‹ Grammaire comparée du grec et du latinChapitre 53 sur 306 · δον. Revue de Philologie, t. XII, p · texte numérisé non relu

δον. Revue de Philologie, t. XII, p

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444, — En grec, le génitif de la question unde correspondant à l'ablatif latin doit toujours être précédé d'une préposition (ἐξ, ἀπό), même quand c'est le génitif d'un nom de ville!.

Ex. : How. 12., I, 269 : ἐκ Πύλου ἐλθὼν | τηλόθεν ἐξ ἀπίης γαίης.

Dans la prose classique, on dit toujours ἐξ ᾿Αθήνων ἰέναι, venir d'Athènes. On peut aussi employer la forme ᾿Αθήνηθεν, dans laquelle le suffixe -0ev indique le point de départ. Ge suffixe existe aussi dans un certain nombre d'autres mots (noms propres ou noms communs), comme ᾿Εἰλευσινόθεν — οἰχόθεν, γχαμᾶθεν (att.) et χαμόθεν (langue commune), θυράθεν ὅ. !

445. — Ablatif de séparation. — Par analogie avec l'ablatif de la question unde, on emploie en latin, l'ablatif avec ou sans préposition après les verbes marquant séparation et signifiant s'abstenir de, écarter, exclure, délivrer, priver de, chasser de, etc. Ici encore, l'usage varie avec les époques et même avec les écrivains. L'emploi de l’ablatif seul ou de l'ablatif précédé d'une préposition est déterminé par le sens particulier qu'on attache au verbe et par la nature du rapport qu'on établit entre le verbe et son complément. Cependant on peut, à propos des plus importants de ces verbes, faire les observations suivantes :

4° Avec se abstinere, se tenir à l'écart de, s'abstenir de, On emploie sans différence de sens appréciable " l'ablatif avec ab ou” l'ablatif sans préposition.

8) Ex. : Cic., in Verr., II, 3, 3, 4 : ab 118 se abstineant maxime vitiis, in quibus alterum reprehenderint. Acad., 11, 11, 55 : ἃ quibus ne tu quidem jam abstinebis. — T.-Live, XXXIV, 35, 10 : se ipse suosque ab iis (civitatibus) abstineret. - SÉX., Controv., 1, 2, 9 : ἃ sacerdote se non abstinuisset pirata. — Lacrance, V, 10. 16 : 8e a rapinis abstinere.

1. Seuls Les poètes se contentent du génitif sans préposition après un verbe qui exprime mouvement.

Ex. : Hou., Π., XX, 125 : πάντες Οὐλύμποεο κχκατήλθομεν. — Sorn., Électre, 324 : δόμων ὁρῶ | ... Χρυσόθεμιν ἐντάφια χεροῖν φέρουσαν. Philoct., 630 : δεῖξαι νεὼς ἄγοντ᾽ ἐν ᾿Αργείοις joue (εἴ. 613; Œd. roi, 144, etc.) — Eun., Med., 70 : παῖδας γῆς ἐλᾶν Κορενθέας.

Quelquefois même, mais plus rarement. le génitif de la personne est construit comme le génilif de la chose après certains verbes qui se rattachent, pour le sens, à des verbes de mouvement.

Ex. : Hou., Od., VIII, 499 : ὁρμηθεὶς θεοῦ ἤρχετο, φαῖνε δ᾽ ἀοιδήν « (Démodocus) poussé par un dieu, commençait et faisait entendre sa voix ν, — Pixn., Vem., I, 11 : ἀρχαὶ δὲ βέδληνται θεῶν. — Sornocux, Œd. roi, 1163 : ἐμὸν μὲν οὐχ ἔγωγ᾽, ἐδεξάμην de τον.

3, Chez Homère, ct même chez les poèles attiques, le βυΐϊῆτο -θεν remplace souvent le suffixe du

Es. : ἐξ οὐρανόθεν (pour ἐξ οὐρανοῖο), ches Homère ; σέθεν (pour σοῦ), chez Homère, les lyriques

et les tragiques.

