‹ Grammaire comparée du grec et du latinChapitre 47 sur 306 · Cf. dans Homère le verbe ἀνάσσω · texte numérisé non relu

Cf. dans Homère le verbe ἀνάσσω

Ex. ΤΙ, X,32 : (Αγαμέμνων) μέγα πάντων | ᾿Αργείων ἤνασσεν.

PR ES ὑῶν oi / .

Il. Quand ἣγεῖσθαι signifie servir de guide, il se construit avec le datif.

Er.:XÉN., Cyr., II, 4, 27 : xéheué σοι τοὺς ἡγεμόνας τὴν ῥάστην ὁδὸν ἡγεῖσθαι.

ll. — Les poètes latins et les écrivains de la décadence (surtout les auteurs ecclé-

siastiques) ont emprunté au grec la construction du génilif avec les verbes signifiant commander.

Ex.:Ilon., Carm., lil, 30, 42 : Daunus agrestium | regnavit populorum. — APULÉE, Ascl., 39 : cælestes dii catholicorum dominantur.— TERTULL., Apol.,c. 26 : nunquam dominaturi ejus. — LACT., ira Dei, 14, 3 : dominari omnium rerum. — VULGATE, Matth., 20, 25 : dominantur eorum. Ibid., ibid. : principantur eorum. — 5. JÉRÔME, tn Is., XV ad 54, 4 sq. : quia factor tuus ipse dominabitur tui.

1 C'est aussi un génitif proprement dit que prennent pour complément les verbes ἐμπιμπλάναι, πληροῦν, remplir, γέμειν, être plein, et, par analogie, ceux qui signifient avoir quelque chose en abondance, comme εὐπορεῖν᾽.

PLaT., Bang., 191 : ἔρως ἡμᾶς ἀλλοτριότητος μὲν χενοῖ, οἰκειό- TNTOG δὲ πληροῖ. — Dém., VIII, 76 : οὐχ ἐμπλήσετε τὴν θάλατταν, ὦ ἄνδρες ᾿Λθηναῖοι, τριηρῶν. XVII, 235 : Φίλιππος χρημάτων εὐπορεῖ".

REMARQUE. — En latin, les verbes qui signifient remplir sont accompagnés tantôt du génitif et tantôt de l'ablatif. Le génitif paraît surtout fréquent à l'époque archaïque. Cependant on en trouve aussi des exemples chez Cicéron.

Ex. : De Senect., 14, 46 : convivium vicinorum cotidie compleo. /n Verr., II, 1, 46, 119 : Piso multos codices implevit earum rerum. Ad Fam., IX, 18, 4 : ollam denariorum implere.

Dans T.-Live, impleo est plus souvent construit avec le génitif qu'avec l'ablatif; mais chez les écrivains postérieurs l’ablatif semble plus fréquent. On peut conclure que la langue hésitait entre les deux tournures ; mais, si l’on songe que l'adjectif plenus n’est presque janmais accompagné de l’ablatif chez les bons auteurs, on admettra que le génitif devait être plus correct que l'ablatif®,

1. Avec les verbes qui marquent une idée d’abondance, le génitif est bien ua génitif proprement dit, empinyé en tant que génitil ; car cette construction se retrouve en sanscrit et dans d'autres langues de la famille indo-européenne. Voy. B,-Dareaîcx, die Grundlagen, etc., p. 41, qui explique comme il suit l'origme de cette construction :

Sur Berbeutlidung des Entftebens diefes proetbnifden Zypus dente man an ben doppelten Mec. bei Berauben. ie man fagt : , jemand berauben etoaë ”, fo jagt man απ : ,jemaub bejenten, füllen etwas”, diefes etiwas aber, Weil man dabei nur einen Æbeil einer grôberen παῆε im Einne Bat, tritt in den Genetiv.

2. Par analogie avec les verbes d'abondance, Escuvis (Fragm., 239), Pratox (Rép., 521 a), Xewopsos (Anab., VII, 7, 28), etc., construisent πλουτεῖν « étre riche (en quelques chose) » avec le génitif, au lieu du datif. De méme, on trouve dans Sornoczs Boverv, « pousser en abondance, se couvrir d'une quantité de » avec le génitif (cf. Œdip. à Col., 16 : χῶρος βρύων δάφνης, ἐλάας, ἀμπέλον).

3. Les poètes ont aussi construit abundare et scatere avec un génitif.

Ex. : Lecin. ae. Nox. (p.408, 7): quarum abundemus rerum et quarum indigeamus. — Lrenècæ, V, 39 : terra ferarum.….. scatit.

Bien qu'on puisse, à la rigueur, expliquer cet emploi par l'influence d'analogies latines, il semble bien difécile de ne pas admettre que Lucilius et Lucrèce imitaient surtout le grec ; car si les tournures qu'ils ont

GRAMM. COMP. DU GREC ET DU LATIN (Syntaxe). 10

La langue latine a étendu aux verbes qui marquent une idée de privalion ou de diselle la construction des verbes signifiant une idée d'abondance!. En tout cas, le génitif est employé deux fois avec careo à l'époque archaïque (cf. TÉR., Heaul., 11, 4, 20; Læv. AP. GELL., XIX, 7, 7) et souvent avec egeo, même par les écrivains les plus corrects.

Ex. : PLAUTE, Amph., 819 : si pudoris egeas, etc. — Cic., ad Fam., IX, 3, 2 : gravitas morbi facit, ut medicinæ* egeamus. Ad Aft., VII, 22, 2 : egeo consilii. — CÉs., de B. Gall., VI, 11, ἃ : ne quis auxilii egeret (seul exemple chez cet auteur). — SALL., Cat., 51, 371: neque consilii neque audaciæ eguere. De B. Jug., XXXI, 29 : haud sæpe consilii egeas. — T.-Liv., III, 28, 10 : sanguinis se Æquorum non egere, etc. Cf. Tac., Ann., IV, 20; XII, 90: 48; 66; XIII, 3°.

Mais on croit remarquer que l’ablatif est aussi fréquent que le génitif. Au contraire, avec indigeo, Cicéron préfère le génitif : il est vrai que César et T.-Live n'emploient que l’ablatif et que chez les autres écrivains la proportion est à peu près égale entre l'ablatif et le génitif. Par conséquent, il y avait une grande liberté dans l'emploi de ces deux cas avec les verbes de diselte et chaque écrivain se déterminait dans son choix d'après des raisons de sens ou d’euphonie.

449. — Génitif avec les verbes composés de prépositions. — Avec les verbes composés des prépositions xart, ἐπί, πρό, ὑπέρ, le génitif s'explique par l'analogie de chaque préposition.

Ainsi les verbes composés de χατά, qui expriment ou impliquent un sentiment défavorable, hostile, prennent un complément au génitif, parce que χατά signifiant contre se construit avec le génitif*.

Ex. : Isoo., V, 19 : χρὴ μὴ καταφρονεῖν τοῦ πλήθους. — Dixanocr, I, 16: τίς οὐχ ἂν xaTraydAkoetsv ὑμῶν ; — PLarox, Théét., 149 à : μή μοὺυ κατείπης πρὸς τοὺς ἄλλους.

De même avec les verbes composés de πρό et de ὑπέρ, le génitif dépend de la préposition.

Ex. : Isocr., I, 41 : πολλοῖς ἢ γλῶττα προτρέχει τῆς διανοίας. — ANDocir, IV, 4 : πολίτου ἀγαθοῦ νομίζω προχινδυνεύειν ἐθέλειν

employées avaient été des emprunts à la languc latine οἱ non des créations individuclles, on en retrouverait quelques traces ailleurs que chez eux.

1. On explique ordinairement cet emploi du génitif par ὑπὸ confusion qui se scrait produite, avant la séparation des langues, entre le génitif et l'ablatif, Mais, puisqu'on sait que dans les langues les contraires s'attirent, pourquoi ne pas admettre que le latin a été tout naturellement conduit à construire les verbes signifiant « vider, priver », etc.. comme ceux qui signifiaient « remplir » ?

3. La leçon est douteusc, le mot qui suit medicinæ commençant par un e.

3. « On trouve, dit Daæarn (our, cit., 1%, p. 559), l'accusatif avec egere. à l'époque archaïque » οἱ il cite Puaurs (Wenechm., 121), Carox (dans A.-Gelle, XIII, 23, 1), ete. Mais il est à remarquer que les accusatifs sont quidquam, multa et nihil; ces constructions rentrent donc tout simplement dans le cas qui a été examiné ci-dessus, $ 62, 4°.

4. C'est parce qu'on disait λέγειν χατά τινος (cf. Sopn., Phil, 65) qu'ou a pu dire χατειπεῖν τινος (Platon), et χαταδοᾶν τινός (cf. Tuuc., 1, 67). Mais les constructions de ce genre ne sont pas primitives, elles appartiennent en propre au grec ; de plus il n'y en a aucune trace dans Homère et elles n'apparaissent qu'assez tard, Pour la construction des verbes composés aussi de xa=x et signifiant « accuser » ou « condamner », vay. ci-après, ὃ 123, Rrx. 11.

