‹ Grammaire comparée du grec et du latinChapitre 48 sur 306 · On trouve aussi l’ablatif · texte numérisé non relu

On trouve aussi l’ablatif

Ex. : Cic., p. Mur., 12, 76 : jure consultus,

construction rare et qui ne se retrouve que dans Aurelius Victor ; c’est l'ablatif du point de vue. 4. Toutefois, il est digne de remarque que, partout où César a l'occasion d'employer certiorem facere

Ex.:Cic.. Phil., 9,5, 18 : magis juris consultus quam justitiæ. Ad Alt., IX, 2, 6, $ 2 : certiorem me sui consilii fecit.

Il. Les poètes et les écrivains postérieurs à César ont augmenté le nombre des adjectifs de ce genre pouvant se construire avec le génitif; ainsi l'on trouve :

præscius (VirG., TAC.), præsagus (VirG.), doctus (Vinc., SiL., A.-GELLE), indoctus (Hor.), docilis (Hor.), indocilis (SiL.), expertus (VirG., TAC.), inexpertus (TAC.}), certus (SÉN., SIL., TAC.), incertus (AUCT. DE B. AFR., Ov.. Liv.), callidus TAc., AUSOXNE, CLAUD.), scius {LAcT., MACR.), scitus ‘Ov.), etc.!

4 Les adjectifs grecs en -ἰχός dérivés de verbes actifs se construisent avec le génitif.

Ex. : XEN., Mém., III, 1, 6: παρασχευαστιχὸν τῶν εἰς τὸν πόλεμον τὸν στρατηγὸν εἶνα! χρὴ χαὶ ποριστιχὸν τῶν ἐπιτηδείων τοῖς στρατιώταις. Ibid., IV, 5, 1 : τοῦ ἐπιμέλεσθαι ὧν προσήχει (suppl. ἐπιμέλεσθαι) οἴει τι Si en ἢ ἀχρασίας εἶναι; — PLar., Eutyphr., 3 : ᾿Αθηναίοις οὐ σφόδρα μέλει, ἄν τινα δεινὸν οἴωνται εἶναι, μὴ μέντοι διδασχαλιχὸν τῆς αὑτοῦ

9° Beaucoup d'autres adjectifs dérivés de verbes actifs se construisent aussi avec le génitif.

Ex. : Par, Rép., 548 b : φιλαναλῶτα: ἀλλοτρίων, prodigues du bien d'autrui (ef. ἀναλίσχω). 1b., 415 e : τοὺς ἀληθινοὺς τίνας λέγεις; τοὺς τῆς ἀληθείας φιλοθεάμονας (cf. eat). — XÉN., Cyr. 1, 6, 38: δεῖ φιλομαθῆ σὲ ἁπάντων εἶναι (cf. avt ns). - PLar., Rép., 409 : γέρων ὀψιμαθὴς γέγονε τῆς ἀδικίας οἷόν ἐστιν. Βαπᾳ., 191 : ὁ ἔρως φιλόδωρος εὐμενείας, ἄδωρος δυσμενείας (cf. δίδωμι). Rép., 464, ἃ : οὐ πάντες ὁμοπαθεῖς λύπης τε χαὶ ἡδονῆς εἰσιν (cf. πάσχω). --- Χέν., Cyr., VI, 1, 31: Κῦρος 7 nv πρᾷος χαὶ συγγνώμων τῶν ἀνθρωπίνων ἁμαρτημάτων ( (εἴ. συγγιγνώσχω). — ARISTOTE, Écon., 3 : OÙ μόνον τοῦ εἶναι. ἀλλὰ χαὶ τοῦ εὖ εἶναι σύνεργα ἀλλήλοις τὸ θῆλυ καὶ τὸ ἄρρεν ἐστίν.

En latin, on trouve avec le génitif :

a) Ün certain nombre de participes présents pris substantivement,

Ainsi l'on rencontre à l’époque archaïque : amans, cupiens, concupiens (Exx. ae. Cic., de Div., 1, 48), persequens (PLaur., Cas., II, 1, 13), fugi-

atiquem (ou le tour par le passif, certior factus), il met le complément à l'ablatif précédé de la préposition 6. Voy. le Lericon Cæsarianum de R. Menge et S. Preuss, art. Certus. De même, Cicérun e moins souvent le génitif que la préposition de et l'ablatif.