GRAMM. COMP. DU GREC ET DU LATIN (Syntaxe). 12

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b) Ex. : Cic., de Div., 1, 45, 402; de Fin., ΠῚ, 11, 38 : litibus et jurgiis, dedecore se abstinere. — Corn. Népos, Af4., 22, 3 : CiboO se abstinere. — T.-Live, VIII, 2, 7; XXXIV, 3, 6 : armis, foro se abstinere. -- Quinrien, VII, 2, 34 : OMNI se CONViCiIO abstinere!. Etc.

: Toutefois l'addition de ab est nécessaire devant un nom de personne : c'est ainsi qu'on disait toujours : abstinere manus ab aliquo.

Ex. : Cés., de B. Gall, NI, 41,5: ne 8 mulieribus quidem atque infantibus abstinerent. — T.-Live, 11, 16, 9 (V, 47, 40; XXI, 6, 4) : ab obsidibus, a ceteris militibus, a Saguntinis abstinere. — Séx. nn., Contror., 1, 2, 9 (voir l'exemple ci-dessus).

Au contraire, avec temperare, s'abstenir de, ne pas abuser de, on emploie presque exclusivement l’ablatif avec ab, à l'époque classique.

Ex. : Cés., de B. Gall., 1,1, 4 : temperare ab injuriä. — T.-Livr, VI, 11,8 : in quo a sociis temperaverat.

2° Le verbe arcere, écarter, se construit, dès l'époque archaïque, avec l'ablatif seul, quand il est pris au sens propre : c'est ainsi qu'on dit :

arcere aliquem lJtaliä, Galliä, Peloponneso, provinciä, provinciæ ou regni finibus (ef. Crc., Phil., 5, 18, 31: T.-Live, VIII, 2, 11: XXI, 19, 6; 26, 6; XXVI, 20, 2, etc.; Tac., Hist., 11, 12; Ann, IV, 31; XVI, 35, etc.)?.

Au contraire, arcere aliquem ab aliqua re est employé de préférence, à l'époque classique, quand le complément désigne un état moral.

Ex. : Cic., Parad., 1Π|, 2, 23 : arcere homines ab improbitate omni. De Of., I, 34, 122 : maxime hæc ætas a libidinibus arcenda. De Leg., 1, 14, 40 : quod si homines ab injuriä pœna, non natura arcere deberet.

1. On trouve aussi les deux constructions, sans différence de sens, avec abstinere (intrans.) signifiant « s'abstenir, se priver de ».

2. Voyez aussi les constructions si connues et si classiques :

Reditu, aditu, transitu, sedibus, foribus, flumine, vado, curiä, templo, Litoribus, ascensu, aquä, commeatibus, populationibus, portibus et litorum appulsu arcere aliquem (cf. Cic., Phil., I, 2, 4; Tusc., I, 37in.; T.-Live, XXVI, 45, 5; Cic., de Leg., 2, 10, 25; Tac., Ann., XV, 60; Aist., IV, 19: Q.-Cuncs, IV, 9, 1; T.-Live, XXVI, 41, 6 ; XXXVII, 37, 11; Cuc., Phil., 8, 40, 104; Tac. Ann. XV, 55; Hist., 11,17; IV, 96; 82: T.-Live, 11, 23, 42; VII, 25, 12; 35,3; XXI, 59,5; XXIV, 34,16; XXV, 9,6; XXVII, 30, 7).

3. C'est par exception que T.-Live a écrit (III, 21, 7): ut populum Romanum licentiä arceas.

Mais, si le complément à l'ablatif est un nom de personne, il doit être toujours précédé de la préposition ab. On disait :

arcere aliquid a sese.

L'analogie d'arcere est suivie par movere, quand il signifie écarter, et surtout, au figuré, exclure. Le complément à l'ablatif seul est de règle dans des constructions comme : movere aliquem 1000 (au sens propre), movere aliquem statu, movere aliquem 1oco ou ordine senatorio, senatu, tribu, possessionibus. Au contraire, on disait couramment, à l'époque classique :

se movere ex urbe, de Cumano, castra movere ex e0 1000, etc.!.

3° Avec les verbes signifiant délivrer de, la construction est déterminée par la nature du verbe employé.

Ainsi liberare est régulièrement accompagné de l'ablatif seul, chez Cicéron, quand l'ablatif est un nom de chose’, et de l'ablatif avec ab, quand c'est un nom de personne : il en est de même avec absolvere.

