Cluent., 62, 175 : in morbum incidit ac satis vehementer diuque ægrotavit. — Cés., de Bell. Gall., 111, 8, 1 : et (8 364) naves habent.. plurimas.. et scientia atque usu nauticarum rerum reliquos antecedunt. Εἰς.

9, Et au lieu de atque, « que » est extrêmement rare (cf. cependant Cic., de Fin., IV, 23, 64: IV, 12, 31).

3. Mais quamM employé après une expression affirmative est une construction peu correcte bien qu'on la rencontre chez Cicénox (cf. p. Quint., 27, 84) et chez Saurvsre (Jug., 82, 3).

A partir de T.-Live, ce qui était uno négligence de la langue familière devient presque la règle. Une constrnction moins correcte encore est celle de gque quam (T.-Livs, XXXI, 1, 4), de juxta (T.-Livs, X, 6,9), de proinde quam (Tac. Hist., 1, 30) ou de perinde quam (Scèr.. Dom., 15).

IL. Après les adjectifs (ou les adverbes) exprimant l'égalité, talis, tantus, tot, etc., l'idée du que français se rend par le relatif correspondant, qualis, quantus, quot, etc., (εἴ. 8 695, 2°, RE. Ill).

C'est pour la même raison que idem se construit avec le relatif qui. Ex. : Con. NÉP., Cim., 3, 1 : incidit in eandem invidiam quam (= in quam) pater suus!.

©) Par ut après sic, ita, item, itidem (toutefois ζᾶ... ut si..., sic. ut si peuvent se remplacer par ita.… quasi..…., sic quasi).

REMARQUE. — C'est par analogie avec sic... ut. que l’on construit avec ut diverses expressions adverbiales qui s’en rapprochent plus ou moins par le sens.

Ex. : Cic., Acad. pr., 11, 28, 89 : non perinde movebatur falsis ut veris moveretur (autant qu'il aurait été ému). In Verr., 1 Act., 2, 3 : nunquam tanto opere pertimui ut nunc in ipso judicio.

Cf. proinde... ut... (Cic., Phil., 14, 7, 19); pro eo ut... (L. METELLUS cité par Cic., in Verr., 11, 3, 54, 126); eodem modo ut... (Cic., in Verr., Il, 4, 12, 97; ANTOINE cité par Cic., Phil., 13, 11, 26). Etc.

745. — Construction de potius quam. — 1° Les propositions comparatives commençant par potius quam, se mettent au subjonctif, quand potius quam équivaut au français plutôt que de suivi de l'infinitif ou à plutôt que suivi du subjonctif.

Ex. : Cic. Tusc., I, 22, 52 : perpessus est omnia potius quam conscios indicaret. Ad A4., VII, 1, 7: depugna potius quam servias. Etc.*.

2° Mais quand plutôt que signifie qu'une des deux affirmations que l'on compare est plus exacte que l'autre, les deux verbes reliés par plutôt que se mettent au même mode, en latin comme en français.

Ex. : Cuc., p. Cluent., 64, 118: ut velle atque optare aliquid calamitatis filio potius quam id struere et moliri videretur. — T.-Live, XLII, 29, 11: fecerat potius cur suspectus esset Romanis quam satis statuerat utram foveret partem. Etc.

REMARQUES. — 1. L'usage permettait d'employer la seconde construction dans certains Cas où le sens eùt demandé la première. C'est ce qui a lieu :

1° Très souvent lorsque potius quam se rattache à une forme du verbe sum accompagnée de l'adjectif verbal en -ndus.

Ex. : Cic., de Off., NI, 6, 30 : suum cuique incommodum ferendum est potius quam de alterius commodis detrahendum (cf. in Verr., I1, 1. 32, 81).

1. Idem atque.…. est plus rare (cf. cependant Cic., p. Sull., 18, 51 ; p. Domo, 20, 51). . Dans les phrases de ce genre il y a l'idée d'une personne placée entre deux alternatives et choisissant l'une avec l'idée arrêtée de repousser l'autre: c’est cette idée d'intention qui amène le subjunctif.

29 Souvent, lorsque potius quam 56 rattache à un infinilif fulur : Ex. : Cuc., ad Fam., Il, 16, 3 : nonne tibi affirmavi quidvis me potius perpessurum (esse) quam ex Italia ad bellum civile exiturum? Etc. 3° Rarement, lorsque potius quam 56 rattache à un indicatif parfait (ou, dans le style indirect, à un infinitif parfait).

