Cf. Zruvr, Lat. Grammatik, ξ
8. Sur celte question, του. Baexocs, Efude sur les hellénismes dans la syntaxe latine, p. 113 sqq.
4, Varron avait va que ce cas était propre à la langue latine οἱ il l'appelait tantôt Latinus casus, tantôt seztus casus (cf. de Ling. lat., X, 62). Mais, comme cette dénomination cadrait mal avec celles qu'on avait empruntées plus ou moins adroitement aux grammairiens grecs, pour désiguer les autres cas, l'expression employée par Varron ne prévalut pas, et, dans Quintilien, comme déjà dans Festus, c'est le mot ablatious qui sert à désigner le sixième cas de la déclinaison latine, et c'est lui qu'emploient les grammairieos. Le terme vient de ce que l'ablatif est le cas avec lequel se construisent les verbes d'éloignement on de séparation dont le verbe auferre était pris pour type. Priscien se sert quelquelois du mot comparafivus, sougeant à l'ablatif employé comme complément du comparatif (fortior Hectore).
5. C'est le génitif qui a hérité, en grec, des emplois de l'ablatif proprement dit. Mais on peut 86 demender, d’après certains faits de syntaxe latine, si l'absorption de l'ablatif par le génitif, complément réalisée en grec, n'avait pas commencé à s'opérer aussi en latin, avant la période historique. C'est ainsi que les verbes et les adjectifs qui signifient diselte sont construits à l'époque archaïque et chez les poètes, non pas avec l’ablatif qui serait le cas naturel (cf. ci-après, p. 190, n. 3), mais bien avec le génitif. On peut, il est vrai, expliquer ce fait de syntaxe par l'analogie des contraires (cf. ci-dessus, p. 146, n. 1); mais voici un autre cas dans lequel l'emploi du génitif, au lieu de l’ablatif, parait bien dû à ὑπο confusion ancienne
443. — Ablatif d’éloignement. — On construit avec l'ablatif proprement dit les verbes qui signifient s'éloigner OU éloigner un objet de quelque endroit (question unde).
En pareil cas, l’ablatif est tantôt employé seul et tantôt accompagré des prépositions ab, de ou ex.
L'usage est si variable qu'il est souvent impossible de donner des règles précises !.
Une seule est certaine, c'est qu'avec les verbes signifiant s'en aller, s'éloigner, venir de, etc., on emploie sans préposition :
4° Les ablatifs domo, de chez soi, de chez eux”, et rure, de la campagne. 20 L'ablatif des noms de villes ou de petites iles (cf. ὃ 67, 4).
REMARQUES. — [. On trouve chez certains auteurs de l’époque impériale l'ablatif de la question unde employé sans préposition avec des noms de grandes [165 et même avec des noms de pays‘. Ce fait, assez rare en scmme, s'explique par l'influence de la syntaxe poétique. Voy. la remarque II.
entre les deux cas. On trouve souvent chez Plaute omnium (multarum ou ceterarum) rerum « à tous égards », « à bien des égards », « à d'autres égards », construit avec credere « sc fier ἃ... »
Ex.: Praure, Asin., 1, 4, 53 : qui Omnium rerum ipsus semper credit. 7ruc., 11, 2, 52 : nunquam, edepol, mihi | quisquam homo mortalis posthac duarum rerum creduit (c.-a-d. « je veux qu'on ne croic pas désormais à deux de mes paroles »).
Il est bien difficile d'expliquer ce génitif autrement que comme un génitif substitut de l'ablatif signifiant le point de vue auquel on veut restreindre une affirmation. 1] est vrai que l'on considère généralement l'ablatif de point de vue, non pas comme un ablatif proprement dit, mais comme un ablatif-instrumental (εἴ. ci-après, ξ 194). Mais les Latins pouvaient considérer le rapport autrement : au lieu de regarder le point de vue auquel on se place comme la cause qui permet de porter telle ou telle affirmation, il leur était loisible d'employer ab et l'ablatif (cf. a re frumentaria laborare) ct par conséquent de considérer l’objet ainsi désigné comme le point de départ de l'affirmation.
4, Voy. Daæozn, Âist. Synt. der lat. Spr., 14, 501. Sur la question en général, νοῦ. Hicoxsaann, Progr. Dortmund, 1858-59 ; Κῦηνκβ, Ausf. Gr. d. lat. Spr., 14, p. 266 : οἱ sur l'usage archaïque, τοῦ. l'excellent travail de G. Ennaao, de ablativi, lucativi instrumentalis apud priscos scriptores latinos usu (Jahrb. [. class. Philol., Suppl., L. X, p. 575 sqq.). 11 appartient à la lexicographie, bien plus qu'à la grammaire, de dresser l'inventaire des diverses constructions. Mais d'une manière générale on peut dire que, seules, la langue archaïque ct la langue poélique emploient librement l'ablatif seul de la question unde avec un nom commun.
2. Domo, ainsi cmplové, peut être accompagné d'un adjectif possessif.
Ex.: Cic,, in Verr., Il, 5, 30, 77 : domo tua.
On trouve aussi ἃ domo (1 (Cic., in Verr., 11, 5, 15, 38), el la préposition est nécessaire après un adjectif ou un adverbe marquant éloignement. Voy. Daæoxa, ouv. cité, 13, p. 498.
3. L'ablaüf humo (de la question unde) ne devient fréquent en prose qu'à partir de T.-Live, qui l’a cmprunté à Virgile dans des tournures comme : 86 tollere humo (Géorg., II, 9), etc.
