L'adverbe εὖ retombe sur ἐτίμησα
2. 11 n'est peut-être pas léméraire de penser que ce sont des constructions comme celles-ci qui ont erté l'usage dont nous rendons compte ici. Dans cette phrase, en effet, le datif ἣμῖν peut être encore rattaché grammaticalement au participe parfait ὡρισμένος avec le sens indiqué ci-dessus, καὶ 89, 35: plus lard, on se dispensa d'exprimer le rapport d'une façon aussi complète et le datif seul servit à rendre l'idée.
3. Le rapport est souvent indiqué en grec d'une façon plus expresse, à l’aide de la préposition παρᾶ qu'on ajoute δὰ datif. Cf. Hinoore, III, 160 : Ζωπύρου οὐδεὶς ἀγαθοεργέην Περσέων ὑπερεδάλετο
REMARQUE. — On ajoute ordinairement au datif de la personne la particule ὡς, pour exprimer que le fait énoncé par le verbe n'est vrai que par rapport à la personne désignée.
Ex. : SOPHOCLE, An£., 1161 : Κρέων γὰρ nv ζηλωτός, ὡς ἐμοέ, ποτε, aux yeux
d'un homme comme moi (dans ma situalion) Créon paraissait digne d'envie. Œdipe
à Colone, 16 : ἐπείπερ εἶ | γενναῖος ὡς ἐδόντι πλὴν τοῦ δαίμονος, car, pour qui Le voit, tu as l'âme généreuse, malgré la mauvaise fortune. — PLATON, Rép., 389 d : σωφροσύνης δέ ὡς πλήθει (du moins au jugement de la foule) οὐ τὰ τοιάδε μέγιστα (sous-ent. ἐστίν), ἀρχόντων μὲν ὑπηχόους εἶναι, αὐτοὺς δὲ ἄρχοντας τῶν ἡδονῶν.
Dans quelques exemples, la particule ὡς a un sens encore plus précis et signifie que la personne désignée l'est à l'exclusion de toutes les autres :
Ex. : SOPHOCLE, Œdipe à Colone, 20 : μαχρὰν γὰρ ὡς γέροντι προὐύσταλης
ὁδόν, car elle est longue, du moins pour un vieillard, la route que tu as faite. —
PLATON, Sophiste, 226 ὁ : ταχεῖαν ὡς ἐμοὶ σχέψιν ἐπιτάττεις, tu
m'imposes un examen bien court, du moins pour moi (je ne parle pas pour les autres) ἢ
92. --- Ce datif se rencontre aussi fréquemment en latin, à toutes les périodes de la langue* : |
Ex. : Ennius, Ann. fr., v. 284 (Vahien) : Hostem qui feriet, mihi (à mes veux) erit Karthaginiensis. — Praurse, Ampa., 909 : Uti me purgarem #ibi*. — Cuc., Parad., 36 : An 1116 mihi liber, cui mulier imperat ?— Cærius ar. Cic. (ad Fam., VII, 1,4): Tui politici libri omnibus (au jugement de tous) vigent. — Vinaicr, Égl., 1, 1 : Erit ille mihi semper deus (cf. En., XI, 46)°. — Séxèour, de Benef., Vi. 21, 2 : Ille tibi vivit. — Tacrre, Ann., 1, 42 : An
tatfss te, € FQ .3 cives (appellem), quibus tam projecta senatus auctoritas est. — Pine Le Jeune, Ép.. I, 3, 5 : Tu ΤΗΣ enitere, ut tibi ipse sis tanti, quanti videbgris aliis si tibi fueris. — SALVIEN, Épist., IX, 14 : Scriptor ille humilis est in oculis suis et vilis sibi°.
παρὰ Δαρεξῳ κριτῇ. Sornocte, Trach., 589 : δοχεῖς παρ᾽ μῖν οὐ βεθουλεῦσθαι χαχῶς. Ητυρέπιρε, Vil, 12 : Λυχοῦργον παρά τούτοις μέτριον χαὶ ἐπιειχῆ δοχοῦντα εἶναι.
On peut comparer, eu latin, l'usage que fait Tacite de la préposition apud avec l'accusatif, dans le même sens :
Hist., 1, 29 : Aut perire hodie necesse est, aut, quod æque apud bonos miserum est, occidere.
1. Cet emploi de ὡς se rattache étroitement à celui dont il sera question plus loin (Conjonction) : la particule sert là, comme ici, à exprimer que le fait est vrai dans l'opinion de tel ou tel sujet.
2. Voyez KEm«un, ouv. cité, t. II, 367 sq. et cf. Rumpxz, ouv. cité, p. 282 sq.
3. Voyez sur ce sujct l'intéressante monographie de Gun. Havsxn, der partisipiale Dativ des ürtlichen und geistigen Handpunktes nach Ursprung und Gebrauch bei denvlateinischen Schriftstellern (Gymn. Programm., Bozen, 1878). Landgraf l'a utilisée dans l'étude citée, Archiv.. de Wælfflin, t. VIII, p.50 sqq.