Ex. : Cic.. de Fin., 1,19, 63 : Omnium rerum naturà cognitä levamur superstitione, liberamur mortis metu. Div. in Cæc., 11, 56: qui a Venere se liberaverunt. P. Rosc. com., 12, 36: neque 8 Fannio judicio (instrum.) se absolvat (mais on dit absolvere aliquem curä, suspicione, bello, peccato, cæde).

1. Les composés de MOVEre ont une syntaxe différente. Le verbe demovere est le seul qui se rapproche un peu du simple; on trouve en effet :

Tuo loco demovere (Cic., p. Planc., 22, 53); hostes gradu demoti (T.-Live, VI, 32. 8), et chez Tacite : demovere aliquem præfecturä (Ann., XIII, 28), Suriä (Ann. 1, 43), cur& rerum (Ann., XIII, 14), Ordine demotum (texte douteux) reddidit senatui (Ann., XIII, 11).

Mais, d'autre part, Cicéron emploie exclusivement les constructions : demovere aliquem de statu, de sententia, a causä, demovere labem a re publica, et l'on peut dire, en somme, que, avec demovere, l'ablatif est ordinairement précédé de de et même de ab ou de ex.

Amovôre avec l'ablalif seul est poélique ; il se construit en prose avec ab ou 6x. De mème commovère avec l'ablatif seul est rare (cf. Sisrxa, Hist. fragm. [ap. Non., p. 58, 20'; Vina., Én., V. 213); il se construit ordinairement en prose avec 6x.

Ex. : 86 ou castra commovere 6x 10co.

Dimovere ne se construit dans Sauvsre (cf. Jug., 42, 1) qu'avec ab et l’ablatif; à l'imitation de Vers (Én., III, 589 ; XI, 210), T.-Live emploie l'ablaif seul (ef. 1X, 29, 10 ; XXII, 13, 11). Emovere ne parait pas se rencontrer en prose avant T.-Live : bien qu'à limitation des poètes et surtout de Virgile ii le construise quelquefois avec un complément à l'ablatif sans préposition, il dit aussi : emOvere aliquem e foro (XXY, 1, 10), emovere aliquem ex agro (XLI, 21, 11), de medio (YI, 38, 8). Toutefois, par analogie avec MOVere, on trouve chez lui : emovere aliquem curi4, ædificiis, senatu, tribu.

Quand removere signifie « ler », il se construit chez Cicéron avec de ct l'ablatif.

Ex. : P. Rosc. Am., 8, 23 : plura clam de medio removebat. Au sens de « écarler », il ne parait se rencontrer que chez les poètes postérieurs de l’époque impériale, qui emploient l'ablatif seul.

Enfin summovere se construit régulièrement avec 6x ct l'ablalif (cf. Cés., de B, civ., I, 11, 3;. Tite-Live et Suélone emploient l'ablatif sans préposition, Voy. Kiuxan, ausf. Gramm. der lat. Spr., 11, 1, p. 269 sq.

2. 11 est rare qu'en pareil cas Cicéron emploie ab ou 6x (voy. cependant Tim., 6; in Verr., II, 5, , 23). Chez T.-Live, l'usage est indécis ; on trouve tantôt l'ablatif seul et tantôt l'ablatif avec ab.

pre”

Au contraire, avec solvere, il semble bien que l'ablatif seul soit de règle!. Il faut remarquer de plus que solvere, délivrer, ne se construit à l'ablatif qu'avec un nom de chose.

EX. : Cic., p. Cæcina, 34, 98 : ut religione civitas solvatur. P. Rab. Post., 5, 12 : quä (lege) non modo ipse, sed totus etiam ordo solutus ac liber est. De Re publ., 1, 18, 30 : quod ea respondebat, quæ eos, qui quæsissent, et cura et negotio solverent.

En tout cas, les verbes supersedere”, se dispenser de (cf. Cés., de B. Gall., 11, 8, 1: Cic., ad Fam., IV, 2, 4, etc.), levare (cf. Cic., de Fin., I, 19, 63), eXOnerare (cf. T.-Live, X, 21,5) et exsolvere (Pzacre, Cic., T.-Live), débarrasser, délivrer de, ne se construisent jamais qu'avec l'ablatif seul.

