‹ Grammaire comparée du grec et du latinChapitre 38 sur 306 · En grec, ce tour est exclusirement poétique · texte numérisé non relu

En grec, ce tour est exclusirement poétique

Es. : Escurix, Perses, 8 : νόστῳ τῷ BaatAsiw.

3. À la troisième personne on dit naturellement : διὰ φιλίαν αὐτοῦ, etc. Mais ce cas mis à part, 60 peut dire d’une manière générale que, sauf chez Homère, le génitif des pronoms personnels est peu usité. Kiuxan (op. cif., $414, p.286 sq.) cite Sornocix, Aj., 998 : ὀξεῖα γὰρ σον βάξις « ta prompte 11: “ .’"" renommée », Xéx., Cyrop., VI, 3, 10 : ἡμῶν (— περὶ ἡμῶν) δ᾽, ἔφη, λόγος τις ἢν. Cf. ὅορε,, EL, 1036 : προμηθίας δὲ σοῦ, et Tuvc., 1, 73, 1 : EP δὲ χαταθοὴν οὐκ ὀλίγην οὖσαν ἡμῶν. με ( 13 τὰ μων τὸν εὐ

ΕΨΨ0ΝΝ d» PR?

temps, il fournit un exemple de l'usage suivi par les écrivains classiques, quand le pronom personnel serait un génitif du sujet. En pareil cas on lui substitue l'adjectif possessif correspondant : tua memoria, le souvenir que ἐμ (lui) gardes!.

406. — Le génitif de l'objet ne s'emploie pas comme génitif attribut. EE, + 177

δ 3. — Génitif explicatif.

mr ns 407. — On peut ajouter à un substantif un autre substantif au génitif destiné à marquer en quoi consiste l'objet désigné par le premier. C'est ce qu'on appelle génitif explicatif. Cet emploi est rare en grec et presque exclusivement poétique.

EX. : Hou., Odyss., V, 292 : ἄελλαι παντοίων ἀνέμων, lili. ouragans consistant en vents de toute espèce. — SoPn., Ant, 626 : παέδων τῶν σῶν (en fait d'enfants qui soient à toi) νέατον γέννημα. Phil., 214 sq. : βορᾶς ἐπωφέλημα,, secours consistant en nourriture. — Arnisrorn., Cher, 905 : μισθοῦ τρύθλιον (un salaire en guise de plat, Zi. un plat consistant en un salaire) pooñcat. Nuées, 1 : τὸ γρῆμα τῶν νυκτῶν ὅσον, etc.

Enfin on connait les locutions poétiques ne ες Hat! 238 TRE τ; εὐνῆς λέχτρον, συὸς χρῆμα, νηὸς σχᾶφος, ἁρμάτων ὄχοι, μάχης ἀγών, εἰς. ᾿ ,

En dehors de ces constructions, on trouve quelquefois, même en prose, des tours comme ceux-ci :

PLaT. Phil, 11: ἢ τοῦ χαίρειν διάθεσις, l'humeur joyeuse, dite. la disposition consistant à élre joyeux. Apol., 29* ἀμαθία αὕτη ἢ ἐπονείδιστος n τοῦ οἴεσθαι εἰδέναι ἃ οὐχ οἶδεν, l'ignorance la plus blâmable, celle qui consiste à croire qu'on sait ce qu'on ignore.

On remarquera que dans ces deux locutions et dans d'autres semblables le génitif explicatif consiste en un infinitif précédé de l'article.

1. Quelques-unes des exceptions citées ne sont qu’appareutes ; ainsi l'exemple cité par Mavvio, lat. Sprachl., ὃ 297 c (Rem.) : custodem urbis et vestrum (Cic., in Cat., 3, 12) ne porte pas, parce que vestrum peut étre l'accusatif de vester. Quant à la phrase de Cicéron, ad Att., VII, 9, ὁ : « habe meam rationem.» Habe tu nostrum, il est aisé de corriger nostrum en nostram, et l'irrégularité disparait. Ce qui est vrai, c'est qu'à l'époque impériale les écrivains ne s'astreignent plus à suivre la règle qui vient d'être donnée.

Sur les causes de cette licence, voy, Bnexous, ouv. cil., p. 103 544. ct cf. ci-dessus, p. 111 54."

REMARQUES. — Ï. Contrairement à ce qui ἃ lieu en latin (cf. ci-après, αὶ 108, REx. 1), jamais en grec le mot signifiant nom n'est accompagné du génitif. Ainsi l’on dira τὸ ὄνομα “ὃ Μαχάρτατος (DÉM., ΧΙΠῚ, 11) ou bien τὸ τοῦ πατρὸς ἐμοῦ ὄνομα Σωσίαν τῷ υἱῷ ,γ» 5 45 ἐθέμην (DÉX., XLIIL, 74), c’est-à-dire que le nom propre se construit en apposition à ὄνομα.

11. De même des constructions comme JAfou πόλις (EUR.), Κισθήνης ὄρος (CRATINUS), Cialis ou encore τὸ ὅρος τῆς ᾿Ιστώνης (cf. Tauc., ΙΝ, 46, 1) sont exceptionnelles et surtout Te ET

Lo

poétiques ; cf. Ἰλίου πτολίεθρον, dans Homère!. “π΄ in

IIL. Esutefois on peut rattacher au génitif explicatif certains exemples cités par les *,,f.uU°9?© grammairiens sous la rubrique « génitif de matière », comme

οὐσία χρυσοῦ ἢ ἄλλου τινὸς χτήματος {PLAT., Phédre, 240) ou ἄλσος ἡμέξων δένδρων (Χέν., An., V, 3, 12)°.

Mais cette attribution reste douteuse.

408. — En latin, le génitif explicatif se construit soit comme génitif épithète, soit comme génitif attribut.

a) Comme génitif épithète :

Ex. : Pzaur.. Ampa., 11, 2,1: res voluptatum. — Cuc., in Verr., H, 4, 51,143: propter eam causam sceleris, pour ce motif, c.-à-d. à cause de ce crime. P. Mur., 10, 23 : aliis ego te virtutibus continentiæ, gravitatis, justitiæ, fidei... dignissimum judicavi (les mérites qui consistent à ètre désintéressé, grave, etc.). — T.-Live, XXII, 30, 3 : frugum alimenta carnisque, de la nourriture consistant en blé et en viande. XXI, 5, 11: Carpetanorum cum appendicibus Olcadum Vaccæorumque centum milia fuere, les Carpétans étaient au nombre de cent mille en comptant les contingents supplémentaires formés par les Olcades et les Vaccéens. (Sex. Ép., XVI, 5,1 : Fabiani libros qui inscri- dt": buntur artium civilium)) — Quiriuex, I, 2, 10 : illa vero vitiosissima quæ jam humanitas vocatur, in vicem qualiacumque Jaudandi, cette fâcheuse et prétendue politesse qui consisle à louer. — Tac., Ann., XII, 2 : signum petenti tribuno : dedit optimæ matris, il lui donna pour mot d'ordre oplima maler, etc.

REMARQUES. — I. À cet usage se rattache l'emploi des mots appellatio, nomen, verbum ou vox suivis du génitif®, comme dans

domini appellatio, nomen carendi, vox voluptatis, nomen poetæ (cf. Cic., p. Arch., 19), etc.

1. Dans l'expression de Platon, Rép., 621 : ὁ τῆς Λήθης ποταμός, le génitif peut être un génitif possesaif, et l’on se demande si l’on ne doit pas traduire « le fleuve de l'Oubli ».

Page 1