. Voyez uue liste encore plus complète dans R. Künmun, aus/. Gr. der lat. Spr., t. U, p. 323 sq.

tans, gerens, sciens; chez Cicéron, qui va très loin dans cet emploi : amans, amantior, amantissimus tui, etc., religionum colentes (ρ. Planc., 33), alieni appetens (de Orat., 1], 31), sitientem me virtutis tuæ' (p. Planc., 5), solitudinis fugiens (Cic. ap. Lacr., ὧν". Dei, 6, 10), officii diligentissimus (p. Cæl., 30), legum neglegentior (in Verr., 11, 3, 62), Observantem sui ip. Rab. Post., 16), mei observantissimus et sui juris dignitatisque retinens ‘ad Q. fr. 1, 2, 11), Cujusvis generis intellegens (de Fin., ἢ], 20), legum metuentes (p. red. in sen., 2), regendæ reipublicæ scientissimus (de Orat., 1, 49), sui negotii bene gerens (p. Quinct., 19, 62), cum civitate. conficientissima litterarum (p. Flacc., 19), efficiens utilitatis (de Off, ΠΙ, 3), perferentes injuriarum (de Orat., 11, 43). Après Cicéron, cette construction ne semble pas faire de progrès. Tite-Live et Tacite n'en présentent que quelques exemples. De plus, il est digne de remarque que César ne s'en est servi qu'une fois (de B. civili, 1, 69 : fugiens laboris).

Quelques-uns seulement de ces participes-adjectifs se rattachent à des verbes intransitifs : c’est le cas pour abstinens pecuniæ (Hor., Carm., IV, 9,37; cf. SÉN., de Benef., 1V, 11,1: Paane LE JEUNE, Ep., 6, 8; CAPITOLIN, Ant. P., 4)",

b) Des adjectifs en -ax tirés de verbes actifs. Mais on n'en trouve qu'un seul exemple chez Cicéron (Læl., 44, 50 : nihil appetentius similium sui nec rapacius), et la construction paraît surtout poétique. Virgile, Horace et Ovide emploient ainsi tenax, Capax, fugax, audax, qui ont passé dans la prose de l'époque impériale.

R&MARQUES. — I. Chez les poètes on trouve des constructions plus hardies.

Ex.:Sopm., Aj., 198 sq.: τήνδε δ᾽ ἔξοδον | ὀλεθρίαν Αἴαντος ἐλπίζειν φέρει (εἴ. ὄλλυμι). 1b., ΤΊ8 54. : τάχ᾽ ἂν | γενοίμεθ᾽ αὐτοῦ σὺν θεῷ σωτήριοι (cf. σῴζω). Antig., 365 : σοφόν τι τὸ μηχανόεν τέχνας ὑπὲρ ἐλπίδ' ἔχων (cf. μηχανῶμαι), possédant une industrie ingénieuse au delà de tout

ce qu'on peut imaginer.

11. En latin, les poètes emploient aussi hardiment le génitif après l'adjectif timidus,

qui craint.

Ex. :lor., À. P., 28 : timidusque procellæ. — O\., Mél., V, 100 : timidus.… deorum (cf. SÉN., de V. beat., 21 : timidus lucis)*.

Ce génitif est ce qu'on appelle le génilif de relation (voy. ci-après, $ 132). eee τ τὸς

1. C'est par analogie de gitiens que jejunus « affamé, altéré », se construit aussi avec le génitif. Ex.: Cic., Orat., 30, 106 : jejunæ multiplicis… orationis aures. 2. Dasosn (hist. Synt. der lat. Spr.,t. 15. p. 485) cite aussi Arurée, Afét., 1, 26 : obstinationis suæ me ingratis obœdientem (cf. ὑπήχοος avec le génitif). Mais il est facile de corriger

obstinationi.

3. Mais avec trepidus, il semble que le génitif soit un génitif de cause (cf. ὃ 131).

Ex.: Vino, Én., XII, 589: trepidus rerum (cf. T.-lava, V, 11,4; Si. 1, 234. — Tac. Ann., VI, 21).

JII. Cicéron emploie fastidiosus avec le génitif.