4 Avec les verbes priver de, manquer de, l’ablatif seul est presque de règle.

Ex. : Cic., de Fin., V, 29, 89 : Democritus dicitur oculis se privasse. De Sen., 6, 11 : COnSilio, auctoritate, sententiä non modo non orbari sed etiam augeri senectus solet. P. Planc., 9, 22 : est gravius spoliari fortunis, quam non augeri dignitate.

Cependant avec vacare, être privé de, exempt de, on trouve aussi, bien que plus rarement, à ce qu'il semble, l'ablatif précédé de ab.

EX. : Cic., ad Fam., VII, 3, 4 : Vacare culpä magnum est solatium. De Off. 1, 2, 4 : nulla vitæ pars vacare officio potest. T.-Live, Il, 48, 9 : res publica et milite illic (c.-à-d. dans cette guerre) et pecuniä vacet.

Cic., Brut., 18, 212 : nullum tempus illi (cf. $ 89, 1°) unquam vacabat aut a forensi dictione aut a scribendo. — Cés., de B civ., II. 25, 4 : hæc a custodiis classium loca maxime vacabant *.

4. Dans l'exemple de Cicénox (de Leg. agr., 1, 9, 27) : soluti a cupiditatibus, liberi ἃ delictis, lo mot soluti a la valeur d'un adjectif et est construit comme sou correspondant liberi. Au contraire dans l'exemple du p. Rab. Post., 5, 12, c'est la construction de solutus qui a entrainé celle de liber.

2, Le verbe supersedere est construit ἀπὸ fois avec le datif (par analogie avec les verbes signifiant « renoncer {pour le moment] à »), chez l'auteur du de B. Afr., 75, 2 : supersedere pugnæ. Les auteurs de la fin de l'empire en ont fait un verbe actif (cf. A.-Geiue, II, 29, 13 : affines operam, quam dare rogati sunt, supersederunt), probablement par analogie avec les verbes signiGant « différer, remettre à plus tard ». D'ailleurs l'auteur de la ARhélorique à Herennius avait déjà employé le passif (cf. 11, 17, 26 : hæc causa non visa est supersedenda). Mais, à l'époque classique. le passif ne se rencontre que sous la forme impersonnelle. Voy. les lexiques.

3. César a employé une autre fois vacare avec ce sens-là, οἱ il est à remarquer que là aussi ‘de Z. civ., 11, 76, 3), il a employé l'ablatif avec ab. Cette construction était donc, aux yeux d'un puriste comme César, au moins aussi corrccle que l'autre.

Enfin, c'est l'ablatif seul qu'on emploie avec les expressions interdicere alicui aliqua re! et intercludere aliquem aliqua re*.

REMARQUES. — 1. On rattache quelquefois à ces constructions la locution invidere alicui aliqua re, ravir à quelqu'un quelque chose (par malveillance), lui faire tort de quelque chose, mais c'était une incorrection*; on ne la rencontre pas avant T.-Live (cf. 11, 40, 11 : non inviderunt Jaude sua mulieribus), mais elle est assez fréquente chez Sénèque et chez Tacite (του. la remarque de Nipperdey, à propos de Ann., I, 22). Il y a plus : la construction que Quintilien oppose à celle-ci, à savoir invidere alicui aliquid, ne se rencontre que chez les poètes et chez T.-Live (cf. XLIV, 30, 4). À la bonne époque, on ne trouve jamais que invidere alicui, ou invidere alicui rei.

Ex. : invidere dignitati tuæ (cf. Cic., ad Fam., 1, 7, 3).

Il. Chez les poëtes, l'emploi de l’ablatif seul est naturellement fort étendu, avec tous les verbes qui marquent séparation ou éloignement.

Ex. : HoR., 4. P., 392 : (homines) cædibus et victu fædo deterruit Orpheus*. Ep., 1, 15, 29 : qui civem dignosceret hoste (cf. :bid., 11, 2, 44. Carm., 1, 1, 32 : me... secernunt populo. Ars poet., 397 : publica privatis, secernere sacra profanis®. — Ov., Trist., 1, 10, 28 : Seston Abydena separat urbe fretum (cf. LUCAIN, Ph., IV, 15; IX, 524). — Hor., Ep., 1, 10, 29 : non poterit vero distinguere falsum. I, 7, 48 : foro nimium distare Carinas. Etc.