τοῦ πλήθους (s'exposer au danger pour le peuple) ἘΞ XEN., Cyr. VIN, 1. 16: τίνα πάντων χάλλιον προτιμᾷν ἢ τὸν ἀδελφόν : Anab., N, ας 9 : οἱ πολέμιοι ὑπερχάθηνται μῶν. — Tuuc., IV. 93, 3 : ὑπερεφάνησαν τοῦ λόφου. — XEx.. Ages. 41, 2 : ᾽Αγησίλαος οὐκ ἀνθρώπων ὑπερεφρόνει, ἀλλὰ θεοῖς χάριν ἔδει.

Enfin l'on trouve, mais plus rarement, un génitif de même nature avec le verbe ἐπιθαίνειν.

Ex. : PLar., Lois, T18e : τοὺς πολεμίους τῶν ὅρων τῆς χώρας οὐχ ἐάσομεν ἐπιδαίνειν (cf. la locution ἐπὶ τῆς γῆς εἶναι).

120. — Génitif de cause. — A côté de l'accusatif ou du datif servant au verbe de complément proprement dit, le génitif s'emploie pour marquer la cause”.

1° Verbes marquant une affection de l'âme.

124. — Ce sont les verbes ἄγαμαι, θαυμάζω τινά, admirer (quelqu'un à ause ἀ6...", ζηλῶ, εὐδαιμονίζω, μακαρίζω τινά, regarder quelqu'un comme heureux à cause de, φθονῶ τινι, porter envie à quelqu'un à cause de, οἰχτείρω τινὰ, plaindre quelqu'un à cause de quelque chose, etc.

Ex. : Prartox, Rép. 126 : τοὺς θέλοντας θεραπεύειν τὰς πόλεις οὐχ ἄγασα! τῆς ἀνδρείας τε χαὶ εὐχερείας. — Tuuc., VI, 36,1 : τοὺς περιφόδους ὑμᾶς ποιοῦντας τῆς μὲν τολμῆς οὐ θαυμάζω, τῆς δὲ ἀξυνεσίας. — Dim, XV. 15 : συγχαίρω (s.-ent. ὑμῖν) τῶν γεγενημένων. — Pzar., Rép., 561 e : τὸν ἱσονομικὸν ἄνδρα πολλοὶ ἄν χαὶ πολλαὶ ζηλώσειαν τοῦ βίου. — PLar., Bang., 19: : δοχοῦσί μοι πάντες τοὺς ἀνθρώπους εὐδαιμονίζειν τῶν ἀγαθῶν ὧν ὁ θεὸς αὐτὸς αἴτιος. — AGatuon (cité par Stobée, 38, 23) : σοφίας φθονῆσαι μᾶλλον ἢ πλούτου χαλόν.

REMARQUES. — I. On peut ajouter à la liste les verbes αἰνῶ (poét.), ἐπαινῶ τινὰ, louer quelqu'un de quelque chose, μεμφομαί τινι, blämer quelqu'un de quelque chose, ὀργίζομαί τινι, être irrité contre quelqu'un à cause de quelque chose (ainsi que leurs synonymes poétiques), avec lesquels on met au génitif le nom de la chose qui est l'objet de l'éloge ou du blâme.

Ex. :Isocr., XV, 36 : τοῦ υὲν γενέσθαι npoëyovra τῶν ἄλλων εἰχότως ἄν τις τὴν τύχην αἰτιάσαιτο, τοῦ δὲ χαλῶς χαὶ μετρίως κεχρῆσθαι τῇ φύσε: διχαίως ἂν ἅπαντες τὸν τρόπον τὸν ἐμὸν ἐπαινέσειαν. — ESCHYLE, Prom., 63 : τοῦδ᾽ ἂν οὐδεὶς ἐνδίχως μέμψαιτό μοι.

{. La préposilion πρό, qui entre dans la composition des verbes προχινδυνένειν, προτιμᾶν, etc. signifie « devant, en avant de » et par conséquent, au figuré, « pour la défense de, pour » ou encore « de préférence à (en mettant quelqu'un ou quelque chose avant un autre ou une autre) ». Mais il est possible ani qu'avec προτιμᾶν, le génitif soit analogue à celui qu'on trouve après les verbes exprimant une idéc de comparaison.

2. Le sanscrit et le latin emploient en pareil cas le génitif ; ce serait donc une erreur de considérer ce Cas comme remplaçant un ablatif proprement dit marquant le paint de départ. C'est pourtant l'opinion de Hurwmsio, our. eil., ὃ 23.

Cette construction du génitif de cause est d’ailleurs des plus fréquentes en grec, à toutes les périodes de la langue, et cela chez les prosateurs comme chez les poëtes!.

IL. 11 faut sans doute voir aussi un génitif de cause dans le génitif employé avec les verbes ἀμφισθητῶ, ἐναντιοῦμαι, ἀντιποιοῦμαι, pour désigner la chose sur laquelle on est en désaccord avec quelqu'un. , pt ©‘ ©! :77

Ex.:1SÉE, XII, 193 : Εὔμολπος ἠμφισθήτησεν ᾿Ἐρεχθεῖ τῆς πόλεως. — Tauc., 1, 136, 4: Θεμιστοχλῆς ᾿Αδμήτῳ χρείας τινὸς ἡναντιώθη,. — XÉN., Anab., Il, 3, 38 : οὐχ ἀντιποιούμεθα βασιλεῖ τῆς ἀρχῆς.

II. Les verbes θαυμάζω οἱ ἄγαμαι ont fini par avoir au génitif leur complément proprement dit. On avait sans doute commencé par dire θχυμάζω μάλιστα τούτου τῆς διανοίας (Lys., LI, 44) et ἄγασθαι τῶν γιγνομένων, où le génitif de la chose peut encore passer pour un génitif de cause. Mais on en vint à dire ἄγαμαί σου διότι... (XEN., Mém., IV, 2, 9) et où θαυμάζω τῶν ὑπὲρ τῆς ἰδίας δόξης ἀποθνήσχειν ἐθελόντων (Isocr., VI, 93), exemples dans lesquels les génitifs désignant des personnes remplacent le complément direct qu’on attendrait; car la construction ordinaire de ces verbes est l'accusatif de la personne :

Ex. : Tuuc., 1, 51, 4 : ἐθαύμαζον τοὺς KopryBlovs πρύμναν χρουομένους. — PLar., Bang., 219 : &yauar τὴν τούτου φύσιν,

et le génitif semble moins correct.

IV. Il faut distinguer des constructions dont il vient d'être question celles dans

lesquelles le génitif est, en réalité, un génitif possessif dépendant du complément des verbes θαυμάζω, ἄγαμαι, etc.

Ex.:XEÉN., Cyr, ΠῚ, 4, 15 : et ἄγασαι τοῦ πατρὸς... ὅσα βεθούλευται (le gén. πατρός dépend de ὅσα). Agés., VIII, 4 : χαὶ τοῦτο ἐπαινῶ ᾿Αγησιλάου (le gén. ᾿Αγησιλάου dépend de τοῦτο).

422. — Dans le latin classique le génitif de cause se rencontre seulement avec les verbes misereor, ressentir de la pitié, de la compassion, d'où avoir pitié”, et avec les impersonnels miseret, pænitet, pudet, piget, tædet. Il est inutile de donner des exemples d'une construction aussi commune.

1. Thucydide l'a employée peut-être d'une façon remarquable avec l'expression composée χαλεπῶς φέρειν, synonyme de ὀργίζεσθαι (voy. cependant ci-dessus, ὃ 118, 3° b). } . 177

Ex. : 11, 62, 3: οὐδ᾽ εἰχὺς χαλεπῶς φέρειν αὐτῶν, « il n'est pas raisonnable de se fâcher pour cela ν. 1,77, 3 : οὐ τοῦ πλέονος μὴ στερισχόμενοι χάριν ἔχουσιν. ἀλλὰ τοῦ ἐνδεοῦς χαλεπώτερον φέρουσιν « ils ne sont pas reconnaissants de ce qu'on ne leur a pas colevé la plus graude partie de ce qu'ils avaient, mais ce qui les indigne c'est ce qui leur manque ».

2. Miseror « lémoigner par la parole sa pilié pour quelqu'un », se construit chez Plante, chez Cicéron et chez Salluste avec l'accusatif. Mais à l'époque archaïque et chez les écrivains de la décadence le verbe se confondait souvent avec migereor ct se construisait alors avec le gén. (cf. Acc. ar. Now., p. 45, 12; SiL., XI, 381; Muuc. Faux, Octav., 28 ; Justin, XV, 8, 6; XLIII, 4, 8).

Quant à misereor lui-même, on lo trouve dans le latin de la décadence (et surtout dans le latin biblique) construit avec le datif (cf. Hronx., Fab., 58 : cui Venus postea miserta est). Pour le latin biblique, voy. Ræxscu. Ztala u. Vulgata. 45 éd., p. 413, et H. Gozuzen, Étude... de la latinité de S. Jérôme, Ὁ. 313. Ce qui a dû contribuer à rendre l'emploi du datif à peu près général dans le latin ecclésiastique, c'est que misereri était pris souvent dans le sens de « faire l'aumône ».