4. Daæoun, ouv. cilé (t. 1%, p. 496) fait remarquer que, pour le latin archaïque, on ne cite qu'an exemple de PLaurs (Host., 440) : Ægypto advenio domum; dans Cicéron il n'y a pas de trace de celle construction ; dans Cxsan (de B. cic., 1. 58: Corcyrä atque Acarnaniä.…. pabulum supportare), l'ablatif Acarnaniä s'explique par une raison de symétrie (cf. ci-dessus, Introduction, p. 10) ; dans Saruusre (Hist. fragm., 4, 20, 21, Krilz), les ablatifs Mesopotamiä et Armeniä sont des ablatifs de la question qua el non de la question unde ; dans le de Bello A ler., 25, il est aisé de corriger terrestri itinere [0] Syria Ciliciaque adduci; enün, pour une raison semblable, Weissenborn Lit dans T.-Livx, XLV, 13,9 : litteræ deinde {e] Macedonia allatæ. Les exemples, très rares à l'époque archaïque et nuls à l'époque classique, deviennent fréquents à partir de Vellejus Palerculus (cf. Vauc., 1, ἅς 4; Car. IV,3,7:9,1;12,11; X,5, 12; Tac., Hist., 11, 79 : Syriä remeans; Ill, 15: Britanniä Galliäque et Hispaniä; Ann., I, 3 : remeantem Armeniä, etc., etc.). Mais les puristes, comme Quintilien, voyaient des solécismes dans ces constructions (cf. Quinr., /nst. or., 1, 5, 38).
II. Les poètes suppriment la préposition même devant un nom commun, non pas seulement quand le verbe est composé avec ab, de, ex, etc., mais encore avec toute espèce de verbe signifiant séparation ou éloignement.
Ex.:ENN., Ann. fr. inc., 52 : raucum sonus ære Ccucurrit. — VIRG., Géorg., 1, 366 : (stellas) præcipites cælo labi. En., VI, 191 : (columbæ) cælo venere volantes. — Hor., Sa/. 1, 1, 114 : carceribus missos... currus. Etc., etc.
Certains prosateurs (T.-Live, TACITE) ont suivi l’usage des poètes.
Ex.:T.-Live, XXI, 56, À : (elephantos) mediä acie in extremam agi jussit “ Hannibal (cf. VIRG., Géorg., III, 203). XLIV, 35, 5 : præcipites agendos castris. XXV, 26, 5 : Hippocraten... reppulit... munimentis. XXV, 26, 5{cf. 36, 2) : revocat prœlio suos Scipio (cf. Virc., Géorg., IV, 88 : ubi ductores acie revocaveris). — Tac., Hist., 11, 29 : cum tela testudine laberentur. Ann., XV, 54 : promptum vagina pugionem
(cf. Hor., Epod., 2, 41), etc.
L'emploi de procul avec l'ablatif (au lieu de procul ab) est inconnu à Cicéron, à César, à Cornélius Népos et à Salluste. C'est une incorrection qui commence à se développer chez T.-Live (cf. 11, 13, 6; III, 22, 4; IV, 10, 5; 22, 2; 58, 12; V, 34, 9: 45, 3: 5; IX, 2, 2, etc.), et devient presque la règle chez Tacite?,
II. L'emploi de la préposition ex devant un nom propre de ville est tout à fait incorrect et n'appartenait vraisemblablement qu'à la langue vulgaire.
Ex. : PLAUT., Pseud., 131 : servos, ex Carysto qui huc venit. 1174 : quotumo die | ex Sicyone pervenisti huc? Bacch., 232 : advenerit ex Epheso. — TÉR., Andr., 10 : ex Andro commigravit*.
IV. À la question unde, les meilleurs prosateurs emploient ab devant un nom de ville :
1° Quand ils veulent indiquer que le point de départ du mouvement signifié par le verbe est situé non pas dans la ville, mais aux environs.
Ex. : Cic., Philipp., 12, 5, 11 : denuntiatum est ne Brutum obsideret, a Mutina discederet (il avait dressé son camp aux alentours de Modène). — CÉs., de B. Gall., VII, 43, 5 : ab Gergovia discederet (cf :b., VII, 59, 1). De B. civ., Ill, 24, # ; Libo decessit a Brundisio (il quitta le port), etc.
> Quand il y a simplement l’idée d'une direction depuis tel endroit jusqu'à tel autre, sans qu'il y ait un verbe exprimant un mouvement réel. Ex. : Cés., de B. civ., II, 8, 4 : a Salonis ad Oricum (cf. $ 67, REM. Ill) portus,
stationes litoraque omnia longe lateque classibus occupavit. De B. Gall., VII, 45, ἃ: erat a Gergovia despectus in castra.
4. Voy. dans R. KComen (ouv. cilé, 113, p. 266 sqq.) une liste très complète de ces verbes.
2. Tacite n'a employé procul ab que trois fois. Voy. Kazes-Scnwauz, Antibarbarus der lat. Spr., 8. V. PROCUL.
3. Mais dans Téazxcz (Æun., 113 : abreptam e Suni0), l'ablatif de la question unde avec 6x s'explique très bien : Sunium n'est pas considéré comme le nom d'une ville, mais comme le nom d'un pays. C'est par la même raison que Cicéron a écrit, p. lege Man., 12,33: ex Miseno... ejus ipsius liberos…. a prædonibus esse sublatos. Voy. L. Haver, Rer. de Phil., XI, p. 76 et cf. ci-dessus, 6 67, Rex. III.