‹ Grammaire comparée du grec et du latinChapitre 75 sur 306 · Voy. Kaacr, Syntaz u. Styl des jung. Plinius, p · texte numérisé non relu

Voy. Kaacr, Syntaz u. Styl des jung. Plinius, p

4. Les grammairiens donnent parfois au parfait employé dans ce sens le nom de parfait logique (perfectum logicum), parce qu'il siguifie une idée conforme à celle que la raison attribue à sou radical, ou parfait absolu (perfectum absolutum), parce qu'il exprime sans restriction l'idée d'entier achèvement.

Cette idée d'entier achèvement s'explique très bien, si l'on songe ἃ la signification primitive que le parfait devait à sa forme. De ce que le radical du parfait est précédé du redoublement, il résultait que le parfait avait pour objet de signifier l’action du radical avec toute la force et toute l'énergie possibles. C'est ce qu'on peut vérifier en examinant le sens du parfait dons Homère. Ainsi BéGnxa est toujours employé pour exprimer la marche puissante des dieux ou des héros; δέδορχα signifie « je vois » dans tout la force du terme el par suile α je suis vivant » (Z1., 1, 88; Od., XVI, 439 ; cf. le participe δεδορχώς chez les tragiques). Comparez βέῤρυχα « je pousse de ferribles rugissements », χέχληγα « je fais entendre des cris perçants Ὁ, πέποιθα « j'ai une entière confiance », etc. 11 est aisé de voir comment on est passé au sens d'entier achèvement : quand nous disons familièrement : « je suis perdu, perdu », nous exprimons par la répélition da mot ce que le grec rendait par l'emploi de la racine redoublée, mais en même temps nous indiquons que l'action signifiée par le verbe est entièrement accomplie : il en était de méme en grec pour certains de ces verbes. Une fois qu’on se fut habitué à voir ce sens particulier dans quelques-uns des parfaits employés, on ne tarda pas à l'étendre à tous les autres.

τἀρχαῖα τῶν ὑπαρχόντων ἐκ τῶν ἐμῶν πολλῷ μείζω πεποιήκασι, τῆς À ἐμῆς οὐσίας... ὅλον τὸ χεφάλαιον ἀνηρήκασιν. — Isocn., VII, 19 : ὁ πόλεμος ἁπάντων ἡμᾶς ἀπεστέρηκεν᾽ χαὶ γὰρ πενεστέρους πεποίηκε χαὶ πολλοὺς χινδύνους ὑπομένειν γνάγχασε χαὶ πρὸς τοὺς Ἕλληνας διαδέδληκε χαὶ πάντας τρόπους τεταλαιπώρηκεν ἡμᾶς.

242. — En latin le parfait, quand il est pris dans le sens du parfait, présente des emplois semblables à ceux du parfait grec.

Ex. : Tén., Hec., 612 sq. : ἃ intro et compone, quæ tecum simul Ferantur. Dixi. — Cic., de imp. Cn. Pomp., 3, 1 : delenda est vobis illa macula Mithridatico bello superiore concepta, quæ penitus/jam insedit ac nimis inveteravit in populi Romani nomine, etc.

REMARQUE. — Au passif latin, c'est la forme ‘composée du participe passé joint à um, 68, etc., qui sert à marquer l'action entièrement accomplie ; ainsi la ville est fondée c'est une chose faite) se dira urbs condita est?.

243.— Le parfait ne marque pas seulement l’entier accomplissement le l’action; par extension, il exprime très souvent que tel ou tel “ésultat est acquis.

En effet, quand je dis n πόλις ἔκτισται, urbs condita est, la jille est fondée, bâtie, je n'exprime pas seulement cette idée quon ἃ ini de la bâtir, je veux dire qu'elle existe actuellement à l'état de ille. Le parfait signifie donc aussi une situation présente qui résulte l'un état antérieurement accompli.

Ex. : How., Od., XII, 13, sq. : οἱ δὲ δύω σχόπελοι ὁ μὲν οὐρανὸν EUPUY ἱχάνει | obein χορυφῇ, νεφέλη δέ μιν ἀμφιδέθδηκεν (a complètement enveloppé ef par conséquent entoure). --- ΧΕΝ., Anab., 1,4,8: ἀπολελοίπασιν ἡμᾶς Æevlas χαὶ Πασίων" ἀλλ᾽ εὖ γε μέντοι ἐπιστάσθωσαν, ὅτι οὔτε ἀποδεδράκασιν (ils ne sont pas hors de danger), οἶδα γὰρ ὅπῃ οἴχονται, οὔτε ἄποπεφεύγασιν (ils ne sont pas ἃ l'abri de mes atteintes), ἔχω γὰρ τοιήρεις ὥστε ἑλεῖν τὸ ἐχείνων πλοῖον.