4. Cf. Césan, de B. Gall., I, 28, 1 : Si sibi purgati esse vellent, « s'ils voulaient être justifiés à ses yeux. »
5. Les poètes remplacent souvent le pronom mihi (tibi) par l'expression plus concrète oculis meis (tuis).
Ex.: Tisvuus, Eleg., IV, 13, 3 : Nec jam te præter in urbe Formosa est oculis ulla puella meis.
6. Remarquez in OCulis suis remplaçant sibi. Ces exemples sont empruntés à l'étude de Landgraf
93.— Mais c'est surtout le datif du participe que le latin, comme le grec d'ailleurs, emploie pour exprimer par rapport à qui telle ou telle affirmation est vraie.
Ce tour sert ordinairement pour indiquer la situation réelle qu'occupe la personne au point de vue de laquelle on se place, mais on l'emploie aussi au figuré, pour signifier le point de vue de l'esprit.
En grec, cela est surtout fréquent pour indiquer” une position géographique ou” une circonstance de temps.
Souvent le participe au datif n'est pas accompagné du nom de la personne qui reste indéterminée.
a Ἠέβονοτε, VI, 33: ἀπὸ ovins ἀπαλλασσόμενος ὁ ναυτιχὸς στρατὸς τὰ ἐπ᾽ ἀριστερὰ ἐσπλέοντι τοῦ ᾿Ελλησπόντου αἴρεε πᾶντα. — Tuucyine, 1, 24, 1 : "Eridauvés ἐστι πόλις ἐν δεξιᾷ ἐσπλέοντι τὸν ᾿Ιόνιον χόλπον. --- Χένορπον, Cyr, VII, 6, 20 : λέγεται (Κῦρος) χαταστρέψασθαι πάντα τὰ ἔθνη, ὅσα Συρίαν ἐκδάντι οἰχεῖ μέχρ! ἐρυθρᾶς θαλάσσης.
b) Howëne, JL, XXIH, 409 : μυρομένοισι δὲ τοῖσι φάνη ῥοδοδάχτυλος 'Hwcç.— Héronore, VI, 21: παισὶ γράμματα διδασκομένοισι ἐνέπεσε ἢ στέγῃ .--- Τηυογρινε, Il, 29,2 : ἡμέραι μάλιστα ἦσαν τῇ Μιτυλήνῃ ἑαλωκυίᾳ ἑπτά, ὅτ᾽ ἐς τὸ "Eubarov οἱ Λαχεδαιμόνιοι χατέπλευσαν᾽. — Χένορπον, Anab., VI, 1, 10 : Ξενοφῶντι διὰ τῆς μεσογαίας πορευομένῳ οἱ ἱππεῖς προχαταθέοντες ἐντυγχάνουσι πρεσθεύταις. — PLATON, Ρνοίαφ.,
En latin, l'usage est le même qu'en grec, à cette différence près que les Grecs préfèrent employer le datif singulier?, tandis que les Latins se servent plus volontiers du pluriel*. |
signalée ci-dessus. Voy. Archir. de Weælfflin, t. VIII, p. 51. Je dois beaucoup, comme on s'en apercevra encore tout à l'heure, à ce travail si complet et si bien ordonné.
1. Dans des expressions de ce genre, il est rarc qu’il n’y ait pas un participe déterminant le nom au datif. C'est par exception que Thucydide a écrit, 1, 13, 4 : ἔτη δὲ μάλιστα καὶ ταύ τ τῇ ναυμαχίᾳ (« depuis cette bataille navale nee χαὶ διαχόσιά ἐστι μέχρι τῆς τελευτῆς τοῦδε τοῦ πολέμον (ef. Ῥάπουτηέπκ, p. 541, 10 : ἔτη ὀχτώ τῇ Ἀρἔσει ἐκεένῃ διαγεγονότα, « huit ans se sont écoulés depuis ce jugement »). Il ne faut pas confondre cette construction avec celle-ci, qui est très correcte, Tacc., V. 20: εὑρήσει δέχα ἔτη τῷ πρώτῳ πολέμῳ διαγεγενημένα. Cette phrase veut dire que la guerre a duré dix aus et non pas que dix ans se sont écoulés depuis la première guerre.
Le datif τῷ πρώτῳ πολέμῳ cest construit avec διαγεγενημένα comme complément d'un verbe passif, διαγιγνέσθαι signifiant souvent « passer jusqu'au bout ».
