Léril
ἀχροώμενοι δέ τοῦ ἄδοντος ὥμνυετε ἄριστα ἄδειν (sans écouter ἐς chanteur, vous juriez qu'il chantait le mieux du monde). — Xéx., Bang., 1, 16: ὡς ἤσθετο τοῦ γέλωτος. Hell., IV, 5, 4 :τῆῇς κραυγῆς Hofovro'. (Cf. Hom., JL, 1, 31 : xAUO μευ. Evn., Bacch., 516 : χλύετ᾽ ἐμᾶς χλύετ᾽ αὐδᾶς. — Hou., Od., IX, 401 : οἱ δέ Boñs ἀΐοντες... (entendant un cri); XXVIIH, 41).
REMARQUES. — 1. Quand le verbe ἀχούειν signifie apprendre quelque chose de quelqu'un, il se construit aussi avec le génitif de la personne; mais sur ce génitif, voy. ci-après, $ 153, 2°.
II. Dans le sens de écouter, c'est-à-dire obéir, le verbe simple ἀχούειν (et chez les poètes, χλύειν) se construit aussi avec le génitif de la personne.
Ex. : Hox., Od., VII, 11 : θεοῦ δ᾽ ὡς δῆμος ἄχουεν. — Sopn., El., 340 : τῶν κρατούντων ἐστὶ πάντ᾽ ἀχουστέα. — MÉN., Fragm., 384 : νέος ὧν ἀχούειν τῶν αιτέρων θέλε. -- HÉR., 111, 62 : προαγορεύει fui Σμέρδιος βασιλῇος ἀχούειν. --- Χέν., Cyr., ΝΠ], 3, 6 : ὅπως δ᾽ ἂν ἥδιον παραγγέλλοντός σου ἀχούωσι (Cf. Εὐκ., Or., 436 : οὗτοί μ᾿ ὑδρίζους᾽ ὧν πόλις τανῦν χλύευ).
On emploie quelquefois la même construction avec ἐπαχούειν (cf. HÉS., Œur., 273) et même avec ὑπαχούειν (cf. HÉR., III, 101: Tauc., Il, 62, 3; XÉN., Cyr, VIII, 1, 20), bien que celui-ci prenne ordinairement un datif pour complément.
Enfin c'est l'analogie de ces verbes qui explique l'emploi du génitif avec πείθεσθαι,
obéir, chez Hérodote et chez les poëtes.# * ‘ 2 RS Ex. : HÉR., VI, 12 : un πειθώμεθα αὐτοῦ. — EUR., Iph. en Aulide, 126 : πεί- | ᾿ θεσθαι γὰρ εἴθισμαι σέθεν. Hong mia δε ον tort ἀν 06.
Toutefois le datif est seul correct avec πείθεσθαι. SL ὶς If. Le verbe πυνθάνεσθα!, apprendre, ètre informé de, est quelquefois accompagné du génitif de la chose dont on est informé (au lieu de περί suivi du génitif}. Ex. :How., IL, XVII, 686 : ἄγε δεῦρο..., ὄφρα πύθηαι | λυγρῆς ἀγγελίης. — ESCHYLE, Choëéph., 835 : πυνθάνου δὲ τῶν ξένων. — Sorx., El., 35 : v πεύσει. Œd. à Col., 513 : (ἔραμαι! πύθεσθχι" τᾶς δειλαίας ἀπόρου φανείσας | ἀλγηδόνος...
C'est une extension hardie de l'usage dont il a été question à propos du verbe αἰσθαve702t, mais la construction est exceptionnelle ?.
1. Le verbe αἰσθάνομαι signifie proprement « percevoir par les sens (par l'odorat, par la vue, surtout Ι
par l'ouîe) » et figurément « percevoir par l'intelligence », d'où « s'apercevoir de, apprendre, EE
comprendre », etc. Quand il est pris au sens propre, on le trouve souvent avec le génitif de la chose
perçue, plus rarement avec l'accusatif. Quand ilest pris au seus figuré, il suit plus ordinairement
l'analogie des verbes signifiant « apprendre, savoir, comprendre » et se coustruit avec l'accusalif.
Cependant on trouve, méme en ces cas, quelques exemples du génitif de la chose ct même du géuitif de la
personne. .