REMARQUES. — I. Pudet me ἐπὶ (/i££. j'ai honte à cause de toi) peut avoir un double sens ; il signifie, selon les cas, soit j'ai honte de toi, soit aussi j'ai honte parce que tu es là, je rougis devant toi. Pour ce dernier sens, cf. pudet deorum hominumque, formule très fréquente en latin, et cette phrase :

BRAUTUS AP. Cic., ad Brut., 1,17, 6 : vivat.. supplex et obnoxius, si neque ætatis neque honorum neque rerum gestarum pudet, si son âge, ses honneurs et ses belles actions ne le font pas rougir de sa conduite.

Ennius avait même osé dire (voy. la citation faite par Cicéron, Orat., 46, 155, : patris mei meum factum (gén. pl. archaïque) pudet, devant mon père je rougis de mes actions.

II. Dans la langue archaïque et dans le style familier on rencontre aussi le génitif de cause

avec fastidio, avoir du dégoût pour :

Ex. : PLAUTE, Aulul., 11, 2, 67 : fastidit mei. Cf. TURPIL. AP. NON., p. 496, 49; Luciz. AP. NON., tbid., 18 : difficiles sumus, fastidimus honorum ; avec saturo, inspirer le dégoût de :

Ex. : PLAUT.. S{ich., I, 1, 18 : hæ res vitæ me saturant!: avec vere0r, éprouver un sentiment de crainte respectueuse, respecter, avoir égard à : Ex. : AFRAN. AP. NON., p. 496, 27 : nemo vereatur ἐπὶ. Ibid., 28 : tui veretur. Jbid., 30 : uxorem, quæ non vereatur viri. — PACUv.AP. NON., p. 496, 31 : Tindareo fieri contumeliam, cujus a te veretur {passif] maxime. — TÉR., Phorm., 911 : neque hujus sis veritus feminæ primariæ. — Cic., ad Att., VIll, 4, 1 : ne tui quidem testimonii veritus. — APUL., Méf., Il, 2 : vereor ignotæ mihi feminæ; après me veretur (impers.), avoir honte devant : Ex. : Pacuv. AP. NON., p. 496, 32 : nihilne te populi veretur, qui vociferare in via? — AcCcius AP. NON., 1bid. ; δὶ tui veretur te progenitoris; et après me reveretur (impers.), avoir de la déférence pour : Ex. : Vann. AP. NON., p. 496, 32 : non te tui saltem pudet, si nihil [s.-ent. te] mei revereatur.

Le génitif s'explique dans ces constructions par l'analogie de tædet et de pudet.

III. Au contraire, il convient de voir des imitations voulues de la syntaxe grecque dans les exemples suivants :

VirG., Én., XI, 125 : justitiæne prius mirer belline Jaborum (cf. θαυμάζειν τινός). — Hor., Sat. 11, 6, 82 sq. : neque illi | Sepositi ciceris nec longæ invidit avenæ (cf. φθονεῖν τινί τινος 3). — SILIUS, IV, 260 : laudabat leti juvenem (cf. ἐπαινεῖν τινά τινος). XVI, 166 : quem ceperat ipse | ….animique probarat (même cas). — APuLÉE, Méf., VII, 2 : morum improbatus (cf. μέμφοφαί τινί τινος). VII, 26 : seræ victoriæ gratulabar (cf. ἐπαινεῖν τινὰ τινος). IV, 27 : tristitiæ animi, languoris corporis damnique ceteri anxiatum ἱτὶ (cf. ἀλγεῖν, ἄχνυσθαί τινος), etc.

4. Il est possible que le génitif s'explique ici par une double analogie, celle des verbes signifiant « remplir » et celle des verbes signifiant « inspirer du dégoût ».

2. KCussn (αι. Gr. der lat. Sprache, t.11, 175 partie, p. 347) cite à tort Honacs, Carm., 11, 11, 5 : neo trepides in usum poscentis ævi. Le génitif æyi dépend de in usum et non «le trepides.

2° Verbes relatifs à des actes judiaatres.

423. — Avec les verbes qui signifient accuser, condamner, absoudre, ete. le nom du crime visé dans la plainte ou dans la condamnation se met au génitif.

Cette construction se rencontre, en grec, avec les verbes αἰτιᾶσθαι, accuser, διώχειν, poursuivre en justice, φεύγειν, être poursuivi en justice, γράφεσθαι, poursuivre en justice (par un acte d'accusation écrit), ἐλεῖν, convaincre de, ἁλῶναι, ôtre convaincu de, κρίνειν, rendre une sentence, διχάζειν, connaître de, juger {un délit}, τιλωρήσασθαι, punir de, ete.

EX. : XEN.. Ayés., 1, 33 : αἰτιᾶσθαι ἀλλήλους τῶν γεγενημένων, s'accuser mutuellement de ce qui est arrivé. — Lys., XI, 12 : διώχω μὲν κακημορίας, τῇ δ᾽ αὐτῇ ψήφῳ φόνου φεύγω, j'intente un procés pour diffamation, en même temps que je suis poursuivi pour meurtre. — PLuar., Eutyphr., 5, c: ἐμὲ ὁ Μέλητος οὕτως ὀξέως καὶ ῥαδίως κατεῖδεν, ὥστε ἀσεδείας ἐγράψατο. — Χέν., Mém., 1,2, 49: χατὰ νόμον ἐξὴν παρανοίας ἐλόντι (à celui qui l'avait convaincu de folie) τὸν πατέρα Sroa!. — Dé. XXXIX, 18 : Φευδομαρτυριῶν ἁλώσεσθαι προσδοχᾷ. — Lys. XXVII, 3 : οἱ πρέσθεις δώρων ἐχρίθησαν, ils ont été mis en jugement pour corruption. — Χέν., Cyr. 1, 2, 7 : οἱ Πέρσαι dtxxζουσιν ἀχαριστίας. Anab., VII, 1, 25 : ἣν δὲ ee δι τοντην τοὺς παρόντας τῆς ἑξαπατῆς τιμωρησώμεθα.

REMARQUES. — ]. Pour le génitif θανάτου, employé avec les verbes de cette catégorie, voy. ci-après, $ 125, 2°.

11. Avec les verbes accuser, condamner, qui sont composés de xatz, le nom de la personne se met au génitif (cf. ci-dessus, $ 119), celui du crime ou du châtiment, à l’accusatif.

Ex.:Lys., XXV, 5 : τὰ τῶν τριάχοντα ἁμαρτήματα ἐμοῦ χατηγόρουν, ils mellaient sur mon comple les fautes commises par les trente ἰγγϑηῃβ΄, — JSOCR., VIII, 4 : οἷλαι πάντας ὑμᾶς χαταγνώσεσθαι πολλὴν ἄνοιαν χαὶ μανίαν τῶν τὴν ἀδιχίαν πλεονεξίαν εἶναι νομιζόντων. — Lys., XXV, 36: ἐνίων ἔπεισαν ὑμᾶς ἀκρίτων θάνατον χαταψηφίσασθαι, ils vous ont persuadés de condamner à mort sans jugement quelques personnes.

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auts Το ᾿ ᾿ 5 | | do Re eee À | ee ΠῚ ὮΝ 4 Ka ra sr rare que le nom de crime ou de châtiment se mette au génitif, au licu de

VIT "εν 4 ας Ex: θέν. XXI, ὃ : παρανόμων ἡ παραπρεσδείας ἤμελλον αὐτοῦ χατηγο-

δανατσυ 7 δ Υ] ρεῖν. — POLYBE, IV, 35 : καταχεχρίσθαι θανάτου.

. R. SBFe. | Li ᾿ — £- 424. — En latin, on construit aussi au génitif le nom du crime visé

avec les verbes accuso, incuso, insimulo, ago, accuser, poursuivre en justice. arcess0, postulo, assigner en justice, CONVINCO, arguo, COarguo, convaincre, damno, condemno, condamner, abs01vo, libero, acquitter, absoudre, etc.

1. Tolle est la construction ordinaire de χατηγορῶ. Mais on trouve aussi χατηγορῶ τινὸς περέ <tvoc (Tucc., VIII, 8) ὲ :

Ex. : Ner., Milt., 1, 5 : Miltiades proditionis est accusatus. -- Cic., in Verr., Il, 1, 49, 198 : Verrem insimulat avaritiæ et audaciæ. Ad Fam., VI, 22 : aliquem furti agere. — Saz., Jug., 32,1 : 1808 pecuniæ captæ arcessebant. — Cés., de B. civ., II, 83, 2: postulavit L. Afranium proditionis. — Cic., de Amic., 11, 64 : hæc duo levitatis et infirmitatis plerosque convincunt. P. Rabir., 9, 26 : non intellegis quos homines... summi sceleris arguas? In Verr., 11, 5, 59, 153 : meum crimen avaritiæ te nimiæ coarguit. — Ner., Them., 8, 2: Themistocles absens proditionis est damnatus. — Cés., de B. Gall., VI, 19,5: sSuMmMæ 86 iniquitatis condemnari (tre reconnu coupable de). — Connir., Rhet. ad Her., I, 13, 19 : absolvit injuriarum eum.….. — T.-Live, XLI, 19, 6 : senatus nec liberat ejus culpæ regem neque arguit.

