Locatif désignant le lieu de l’action. — En latin, le
4. Pour ces verbes on peut se demander s'ils ne suivent pas l'analogic de ceux qui signifient « commander » (cf. ci-dessus, ὃ 118, 6°) ou si le génitif ne dépend pas de la prépasition πρό a devant » ou « avant ». Dans l'un ou l'autre cas, le génilif serait un génilif proprement dit : cela n’est pas douteux.
2. Le génilif avec ces verbes doit dépendre de la préposition : en ce cas, c'est un génilif proprement dit.
3. Le mot locatif est un néologisme grammatical, dérivé du latiu locus. sur le modèle de rocatif.
&. J'ai reçu trop lard pour en tirer partig l'étude suggestive de M. V. Hexav, La relation locrtire dans les langues italiques (Paris, J. Maisonneuve, 1897).
ὅς, L'orthographe quotidie est bliméc par Quintilien (1, 7,16): c'était pourtant la seule qui fût conforme à l'étymologir. En effet, la première partie du mot parait ètre le locatif d’un adjectif qui signifie « chaque » et qui se retrouve, avec le même sens, dans l'expression bien connue : quotannis (ΞΞ omnibus annis), ainsi que dans plusieurs expressions archaiques ou populaires : quotdiebus, quotmensibus (Junimcors.). quotkalendis (Praur., Stich., 63). Cf. quotquot annis ct quotquot mensibus (Vannox). Voy. Riruanx, Synt. lat., 2° éd., p. 126, n. 3.
locatif existait encore pour tous les noms de villes ou de petites iles (cf. ci-dessus, ὃ 67, 45) de la première ou de la deuxième déclinaison employés au singulier; on se servait aussi de domi, à la maison, de militiæ (opposé à domi), à l'armée!, de humi, par terre?, et à la troisième déclinaison de ruri, à la campagne, de Tiburi, à Tibur, de Carthagini, à Carthage, etc.*.
REMARQUES. — I. Le locatif étant considéré par les Latins comme une forme adverbiale®, il en résuitait que :
1° On ne pouvait pas dire Corinthi, ex quä (ou in qua ou in quam)..; mais il fallait dire Corinthi, unde (ou ubi ou quo).
2° Quand le nom de ville devait étre accompagné d'une détermination, il se mettait à l'ablatif.
Ex. : Cic., ad Att., XI, 16, 1 : in ipsä Alexandriä”. De même, on aurait dit : in urbe Alexandriä.
11. Contrairement à la règle précédente (Rex. 1), on pouvait dire domi meæ, tuæ, etc., alienæ, chez moi, chez toi, etC., chez autrui, ou bien encore domi Cæsaris, chez César. In domo meä, etc., in domo Cæsaris avaient un sens un peu différent et signifiaient dans a maison, οἷς... dans la maison de César. Voy. ci-dessus, ὃ 67, 3°, note 3.
IT. On rencontre quelquefois, par exception, le locatif des noms de grandes îles ou même de pays, quand ces noms sont de la première ou de la deuxième déclinaison. C'est ainsi que César a employé Cypri (de B. civ., III, 106, 1), Cornélius Népos, Chersonesi (Milt., 2, 4) et Cicéron, Græciæ (de Rep., III, 9, 14), etc.
IV. 11 faut peut-être considérer comme un locatif le génitif animi, dans son cœur, construit (surtout dans le s{yle familier) avec certains verbes ou adjectifs exprimant un élat passager de l’âme.
1. ILest rare qu'on emploie militiæ seul, comme dans Sauvsre, Jug., 84, 2 : plerosque militiæ, paucos fama cognitos accire.
2. Par analogie, les poèles disent aussi terræ. Cf. Ov., Am., III, 2, 95 : jacent tua pallia
3. Toatefois, seule la forme ruri est d'un emploi général ; le locatif des noms de ville de la troisième déelinaison est rare ct c'est l'ablatif qui le remplace presque loujours.
4. Voy. ce que dit Sxavics (cité par Neue, lat. Formenlehre, 13, p.242), Comm. in Donat. (p. 1793 Putsch) : « Nomina civitalium nunquam recipiunt præpositiones, quanda funguntur vice adverbiorum. Verum tameu si ad locum significant, accusativi forma sequenda cest, ut Carfhaginem vado; si de loco, seundum septimum loquimur, ut Carthagine venio; si in loco, duplex regula est. Nam si nomen foerit secundæ declinatioois, adverbium in loco fit secundum formam genitivi; dicimus enim Deli fui, Benerenti fui, quoniam bujus Deli, bujus Beneventi gonitivus est ; si autem nomen erit allerius cujuscumque declinationis, tunc formam sequimur dalivi casus; dicimus cnim Carthagini fui, Tiburi fui, quoniam huic Carthagini, huic Tiburi dativus est, »
Les grammairiens latins prenaient faussement cos formes en -i pour des datifs,
5. Remarquez l'addition de in amenée par la présence de l'adjectif. Remarquex aussi que le nom de ville n'aurait pas pu être accompagné d'un adjectif qualificatif : pour exprimer cette idée : « dans le beau Paris, » le lalin eût été obligé de dire : Lutetiæ, in urbe pulcherrimaä. Mais quand l'adjectif fait partie da nom même de la ville, rien n'empèche qu'on le mette, lui aussi, au locatif, si le nom de ville est de la première déclinaison.
Ex. :T.-Live, XXXII, 9, 3 : Suessæ Auruncæ.