Ex. : Xum., Cyr., V, 3, 20 : ἠσθημένος τοῦ γεγενημένον (mais ibid., 11, 4, ὁ : ὡς ἤσθετο τὰ γιγνόμενα). Anab., I, 1, ἃ : βασιλεὺς τῆς πρὸς ἑαυτὸν ἐπιδουλῷς oùx on, Mi ocre ἠσθάνετο. Mém., 1, 4,13 : τίνος ἄλλου ζῴου ψυχὴ θεῶν τῶν τὰ μέγιστα καὶ
κάλλιστα συνταξάντων ἤσθηται, ὅτι. εἰσί ; et surtout Hell., IV, 2, 19 : Λαχεδαι- “" : μόνιοι οὐκ ἤσθοντο προσιόντων τῶν πολεϊλέων. Thucydide ἃ même dit (V, 83): ἤσθοντο τειχεξόντων (au lieu de αὐτῶν τειχιζόντων). se
2. Dans la phrase de Thucydide (1V, 6, 1) : ἐπύθοντο τῆς Πύλον κατειλημμένης, on a 7 vraïisemblablement affaire à un génitif absolu. °
IV. Avec συνιέναι, comprendre, on trouve aussi parfois un génitif de personne ou de chose pour complément.
Ex. : HÉRODOTE, 1, 47 : κωφοῦ συνίημι. — Tuuc., 1, 3, 4 : ὅσοι ἀλλήλων ξυνιέσαν (tous ceux qui se comprenaient entre eux). — PLAT., Tim., 11 : À γου συνήσειν ἔμελλεν.
Il est difficile de ne pas voir dans cet emploi, d'ailleurs assez rare, une extension de . γ Ξ la construction en usage avec ἀχούω, écouter, faire attention à!,
V. Toutes ces constructions sont inconnues au latin classique, mais on trouve dans le latin biblique des transcriptions pures et simples du génitif grec.
Ex. : VULGAT., Jerem., 23, 22 : si audissent verborum meorum. Luc., 20, 20 : ut apprehenderent verborum ejus. Jud., 3, 20 : non obaudierunt vocis me.
3° Aux verbes exprimant des sensations on peut rattacher ceux qui expriment* un sentiment ou” une émotion de l'âme et se construisent aussi avec un complément au génitif*.
a) Ce sont les verbes : ἐπιθυμεῖν, ἐφίεσθαι, ὀρέγεσθαι, ἐρᾶν, désirer: πεινῆν, avoir faim de, διψῆν, avoir soif de; ἐπιμελεῖσθαι, φροντίζειν, avoir souci de, χήδεσθαι, s'inquiéter de, μέλε! λοι, je me préoccupe de, je m'intéresse à. ἀμελεῖν, ne pas s'inquiéter de, ὀλιγωρεῖν, négliger, etc.
Ex. : Χέν., Mém., IL, 6, 30 : τῶν μαθημάτων πάλαι ἐπιθυμῶ (cf. Hén., 11, 66; Escuve, Agam., 216, etc.). — Eur, Phénic., 532 : τὶ τῇς κακίστης δαιμόνων "ἐφίεσαι φιλοτιμίας (ef. Tuve., I, 428, 3: Sopu., El., 143; PLaT., Phil., 20 "Ὁ, etc.) ®. — XÉX., Bang., #, 42 : οἷς μάλιστα τὰ παρόντα ἀρχεῖ ἥχιστα τῶν ἀλλοτρέων ὀρέγονται (cf. Ριλτ., Rép., 485 d)*; 4, 36 : πεινῶσι χρημάτων. — PLar, Rép., 562 : δημοχρατουμένη πόλις ἐλευθερέας διψήσασα. — XEN., Mém., 1, 4, 11 : ἢ τοῦ θεοῦ φρόνησις ἅμα πάντων ἐπιμελεῖται. -- PLAT. Crit., 44: τί ἡμῖν τῆς τῶν πολλῶν δόξης μέλει; τῶν ἐπιεικεστάτων μᾶλλον ἄξιον φροντίζειν. — XEN., Cyr. VIII 7, 15 : ἑαυτοῦ χήδεται: ὁ προνοῶν ἀδελφοῦ. — Isocn., 1, 48 : τοῖς σπουδαίοις οὐχ οἷόν τε τῆς
ἀρετῆς ἀμελεῖν. III, 48 : μηδενὸς ὀλιγωρεῖτε.
1, Par contre, on peut expliquer d'unc autre façon les locutions : ἀποδεχομαί τινός « j'accepte ce que dit quelqu'un », « je suis de son avis » (cf. ἀνέχομαί τινος). On a dû commencer par dire : ἀποδέχομαί τινός τι « j'accepte quelque chose de la part de quelqu'un (gén.-ablatif) », ou encore : ἀποδέχομαΐ τινός ποιοῦντός ou λέγοντός (géu.-abl. absolu) τί, comme on dit gvéyouæi τινος ποιοῦντός τι (gén.-abl. absolu), puis, par abus, on en vint à dire : ἀποδέχομαι, ἀνέχομαί τινος.