Ex. : Cic., p. Domo, 22, 56 : cur me flentes potius prosecuti sunt quam δαί... retinuerunt aut.… reliquerunt? P. Dej., 8, 23 : non quæro quam vori simile sit. 8008 vinctos potius quam necatos (6886). 4° Très rarement, quand potius quam se rattache à un indicatif futur. Ex. : PLAUTE, Cist., 358 : perdam operam potius quam carebo filia. 5° Quelquefois enfin, lorsque potius quam se rattache à un infinitif dépendant d'une des expressions diverses qui peuvent se Construire avec ce mode. Ex. : T.-Live, XXII, 9, 8 : hic te deterreri sine potius quam illic vinci (on attendrait potius quam vincare). Etc. !.

II. Au lieu de potius quam on trouve quelquefois prius quam ou citius quam ἢ employés dans le méme sens et avec la méme construction (pour prius quam, cf. Cc., p. Rab. perd. reo, 5, 15; CÉs., de Bell. civ., III, 1, 6; 49, 2, etc. ; et pour citius quam, cf. T.-LiVE, V, 24, 9; XXIV, 3, 12).

IL. L'emploi de potius quam ut... au lieu de potius quam avec le subjonctif paraît être surtout une particularité de la langue de T.-Live.

Ex. : T.-Live, 11, 34, 11 : audeo dicere... ipsos potius cultores agrorum fore quam ut armati coli (agros) prohibeant°. Etc.

8 3. — Prépositions.

716. — Construction des prépositions. — La préposition se construit comme l'adverbe*.

4° Elle peut se construire sans complément : Dans Homère c'est très fréquent, même dans des cas où l’on admet une tmèse.

{. La construction de potius quam ἃ été étudiée d'une manière approfondie par Ὁ. Riemamx dans un article de la Revue de Philologie, t. XIT, p. 43-39, article utilisé et résumé par lui pour la Syntere latine, ὃ 226.

2. Quelques erreurs relatives à la syntaxe de prius quam « avant que » viennent de ce qu'os à confondu certains cas où l'expression est synonyme de potius quam avec ceux où elle est vraiment conjonction de temps.

Remarquez une pbrase comme celle-ci :

T.-Livs, XXVI, 26, 7 : NON passurum quicquam prius agi quam ut Siculi in senatum introducantur.

lci, priusquam, dans le sens de « avant que », no peut être remplacé par prius quam ut... mais la construction est celle-ci : quicquam prius agi quam (hoc agatur) ut, etc. (st. direct. : nibhil prius agetur quam ut...). Voy. O. Rimmawn, Études sur... T.-Lire, 99 éd., p. 289, n. 1). 3. Cette construction a peut-être pour origine des phrases comme celle-ci, où ut dépend d'un verbe sous-entendu :

Ex. : Cic., p. Lig. 12, 34 : quidvis prius futurum fuisse quam (suppl. futurum fuisse, ut hi fratres diversas sententias.. sequerentur. Ad Ati. XUI, 26, 1: quidvis enim potrus (suppléez l'idée de fiat) quam (suppl. fiat) ut non bac æstate absolvatur. 4. A l'origine, les prépositions étaient des adverbes, comme le prouve l'étymologie οἱ comme οα k voit encore chez Homère. Voy. KOama-Gzaru, ausf. Gr. der gr. Spr., ὃ 443, a ct KCuxzn, ausf. Gr. der lat, Spr., δ 411, 1 (p. 418).

Ex. : Hou., Od., XI, 19: ἀλλ᾽ ἐπὲὶ νὺξ ὀλοὴ τέταται δειλοῖσι βροτοῖσιν, mais une nuit funeste s'étend par-dessus au détriment des malheureux mortels (βροτοῖσι peut être en effet considéré comme un datif de désavantage, cf. ὃ 89, 10 et ἐπί garder la

valeur adverbiale au dessus)!.

Mais en prose on n’emploie ainsi que πρὸς dans l'expression πρὸς δὲ xai OÙ χαὶ πρὸς et en outre (οἷ. Dém., XX, 1142).