RE&ëMARQUES. — {. L'analogie de ces verbes explique certaines constructions, comme damnari voti, se voir condamné à cause d'un vœu qu'on a fait, c'est-à-dire se voir condamné à accomplir le vœu qu'on ἃ fait, par suite être exaucé, et certaines expressions juridiques comme pecuniæ judicati(T.-Live, XXIII, 14, 3), condamnés pour dettes, damni infecti promittere (Cic., Top., 4, 22;, promettre (des dommages-intérèts) pour cause (en vue) de dégâts éventuels, injuriarum satisfacere alicui (CORNir., Rhet. ad Her., IV, 21, 31), se justifier auprès de quelqu'un du délit d'injures.

II. Dans certaines expressions, le génitif de cause est remplacé par de avec l'ablatif. Par exemple, le génitif de vis étant inusité, on disait toujours accusare, damnare aliquem de vi. Mais, même en dehors de cette tournure, les jurisconsultes disaient indifféremment damnare aliquem majestatis ou de majestate, etc.

Une locution intéressante, c'est accusare ou damnare inter sicarios, accuser Ou condamner quelqu'un (en le faisant figurer parmi les meurtriers), accuser quelqu'un de meurtre, condamner quelqu'un pour meurtre ?,

425. — Génitif de prix. — Le génitif s'emploie encore en grec et en

1. L'emploi de judicare dans le sens de « condamner » est inconnu à Cicéron et à César. De même il faut noter, comme une particularité, le tour : judicare alicui alicujus rei «recunnaitre quelqu'un coupable de quelque chose et proposer une peine contre lui ».

Ex.: Trre-Livs, XXVI,3, 9 : Sempronius perduellionis se judicare Cn. Fulvio dixit « Sempronius dit que, jugeant Ca. Fulvius coupable, il proposait contre lui la peine prévue pour le crime de complot contre la sûreté de l'État ».

Le datif paraît étre ici une extension du datif d'avantage où de désavantage. La construction ordinaire est : perduellionem alicui judicare (cf. Tire-Live, 1, 26, 7; XLIII, 16, 11), comme on disait : dicere

. Dans une phrase comme quo scelere damnatus (Cic., Phil.. 13,12, 27), l'ablatif scelere iadique la raison de la condamnation (cf. ci-après, 8 19%, 6°). Ce n'est pas lo même cas que celui do l'ablatif crimine ou nomine dans des constructions comme celles-ci :

Ner., Milt.. 8, L: Miltiades crimine Pario est accusatus (cf. Alcib., 4,1). — σε, de B. civ., II, 21, 1 : e0 nomine erat damnatus.

L'ablatif signifie ici le moyen. l'instrument; comparez Cic., p. Cluent., 57, 103 : accusatus est

eadem fere lege et crimine. Ibid., 41, 116 : condemnatus est aliis criminibus, entissimis. testibus, etc.

3. On trouve en sanscrit le génitif employé pour désigner l'enjeu d’une partie ou le prix d’un objet mis en

Las

latin pour marquer le prix. Mais l'usage est plus restreint en latin, où l'ablatif remplace le génitif dans certains cas déterminés.

4° En grec, le génitif équivaut à la locution au prix de dans les expressions où entrent les verbes signifiant vendre (πωλεῖν, ἀποδίδοσθαι, mimpéoxs:v) OU acheter (ὠνεῖσθαι, πρίασθαι).

Ex. : Ericuanue (cité par Stobée, 1, 101} : τῶν πόνων | πωλοῦσιν Ἡμῖν πάντα ταἀγάθ᾽ οἱ θεοί, c'est au prix de nos peines que les dieux nous vendent tous leurs biens. — XÉN., Mém., II, 10, 4 : οἱ ἀγαθοὶ οἰκονόμοι, ὅταν τὸ πολλοῦ ἄξιον μικροῦ ἐξῇ πρίασθαι (quand il est possible d'acheter à bas prix), τότε φασὶ δεῖν ὠνεῖσθαι. Cyr, ΠΙ, 1, 36 : σὺ δὲ, ὦ Τιγράνη, λέξον μοι, πόσου ἂν πρίαιο, ὥστε τὴν γυναῖχα ἀπολαθεῖν. ᾿Εγὼ μὲν, ἔφη, ὦ Κῦρε, χἂν τῆς ψυχῆς πριαίμην, ὥστε μήποτε λατρεῦσαι ταὐτην. — Ιβοσβάτε, II, 31 : δόξα χρημάτων (à prix d'argent) οὐχ ὠνητῆ. — Χέκ., Hiér., 9, 11 : οὐχ ἔστιν ἐμπορεύματα λυσιτελέστερα ἢ ὅσα ἄνθρωποι ἄθλων ὠνοῦνται.

Il en est de même avec les verbes qui impliquent une action qui se pae.

Ex. : Eun., Fragm., χρὴμάτων οὐχ ἂν λάδοις γενναιότητα χἀρετήν. — Χέν., Hier., 6, 10 : οἱ τύραννοι μισθοῦ (au prix d'un salaire) ! φύλακας ἔχουσιν, ὥσπερ θεριστάς (cf. Τηυα., IV, 124, 4; V, 6, 2; Dinanque, I, 411, etc.). — PLATON, Apol., 20, ἢ: πόσου" διδάσχει : πέντε μνῶν. Philèbe, 60: ὁδολοῦ τὸ πρῶτον ἡυῖν ἐνέχεεν καὶ τεττάρων χαλκῶν μετὰ τᾶυτα.

Enfin c'est par une extension de ces divers emplois qu'on trouve le génitif de prix avec etvxt, valoir et γίγνεσθαι, finir par valoir, venir à coûter.

Ex. : Déu., XIX, 200 : τριῶν δραχμῶν πονηρός ἐστι. — Χέν., Écon., 20, 28 : οἱ ἐξειργασμένοι ἀγροὶ πολλοῦ ἀργυρίου γίγνονται.

Rauanque. — Le génitif peut signifier aussi pour prix de°.

vente. De même, dans le grec homérique, le verbe περιδίδομαι « gagcer, parier », sc construit avec le gruilif de l'enjeu (ef. 7|., XXII, 485: τρέποδος περιδώμεθα. — Odyss., XXII, 78 : ἐμέθεν πε:ὃ ὑσουχι αὐτῆς). L'emploi général du génitif de prix en grec semble être sorli de cet emploi particulier vonstalé chez Homère. En latin, le génitif de prix se rencontre avec les verbes siguifiant « évaluer » ct avec ceux 4 sout relatifs à des actes judiciaires, pour indiquer dans certains cas la pcino qu'on requiert où qu'on inilige, Mais sur ce poiat le génitif est en concurrence avec l'ablatif. Les fluctuations de l'usage sement tenr à ce que, déjà avant que le latin ft séparé des autres langues. lc géuitif avait commencé à Copi tes sir l'ablatif. Voy. ci-dessus, P: 133, note 8 et ci-après, P: 173,n.5.

4. I οὐ rare que co génitif soit remplacé par μετὰ μισθοῦ, comme dans Ταῖς, VII, 57, 9.

3. Ce construction semble indiquer que le génitif de prix doit être rattaché au σόν de qualité ; le ans Lttéral est en effet : « Il donne des leçons de combien ? » Si cette hypothèse était bien établie, elle permsttrail d'expliquer ce qui se passe en latin, où le génitif de prix est souvent remplacé par l'ablatif. On «ait es effet que l'ablatif de qualité est aussi fréquemment employé que le génitif de qualité.

3. bu sens de « au prix de » on a passé à celui de « pour prix de » ; l'intermédiaire est « ou échauge de ».

Ex. : ARISTOPH., Pair, 848 : οὐχ ἂν ἔτι δοίην τῶν θεῶ rais plus des dieux un triobole. — DÉM., 111, 22 : 1 τίχα χάριτος τὰ τῆς πόλεως πράγματα (lite. | d'un instant les affaires de l'État, c'est-à-dire on a sac faveur d'un instant,. Cf. DÉN., VIII, 70 : οὐχ QT τὰ ἀέγιστα τῆς πόλεως ἀπολωλεχότες.

2 Le génitif de prix se construit aussi, en ὦ ἀξιοῦν, juger digne de, τιμᾶν, évaluer, fixer la parlant du juge) et τιμᾶσθαι, réclamer un (en parlant des parties).

Ex. : Isocn., IV, 154 : οἱ βάρδαροι Θεμιστοχλέα τί ἠξίωσαν. — PLaT., Lois, 880, c : τρία ἔϊ δικαστήριον πλείονος αὐτῷ χρόνου Lysias, fragm., 44 : τὴν αἰχίαν χρημο PLAT., Gorgias, 486, b : ὁ χατήγορος f τιμᾶσθαι.

REMARQUES. — Ἰ. Ce dernier exemple montre que le géni les verbes signifiant accuser, condamner, absoudre, doit être consi prix. C'est ainsi qu'il faut l'expliquer dans des locutions comm inlenler à quelqu'un une action capitale (lift. accuser quelqu'un d'un crir ou χρίνειν θανάτου, rendre une sentence capilale ({{{{. juger que le

II. L'expression τιμᾶσθαι πολλοῦ (Her., Ill, 154; P XIX, 159) signifie tenir en haute estime. Elle est quelquefois ποιεῖσθαι {PLAT., Prolag., 3257). mais, bien que le φσόηϊ exprimer le prix qu'on attachait à tel ou tel objet, les Gre seul par περὶ avec le génitif dans les locutions περὶ roÀÀc de cas, estimer beaucoup, περὶ πλείονος ποιεῖσθαι, faire plus d eslimer comme valant plus que beaucoup), περὶ παντὸς ποιεῖσθ n'importe quoi (/if£{. comme valant plus que ἰουϊ).