2. Ces verbes sont de mème accompagués du géoitif en sanscrit (cf, B.-Dersnücx, Grundl., p, 40).
3. 11 est possible aussi que ce verbe suive l'analogic de στοχάζεσθα: « viser », qui se construit avec le génilif; car ἐφίεναι signific « lancer, envoyer vers », et le moyen ἐφίεσθαι a fini par significr aussi « viser »,
4, Le verbe ὀρέγεσθαι signifie proprement « s'étendre vers, viser », d'où « aspirer à... » (cf. Hou., Il., NI, 466 : οὗ παιδὸς ὀρέξατο « il tendit les bras vers son enfant »). On peut donc lui appliquer la mème remarque qu'au précédent (voir ci-dessus, note 3),
[δ “Ἴ Mérite.
REMARQUES. — ἴ. Même quand il signifie aimer, le verbe ἐρᾶν se construit avec le génitif ; il en est de même ἀ᾽ ἐρασθῆναι, s'éprendre d'amour. C'est l’idée de désir qui domine dans ces constructions. Au contraire φιλεῖν, aimer d'amitié et ποθεῖν (lat. desiderare), regrelter, soupirer après, veulent leur complément à l'accusatif.
— de atite ὺ
(II. C'est peut-être par analogie avec les verbes de désir’que ἀντιποιεῖσθαι, faire valoir 7 k 5 1.9 ses droils sur, se construit avec le génitif de la chose qu'on dispute. 7 )
= Ex. : THUC., IV, 122, 4 : τῆς πόλεως ἀντεποιοῦντο. DR EP . 4
Mais quand ἀντιποιεῖσθαι signifie s'arroger, prétendre à, le génitif s'explique autrement (voy. ci-après, 8 124, REX. Il). ἢ ie
ΠῚ. Cet emploi du génitif est inconnu au latin classique. Mais, par imitation du grec, les écrivains archaïques ont construit avec un complément au génitif certains verbes de désir.
Ex.: AcQits AP. Cic., de Nat. deor., 11], 29, 72 : qui te nec amet nec studeat tui. — PLAUTE, Mil., 963 : quæ cupiunt tui.
Les écrivains de la décadence ont repris ce tour :
Ex. : APULÉE, de deo Socr., 22, extr. : veræ beatitudinis esurit et sitit. —- SYxM., Ep., 1, 8 in. : jam dudum vestri cupiunt Lucrina tacita.
De mème, on trouve dans le latin biblique des transcriptions pures et simples du génitif grec.
Ex. : VULG., Hebr., 8, 9 : ego neglexi illorum.
b) Ge sont certains verbes employés surtout par les poètes avec un complément au génitif, et particulièrement ἥδεσθαι, se réjouir (au fond du cœur) de'.
Ex. : Sopu., Phil, 15: πώματος “on (cf. PLar., Phédre, 239 ἃ). — | -;; EcsuLos, 67, 10 : Ἑλλάδος ἔγωγε τῆς ταλαιπώρου στένω. | — Taucrnwe, Il, 62, 3: οὐδ᾽ εἰχὸς χαλεπῶς φέρειν αὑτῶν. Cf. εἱ Ι, ΤΊ, ἃ : OÙ τοῦ πλέονος UN στερισχόμενοι χάριν ἔχουσιν, ἀλλὰ τοῦ ἐνδεοῦς χαλεπώτερον φέρουσιν", ils ne se montrent pas reconnaissants qu'on leur permette de conserver plus qu'on ne leur devrait laisser, mais ils s'irritent à la: pensée de ce qu'on leur enlève.
Eee Aux verbes s'occuper de, prendre souci de, se rattachent ceux qui signifient se souvenir et le contraire oublier, C.-à-d. μνησθῆναι, se souvenir de, μεμνῆσθαι, garder le souvenir de, ἐπιλανθάνεσθαι, oublier, etc., qui se construisent avec le génitif *.
1. 11 faut se garder de grossir outre mesure la listede ces verbes. Bien qu'en sauscrit (cf. B.-Deusairx, die Grundlagen der gr. Synt., p. 40) les verbes signifiant « 56 réjouir, s'indigner », ctc., soient accompaguës d'un complément au génitif, il est vraisemblable que les verbes grecs correspondants sont, comme on le verra plus loin (ὃ 121), construits avec un génitif marquant la cause et n'ayant point de rapport avec le génitif dont il est question en co moment. C'est le cas, notamment pour στένειν, ὀλοφύρεσθαι « gémir sur, à propos de », ὀργίζεσθαι, χαλεπῶς φέρειν « s'indigner, s'irriter de ».