En latin, on peut employer sans complément beaucoup de mots qui sont désignés comme des prépositions : adversus, ante, circa (circum), citra, clam, contra, coram, extra, infra, juxta, pone, prope, post, propter, subter, super, supra, ultra.

REMARQUE. — Aux prépositions employées comme adrerbes on peut ajouter :

1° Ad, environ, devant un nom de nombre, quand le nom de nombre qui suit immédiatement la préposition est indéclinable.

Ex. : CÉs., de Bell. Gall., 11, 33, 5 : occisis ad hominum millibus quattuor. — T.-Live, XXIII, 37, 6 : ad mille trecenti (cf. XXVIII, 34, 2)?.

29 Quelquefois præter, excepté (cf. Cic., ad Q. fr., 1, 1, 16)°. 3° Per, à côté d'un adjectif ou d'un adverbe pour remplacer le superlatif absolu.

Ex. : Cic., ad Fam., Ill, 5, 3 : per fore accommodatum tibi. De Or., I, 49, 214 : per mihi mirum visum est. Ad Q. fr., 11, 9, 2: per mihi benigne respondit *.

4° Pro, dans l'expression prout, selon que et de, dans la locution familière susque deque (cf. susque deque ferre, habere aliquid, tenir indifféremment une chose tournée en haut ou tournée en bas, c.-d-d. s'en soucier fort peu).

5° Circiter, qui est plus souvent adrerbe que préposition.

2° Comme les adverbes, les prépositions se construisent principalement avec le verbe, en grec et en latin (verbes composés)".

3° Comme les adverbes, la préposition suivie de son régime peut être l'équivalent d'une proposition entière : Ex. : Prarox, χατὰ γε αὐτοὺς τοὺς λόγους ἠπίστουν ἄν ὑμῖν, si je ne m'en étais rapporté qu'à vos paroles, je me défierais de vous (cf. 8 537, 3°, p. 79).

Tac., Ann., VI, 8 : de amicitia et officiis (— quod ad amicitiam et officia attinet) idem finis et te, Cæsar, et nos absolverit.

1. Voy. KCaxsn-Grarn, aus/. Gr. der gr. Spr., ξ 443 a (les prépositions considérées comme adverbes de lieu).

2. ETS emploie, dans le même cas, Supra comme adverbe (cf. XXX, 6, 9: equi Numidici supra [— plus quam] duo milia septingenti). ἐς

3. Sur præter employé comme synonyme de præterquam ou de 1181, voy. ci-dessus, $ 553, 2°, Rex. 11 (p. 603).

ἃ. C'est la mème préposition-adverbe qu'on trouve en composition avec certains adjectifs auxquels elle donne La valeur d'un superlatif: peracerbus, peracutus, peramans, peramplus, perblandus, etc., etc. Ces adjectifs composés apparlieunent au langage familier comme les Jocutions dont il est question daos le texte,

5. Sur la tmèse, voy. Küuxæn-Gaaru, ausf. Gr. der gr. Sprache, ὃ 445, c (p. 350) et Kümun, ausf. Gr. der lat. Spr., ξ 111, 1 (p. 418).

4" a) En grec, la préposition se construit avec l'article (cf. οἱ παρὰ τοῦ Νιχίου, 8 101).

Quelquefois même la préposition suivie de son régime peut, sans article, jouer dans la proposition le rôle d'un substantif.

Ex. : Tuuc., VII, 30, 3: ξυνεθοήθησαν εἰς εἴχοσι μάλιστα ἱππέας (la préposition et son complément jouent le rôle de sujet, cf. Χέν., Hell., IV, 6, 11; IV, 2, 46). VII, 32, 2: διέφθειραν ἐς ὀκτακοσίους (la préposition et son complément jouent le rôle de complément direct). — Xéx., Hell., Ÿ, 4, 5: ἤδη συνειλεγμένων ὡς περὲ ἑπταχοσίους λαδὼν αὐτοὺς χαταθαίνει (la préposition et son complément jouent le rôle de génitif sujet du participe absolu). Etc.

b) En latin, on trouve quelques constructions semblables :

Ex. : T.-Live, XX VI, 95, 11 : ab quindecim ad sexaginta annos conjurant (les citoyens de quinze à soixante ans).

5° On rencontre quelquefois en latin la préposition suivie de son complément, construite comme un adjectif ou un participe en apposition (cf. p. 798, n. 1).