Par fausse analogie avec ces constructions on a dit ποιεῖσ peu. κερὶ οὐδενὸς ποιεῖσθαι, ne pas estimer du tout, οἰς., locut n'a proprement aucun sens.

3 Le latin n'emploie le génitif de prix que faites d'une manière loute générale, à l'aide devenue une manière d'adverbe?. Mais est relativement restreint: car le latin hé le génitif.

1. Le verbe προπίνειν signifio proprement « boire à la sauté de quel: le sens particulier que le verbe prend dans la phrase de Démosthène souveut cadeau de la coupe à celui qui la recevait.

2. Quand il s'agit d'une évaluation précise, c'est l'ablatif que l'on em est d'usage, quand l'évaluation (même faite d'une manière toute généra substantif (ef. ci-après, ἃ 188, 2°). Enfin, même en dehors de ces deux

voir, empiète encore sur le génitif.

s der

a) Avec (ous les verbes qui signifient apprécier, évaluer, ete, On trouve toujours les génitifs pluris (majoris dans la langue vulgaire), minoris, tanti et quanti. On disait donc en latin esse, constare pluris, coûter plus cher, emere, vendere pluris, acheter, vendre plus cher, facere, æstimare pluris, évaluer à un plus haut prix, estimer davantage, οἷο.

EX. : Cic., de Anic., 14, 59 : tertius (amicitiæ) finis deterrimus (est, ut, quanti quisque se ipse faciat, tanti fiat ab amicis. — Nér., Dat., 5, 2 : Datames invidiam aulicorum excepit, qui ullum unum pluris quam se omnes fieri videbant.

b) Avec le verbe esse, coûter, valoir et avec facere, habere, pendère, ducere, putare, taxare, existimare!, estimer, apprécier, évaluer, on trouve les génitifs magni (multi dans la langue vulgaire), parvi, plurimi, maximi, permagni, minimi, nihili et tantuli.

Ex. : Sazs., Cat., 12, 2 : sua parvi pendere, aliena cupere. — Cés.. de Bell. Gall., IN, 21, 7 : cujus auctoritas in iis regionibus magni habebatur.

c) Avec n'importe quel autre verbe signifiant acheter, vendre, évaluer, etc. on trouve toujours les ablatifs magno, parvo, plurimo, permagno, minimo, nihilo οἱ tantulo.

Ex. : Cic., in Vorr., 1, 3, 16, 40 : magno decumas vendidi. — Séx. de Ben., 11, 12 : quædam magno dantibus constant.

Voici deux exemples qui montrent bien l'usage que les Latins faisaient respectivement du génitif et de l'ablatif de prix :

Ex. : Hon., Sat. 11, 3, 155-6 : sume hoc ptisanarium oryzæ. | — Quanti emptæ? - Parvo. — Piavrr, Épid., 296 : quanti potest minumo 1118 emi? à quel prix peut-on l'acheter en l'achetant au plus bas prix possible?

REMARQUES. — 1. On trouve dans le style familier : non flocci facere ou pendëre aliquid — non habere aliquid nauci — nauci non esse? — non pensi 6886 (litt. ne pas valoir une quantité appréciable au poids) — non assis æstimare ou unius assis æstimare aliquid, εἰς.

1. Pas loujours avec æstimare, qui se construit aussi avec l'ablatif, quoique peut-être plus rarement. Cf. Scumazz, Zeitschr. f. Gymnas., 1881, p. 99-100.

2. Ev. Locn (de genetivi apud priscos scriplores Latinos usu, progr. de Barleustein, 1886) ἃ montré que nauci facere et nauci non facere ne sc rencontrent pas. Cf. Jahresbericht de Bursian, 8° annéc, rapport sur Plaute, p. 3.

3. Le mot pensi est entré dans diverses locutions qu'il ne faut pas confondre. En effet, au point de vue du sens, il n°ÿ a, par exemple, aucun rapport entre des expressions comme celles-ci: Neque quibus id modis pareret quicquam pensi habebat ou nihil pensi atque moderati habere, et une locution comme : neque fas neque fidem pensi habebant. Daus celle-ci, pensi cst un véritable génitif de prix; mais dans les deux premières expressions, pensi dépend soit de nihil soit de neque… quicquam, et doit être considéré comme un génitif de quantité.

La plupart de ces mots au génitif sont destinés à renforcer la négation! et les constructions où ils entrent sont de simples équivalents de nihili facere aliquid, nihili esse; de là l'emploi du génitif. Quant aux expressions comme unius assis æstimare aliquid, elles s'expliquent par l'analogie de parvi facere aliquid°.

Quelquefois l'expression au génitif dépend du verbe esse sous-entendu, surtout quand ce verbe devrait être employé au participe. lequel n'existe plus en latin : on dit couramment servus nihili, homo nihili', non nauci homo‘, non semissis homo ΤΙΝ. AP. Cic., ad Fam., V, 10 a, 1), etc. et plus rarement (νου. ci-dessous, ἢ. 2 homo nauci (PLAUTE, Truc., 11, 7, 49: cf. Bacch., 1103)",

Enfin à ces locutions se rattachent des tournures où le génitif neutre d'un pronom démonstratif ou de l'adjectif neutre tantum (appuyé par un geste) exprime le peu de ras qu'il faut faire d’un objet.

Ex.:TÉR., Ad., 163 : hujus non faciam, je m'en soucicrai comme de cela (avec un geste mesurant une toute petite quantité sur le bout du doigt ou sur l’ongle'. Cf. non tanti facere {avec un geste), pas ça°:

Il. De même qu'en grec, le génitif θανάτου sert à exprimer le prix auquel est fixée la peine à subir, on trouve en latin le génitif capitis dans les expressions comme æstimare litem capitis (Cic., p. Clu.. 41, 116). damnäre aliquem capitis', et par extension capitis anquirere, requérir la peinc capilale, Capitis arcessere, accusare, absolvere®.

1, On peut 168 rapprocher des mots français « pas, point, mie, goulte » employés avec une valeur analogue.

2. Ces expressions s'employant surtout pour faire valoir ὑπὸ négation, il est rare qu'on les rencontre dans une phrase affirmative.

3. νος [65 comiques, on apostrophe même τ homme en lui criant : nihili ! (s.-ent. bomo).

4. On peut se demander si l'expression non nauci homo est sortie de la locution non habere aliquem nauci ou si c'est au contraire la locution non habere aliquem nauci qui est sortie de l'expression non nauci homo. Cette deruière explication est, en tout cas, très simple : dans cette bypothise, non nauci homo renfermerait un géoitif de qualité construit comme génitif épithète : de Ià on serait passé à NON nauci 6886, où le mémo génitif de qualité aurait été construil comme attribut, οἱ cofin, par une dernière extension, non habere aliquem nauci.

>. Madrig range aussi dans la catégorie du géaitif de prix les expressions : æqui boni(que) facére aliquid (T.-Livs, XXXIV, 22, 43) « extimer quelque chose comme une chose juste et bonne, en étre content », et boni consulere (mème sens, d’où) « agréer » (expression archaïque reprise par les écrivains de l'époque impériale). Mlais il est préférable de voir dans ces locutions un emploi spécial du géritif partitif et traduire : « considérer quelque chose comme faisant partie de ce qui est juste et bon ». En tout cas, cœla parait plus simple. De plus il y a analogie centre ces expressions et la locution lucri facere (— lucro apponere) aliquid, dans laquelle lucri πὸ peut s'expliquer que comme génitif partitif. γον. ci-dessus, $ 110 b, p. 127.

6. C'est ce qui explique pourquoi tanti non est signifie « cela n'en vaut pas la peine », lité. cela ne vaut pes tant [que ca] », nihil est tanti « cela n'en vaut vraiment pas la peine », ct au contraire, fanti est «cela en vaut la pcinc ν,

Ex. : Car. ae. Cic., ad Fam., VIII, 14, 4: tanti non fuit Arsacem capere, ut earum rerum... spectaculo careres.

Le sens primitif de l'expression est mihi tanti se retrouve encore dans les phrases où celle est employée avec Ja valeur de la locution française « cela m'est égal (lift. cela vaut pour moi autant [que Δ », avec un geste.

Es. : Cic. in Cat., 3, 7 : est mihi tanti. Quirites, hujus invidiæ tempestatem subire, dummodo a vobis belli periculum depellatur.

7. Par analogie, T.-Live a dit (ΧΕ, 43. 9) : capitalis pœnæ... damnare.

ἃ. De ce qu'on dit : quanti... lis estimata est (Cic., in Verr., II, 4, 10,22) « à quel prix le poiat en Litige est-il évalué ? » on serait peut-être amené à conclure que dans l'expression : æstimare litem capitis, le génitif capitis s'explique par l’analogic de quanti ou de tout autre génitif employé de la mème façon. Mais cette explication serait inexacte. En effel, on verra plus loin ($ 188, 2°) que toute évaluation précise sc met à l'ablatif (cf. æstimare litem quatuor millibus sestertium, dans Cu. ἐπ Verr., 11. 80, 184); or Caput exprime bien une évaluation précise, et c’est mème pour cela,

III. Le génitif de prix se rencontre aussi dans certaines expressions générales désignant les arnendes pécuniaires. C'est ainsi que condamner quelqu'un à payer le double, le quadruple, ete., se disait en latin, damnare aliquem dupli, quadrupli, etc.