4. Pour l'emploi de cet aoriste, νου. ci-dessous, ξ 256, Rex. II.

Ÿ. La différence de sens entre amatus sum et amatus fui est bien conaue : amatus sum odique une action passée subie par le sujet ; amatus fui signifie un état qui pour le sujet a existé dans e pask. Voy. Rixmanx, Etudes sur... T.-Live (2° éd.), p. 213 544. et cf. ci-après, p. 277, n. 1.

3. C'est parce que les Grecs attachaient cette signification au parfait qu'ils cn remplaçaient souvent es formes personnelles par une périphrase composée du participe parfait uni au verbe εἰμί. De mème le )lus-que-parfait et le futur antérieur signifiaient pour eux une situation passée ou future résultant d'une iction passée. Le parfait a donc logiquement la valeur d'un présent, et il en était vraisemblablement rinsi dans la languc indo-européenne primitive. En zend, le parfait ne se rencontre presque jamais avec a valeur d'un passé (cf. BanrnoLowæ, Arische Forschungen, p. 235 sqq.); en sanscrit, il a fini par ètre »mployé comme l'aoriste grec dans les récits; mais cet usage ne s'est développé qu'assez tard ; primitirement le parfait sanscrit ne servait qu'à exprimer, soit une action cxécutéc avec énergie ou considérée :ommme se répétant indéfiniment, soil une action entièrement accomplie. Cf. Deusnïcx, Gindlagen der Jr. Syntaz, p. 94 sq. F

Lux] (724 223

C'est pour cela que beaucoup de parfaits ont le sens du présent, comme :

τέθνηχα je suis mort, κέκτημαι j'ai acquis, d'où) je possède, |

οἶδα (j'ai vu), je sais, ἔγνωχα (j'ai appris à connaître, je me suis ‘

rendu compte), je saisis, je comprends, μέμνημαι (je me suis

mis dans l'esprit), il me souvient, κέκλημαι (on m'a nommé), je

m'appelle, τεθαύμακα (j'ai vu avec admiration), je suis émerveillé,

ἔρρωμαι (je me suis fortifié), je suis bien portant, ἐγρήγορα (je

suis réveillé), je veille, etc., ete. ?.

244. — En latin, ce sens particulier du parfait se retrouve dans les formes suivantes employées avec la valeur du présent :

odi, je hais; memini (gr. μέμνημαι), je me souviens, ROVÏ (j'ai

appris à connaître), je connais, je sais; COgnOvi (gr. ἔγνωχα),

percepi (j'ai pris connaissance), je sais; didiCi (j'ai appris), je

sais; DErSpexi (j'ai observé attentivement), je connais; COnSsedi

(je me suis assis), je suis assis; CONSUEVI (je me suis habitué),

j'ai l'habitude ; decrevi (j'ai pris la résolution), je suis résolu, etc.

REMARQUES. — I. Pour remplacer le parfait et exprimer à la fois l’action passée et l’état : } actuel qui en résulte, on trouve quelquefois en grec et presque erclusivement chez les | poëles le verbe ἔχω accompagné d’un participe aoriste, rarement d'un participe parfait.

Ex.: Sops., Phil., 1362 : σοῦ δ᾽ ἔγωγε θαυμάσας ἔχω τόδε. — PLAT., Phèdre, | 951 © : τὸν λόγον δέ σου πάλαι θαυμάσας ἔχω, ὅσῳ χαλλίω τοῦ | προτέρου ἀπειργάσω.

Dans ces constructions, ἔχειν est rntransitif et signifie être Ou sc trouver dans tel état.

11. 11 ne faut pas confondre cet emploi avec celui dans lequel ἔχειν transitif el signifiant avoir, posséder, est construit avec le participe parfait (actif ou moyen), pour éxprimer la possession assurée par l’action du participe.

Ex.: XÉN., Anab., 1, 3, 44 : πολλὰ χρήματα ἔχομεν ἀνηρπακότες. IV, 7, 1 : χωρία ᾧχουν ἰσχυρὰ οἱ Ταόχοι, ἐν οἷς χαὶ τὰ ἐπιτήδεια πάντα εἶχον ἀνακεκομισμένοι.

HI. Au lieu de θαυμάσας ἔχω on emploie aussi en grec une périphrase composée du participe parfait et du verbe ὑπάρχω.