Ex. : Sazc., Jug., 94, 5: pars civium extra mœnia (— quæ erat extra mœnia) in hostium potestate (se trouvant [οὖσα] au pouvoir des ennemis) Coegere, ut deditionem facerent, cette circonstance qu'une partie des citoyens habitant hors des murs était au pouvoir des ennemis, les contraignit à capituler.

6° En grec, un certain nombre de prépositions disyllabes s’emploient absolument avec ellipse du verbe être (cf.ëve, p. ἔνεστι, πάρα p. πάρεστιν, etc.).

111. — Compléments de la préposition. — La préposition se construit :

1° Avec le substantif (l'étude des significations que prennent les prépositions avec les cas est surtout du domaine de la lexicographie)';

2° Avec les mots employés substantivement (adjectifs, participes et adverbes précédés de l’article en grec);

3° Avec l'infinitif (voy. ci-dessus, & 553, 4°, e, p. 601);

1. Les préposilions étant proprement des adverbes, les cas joints aux prépositions n'ont par eux-mêmes que l'un des sens qu'ils pourraient avoir s'ils étaient employés tout seuls. et, en principe, les prépositions servent uniquement ἃ marquer avec plus de précision le sens de Lel ou Lel cas.

æm

4 Avec l’adverbe, mais rarement en grec chez les bons écrivains (cf. εἰς τήμερον, εἰς νῦν, ἐς αὐτίχα, ἐς ὕστερον, ἐς ἔπειτα, εἰς τότε, ἐς ὀψέ, εἰς ἀεὶ, ἐς αὔριον)":

REMARQUE. -- Cet emploi est assez rare en latin (cf. exinde, deinde, qui sont de

véritables adverbes).

Dans les expressions in ante diem, ex ante diem, les mots ante diem sont considérés

comme de véritables substantifs indéclinables dépendant des prépositions in ou ex.

ÿ° Avec d’autres prépositions ou avec des locutions prépositives (seulement chez Homère, cf. ἀμφιπερί, ἀποπρό, διαπρό, περιπρό, διέκ, ὑπέχ, rapéx?).

7148. — Place de la préposition. --- En général, la préposition précède immédiatement son complément : on n'intercale entre la préposition et le substantif complément que des mots étroitement liés au substantif (comme l'article, le pronom, l'adjectif épithète).

En grec, l'attribut est placé entre la préposition et le mot qualifié :

Ex. : Prar., Hipp., 181 : ἐπὶ πρῶτον ἐμὲ ἔρχεται, je suis le premier qu'il atteint. |

REMARQUE. — Cette règle souffre certaines exceptions :

1° En grec, chez les poètes, toutes les prépositions disyllabiques et quelques prépositions monosyllabiques peuvent suivre le complément (cf. δωμάτων ἄπο) ; en ce cas, les prépositions disyllabiques (à |” exception d'ava et de διά, et de celles qui ont plus de deux temps, comme ἀμφί) et ἀντί, ont l'accent sur la pénultième ; c’est ce qu’on appelle ARR ΟΡ δε.

29 En prose (et sur les inscriptions), περί se rencontre souvent après son complément au génitif (cf. PLAT., Phil., 49 a : σοφίας πέρι); : il en est de même de l'adverbe ἕνεχα employé comme préposition et de χᾶριν (p. 17, REX. 1) correspondant au latin causä, gratiä (cf. ESCHINE, III, 10 : ἀρετῆς Evexa).

Avec d'autres prépositions l'anastrophe est exceptionnelle (cependant cf. PLAT., Crit., 415, : τοιᾷδε ἐν τάξει et THUC., VII, 86, 4 : πᾶσαν εἰς ἀρετήν, elc.). 3° Quand le complément de la préposition est précédé de l'article, on intercale ordinairement entre la préposition et l’article les conjonctions qui ne se placent qu'après un mot (γάρ, οὖν, uév, δέ).

Ex. : DÉM., {1,98 : ἐπ᾽ οὖν τὸ λυσιτελοῦν αὐτοῖς ἕχαστον {on dirait de même ἐπὶ μὲν τὸ λυσιτελοῦν..., ἐπὶ γὰρ τὸ λυσιτελοῦν).

749. --- En latin, les prépositions se placent comme en grec avant leur complément.