2. Toutefois cf. Χέπορπον, Anab., 111, 8, 22 : οἱ ποταμοὶ προζοῦσει πρὸς τὰς πηγὰς διάδατοι γίγνονται. Tucorms, IV, 56, 1 : τοῖς ᾿Αθηναίοις τότε τὴν παραθαλάσσιον δηῃοῦσει τὰ μὲν πολλὰ τοαύχασαν (οἱ Λάκεδαιμόνιοι). Cf. Ταῦς., IV, 120; VIII, 94: Χάν., Hell., II, 1,.31. Se fondant sur cette observation, Landgraf{l. £., p. 52) croit pouvoir, d’après Waœzrriim (Act. semin. phil. Erlang., t. II. p. 140), reconnaitre l'influence du grec dans les passages où le singulier est employé au lieu du ploriel (T.-Livs, XXVI, 24, 11 ; 26, 2 ; XXVIIT, 18; XXXIT, &, 3 : Punxæ L'Anciex, ist. nat., III, 3). Pour que cette assertion füt exacte, il faudrait qu'il fût bien évident que, dans cette construction, lo pluriel est en latin Ja règle et 16 singulier l'exception ; une statistique exacte et complète manque encore. Toutefois il convient d'ajouter que l'usage des poètes (et celui de Virgile en pârticulier) semble donner raison à Landgraf.
3. Comme celle tournure est étrangère à la langue latine archaïque ct que parmi ceux qui s'en servent
Ex. : César. de B. cir., I, 80, 1 : Gomphos pervenit, quod est oppidum primum Thessaliæ venientibus ab Epiro. — T.-Live, I, 8,5: locum, qui nunc sæptus descendentibus inter duos lucos est. XLII, 15, 5 : escendentibus ad templum a CGirra…. maceria erat'.
REMARQUES. — Ï. A partir de Tite-Live cette construction devient commune ; on la rencontre surtout chez les historiens, aussi bien chez les auteurs de l'Histoire Auguste que déjà chez Tacite; mais les exemples sont aussi nombreux dans Sénèque et dans Pline ; enfin saint Jérôme en a fait un emploi étendu dans son petit traité de silu el nominibus locorum Hebraicorum. Mais les poètes du siècle d'Auguste et surtout les poètes postérieurs évitent de s’en servir.
Il. La forme de participe employée est ordinairement celle du présent. Le parfait ne se rencontre pas avant Virgile (Ër., 11, 713 : Est urbe egressis tumulus), qui voulait éviter sans doute d'introduire dans un vers une forme intolérable comme egredientibus. Quoi qu'il en soit, Virgile a été suivi par Pomponius Mela (II, 97 : egressis fretum obvia insula}?, par Pline l'Ancien (Hist. nal., XIV, 12 : Padum transgressis, IV, 61 : circumvectis Griumetopon) et par Tacite {.{gr., 10 : sed transgressis enorme spatium velut in cuneum tenuatur)”.
III. En grec, comme en latin, on remplace assez souvent le datif par une proposition conditionnelle ou temporelle.
Ex. : How, J1., XXI, 155 : ἤδε dE μοι νῦν ηὡς ἐνδεχάτη, ὅτ᾽ ἐς Ἴλιον εἰλήλουθα (οἴ. Odys., XXIV, 309 sq.; ISÉE, VI, 14). Comparez TACITE (hist, Il, 71 : subeuntibus) et STACE (Silres, 11, 2. 34 : si subeas).
Cette substitution est rendue nécessaire en latin quand le participe devrait être au passé; c'est ainsi que Salluste ἃ dû écrire, Cat., 55 : ubi descenderis ad lævam.
94. — Au lieu d'exprimer un point de vue réel, le participe peut exprimer, en quelque sorte, le point de vue de l'esprit.
Ex. : Héronore, 1, 4 : ἀληθές δὲ λόγῳ χρεωμένῳ οὐ Κορινθίων τοῦ δημοσίου ἐστὶν ὁ θησαυρός. -- Tuuc., Il, 49, 5 τ τὸ μὲν ἔξωθεν ἁπτομένῳ σῶμα οὐχ ἄγαν θερμὸν ἢν. — PLATON, Rép., 589, c : πρὸς ἡδονὴν σχοπουμένῳ ὁ ἐπαινέτης τοῦ διχαίου ἀληθεύει.
C'est à cette construction qu'il faut rattacher le tour bien connu συνελόντι (εἰπεῖν) où (ὡς) συνελόντι εἰπεῖν. à dire les choses comine (elles se présentent) pour quelqu'un qui résume.
Je plus volonticrs on compte Vitruve, chez qui l'influence du grec est sensible, on pourrait ètre tenté d'y voir un bellénisme introduit en latin. Mais cette conclusion serait trop absolue. Landgraf a montré (ἰ. Z., p. 52) qu'elle est vraisewblablement sortie de la construction qui a été précédemment étudiée (8 92) et qu'on peut résumer dans la formule mihi est aliquid « à mes yeux telle ou telle chose existe ». La seule différence, c'est qu'au datif simple on a ajouté un participe.
1. Voyez dans Kiuxasr, Livianische Synlar, p. 123, les exemples de ce tour, plus fréqueut chez T.-Live que chez aucun autre auteur.
2. Ilest intéressant do remarquer que Pomponius Mela semble préférer un autre tour à cet emploi du datif, Cf. 11, 1, 1 : per eundem annum in Mæotida remeantibus ad dexteram Europa est, modo sinistro lateri innavigantium apposita; et ΠΙ, 8,75: Carmanii navigantium dextera positi.