On peut ajouter à cette liste abhorrere aliqua re (au lieu de ab aliquä re;, bien que cette construction se trouve peut-être déjà chez Cicéron°.

446. — Suivent l’analogie des verbes de séparation les adjectifs qui signifient éloignement réel ou figuré. Les uns se construisent avec l’ablatif seul, les autres avec l'ablatif précédé de ab, quelquesuns enfin se construisent tantôt avec l'ablatif seul, tantôt avec l'ablatif précédé de ab, d'après la nuance de signification qu'ils expriment.

1. C'est du moins la seule construction qui soit classique ; si l'on met à part une phrase do Cicéron (Aer. resp., 12 : ut δ! 0 furiæ vox interdiceretur), la locution interdicere alicui aliquid est rare et postérieure à l'époque classique (cf. Var.-Max., 11, 7, 9 : interdixit etiam ei convictum hominum).

2. Tel est, en lout cas, l'usage à peu près invariable de César. Voy. R. Muaxos et 5. Panuss, Lericon Cæsarianum (Leipzig, Teubner, 1890), 8. v. uerenciuneas. On dit aussi (voy. Antibarbarus, éd. Schmalz), intercludere aliquem ab aliqua re, quand le complément à l'ablatif est un des mots : urbs, flumen, mare, castra, etc., et désigne un endroit dont l'accès est fermé ou avec lequel les communications sont coupées,

Et. : T.-Live, XXVI, 40, 4 : neque intercludi ab Agrigento... poterat.— Cés., de B. Gall. VIE, 1, 6 : ut Cæsar ab exercitu intercludatur. De 8. civ., 1, 43, 2 : ab oppido et ponte et commeatu omni... se interclusurum adversarios (dans César, il n'y ἃ que quatre exemples de cette construction).

3. Voy. ce qu'en dit Quintilien (IX, 3, 1): Si antiquum sermonem nostro comparemus, pæne jam quidquid loquimur figura est, ut λας re invidere, non ut omnes veteres et Cicero præcipue, hanc rem... »

4. En prote, la construction ordinaire est: deterrere aliquem ab aliqua re. Cicéron n'emploie qu'une seule fois de οἱ l'ablatif (de Div., II, 39, 81).

5. Le construction classique est: secernere ab... ; de même pour separare.

6. En effet, dans le de Fato, 4, 8, là où C. F. W. Müller écrit : ut alii a talibus vitiis abhorreant, les manuscrits ne donnent pas la préposition a.

4° Se construisent avec l’ablatif seul les adjectifs orbus, nudus, privéde, et extorris, banni οἱ par ert. dépouillé, privé de!,

Ex. : Cic., αὐ Fam., IV, 13,3 : orbus* 115 rebus omnibus, quibus et natura me et consuetudo assuefecerat. 44 Fam., VII, 13 a, 1 : huic tradita urbs est nuda præsidio. — Sais, Jug., 16, 11 : Jugurtha Adherbalem extorrem patria, domo, inopem affecit (cf. T.-Live, XX VII, 31, 6).

REMARQUE. — L'adjectif immunis se construit ordinairement en prose avec le génitif. Mais cette construction ne se rencontre pas avant T.-Live“.

2 L'adjectif liber* se construit avec a devant un nom de personne et ordinairement* avec l'ablatif seul d'un nom de chose.

Ex. : Cic., de Fin., 1, 15, 49 : robustus animus et excelsus omni est liber cura et angore. μὰ 44t., XV, 16 b : loca ab arbitris libera.

89 L'adjectif alienus se construit avec a devant un nom de personne ou quand il signifie hostile à.

Ex. : Cés., de B. civ., I, 21, 2 : totius exercitus animos alienos esse a Curione. — Cuic., de Fin., I, 19, 63 : ab homine non alienum (cf. ib., 20, 68; Tusc., Π, 45, 35). De Off. 1. 9, 30 : humani nihil a se alienum putat (cf. Téu., Hoeaut., ΤΊ).