REMARQUES. — I. Toutefois cette règle souffre aussi certaines exceptions :

1°. Gausa, gratia, ergo (versus) et surtout tenus, qui jouent le rôle de prépositions, sont placés presque toujours après leur complément.

2° On dit {oujours mecum, tecum, secum, nobiscum, vobiscum et quicum ; on dit quocum (Cic.) ou cum quo (T.-Live), quacum (Cic.) ou cum qua (T.-LivE), quibuscum (Cic.) ou cum quibus (T.-Live).

1. Voy. KCuxxa-Gearn, aus/. Gr. der gr. Sprache, ὃ 446, p. 538 ct suiv. 2. Mais, en parcil cas, il parait évident que l’une des deux prépositions est employée comme advérbe. Toutefois voy. KCnnen-Gsarn, ouv. cité, p. 528.

3. Voy. KCuxun-Gastu, ausf. Gramm. der gr. Sprache, ὃ 453, 1, ἃ (p. 053 et suiv.),

GRAMM. COMP. DU GREC ET DU LATIN (Syntaxc). 52

3° Les prépositions monosyllabiques, plus rarement adversus, sont souvent placées entre l'adjectif et le substantif, quand on veut appeler l'attention sur l'adjectif (cf. multis de causis, paucos post menses, hanc adversus urbem, etc.)!.

4° Les prépositions disyllabiques contra, inter, propter, plus rarement adversus, ante, circa, penes, sine, ultra, se placent quelquefois immédiatement après leur complément quand c’est un relatif (cf. ii quos inter erat; is quem contra venerunt) ?.

5° On peut intercaler entre la préposition et son complément un génitif, un adverbe (cf. inter sociorum jura, ad judiciorum certamen; ad beate vivendum; ad recte discendas litteras) ou même un génitif déterminé par une proposition relative (cf. Cic., de Off., IT, 1, 1 : hæc officiorum genera, σὰ pertinent ad earum rerum, quibus utuntur homines, facultates); il est plus rare qu'on intercale un accusatif (cf. cependant Cic., Brut., 21, 85 : in δα) cuique tribuendo; :b., 12, 45 : nec in constituentibus rem publicam nec in bella gerentibus nasci cupiditas discendi solet) ou une conjonction de coordination (cf. cependant Cic., de Fin., Ill, 11, 36 : præter enim tres disciplinas ; Il, 13, 43 : post enim Chrysippum ; de Of., II, 8, 27 : post vero Sullæ victoriam, etc.).

IT. Remarquez l'ordre des mots dans les formules de prière pressante : au lieu de l'ordre régulier (cf. Cic., p. Dej., 3, 8 : per dexteram istam te oro), on trouve (peut-être plus souvent) l’ordre qu'on peut appeler pathétique.

Ex.:T.-Live, XXIII, 9, 2 : per ego te, fili, quæcumque jura liberos jungunt parentibus precor*.

720. — Lorsqu'on veut joindre la conjonction copulative -que, et, à une préposition accompagnée de son complément, on peut mettre -que

a) tantôt après la préposition (cf. inque eam rem, exque his, etc.);

b)tantôt aprèslecomplément(cf. in convivioque, in portumque, etc.).

L'ordre b) est à peu près obligatoire après ab, ad, ob et sub, il est possible avec cum, de, ex, in, per, post ou pro (pour inter et propter, il ne se rencontre que si le complément est un pronom, cf. inter nosque), il est interdit là où la même préposition est répétée deux fois (cf. per viscera perque os, etc.).

7121. — Répétition de la préposition. — On doit considérer à part le grec et le latin.

1° En grec, devant les appositions explicatives, les prépositions tantôt se répètent, tantôt ne se répètent pas :

Ex. : Puat., Phédon, 68 ἃ : ὑπὸ ταύτης ἀγόμενοι τῆς ἐλπίδος ητῆς ποῦ ὄψεσθαι τε ἐχεῖ ὧν ἐπεθύμουν...

1. Mais on ne dit pas, en général : deorum in mente. On ne le dit qu'avec le relatif on le démonstratif : quorum de virtutibus, cc.

2. On trouve bien des constructions comme : Fæsula inter AÂrretiumque, mais seulement ches les poètes et chez les écrivains postéricurs à Cicéron.

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