CHAPITRE PREMIER SYNTAXE D'ACCORD
8 1. — Règles générales de l'accord.
1. — Accord du verbe avec le sujet. — En grec et en latin, le verbe s'accorde en général avec le sujet, d’après les mêmes règles qu'en français.
Ex. : Mon pére est là : ὁ ἐμὸς πατὴρ πάρεστιν, pater adest. — Mon père et ma mére sont là : ὁ ἐμὸς πατὴρ χαὶ ἢ ἐμὴ μήτηρ πάρεισιν, pater et mater adsunt. — Vous et moi nous apprenons : ἐγὼ χαὶ σὺ μανθάνομεν, ego et tu discimus. — Mon père et moi nous sommes souffrants : ἐγὼ χαὶ TATNp ἀσθενοῦμεν, ego et pater ægrofamus. — Vous et votre pére vous éles souffrants : σὺ χαὶ ὁ σὸς FATTP ἀσθενεῖτε, tu et pater ægrotatis.
2. — Toutefois, en grec, lorsque le sujet est un pluriel neutre, le verbe se met ordinairement au singulier.
Ex. : Puar., Prodag., 320,c : θεοὶ μὲν ἦσαν, θνητὰ δὲ γένη οὐχ ἦν.
REMARQUE. — Les exceptions à cette règle sont {rés fréquentes chez Homère. Selon Delbrück!, les Grecs n'auraient à l'origine employé le singulier du verbe avec un pluriel neutre que dans les cas où ce pluriel désigne un ensemble, un (out, par exemple après γῶταχ, le dos, χρέα, la chair, ἄστρα, l'ensemble des astres (le ciel opposé ἃ γἢ), ὄρεα, la chaîne de montagnes, αἵλα, le petit bélail, γα, provisions de voyage, χρήματα, la fortune, τάλαντα, la belance, etc. Là où l'idée de pluralité domine, les Grecs auraient employé le pluriel du verbe.
Ce qui est sùr, c’est que l'usage classique lui-même n'est pas bien établi. Tandis que les poëtes dramatiques et Platon semblent suivre la règle τὰ ζῷα τρέχει, Thucydide, Xénophon et Aristote s'en écartent souvent.
Ex. {ravc., IV, 88 : τὰ τέλη Λαχεδαιμονίων Βρασίδαν ἐξέπεμψαν. —
XÉN., An, 1, 7, 17: φανερὰ ἦσαν χαὶ ἵππων καὶ ἀνθρώπων͵ ἴχνη πολλά. An., 1, 7, 20 : χαὶ τῶν ὅλων τοῖς στρατιώταις πολλὰ ἐπὶ ἁμαξῶν ἤγοντο. Ποιϊϊ.,1, 1, 93: γρέυματα... ἑάλωσαν.
1. Deusatcx, Grundlagen der gr. Syntar, p. 85 44. 2. L'expression τὰ τέλη équivaut en réalité à of ἄρχοντες.
GRAMN. COWP. DU GREC ET DU LATIN (Syntaxc).
3. — Le grec ayant conservé le duel, il semblerait que le verbe düt se mettre au duel toutes les fois qu'il se rapporte à deux sujets ou à un sujet au duel; mais en réalité on emploie aussi bien en pareil cas le pluriel que le duel, sans qu’il y ait aucune différence de sens!.
Ex. : Χέν., Mém., II, 3, 18 : οὕτως... διάχεισθον σού τε χαὶ ὁ ἀδελφὸς ὥσπερ εἰ τὼ χεῖρε, ἃς ὁ θεὸς ἐπὶ τῷ συλλαμόάνειν ἀλλήλοιν ἐποίησεν, ἀφειμένω τούτου τράποιντο ἐπὶ τὸ διαχωλύειν ἀλλήλω.
REMARQUE. — Déjà chez Homère le pluriel est employé au lieu du ἀμ] ἢ. Mais les orateurs attiques se montrent en général plus rigoureux : avec un sujet au duel ils emploient presque toujours le duel du verbe’. Plus tard le duel disparait devant le pluriel.
4. — Par analogie sans doute avec la construction τὰ ζῷα τρέχει, certains poètes (et particulièrement Pindare*) emploient le verbe au singulier avec des noms de choses au pluriel{4ec. «+ {1
Ex. : Pinn., Olymp., 10, 4 544. : μελιγάρυες ὕμνοι ὑστέρων ἀρχαὶ λόγων τέλλεται. -- Ηιρροναχ, fragm. p. 41 : δύ᾽ ἡμέραι γυναιχός
REMARQUE. — Cette construction est exceptionnelle en prose; on la trouve pourtant. Ex. : PLAT., Bang., 188 Ὁ : πάχναι χαὶ χάλαζαι χαὶ ἐρυσῖδαι ἐχ πλεονεξίας χαὶ
ἀχοσμίας περὶ ἄλληλα τῶν τοιούτων γίγνεται ἐρωτιχῶν. Rép., 468 ἃ: -
χρὴ δίκαιον εἶναι, ἵνα δοχοῦντι διχαίῳ εἶναι γίγνηται ἀπὸ τῆς ᾽ ᾿ , % 4 , A δόξης ἀρχα! τε χαὶ γάμοι. [= ANDOC., 1, 145 : ἀφ᾽ ὧν ἐμοὶ ξενίαι χαὶ
φιλότητες πρὸς πολλοὺς χαὶ βασιλέας χαὶ πόλεις χαὶ ἄλλους ἰδίᾳ ξένους hd Sd Las V bte Laruns te ὩΣ a Tin:
5. — Par une extension illogique de eette-construetion, Hérodote et les Attiques emploient ἔστιν et γίγνεται, au commencement d'une
proposition, avec un sujet au pluriel ou même avec plusieurs sujets :: «.e
désignant des personnes.
Ex. : Héron. 1, 26 : ἔστι μεταξὺ τῆς τε παλαιῆς πόλιος χαὶ τοῦ νηοῦ ἑπτὰ στάδιοι (cf. VII, 34). — Par. Rép., 462,e : ἔστι μέν που χαὶ ἐν ταῖς ἄλλαις πόλεσιν ἄρχοντές τε καὶ δῆμος...
On trouve aussi (mais plus rarement) l'imparfait ἦν ainsi construit au commencement d'une phrase.
Ex. : Sorx., Trach., 520 : ἦν δ᾽ ἀμφρφίπλεχτοι χλίμαχες.