Quand il signifie étranger à et que le complément est un nom de chose, la préposition peut manquer.

4. Le sens propre de l'adjectif extorris montre clairement quelle est l'origine de la construction avce l'ablatif.

On pourrait ajouter à cetle liste l'adjectif inanis ; toutefois il se peut que l'ablatif complément de inanis ne soit pas un ablalif de séparalion, mais un ablatif analogue à celui qu'on trouve après les adjectifs de diselle (voy. ci-après, $ 155). La queslion serait de savoir à quelle analogie cet adjectif et quelques autres ont οδόϊ ; mais cela est bien délicat.

2. Quand orbus est pris au sens figuré, il esl quelquefois conslruit avec ab ct l'ablatif, mais ce tour est rare οἱ KCuxer (ouv. cilé, p. 277) n'en cile qu'un seul exemple de Cicxnox, p. Ælacc., 23, 54 : orba fuit ab optimatibus illa contio ; l'autre est d'Ovinx (Her., 6, 156).

2. L'ablatif, soit seul, soit précédé de ab, est moins aulorisé. K£uxen (our. cité, ἃ. 11, 1, p. 277) ne cile que T.-Live (1, 43, 8 : una centuria facta est immunis militiä) οἱ Veuwwscs Parencuits (UT, 35, 2: Cato omnibus humanis vitiis immunis semper fuit). Le dictionnaire de Klotz donne comme exemples de l'ablatif précédé de ab :

Vus, LU, 44 : domus libera a conspectu immunisque ab omnibus arbitris. — Puxe L'Axciex, Hist. nat., XXXII, ὁ (14) : immunes dentes a dolore.

4. Voy. sur cetle question et sur la construction poétique de liber avec le génilif, Harsrmix, our. cité, p. 23; Onrnumisn. der Sprachgebrauch des M, Annæus Lucanus (Münich, 1886), p. 51; Lacenonex, de vita et elocutione C. Plinii Secundi (Upsal, 1872), p. 149; H, Gortzun, Grammaticæz in Sulpicinm Severum obsercationes (Paris, 1883), p. 42 544.

5. Dans César, de B. Gall, VI, 56, # : liberi ab aqua, l'adjectif liber signifie « dégagé », ce qui justifie, en quelque manière, l'emploi de la préposition.

6. Chez T.-Live, alienus est toujours avec le datif (cf. 1, 20, 3 : sacerdotium genti conditoris haud alienum). Cetle construction n'est pas conforme à l'usage classiqu> ct appartenait vraisemblablement à la langue familière. On trouve aussi chez Célius (ef. Caic., ad Fam., VII, 12, 2) : malui collegæ ejus, homini alienissimo mihi.. me obligare ; οἱ quand alienus «ignitie « mal disposé pour, défavorable », Cicéron Ie fait suivre quelquefois du dalif (ef. p. Cæc., 9, 24; nd

ΚΝ ds à

Ex. : Cic., ad Fam., VI, 11, 3 : alienus dignitate. De Div., 1, 38, 82 (cf, H, 51, 105) : alienum maÿjestate. Tuse., V, 34, 98 (cf. p. Tull., 4) : alienus naturä, etc.

RexARQUE. — Expers avec l’ablatif, au lieu du génitif, est une construction antérieure à l'époque classique (νου. ci-après, 8 155).

De même compos, en possession de, se construisait avec l'ablatif chez les anciens auteurs; on retrouve ce tour chez l'auteur du Culex et chez T.-Live.

Ex. : Acc. AP. NON., p. 521, 27 : magnis compotem et multis malis. — ΝΕΝ. AP. NON., p. 456, 25 : eam nunc esse inventam probris compotem scis. — Culex, 189 : compos mente. — T.-Live, ΠῚ, 70, 13 : præda ingenti compotem exercitum reducant.

441. — Le génitif grec correspond à l'ablatif latin, quand il se construit avec un certain nombre de verbes, les uns intransitifs, les autres transitifs, signifiant éloigner de, s'éloigner de OU être éloigné de, au figuré comme au propre.