2. Τοῦ ἐνδεοῦς peut ètre aussi un génitif de causr. Voy. ci-après, 5 121, Rem. 1, n. 1.
3. Le géuitif est aussi le cas auquel on met, en sanscrit, le complément des verbes signifiant « se s uvenir ». Cf. Β.-Πειπκῦοκ, op. cit.. p. 40.
Ex. : How, J1., XV, 487 : ἀνέρες ἔστε, φίλοι, μνήσασθε δὲ θούριδος ἁλκῆς. -- Isocn., 1,20» τῶν ἀπόντων φίλων μέμνησο πρὸς τοὺς παρόντας... 1, 41 : ἐν πᾶσι τοῖς ἔργοις οὐχ οὕτω τῆς ἀρχῆς μνημονεύομεν ὡς τῆς τελευτῆς αἴσθησιν λαμδάνομεν. — Lysras, XXXI, 25 : τῶν αὐτῶν ἐστι τούς τε χαχοὺς τιμᾶν χαὶ τῶν ἀγαθῶν ἀμνημονεῖν. — Χέν., Mém., I, 2, 21 : τῶν νουθετικῶν λόγων ἐπιλαθόμενον οὐδὲν θαυμαστὸν καὶ τῆς σωφροσύνης ἐπιλαθέσθαι.
REMARQUES. — I. Le verbe μνημονεύειν se construit plus ordinairement avec l’accusatif, surtout s'il a pour complément un nom de chose.
Ex. :Isocn., 11, 35 : ἐὰν τὰ παρεληλυθότα pynpoveuns, ἄμεινον περὶ τῶν μελλόντων βουλεύσει (cf. ESCHYLE, Pers., 186; Β0ΡΗ., Ph., 12; HÉR., 1, 36; XÉN., Mém., Il, 7, 7, etc.).
Il en est de même des autres verbes de cette catégorie, quand ils signifient garder ou ne pas garder dans la mémoire.
Ex.:PLAT., Théét., 166 a : ἀρ᾽ οἷόν τε τὸ αὐτὸ μεμνῆσθαι ἅμα χαὶ μὴ εἰδέναι: — DÉM., VI, 12 : οὐχ ἀμνημονεῖ τὰς ὑποσχέσεις. --- Eur., El., 264 : τὰς τύχας τὰς κακὰς ἐπέλαθοντο, τὰς δὲ μὴ χαχὰς ἔσωζον.
Il. En latin, les verbes memini (recordor), se souvenir de, admonere, faire souvenir quelqu'un de, oblivisci, oublier, etc., se construisent avec le génitif.
Ex. : Cic., de Fin., V,1, 3 : vivorum memini, nec tamen Epicuri licet oblivisci. de Div., I, 30, 63 : (animus) meminit præteritorum, præsentia cernit, etc. — CÉS., de B. Gall., 1, 13, 4 : reminisceretur.. pristinæ virtutis Helvetiorum. — Cic., 1x Pis., 6, 12 : cum aliquo dolore flagitiorum suorum recordabitur. — SALL., Cat., 21, ἃ : (Catilina) admonebat alium egestatis?. — Cic., Tusc., III, 30, 18 : est proprium stultitiæ aliorum vitia cernere, oblivisci suorum.
La locution venit in mentem se construit comme memini dont elle est l'équivalent.
Ex. : NÆviUS AP. Prisc. (VI, 6) : ei venit in mentem hominum fortunas (arch. p. fortunæ). — TÉR., Phorm., 154 : ubi veniat in mentem ejus adventi. — Cic., de Fin., V, 1, 2 : venit enim mihi Platonis in mentem.
Π|. Les verbes latins dont il vient d'être question admettent aussi d'autres constructions.
a) Quand memini et obliviscor ont pour complément un nom de chose, on trouve souvent ce complément à l'accusatif.
Ex. : PLAUTE, Pœn., IV, #, 102 : ecquid meministi tuum parentum nomina? — Cic., p. Planc., 33, 80 : qui patriæ beneficia meminerunt*.
1. Le simple λανθάνεσθαι est toujours accompagné du génitif; maïs le composé ἐπιλανθάνεσθαι peut prendre, même en prose, un accusatif pour complément.
2. On construit de même COmmonere (Praur., Rud,, 743; Comur., al Her., 1V, 33, 44) et, dans Tacure (Ann., 1, 67), le simple monere est suivi du génitif.