Cf. Cic., in Verr., 1, 13, 38 : minoris sestertium tricies!….. hominem.. non posse damnari, quil ne pouvait pas être condamné à payer moins de lrois millions de sesterces. — T.-LivE, V, 32, 8 : se collaturos quanti damnatus esset, ils se cotiscraicnt pour payer le montant de l'amende à laquelle il aurait été condamné.

Cet emploi du génitif rentre, en somme, dans celui dont il a été question dans la règle générale du $ 125, 3°°.

1V. Enfin, pour marquer quelle est l'importance (c'est-à-dire, en somme, la valeur) d'une chose, on peut construire les adverbes de prix au génitif avec les verbes interest ou refert ($ 126). Mais cet emploi n'est pas obligatoire, et l'on dit aussi bien multum ou magno opere interest que interest magni.

426. — Avec interest, il importe”, on met au génitif le nom de {a personne à laquelle telle ou telle chose importe.

Ex. : Cic., de Fin., Il, 22, 72 : interest omnium recte facere. Tusc., I, 43, 1025: Theodori nihil interest, humine an sublime putescat.

Au lieu des génitifs mei, tui, sui, nostri, vestri, on emploie les ablatifs féminins mea, tua, sua, nostra, vestra.

— - es -----.--..---"Ἕ.... —————————— - — ——

apparemment, que l'on dit très bien en latin : damnare aliquem capite. La véritable explication doit donc être cherchée ailleurs, et l'on peut se demander si æstimare litem capitis ne serait pas une abréviation d'expression pour æstimare litem (esse litem) capitis. On disait : inferre δ᾽ σαὶ litem capitis, comme on dit en grec : χολέων δραχμῶν δίχην φεύγω (Dém., 55, 25), expressions dans lesquelles le génitif est une sorte de génitif descriptif (cf. ci-dessus, $ 116). Rien n'empêche donc d'admettre qu'on ait pu dire: æstimare litem (esse litem) capitis, οἱ de conclure qu'une fois l'expression abrégée sous la forme de æstimare litem capitis, l'analogie du génitif capitis a conduit à construire damnare, condemnare, clc., avec le géuitif du nom de la peine. Il est à remarquer qu'on ne dit jamais mOrtis au lieu de capitis. Cela tient au formalisme bien connu des Romains. Comme on n'avait jamais employé que Capitis daas les expressions juridiques en question, les Romains se firent scrupule de modifier en quoi que ce fût la locution consacrée.

1. Quam est sous-entendu comme très souvent en latin, devant le nom de nombre qui suit minoris.

2. Par analogie, T.-Live a dit aussi (XXVI, 3, 8) : quoad vel capitis vel pecuniæ judicasset privato « en attendant qu’il eût définitivement prononcé quelle peine (soit la mort, soit l'amende) l'accusé devrait subir ». On peut dire que la construction employée ici par T.-Live ne s’écarle pas de la règle générale : car l'ensemble de la phrase donne aux expressions employées (capitis et pecuniæ) une valcur toute générale. 1] est plus simple d'adopter cette explication que de supposer que capitis seul est correct (en vertu de la Res. 11) et que pecuniæ ἃ été mis au génitif par une raison de symétrie, comme dans une phrase de Cicéron, où les conditions, il faut bien le reconnaitre, ne sont pas tout à fait les mêmes (in Verr., 11, 3, 21, 54): condemnatur : « Quanti?» fortasse quæritis. Nulla erat edicti pœna certa : frumenti ejus omnis quod in arcis esset. Ici, frumenti, bien que ne se trouvant pas dans la même phrase que quanti, est néanmoins amené par ce génitif.

3. Interest signifie proprement « cela fait une différence ». Cf. Cic., Tusc., 1, #3, 102%, exemple cité ci-dessus.

4. Il est possible que ces ablatifs soient des locutions adverbiales avec ellipse de parte. ellipse analogue à celle qui a donné naissance aux adverbes häc, θᾶ, illäc, qu, etc. L'ellipse de parte rendrait compte aussi de l'emploi du génitif : en effet, interest omnium serait pour interest parte omnium « cela fait une différence du côté de tout le monde, pour ce qui est de tout le monde, pour lout le monde ». Cette explication conviendrait aussi pour refert, dont l’étymologie est très obscure (v. ci-après, p. 157, n. 2).

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Ex. : Crc., ad Fam., XNI, 4, ὁ: πᾶ et meä maxime interest te valere. T.-Live, XXIV, 8, 11 : magis nullius interest quam tua, T. Otacili, non imponi cervicibus onus, sub quo considas. — Surr.. Cés., 86 : ferunt (Cæsarem) dicere solitum non tam suä quam rei publicæ interesse, uti salvus esset.

427. — Le verbe refert, synonyme d'interest, est d'un emploi plus rare!. Toutefois on le trouve dès les temps anciens et à toutes les époques de la langue, construit avec les ablatifs meä, tuä, etc.

Ex. : Praure, Rud., 966 : nihilo pol pluris tua hoc quam quanti illud refert χηθᾶ. — Τέκ.. Ad., 881 : id meä minume refert, qui sum natu maxumus.

Mais la construction de refert avec le génitif d'un nom de personne parait peu correcte et appartient surtout à la langue de l’époque impériale ?.

REMARQUES. — 1. L'usage classique n'admet pas qu'un génitif soit construit en apposition à l'idée du pronom personnel contenu dans les formes meä, tuä, etc. Par

conséquent, on dit vehementer interest vestra, qui patres estis, mais non vesträ patrum. Enfin on ne dit pas non plus mea (tua, etc.) ipsius interest”.

II. Quand le complément d'interest ou de refert est un nom de chose, il se construit avec ad, “ par rapport ἃ... », et l’accusatif, à l’époque classique.

Ex. : Cic., ad Fam., XVI, 1, 4 : magni ad honorem nostrum interest quam primum ad urbem me venire*.

1. Remarquez aussi qu'en dehors de l'infinitif, du présent et de l'imparfait de l'indicatif, le verbe ne se rencontre presque pas.

2. On a longtemps expliqué refert comme étant formé de l'ablatif re et de l’impersonnel fert (apparemment pris comme synonyme de @8t). Cette explication avait l'avantage de rendre compte de l'emploi de meä, tuä, etc. (Cf. Κύπκεκ, ausf. Gr. d. lat. Spr.. t. 11, p. 336). Mais clle est aujourd'hui abandonnée, probablement parce qu'il n'est guèrc aisé de rendre compte de l'emploi de fert. Aucune de celles qui ont été proposées depuis quelques années n'est vraiment satisfaisante. Voy. l’article de F. Schœll dans l'Archivr... de Wæilffin, t. I1,p. 213 ct suiv., où les diverses opinions sont résumées et discutées. Toutelois, Schœil en a oublié une, celle d’Annzxs (Beiträge sur gr. u. lat. Etym., p. 169 sqq. Cf. p. 53 sqq., et +. Zeitschr. [. Gymnas., 1880, p. 473), qui rend compte de la construction de la manière suivante : rem) fert (= ulililalem; fructum) mea (parte). Mais, dans cette hypothése, on ne voit pas trop comment rem fert aurait donné refert. M. Louis Havet m'en suggère une autre: refert viendrait de res fert, dont on aurait fait reffert (cf. diffido, p. disfido, etc.), prononcé reffert, mais écrit refert à l'époque de Plaute ct pris plus tard pour un verbe composé. Les ablatifs meä, tua, etc., se reocontrant dès l'origme et, en tout cas, chez Plaute, où ils sont garantis par la mètrique, il faut, je pense, les expliquer comme ci-dessus, p. 156, n. ὁ.

3. Sur cette question, cf. Philol. Wochenschrift, t. II, p. 41.

4. L'accusatif avec ad est remplacé par le datif chez certains écrivains dont la langue est peu correcte.

Ex. : Pracre, Truc., Il, 4, 40 : quoi rei id te adsimulare retulit 1 — Tac., Ann., XV, 65 : non referre dedecori, si citharœædus demoveretur et tragædus succederet.

Ce tour se rencontre même chez Piaute avec un nom de personne. Ex. : Pure, Pseud., 1085: quanti refert ei nec recte dicere, qui. Mais ilne faut pas confondre avec cet emploi incorrect du datif celui qu'on trouve chez Horace,

Sat., 1.1, 50 : dic, quid referat intra | naturæ fines viventi, jugera centum an | mille τοί...

Dans cet exemple, dicenti est un datif d'intérèt.

L'emploi du génitif en pareil cas est très rare, et, bien qu’on cite quelques exemples de Cicéron”, c'est un tour qui ne devient fréquent qu’à l'époque impériale.

Ex. : QUINT., IX. ἃ, ἀξ plurimum refert compositionis, quæ quibus anteponas. — PLINE LE JEUNE, Ep.. VIII, 22, 4. : quem insignire exempli nihil, non insignire humanitatis plurimum refert, etc.