Ex. : Brut., 10, 241 : Memmius (orator fuit) perfectus litteris, sed Græcis; fastidiosus sane Latinarum.

Cette construction n'est donc pas exclusivement poétique, bien qu'on la trouve chez Horace {Carm., III, 1, 31). Toutefois ce qui est vrai, c'est que beaucoup des adjectifs dérivés ou non de verbes, qu'on trouve en latin construits avec le génitif, n'ont été usités qu'assez tard et souvent empruntés par les prosateurs aux poètes. C'est le cas notamment pour curiosus (PLINE L'ANCIEN), incuriosus (TAc.), securus {Hor., QUINT.), etc.

6° Les adjectifs marquant abondance se construisent en grec et quelquefois en latin avec le génitif".

En grec, ce sont les adjectifs πλήρης, μεστός, πλούσιος, plein de, rempli de, riche de, εἰς. ",

Ex. : Χέν., Anab., I, 2, 1: παράδεισος ἀγρίων θηρίων πλήρης. Ibid. 22 : πεδίον δένδρων παντοδαπῶν σύμπλεων. — Déw., XVII, 911 : χαρᾶς χαὶ ἐπαίνων ἡ πόλις ἦν μεστή. — PLAT, Rép. 521 ἃ : ἄρξουσιν οἱ τῷ ὄντι πλούσιοι οὐ χρυσέου, ἀλλ᾽ οὗ δεῖ τὸν εὐδαίμονα πλουτεῖν, Cons ἀγαθῆς τε χαὶ ἔμφρονος.

En latin, à part plenus, qui, à la bonne époque, se construit correctement avec le génitif, et refertus*, completus*, qu'on trouve ordinairement avec le génitif d'un nom de personne, les adjectifs qui marquent abondance sont ordinairement suivis de l’ablatif®.

REMARQUES. — I. Cependant l'analogie de la construction de plenus s'est étendue, particulièrement chez les poètes, à un assez grand nombre d'adjectifs signifiant une idée d'abondance.

Ex. :abundans (poét., rare chez les écrivains classiques), repletus (cf. T.-LIve, VI, 25, 9 : repletus puerorum ac mulierum, cas exceptionnel), largus (poét.), fertilis (SALL., T.-LIVE, Q.-CurCE), profusus (SALL.), liberalis (SALL.), benignus, libéral (HOR.), munificus (CLAUD.), prodigus (Hon.), effusus (VELL.), fecundus (Hor., Siz., TaAc.), fetus, plein de (CLAUD.), prosper (Hor.), cumulatus (PLAUT., CÆCIL. AP. NON.), ortatus (PALLAD.), opulentus (Hor., T.-Live, TAc.), locuples (APuL., Mét., VIII, 1), uber (poét.), dives (poét.), onustus (PLAUTE, AUCT. B. AFR.), satur (TÉR., HOR., COL.), etc.

ἢ, En sanscrit de mème, l'adjectif « plein » se construit avce le génilif, La construction est donc proethnique. Pour les adjectifs signifiant « disette », voir ci-après, ὃ 146, 1°.

2. Tels sont encore πολυχτήμων (Evn., Jon, 581), δασύς « touffu, couvert d'arbres, boisé » : (Χέν., Anab., II, ἃ, 14; assez rare), xatnpepñc « recouvert, bien couvert » (ef. Amacnion., fr. 135 Bergk), ἄφνειος « riche, opulent »(Hou., Hts., Tréoca.), ἐπιστεφής « plein jusqu'au bord, rempli » (How.), etc.

3. Cf. Quomr., IX, 3, 1 et voy. Hiipasnam, Progr. du gymnase da Dortmund, 1851, p. 8-9. C'est à pertir de Tite-Live que la construction avec l'ablatif devient moins rare ; elle était peut-être d'origine populaire.

4. L'adjectif refertus se construit régulièrement avec le génitif d'un nom de personne et l'ablatif d'un nom de chose. Les exceptions sont plus fréquentes dans le premier cas que dans le second.

3. Hildebrand a établi (/. 1.) que la règle était la même pour completus que pour refertus. Cf. αἷς. in Verr., Il, 5, 57, 147 : completus mercatorum carcer.

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