3. L'accusatif est exigé par le sens, le verbe memini voulaut dire ici « garder daus sa mémoire », et obliviscor signifiant « ne pas garder dans sa mémoire ». Au contraire avec un complémeut au génitif ces verbes signifient « avoir (ou ne pas avoir) le souvenir de... »
Quand le complément est un nom de personne, seul memini peut se construire avec l'accusatif.
Ex. : Cic., Phil., 5, 6, 11 : Cinnam memini, Sullam vidi. De Or., 11], 50, 194 : Antipater ille Sidonius, quem tu probe, Catule, meministi.
δ) Le verbe recordor est ordinairement accompagné d'un complément de chose à l'accusatif.
Ex. : Cic., de sen., 5, 13 : expugnationes,.… bella..., triumphos recordari.
Quand le complément de recordor est un nom de personne, il se met régulièrement à l'ablatif précédé de de.
Ex. : Cic., p. Sull., 2, 5 : recordare de ceteris, quos adesse huic vides. Tusc., 1, 6, 13 : velim scire ecquid de te recordere.
6) Les verbes admonere et commonere se construisent plus souvent avec de et l'ablatif qu'avec le génitif.
Ex. : Cic., ad Aft., XI, 16, 5 : ut Terentiam moneatis de testamento. Ad Q. fr., 1, 1, 4. 14 : epistula in qua de æde Telluris et de porticu Catuli me admoness, etc.
On trouve aussi (dans la langue familière) memini de aliquo, songer (penser) à quelqu'un, et memini de aliqua re, songer (penser) à quelque chose, faire mention de quelque chose.
Ex. : PLAUTE, Asin., 939 : de palla memento. — Cic., ad Aft., XV, 21, 3 : de Herode meminero. Phïil., 2, 36, 91 : meministi ipse de exsulibus!.
9° Aux verbes construits avec le génitif pour indiquer que l'action s'exerce seulement sur une partie de son objet on rattache, en grec, ceux qui signifient viser à, toucher, saisir et les verbes de sens analogue ou contraire.
Les principaux sont : στοχάζεσθαι, viser, viser à, ἐφιχνεῖσθαι: ou ἐξιχνεῖσθα!, atteindre, τυγχᾶνειν, rencontrer, obtenir, ἀποτυγχάνειν, ἁμαρτάνειν, ne pas obtenir, manquer, σφάλλεσθαι, ψεύδεσθαι, être trompé, déçu, etc. — ἅπτεσθα!, toucher, λαμθάνεσθα:, saisir, ἔχεσθαι, se tenir ἃ, ἀντέχεσθαι, s'attacher
à, πειρᾶσθαι, tenter, attaquer, — ἄρχειν et ἄρχεσθαι, commencer”.
Ex. : XEN., Cyr. I, 6, 29 : ἀνθρώπων στοχάζεσθαι (cf. surt. au sens
figuré, PLar., Gorg., 465, a : στοχάζεσθαι τοῦ ἥδεος. =
Isocn., VII, 28 : στοχάζεσθαι τοῦ δέοντος). — Dém.. XX, 122 :
1. L'idée de « faire mention de » est reudue quelquefuis aussi en latin par Memini accompagné du génitif. Mais l'exemple qu'on cite {Cis., de Δ. civili, 111, 108, 2), ne parait pas avoir pour lui l'autorité de César, s'il est vrai que leschapitres 108 of 112 de ce livre aient été écrits en partie par Asinius Pollinn.
3. Cette construction parait manquer en sanscrit. Mais le génitif s'explique très bien en grec et semble être une variété du génitif partitif : on ne vise, on ne touche, en effet, qu'à une partie de l'objet,
3. On trouve de même chez les poètes : τοξεύειν « viser avec une flèche », et ἀκοντίζειν « lancer un javelot » construits avec le génitif du but à atteindre.
Es.: How., 7|., XXII, 855 : ἧς ἄρ᾽ ἀνώγει τοξεύειν (cf. Soru., An£., 1033; Eun., Zon., 1411). — Il, XVI, 304 : "Extwp δ᾽ αὖτ᾽ Αἴαντος ἀχόντισε δουρί (cf. 525 ; 608). C'est vraisemblablement par l'analogie de ces verbes qu'il faut expliquer la construction homérique du verbe ὁρμᾶσθαι « s'élancer » avec le génitif. Ἐς. : How., ZE, XXI, 595 : Πηλείδης ὡρμήσατ᾽ ’Ayhvopos ἀντιθέοιο.