Ex. : Turc, IV, 3, 2 : ἀπέχει σταδίους μάλιστα ἡ Πύλος τῆς Σπάρτῆς τετραχοσίους, Pylos est distante de Sparte de quatre cents stades environ. ΠΙ, 51, 3 : ἢ νῆσος οὐ πολὺ διέχει τῆς ἠπείρου. Ι, 84, 4: πολὺ διαφέρειν οὐ δεῖ νομίζειν ἄνθρωπον ἀνθρώπου, il ne faut pas s'imaginer qu’un homme diffère beaucoup d’un homme. — Xéw., Écon., 14,10 : ἀνὴρ φιλότιμος ἐθέλει αἰσχρῶν xepδῶν ἀπέχεσθαι, un homme honorable tient à s'abstenir de gains honteux. Mém., 1, 2, 22 : πολλοὶ χρημάτων δυνάμενοι φείδέεσθαι, capables d'économiser. Hell., VIE, 1, 24 : τοῦ ἀκολουθεῖν ὅποι ἄν τις παραχαλῇ φείσεσθε, vous vous dispenserez (liée. vous vous abstiendrez) d'aller partout où l'on vous mandera. — Déx., p. 1394, 18 : où φείδομαι Ψυχῆς, ne pas ménager sa vie. — Hér., II, 80 : εἴχειν τινὶ τῆς ὁδοῦ, céder le passage à quelqu'un. — Déu., V, 25 : Φιλίππῳ νυνὶ χατὰ συνθήχας Apœtπόλεως παραχεχωρήχαμεν, nous venons de céder par un traité Ampbhipolis à Philippe. — XEN., Mém., 11, 3, 16 : παρὰ πᾶσιν ἀνθρώποις νομίζεται χαὶ ὁδοῦ παραχωυρῆσαι (céder le haut du pavé) τὸν νεώτερον τῷ πρεσθυτέρῳ χαὶ λόγων ὑπεῖξαι (laisser parler avant soi, ἐξέ. lui céder la parole). Agés., 2, 2 : οἱ Θέτταλοι ἐχώλυον τὸν ᾿Αγησίλαον τῆς παρόδου, empéchaient Agésilas

Att., I, 1), et cette construclion qu'on retrouve chez Conxécits Nupos (Thém., 4, 5) devient la règle à l'époque impériale. Voy. Laxvanar, de Ciceronis elocutione in oralionibus pro P. Quinctio et pro S. Roscio Amerino conspicua (Würzbourg, Stuber, 1878), p. 222. Quant à la construction d'alienus avec le génitif qu'on trouve erceptionnellement chez Lucrèce (III, 821; VI, 69), chez Cicénox (de Fin., 1,4, 11; Acad., I, 11, 42) et chez Sauusre (Cat., 50, 5), c'est peut-être un archaïîsme, c'est-àdire un reste d’une époque où le génitif latin avait commencé à empiéter sur le domaine de l'ablatif (ef. ci-dessus, p. 173. ἡ. 5). On peut aussi, quand alienus est précédé de non (comme c'est le cas pour l'exemple de Salluste : neque aliena consili), dire que l'adjectif est construit avec le géuitif par analogie avec particeps.