III. Avec refert ou interest, on peut marquer l'importance de la chose en question soit à l’aide de certains adverbes au génitif (εἴ. ὃ 425, 3°), soit à l'aide des adverbes à l'accusatif neutre multum, plus, plurimum, minus, minimum, nihil, tantum, quantum, aliquantum, soit enfin au moyen des adverbes magnopere, magis, maxime,

minime *.

IL — Geénitif complément d'un adjectif ou d'un adverbe.

428. — Génitif possessif. — Par analogie avec la construction étudiée $ 102, les adjectifs marquant la possession sont ordinairement suivis d'un complément au génitif, en grec et en latin.

Les principaux sont, en grec, ἴδιος, qui appartient en propre, oixetos, propre (ἃ quelqu'un), particulier, χοινός, commun#, ἱερός, consacré à.

Ex. : Dés, II, 28 : οἱ x{vOuvor τῶν ἐφεστηκότων ἴδιοι, μισθὸς δ᾽ οὐχ ἔστιν. — Prarox. Tim., 36 a : χίνησιν ἀπένειμεν αὐτῷ τὴν τοῦ σώματος οἰχείαν. -- XEN., Anab., IV. 5, 35 : ἤχουσεν αὐτὸν (τὸν ἵππον) ἱερὸν εἶναι τοῦ Ἡλίου.

REMARQUE. — C'est sans doute par analogie avec les adjectifs marquant un rapport le propriété qu'on trouve le génitif avec les adjectifs ἐπιχώριος, parliculier à, propre à °. πρέπων, approprié à, d'où digne de (rare). πρόσφορος, approprié ἃ (poét. et rare) et aussi (mais très rarement) avec l’adverbe πρεπόντως, d'une manière appropriée à, c.-d-d. digne de.

Ex. : PLAT., Bang.. 189 b : τοῦτο μὲν γὰρ ἂν xépôoç εἴη χαὶ τῆς ἡμετέρας Μούσης ἐπιχώριον. — ΒΟΡΗ,, 47.» 534 : πρέπον γε τὰν ἣν δαέμονος τοὐμοῦ τόδε. — PLAT., Rép., 400 D : βουλευσόμεθα, τίνες ἀνελεύθε-

1, 11 faut mettre à part les génitifs qui désignent des choses personnifiées ou mème des personnes comme civitas, respublica « l'ensemble des citoyens », « l'État », par exemple. Cf. Caic., de Leg., 2, 38 ; Brut., 256 ; ad Q. fr., U, 4,1, etc.

2. Les verbes refert ct interest sont ordinairement impersonnels, à moins qu'ils n'aient pour sujet logique la proposition infinitive ou la proposition subordonnée qui suit. 1] cst très rare qu'ils aient un sujet au nominatif.

Ex. : Lucn., IV, 984 : usque adeo magni refert studium atque voluptas. — Cic.. ad At, IT, 19,1 : non quo me Iinteresset loci natura.

Mais le tour devient fréquent chez Pline l'Ancien (Cf. Hist. nat., VII, 5: XI, 112, cte.).

3. Les adjectifs ἴδιος et οἰχεῖος sc construisent aussi avec le datif, quand ils signifient, le premier « propre à... ». le second « apparenté ἃ... » ou « qui convient à... ». Le datif s'explique par la règle ὃ 56.

#. L'adjectif χοινός est plus souvent suivi du datif que du génitif. L'emploi du génitif a paru à quelques grammairiens s'expliquer par l'analogie du verbe χοινωνεῖν (v. 8 118, 1°, a, Rex. 11). Cf. KCnxen, awsf. Gramm. der gr. Spr., 8 416, 4 et 423, 9 Anm. 8.

5. Dans l'expression de Sophocle: οὐπιχώριοι χθονός (Œd. r., 939), le génitif χθονός est un génitif partitif ; entendez : « ceux du pays qui sont indigènes », | 4 |

+ - 1 A “J Δ οἰ Pre Si

SYNTAXE DES CAS. 159 ρίας καὶ ὕδρεως ἡ μανίας χαὶ ἄλλης κακίας πρέπουσαι βάσεις ” ae εἰσίν). — EUR. , fragm., 508 sq. : τὰ πρόσφορα | τῆς νῦν Der. παρούσης συ φορᾶς αἰτήσομαι. — PLAT.. Mener., 239, © : πρεπόν- | τως TOY πρα

La construction ordinaire est le datif.

129. — En latin, ce sont les adjectifs proprius, qui est la propriété de, communis, qui est la propriété commune de, SAC@Tr, consacré à (lité. qui est la propriété sacrée de’.

Ex. : Cic., Philipp., 3, 11, 29 : libertas propria Romani generis. Tusc., V, 13, 39 : idque virtutis est proprium. — Cic.. Orat. 17, 54: (memoria) communis est multarum artium. De Leg.. I, 7, 23 : Civitas communis deorum atque hominum. — PLauTe, Men., V, 5, 38 : 6g0 te sacram coronam surripuisse 8010 JOVIS. — Pine, Hist. nat., VIII, 21 : Axim sacram Liberi patris.

L'adjectif alienus, étranger à, exprimant une idée contraire à de proprius, suit quelquefois la même construction !.

celle

REMARQUES. — 1. Communis et surtout proprius se construisent plus correctement avec le génitif qu'avec le datif (οἴ. ci-dessus, $ 86, 2°), Toutefois on dit toujours communis alicui cum aliquo et quand le complément de proprius ou communis est un pronom personnel, {{ semble qu'on 16 mette régulièrement au datif?.

Ex.:Cic., p. Sull., 8, 9 : tempus agendi fuit mihi magis proprium quam ceteris ἢ.

IL. L'adjectif sacer pris apparemment comme synonyme de sacratus, en ce cas) ne se construit avec le datif que chez les poètes {cf. Hor., Carm., Il, 12, 19; Epod., 7, 20; Ov.. Met., VII, 623; X, 109) et chez les prosateurs dont le style a une couleur poétique (ε΄. Tac., Ann., XV, 53) ou présente ordinairement des incorrections (cf. PLINE, Hïst. nal.. XVI, 4, 33).

130. — Génitif objectif. — 1° Les adjectifs dérivés de verbes construits avec le génitif prennent aussi, naturellement, un complément au génitif.

1. I convient de remarquer que cc tour est assez rare (cf. Lucrèce, III, 821 ; IV, 69 : Cicénox, de l'in., 1 4,11: Ac., 1. 11, 42; Sauusre, Cat., 40, 5). La construction vrdinaire est alienus ab, avec l'abatit du point de départ (cf. Cicénox, de Fin., II, 19, 63; 20, 08 ; Tuse., IT, 15, 35 ; de Of, 1 ᾿ 9,30 ; p. Sull., 10, 31, οἷἴς.; Cisan, de Bell. Ἐπ; 11, 27, 27) ou alienus avec l'ablatif seul (cf. Cicasox, ad Fam. VI, 17, 3: de Div., 1, 38, 88:11, 51, 105 ; Tusc., Ÿ, 34, 98, etc.). Quant à la Cestraction d'alienus avec le datif, elle est relativement rare et s'explique par l'analogie des adjectifs merquanl un rapport de parenté. Voy. ci-dessus, ὃ 86, 2°.

2. Au lieu du pronom personnel, on peut employer l'adjectif possessif correspondant.

Ex. : Cic. p. Sull., 3, 9 : nulla est... in re publicä mea (—mihi) causa propria.

3. L'evemple de Cicinox (ad Fam., XIV,3, 1 : calamitas utriusque nostrum communis) ne prouve rien contre la règle, car utriusque n'est pas un pronom personnel,

Ce sont :

a) les adjectifs érnxoos, xarnxooçs, ὑπήχοος᾽, qui prête l'oreille à, qui écoute, et συνήχοος, qui entend ow qui écoute avec.

Ex. : Escuvce, Choéph., 914: τῶνδ᾽ ἐπήχοοι κακῶν. — PLAT., Rép., 499, a: λόγων καλῶν ἐπήχοοι γεγόνασιν. Μόν., T1 e : χατήχοος τοῦ ἀνδρός (cf. Πέπον., 1, 12, εἰς.). Tim., 10 à : χατήχοος τοῦ λόγου. Lois, 111 e : οἱ ξυνήχοοι τῶν λόγων.

b) les adjectifs signifiant qui se souvient OU ne se souvient pas, qui pense ou ne pense pas à, par exemple μνήμων (poét.), qui se souvient, ŒUNN'LWV, qui ne se souvient pas, ἐπίληθος (Hou., et poét.), qui fait oublier, ἐπιμελής, qui se soucie de, ἀμελής, insoucieux de, περίφοθδος, qui pense avec effroi à (Escnvik, Tavc., Prar.), ἄφροντις (ροόϊ.), sans souci de, ἀτημελής (poét.), négligent, et par extension φειδωλός, économe de, δύσερως, qui aime follement OU misérablement épris de, etc.: en latin, memor, qui se souvient, immemor, oublieux de, ete.