ἢ ET
[ μετρέων ἐν εἰρήνῃ τις καὶ πολιτείᾳ δύναιτ᾽ ἂν ἐφιχέσθαι. εὐνοίας, δικαιοσύνης, ἐπιμελείας. -- Χέν., Mém.. Il, 1. 20 : αἱ διὰ καρτερίας ἐπιμέλειαι τῶν καλῶν τε καγαθῶν ἔργων ἐξιχνεῖσθαι ποιοῦσιν. — Isocn., ΠῚ, 11: δικαιότατον μὴ τοὺς ἀνομοίους τῶν ὁμοίων τυγχάνειν 1, — PLar., Soph., 267 : πάντες ἀποτυγχάνουσι τοῦ δοκεῖν εἶναι δίχαιοι. — Eur. Andr., 313 : γυνὴ ἀνδρὸς ἁμαρτανουσ᾽ ἁμαρτάνει βίου. -- PLaron, Rép., 451 a : σφαλεὶς τῆς ἀληθείας χείσομαι περὶ ἃ ἥχιστα δεῖ σφάλλεσθαι. Ibid. 13 a : τὸ ἐψεῦσθαι τῆς ἀληθείας χαχόν. | DCE
Χέν., Cyr, V, 1,16: πυρὸς ἔστι θιγόντα μὴ εὐθὺς καίεσθαι, ὅμως δὲ ἔγωγε οὔτε πυρὸς οὔτε ἔρωτος ἐχὼν εἶναι ἅπτομα!. — Tuuc., VII, 97, 2 : διεχελεύοντο ἀνθάπτεσθαι τῶν πραγμάτων. -- XEN., Hell, IV, 1, 38 : ἐλάδετο τῆς χειρὸς ἢ αὑτοῦ. — Tuve.. 1, 140, 1 : τῆς μὲν γνώμης... τῆς αὑτῆς ἔχομαι (cf. οκ.. 11., IX, 402 : σέο δ᾽ ἕξεται. — Hén., 1, 93; VI,8; I. 12; VII, 5, etc. ᾿ — PLaT., Rép., 329 a : & τοιούτων ἔχεται (ea quæ cum ἐδ rebus sunt conjuncta, c.-à-d. similia). Bang., 241 d : ἀνεπαύετο οὖν ἐν τῇ ἐχομένῃ ἐμοῦ κλίνῃ (sur le lit qui touchait au mien, qui était voisin du mien). — Déx., XVIII, 185 : ἀντέχεσθαι: τῆς ἐλευθερίας.
How., JL, XXIV, 390 : πειρᾶσθαί τινος. — Hén., II, 134 : τῆς Ἑλλάδος ἀποπειρᾶσθαι. — Tare., Il, 81,2: ὅπως... πειρῷντο τοῦ telyouc*.
Tauc., I, 144, 3 : πολέμου οὐχ ἄρξομεν, ἀρξαμένους δὲ ἀμυνούμεθα (nous ne prendrons pas l'initiative de la guerre, mais nqus | : ΟΝ δὲ, D Ι.
saurons repousser ceux qui l'auront engagée)”. — XÉN., gr. #8: πειρᾶσθε σὺν τοῖς θεοῖς ἄρχεσθαι παντὸς ἔργου. Boon. Cyr: ἰ.5:}
1. Le verbe poétique χυρῶ;: « atteindre, obtenir, avoir en partage », suit la même construction. Ex. : Eun., Fragn,. : εἴ τις χυρεῖ γυναικὸς ἐαθλῆς εὐτυχεῖ χαχὸν λαδών.
2. Sur ce génitif νον. ci-dessus ($ 118, 1°, Rem. 111). Cette construction est la seule correcte en prose ; mais chez les poètes on trouve : λαόεῖν τινά τινος. Cf. Phil. Wochenschrift, τ. 11, p. 655.
3. Voy. R. Küusen, ausführl. Gr. der gr. Spr., 2° éd., t. 11, p. 297 sqq.
4. Dans l’ancienne langue, c'est toujours au génitif que l'on met l'objet sur lequel se fait la tentative ou l'attaque ; on trouve aussi l'actif πειρᾶν dans le mème sens ct avec la mème construction.