Ainsi Virgile aurait-pu dire one Albæ, au lieu de Longä Alba (Én., VI, 766). Mais avec
Carthago Nova, il fallait dire Garthagine Novä, parce que Carthago est de la troisième déclinaison,
Ex.:TÉR., Ad., 610, a : discrucior animi. — Cic., Tusc., IV, 16, 35 : pendere animi. In Verr., 11, 2, 3%, 84 : angi animi. — T.-LivE, 1, 7, 6 : incertus animi, etc.
65. — Locatif désignant le moment de l’action. — Ce itif n'est plus guère représenté en grec que par l'adverbe 067xt, Chaque jour (Arisr., Plutus, 1006; Tuuc., VII, 26; etc.); en latin, il n'en e que quelques traces. Aux exemples cités plus haut et qui sont sque tous archaïques (cf. $ 463) on peut ajouter belli, en temps de re”, Vesperi (à côté de vespere), le soir, die crastini, die proximi, ain, le lendemain (Cf. PLauTe, Mén., 1135 : auctio fiet.. mane sane sepὦ, la vente se fera dans huit jours au matin).
2. — Le datif grec et l'ablatif latin jouant le rôle de locatif.
66. — Datif grec de lieu. — Pour marquer l'endroit où se fait action (question ubi), le datif ne s'emploie que très rarement, en se grecque, sans préposition. On dit pourtant d'ordinaire avec jains noms de dèmes de l'Attique : Ἐλευσῖνι, à Éleusis, Μαραθῶνι, rathon (au lieu de ἐν "EAeuciv, ἐν Μαραθῶνι), etc.
EMARQUES. — Î. Au contraire, certains autres noms de dèmes prennent toujours la osition ἐν.
Ex. : ἐν ᾿Ελαιεῖ, ἐν Κοίλη, ἐν Κολλύτῳ, εἰς."
autres ont un locatif, comme Θοριχοῖ, Φαληροῖ, etc. au] l'usage peut apprendre ces différents cas.
. Par raison de symétrie, on trouve quelquefois un datif sans préposition emplové té d'un locatif ou du nom d'un dème.
Ex.: PLAT., Méner., 245 ἃ : noyuvero τὰ τρόπαια, τὰ τε Μαραθῶνι xai Σαλαμῖνι χαὶ Πλαταιαῖς. — Lysias, XIX, 63 (cf. PLAT., Lys., 205) : ἐνίκησεν Ἰσθμοῖ χαὶ Νεμέᾳ. — Tauc., 1, 143, 1 : χινήσουσι τῶν
+. ᾿θλυμπίασιν ἡ Δελφοῖς χρημάτων. ᾿ RL
covelutlio envie ES pau lnt Ekdfy En. 4... Macute,
Sur cette question, voy. Basnocs, ouv, cilé, p. 126, n. 2, où sont cilées les principales opinivns »; il est très difficile de prendre un parti.
Le locatif belli (comme militiæ) « en temps de gucrre », s'oppose Loujours à domi chez les écrivains iques.
Ex. : domi bellique ou domi militiæque ou belli domique ou enfia vel domi vel belli.
s les auteurs archaïques οἱ les poèles emploient belli isolément. Voy. ci-dessus (p. 197, n. 1) αἱ a été dit de militiæ.
Voy. G. Εββαδυ, de Ablatiri, Localivi, Instrumentalis... usu, p. 606.
Remarquez aussi que cerlains noms de dèmes n'étant pas usités, ou disait par cxemple : ἐν μθωνιδῶν « dans le dème Skambôaides », ἐς (ou ἐν) Enuayiècv « dans le dème Sémakhides », ἐγ ᾿αντιδῶν « dans le dème Kydantides », etc. Voy. Metsrannaxs, our, cilé, p.176, οἱ cf. ci-dessus, 2, Ress. VI.
, Vos. ci-dessus, Zntrod., p. 10.
-l65] Locat-
1II. Les poëtes emploient très librement le datif-locatif. Dans Homère! on trouve construits au datif :
1° Des noms de contrées (Φρυγέῃ ναίεσχε, etc.).
2° Des noms se rapportant aux grandes divisions du monde, comme αἰθέρι, οὐράνῳ, οὔρεσι, où aux endroits où l'homme agit le plus souvent, comme ἀγρῷ, δόμῳ, , ’ 3 “Φ Ξ ? a! = / ΠΣ “ 4 “ᾧ γόμῳ, πόντῳ, αἰγιαλῷ, χέρσῳ, πεδίῳ, χθονί, μάχῃ, βουλῇ, ἀγορῇ, τραπεζῇ, εἰς.
3° Des noms désignant certaines parties soit du corps humain, soit d'un objet quelconque, comme ὥμω et ὥμοισι, χεφαλῇ, χροΐ, χαρδίῃ, φρεσί, θυμῷ, ἀχροτάτῃ χορυφῇ, ἐσχατίῃ πολέμοιο, μύχῳ Ἄργεος, μέσῳ pet, πρώτῃσι
πύλῃσι, γουνῷ ἁλωῆς, βένθεσι λίμνης, τάρφεσιν ὕλης, etc. Les autres poètes
ont suivi l'exemple d'Homère.
IV. Les formes ᾿Λθήνησιν, à Athènes, Πλαταίασιν, à Platées, etc., sont d'anciens datifs pluriels employés adrerbialement. Mais, au point de vue de l'étymologie, tous les datifs pluriels en -σι(ν) sont des formes de locatif.
167. — Ablatif de lieu. — Pour remplacer le locatif, qui n'est usité que dans un petit nombre de cas (cf. ci-dessus, 8 163), le latin emploie l’ablatif, quand il s’agit de marquer l'endroit où se fait une action.
L'ablatif est ordinairement précédé de la préposition in*.