Ex. : Anriuox, II, α, 1 : Ἢ ἐπιθυμία τῆς τιμωρίας ἀμνήμονα τῶν κινδύνων χαθίστη αὐτόν. -- PLaT., Lois, 900 : ἐπιμελεῖς σμιχρῶν εἰσιν οἱ θεοὶ οὐχ ἧττον ἢ τῶν μεγέθει διαφερόντων. — XEN., Cyr, VII, 5, 63 : οἱ ἄνθρωποι στερισχόμενοι τῆς ἐπιθυμίας οὐκ ἀμελέστεροι γίγνονται τῶν προστασσομένων. — PLAT. Phédre, 239 Ὁ : περίφοθος τοῦ καταφρονηθῆναι. Πέρ., 518.

LA b: φειδωλὸς χρημάτων.

L'emploi du génitif avec memor et immemor est trop connu pour u'il soit nécessaire d'en donner des exemples. q Ρ

REMARQUE. — Certains adverbes grecs, comme λάθρα, à l'insu de, λαθραίως (poét.}, χρύφα (THUC., 1, 104, 2), en cachette de, χρύῤδα (ép.) et χρύθδην (poét.), à l'insu de, sont suivis d'un génitif qu'on peut expliquer par l'analogie des adjectifs qui se rattachent au verbe ἐπιλανθάνεσθαι (poét. λανθάνεσθαι).

2° Les adjectifs grecs qui signifient participation ou absence de participalion à telle ou telle chose, comme μέτοχος, qui a part à, ἰσόμοιρος, quia part égale à, ἄμοιρος, ἄχληρος, qui n'a point sa part de, ἄγευστος, qui n’a pas goûté à, se construisent avec le génitif.

4. Ces trois adjectifs se construisent aussi, mais plus rarement, avec le datif; on les rencontre avec le génitif, même quand ils signifient « obéissant », « soumis ». C'est ainsi qu'on dit (cf. Piar., Aëp., 463 d): ὑπήχοον δεῖ εἶναι τῶν γονέων « (l'enfant) doit être soumis à ses parents ».

2. On pourrait aussi expliquer cette locution par un génitif de cause. Voir ci-après, $ 131.

Ex. : Puaron, Lois, 689 6: σοφίας ὁ χατὰ λόγον ζῶν μετόχος. — Isoce., VI, 25 : ὁ νόμος χελεύει ἅπαντας τοὺς γνησίους ἰσομοίρους εἶναι τῶν πατρῴων. — PLar., Banq., 202 : πῶς ἂν θεὸς εἴη ὅ γε τῶν καλῶν χαὶ ἀγαθῶν ἄμοιρος; — Isocn., I, 20 : ἐδουλήθυ, τοὺς ἀδελφιδοῦς ἀχλήρους ποιῆσαι τῶν ἑαυτοῦ. — PLATON. Rép., 516 ἃ : ἐλευθερίας χαὶ φιλίας ἀληθοῦς τυραννιχὴ

En latin, on construit avec le génitif les adjectifs particeps, qui a sa part de, @xpers, qui n'a point sa part de, CONSOTS, qui participe à, associé à, exs0rs (ροέτ. et T.-Live), qui ne partage pas, exclu de, COMPOS, qui est maitre de, qui possède, potens (PzauTe, Poër., T.-Live, etc.), maître de, impotens (T.-Livr, Jrsrix), qui n'est pas maitre de (cf. imMpOS, PLaure, SÉXÈQUE).

Ex. : Cic., de Leg., 1, 1, 22 : homo particeps est orationis et cogitationis. De Of. 1, 16, 50 : rationis et orationis expertes. Brut., 1, 2 : 8S0Cium et consortem gloriosi laboris amiseram. — Vinc., Én., VI, 428 : exsortes dulCis vitæ !cf.T.-Lrve, XXII, 44, 1 : €X8. CUÏPÆæ). — Cic., Tuse., V, 13, 36 : omnes virtutis compotes beati sunt, etc.

REMARQUES. — Î. Par analogie avec ces adjectifs on trouve construits avec le génitif : 1° À l’époque classique, l'adjectif exheres, déshérité de.

> Chez les poètes et chez les écrivains postérieurs, les adjectifs exsul {Hon., Ov.), extorris (STACE), exutus (SiL.), profugus (Tac.), fugitivus (Vaz.-Max.), solutus (Hor.), liber (Virc., Hon.), etc.

Il. La construction de similis, de dissimilis et d'affinis avec le génitif s'explique aussi par l'analogie des adjectifs signifiant participation. Mais on sait que le datif est plus ordinaire et plus correct que le génitif !.

3° On peut rattacher à ces adjectifs ceux qui marquent, en quelque sorte, participation à une chose par la connaissance qu'on en a : ce sont, par exemple, ἔμπειρος, qui a l'expérience de, habile en, ἄπειρος, sans expérience de, ignorant de, ἐπιστήμων, qui est instruit de, ἀήθης, qui n’a pas l'habitude de, etc.

Ex. : Tavc., 1, 80, 2 : οἱ ᾿Αθηναῖοι θαλάσσης ἐμπειρότατοι ἦσαν. — Méx., fragm., 438 : ὁ γραμμάτων ἄπειρος où βλέπει βλέπων. (Cf. Isocn., I, 52 : δεῖ Tous παιδείας ὀρεγομένους μηδενὸς ἀπείρως: ἔχειν.) --- Piar., Gorg., 508 : τὸν μέλλοντα ὀρθῶς ῥητοριχὸν ἔσεσθαι δίχαιον δεῖ εἶναι χαὶ ἐπιστήμονα τῶν δικαίων. -- Τησα., IV, 34, 2 : ἔχπληξίς τε ἐνέπεσεν ἀνθρώποις ἀήθεσι

1. Kübner remarque justement qu'on n'emploie similis avec le géaitif que si l'adjectif peut être traduit par « qui est le portrait, la représentation exacte de... ». Voy. αἰδῇ, Gr. der lat. Spr., t. 1, p.328.

GRAMM. COMP. DU GREC ET DU LATIN (Syntaxe). 11

En latin, on construit avec le génitif les adjectifs signifiant désir, connaissance, habitude (ou les idées contraires). Les uns *” sont tirés de verbes actifs, les autres ” sont construits avec le génitif, d'après l'analogie des premiers. Ce sont :

a) avidus, cupidus (poét. avarus), désireux de, avide de; gnarus, qui sait, expert, habile dans, ignaTrUS, qui ne sait pas, inhabile dans; COnScius, qui a conscience de, inscius, nesCius, qui ne sait pas, providus, qui prévoit, qui veille sur, improvidus, qui ne prévoit pas, etc.

Ex. : Sauz., Jug., 45, 4 : avidus potentiæ!. — Cuic., de Or., 1, 11, 41: contentionis cupidiores quam veritatis. Brut., 64, 228 : gnarus rei publicæ. P. Balb., 20, ΑἹ : ignarus belli. Ad Fam., V, 5,1: homo omnium meorum in te studiorum.…. conscius. Brut., 85, 292 : Omnium rerum insCius. De Nat. deor., 11, 22, 58 : natura… provida utilitatum. — T.-Livxe. XXVI, 39, 7 : improvidus futuri certaminis, etc.

b) studiosus (par analogie avec cupidus), qui ἃ du goût pour, peritus, habile dans, imperitus, ignorant de, inhabile dans (par analogie avec gnarus et ignarus); prudens, qui sait, imprudens, ignorant de, rudis, inexpérimenté, inhabile; insolens, insuetus, qui n'a pis l'habitude de, etc.

Ex. : Cuc., Tusc., V, 3,9 : Ssapientiæ studios0s?. — Νέρ., Thém., 2, 3 : peritissimos belli navalis fecit Athenienses. — Cc., p. Balb., 20, 471 : imperitus fœderis, rudis exemplorum. -- Νέρ., Conon, 1, 2 : prudens rei militaris. — Caic., de Inv., Il, 31, 95 : imprudentes legis. Ad Att.. 11, 21, 3 : insolens infamiæ. — Cés., de B. civ., 11, 36, 4 : insolens belli (cf. ΘΑ... Cat., 3, 4 : Tac., Ann., XV, 67). — Cés., de B. Gall., VII, 30, 4 : insuetus laboris (cf. de B. civ., 1, 44, 4), etc.

REMARQUES. — I. L'analogie des adjectifs qui signifient sachant ou habile se reconnait encore dans deux expressions très classiques : consultus juris* et certiorem facere aliquem alicujus rei*.

1. On cite deux exemples d’avidus avec le datif; mais dans le premier (PLaurx, Pseud., 183), Ritschl à corrigé Vino en vini, et dans le second (Tac., Hist. 1, 7 : Servorum manus subitis avidæ). le mot subitis peut être à l'ablatif (« dans tous les changements subits de la fortune »). En soi, l'emploi du datif ne serait pas extraordinaire, puisqu'on trouve avidus construit avec in et l'accusatif (cf. T.-Live, V, 20,6; VII, 23, 6; XXII, 21, 2).

2. Le datif avec studiosus, bien que plus conforme à l'étymologie du mot, est une construction qui appartenait à la langue vulgaire (cf, PLaure, Ml. gl. 801; Jusrix, ΙΧ, 8, 4). Ἰ faut en dire autant de studiosus avec ad et l'accusatif (cf. Vann., de Ling. lat., 1, 17, 7).

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