Ex. : Hox., Z1., XII, 301 : x. ἥλων. — Hen., VI, 82 : x. πόλιος. — Tarc., I, 61, 4: πειρᾶν | τοῦ χωρὶου. | C'est seulement dans la langue postérieure qu'on trouve l’accusatif en pareil cas (cf. Picranquex, Aforal., 1122 a). Mais, quand le verbe signifie « chercher à séduire », on le trouve construit avec l’accusatif. même à l'époque classique (cf. Lrsras, p.9%, 40 ; Anisr., Plutus, 1067 ; Prar., Phédr., 227 ce, etc., — οἱ | au passif, Tauc., VI, 54). | 5. Cet exemple montre bien 18 nuance de signification qui sépare la forme moyenne de la forme active: ἄρχεσθαι c'est « commencer quelque chose qu'on continuera », ἄρχειν c'est « faire quelque chose le premier et pour la première fois », « prendre l'initiative de quelque chose » ; quand on choisit cette forme, on veut donc marquer que c'est un tel qui commence et non tel antre.
a 6 TL
REMARQUES. — I. Le verbe poétique ἀντάω signifiant rencontrer, obtenir, avoir pert à, Se construit avec le génitif.
Ex. :Hox., 14, VII, 158 : à. μάχης (rencontrer un combat, c.-à-d. un adversaire), — PINDARE, Olymp., 11, 42 : ἀἁλώσιος ἀντάσαις.
On le retrouve chez Hérodote avec la même construction.
, Ex.: 11, 419 : ξεινίων fvrnos μεγάλων!.
II. C'est aussi le génitif que l'on trouve avec les verbes poétiques ὄράσσεσθαι, prendre, mettre la main sur, θιγγάνειν et ψαύειν, toucher.
Ex.: How., 1|., XIII, 392 (cf. XVI, 485) : χεῖτο τανυσθεὶς | βεθρυχὼς κόνιος δεδραγμένος αἰματοέσσης. I, 591 : ἤδη με ῥῖψε ποδὸς τεταγὼν... — Eur., Hel., 222 : oùx’ ἔσθ᾽ ὅτου θίγοιμ᾽ ἂν ἐνδιχώτερον.
On trouve aussi dans le latin postérieur, par imitation du grec :
VuLGATE, Matlh., 9, 21 : si tetigero tantum vestimenti ejus.
IT. La langue latine classique ne connait pas les constructions de ce genre; elle n'emploie le génitif que dans l'expression consacrée rerum potiri, être maitre du pouvoir OU se rendre maître du pouvoir.
Cependant dans la langue archaïque on trouve l'actif potire, faire participer à, mettre en possession de et le passif potiri, tomber au pouvoir de, construits avec un complément au génitif.
Ex.: PLAUTE, Amph., 118 : eum nunc potivit pater servitutis. Capt., 92 : postquam mous est rex potitus hostium (cf. 144). — LUCRÈCE, IV, 166 : eum mortis letique potitum.
De même, Cicéron emploie quelquefois le déponent potiri, mettre la main sur, s'emparer de, avec un complément au génitif.
Ex.: Gc., ad Fam., 1, 7, 5 ; si exploratum tibi sit posse te illius regni potiri. De Fin., 1, 18, 60 : voluptates, quarum potiendi spe inflammati.. De Off., Ill, 32, 113 : (castra) quorum erant potiti Pœni.
César π΄ ἃ qu'un seul exemple de cette construction (de B. Gall., 1, 3, 8)*. Par contre, Salluste la préfère à l’ablatif (cf. Caf., 47, 2; Jug., 13, 5: 25, 10; 75, 2)et Cornélius Népos en offre quelques exemples (ef. 10, 5, 5; 17, 2, 1, etc.). Enfin T.-Live et Tacile s'en servent dans certains cas.
ll semble résulter de ces observations que, la locution rerum potiri étant mise à part, la langue classique évitait de construire potiri avec un génitif. Toutefois il semble bien que le génitif avec potiri ne soit pas un hellénisme.
1. Les verbes analogues à ἀντάω sont assez nombreux daus la langue poétique ; comme celui-ci, ils κὸ constraisent avec le génitif, quand l'idée à exprimer est celle d'un désir ou d’uce participation. C'est ce qui a lieu, par exemple, pour ἀντιάω (How.), « rencontrer, c.-ä-d. obtenir, par suile, avoir sa part de, jouir de », ἀντιάζω (Soen.), « rencontrer, c.-à-d. obtenir », ὑπαντάω (Sorn., Phil., 748), synonyme de τυγχάνω, ἀντιδολέω (How., Hés., Pom.) « rencontrer, obtenir, prendre part à », etc. Voy. R. KÜnxrn, our. cit, p. 302,
2. Encore faut-il ajouter que la correction d'un reviseur du ms. B (totius Galliæ imperio au lieu de totius Galliæ potiri) a été approuvée par Vielhaber (Zeifsch. f. ôsterr. Gymn., t. XII, p. 46) et par Rod. Schneider (εἴ, Berliner Zeitschr. far das Gymnasialiwesen, 1886, p.429).