de passer. — ISocRATE, p. 13, d : εἴργειν τινὰ τῶν ἱερῶν, exclure quelqu'un des. sacrifices. — Lys., p. 405, 24 : εἴργειν τινὰ τῆς ἀγορᾶς, exclure quelqu'un de l'assemblée. — Hénonots, II, 124 : ἀπείργειν τινὰ θυσιέων, exclure quelqu'un des sacrifices. — Tnve., II, 39, 4 : οὐχ ἔστιν ὅτε ξενηλασίαις ἀπείργομέν τινα ἢ μαθήματος ἢ θεάματος. — Isocn, XII, 21: τὰ μαθήματα ἀποτρέπει τοὺς νέους πολλῶν ἁμαρτημάτων, la science détourne les jeunes gens de bien des erreurs. — Xéx., Hell., VI, 2, 13 : ἔπαυσαν Τιμόθεον τῆς στρατηγίας, ils forcérent Timothée à renoncer à ses fonctions de stratège, ils le relevérent de son commandement. — PLAT., Prem. Hippias, 312 ἃ : πολὺ μεῖζόν μξ ἀγαθὸν ἐργάσει ἀμαθίας παύσας τὴν ψυχὴν ἢ νόσον τὸ σῶμα, tu me feras beaucoup plus de bien en délivrant mon âme de l'ignorance que mon corps de la maladie. — Anisr., Lysistrata, 1160 : μάχεσθε χοὺ παύεσθε τῆς μοχθηρίας, vous combattez οἱ vous ne cessez de lutter méchamment. — Isocr., 1, 14 ὶ Ays τῶν πόνων ἔτι πονεῖν δυνάμενος. -- XÉN., Agés., 7, 1 : ὑφίεσθαι πόνων, se relâcher de ses fatigues. — PLar., Men., 246 e : πᾶσα ἐπιστήμη χωριζομένη ἀρετῆς (séparée de la vertu) πανουργία, οὐ σοφία φαίνεται. — Ἐἔσκ., Ο»., 1522 : δοῦλος ὧν φοθεῖ τὸν “Αἰδην, ὃς σ᾽ ἀπαλλάξει κακῶν; — PLar., Gorgias, 4ΤΊ : κακίας ψυχῆς ἀπαλλάττεται ὁ δίχην διδούς. — Χέν., Anab., VI, 6, 15 : ἀπολύω ὑμᾶς τῆς αἰτίας, je vous dégage de toute accusation 1.

REMARQUES. — I. En comparant le grec ἄρχεσθαί τινος avec le latin ordiri ab

aliqua re, on pourrait être tenté de croire que le génitif grec représente l'ablatif latin?, Mais cette explication ne saurait convenir qu’à des constructions, comme celle-ci :

How., I1., IX, 97 : σέο δ᾽ ἄρξομαι. Odyss., XXI, 142 : ἀρξάμενοι τοῦ χώρου",

dans lesquelles le génitif marque le point de départ du mouvement.

4. Tous ces verbes sont employés couramment par les auleurs attiques. Chez les poètes οἱ déjà chez Homère, il y en ἃ d’autres, comme χάζεσθαι « s'éloigner, se retirer de » (ex. : y. πυλάων, Hou., Il, NI, 172: χελεύθου, ZE, XI, 504; μάχης, JL, XV, 426); ἀλύσκειν « fuir, se soustraire à » (ex. : Sopn., Ant., 488 : οὐχ ἀλύξετον μόρον naniatou) : ἐρωέω « se retirer vivement de » (ex. : How, ZE, ΧΗ, 172 : μήπω τις ἐρωείτω πολέμοιο, cf. ZE, XIII, 776; XIV, 101); ἐρύεσθαι « tirer d'un danger, délivrer, sauver » (ex. : ον. 24, V, 456 : οὐχ ἂν δὴ τόνδ᾽ ἄνδρα μάχης ἐρύσαιο, etc.) ; ἐρητύειν, « écarter de, empêcher » (ex. : Eur., Phén.. 1260 : ἐρήτυσον τεχνα δεινῆς ἀμέλλης), εἰς. — D'autre part, quelques-uns des verbes usilés en prose dans un autre sens, prennent pour complément, chez les poèles, un génilif-ablatif, parce qu'ils sont rattachés aux verbes d'éloignement. C'est ainsi que ἔχεσθαι est traité comme ἀπέχεσθαι « se tenir loin de, s'abstenir », que ἀπέχειν est pris pour synonyme de εἴργειν « Lenir à l'écart », σώζεσθαι comme équivalent de ἀπαλλάττεσθαι « être débarrassé, délivré de... », ct ἀναπνεῖν, comme synonyme de παύεσθαι « cesser ».

Ex. : Hou. Zl., XIII, 630 : σχήσεσθε "Apnos, c.-à-d. « vous vous absliendrez de combattre » (cf. Han, VI, 65, 2 : οἱ Αἰγινῆται ἔσχοντο τῆἧς ἀγωγῆς). — 11... VI, 277 : Τυδέος υἱὸν ἀπέσχεν ᾿Ιλίου ph. — Ern., Troy., 684 : προθυμίαν ἔχονσι σωθῆναι πόνων. — Hon., À. XIX, 227 : πότε χέν τις ἀναπνεύσειε πόνοιο.

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