[rs 5
Au contraire, des locutions comme celles-ci :
TAC., Ann., VI, 45 : nihil abnuentem dum dominationis apisceretur…. Ibid., WT, 55 : Servius Galba rerum adeptus est,
locutions qui ne semblent pas avoir existé en latin avant l'époque impériale, sont vraisemblablement des adaptations de la tournure grecque ἅπτεσθαί τινος.
On expliquera de même par un hellénisme (cf. σφάλλεσθαι δόξης) l'expression de Plaute, Epid., I, 2, 55 : sermonis fallebar!.
6° Les verbes grecs signifiant commander se construisent aussi ordinairement avec le génitif.
Ce sont principalement : περιγίγνεσθαι, devenir maitre de, surpasser, xpateiv, être le maitre de, régner sur, βασιλεύειν, être roi de, régner sur, τυραννεῖν, être maitre absolu, exercer un pouvoir souverain 50...» ἄρχειν, être le premier, aller en tête, commander, régner sur, ἡγεῖσθαι, στρατηγεῖν, ἤγειμο. νεύειν, être chef, commander”. nu
Ex. : Isocr., IV, 91 : ἢ ἀρετὴ τοῦ πληθοῦς περιγίγνεται. — Tuuc., I, ὁ, 1: ὁ Mivos τῆς νῦν Ἑλληνικῆς θαλάσσης ἐπὶ πλεῖστον ἐχράτησεν. — PLar., Banqg., 195 : ἔρως τῶν θεῶν βασιλεύει“. — Tauc., 1, 113, 5: Πολυχράτης Σάμου ἐτυράννει ἐπὶ Καμ- Θύσου. — XEN., Econ., 21, 12: θεῖον τὸ ἐθελόντων ἄρχειν. — PLAT., Mén., 91 : φρόνησις μόνη ἡγεῖται τοῦ ὀρθῶς πράττειν. — Tuve., V, 61,1: Λάχης ὁπλιτῶν χαὶ ἱππέων ἐστρατήγει. — Ps.-Déu., LXI, 37: τὴν ἐν ἀνθρώποις διάνοιαν ἁπάντων εὑρήσομεν ἡγεμονεύουσαν.
REMARQUES. — [. Kpateïv τινα signifie vaincre quelqu'un (cf. νιχᾶν τινα)-
Ex.:THUC., Il, 39, 2 : τοὺς περὶ τῶν οἰχείων ἀμυνουμένους μαχόμενοι (= μάχῃ) τὰ πλείω χρχτοῦμεν.
1. L'expression desipiebam mentis (Ριλυτ,, Epid., 1, 2, 35) offre un cas tout différent. Le génitil mentis est dû à l'analogie de animi (locatif pris pour un génitif) dans des locutions comme pendere animi, etc. Voy. ci-après, & 164, Ru. IV. ᾿
2. Le génitif s'explique tout naturellement : c’est parce qu'on disait βασιλεύς τίνων qu'on ἃ pu dire βασιλεύειν τινῶν, et la construction de βασιλεύειν s'est étendue aux autres verbes, et particulièrement à xparteiv pris au sens de « régner sur ». Ce n'est pas, en effet, parce qu'on disait χράτος τῶν Περσῶν quon ἃ pu dire χρατεῖν τῶν Περσῶν. Au contraire, c'est parce que χρατεῖν τῶν Περσῶν signifiait « régner sur les Perses » que χράτος τῶν Περσῶν a pu signifier « autorité sur les Perses ». Quant aux verbes signifiant « commander, être chef », ils prennent un complément au génitif, parce qu'on disait : ἡγεμὼν τῆς γῆς, par exemple, Pour περιγίγνεσθαι, il semble bien que le génitif soit dû à l'influence de la préposition περί, qui, avec le génitif, signifie « par-dessus, au-dessus de » au propre οἱ au figuré. Cf. d'ailleurs l'expression homérique (J4., 1, 187): περὶ πάντων ἔμμεναι ἄλλων. C'est par erreur que KCuxæn (p. 336) rattachant ces différents verbes à ceux qui expriment une comparaison, voyait dans leur complément un génitif-ablatif et non un génitif proprement dit, B.-Derentex, die Grundlagen, der gr. Syntaxz, p.40, a montré qu'avec ces verbes la construction primitive était bien celle du gémtif et non pas celle de l'ablatif,