Ex. : Déu., XV, 1 : ἅπαντες ὑπάρχειν ἐγνωκότες mo: δοχεῖτε.

IV. En latin, la périphrase scriptum habeo est très usitée à toutes les époques de la langue et sert à montrer beaucoup plus fortement que ne ferait scripsi qu'à tel moment donné on est en possession de tel ou tel résultat.

Ex. : PLAUTE, Pseud., 581 : illa omnia missa habeo. — TÉR., Eun., 384 : nostramque adulescentiam habent despicatam. — Cic., Dir. in Cæcil., 4,

En me en — ........»

4. 115 ont si bien la valeur d’un présent qu'on les voit souvent employés comme on emploierait des ᾿

présents ardinaires ; par exemple, dans ua récit, on trouve ἔγνωχα remplaçant un présent historique : ͵ ᾿

Xéx., Hell, VU, 4, 41 : ᾿Επαμεινώνδας... ἔγνωκε στρατευτέον εἶναι ἐπὶ τὴν ᾿Αχαΐαν' Κι μὲν:

Πεισίαν οὖν nelôse προχαταλαδεῖν τὸ "Ὄνειον.

2. Dans beaucoup de verbes, il y a cette différence entre le présent et le parfait que le présent sigoifle l'action en train de se faire et que le parfait exprime un état résultant do l'action accomplie. Ainsi, tandis que θάλλω signifie « je me couvre de fouilles, de fleues ou de fruits», τόθ nÀ& sigaifie « je suis eu fleur, je suis verdoyant, je suis couvert de fruits ». Comparez ὁδημαε « je suis frappé de crainte, je suis troablé », δέδοικας « j'ai pris peur, j'ai peur » avec φοδοῦμαι » je commence à avoir peur », δείδω « j'ai crainte », évTeO0pNAS « je suis pénétré de cette pensée » el ἐγθυμοῦμαι « je réfléchis,

11 : Siculi ad meam fidem, quam habent spectatam' jam et diu cognitam, confugiunt.

Avec scriptum habui, on exprime à la fois le rapport marqué par l'aoriste et celui qu'exprime le parfait.

Ex.: CorN. NÉpos, .{/{ficus, 11, 3 : Atticus principum philosophorum ïta percepta habuit præcepta, ut iis ad vitam agendam, non ad ostentationem uteretur. — T.-LivE, XXII, ὁ, 4 : clausum lacu ac montibus et circumfusum suis copiis habuit hostem.

245. — Emplois figurés du parfait. — Bicn que, par le sens, le parfait grec se distingue nettement de l'aoriste, il est arrivé qu'on les a confondus quelquefois. Sur cette question νου. ci-après, $ 256, Re. ΠΙ.

REMARQUE. — Le parfait peut s'employer en grec et en latin pour marquer qu'une action passée a élé accomplie rapidement :

Ex. : πεποιήκασιν, fecerunt, ils ont eu bien vite fait d'accomplir l'action. Quelquefois même le parfait latin équivaut à un présent et peut se rendre par se hâter de. Ex. : VIRG., Én., X, 304 : omnis campis diffugit (a vite fait de s'enfuir en tous sens) | arator. «9 246. — Le parfait s'emploie figurément au sens du futur, quand on veut marquer qu'on est absolument sùr de l'avenir; l'action qui va s'accomplir est considérée comme déjà achevée. Ex. : Hou., 11., XV, 128 : μαινόμενε, φρένας nhé, διέφθορας (cf. le français : tu es perdu, et le latin actum est de te). — Soru., Phil., 15 : εἴ me τόξων ἐγκρατὴς αἰσθήσεται, ὅλωλα (cf. le lat. perii, interii). — Χέν., Anab., 1, 8, 12 : χἂν τοῦτο (τὸ στράτευμα) νικῶμεν, πάνθ᾽ ἡμῖν πεποίηται. — PLar., Phéd., 80 4 : (ἢ ψυχὴ) ἢ τοιαύτη χαὶ οὕτω πεφυχυΐα, ἀπαλλαττομένη τοῦ σώματος, εὐθὺς διαπεφύσηται χαὶ ἀπόλωλεν. En latin, cet emploi du parfait se rencontre surtout dans les propositions principales auxquelles se rattachent des propositions conditionnelles au futur antérieur :

Ex. : PLAT., Amph. 320 : perii, si me aspexerit. — Tér., Eun.. 1064 : si te in platea offendero hac post unquam.. periisti. — Cc., ad Fam., XII, 6, 2 : (Brutus) si conservatus erit, vicimus. — T.-Live, XXI, 43, 2 : si eundem (animum) mox in æstimanda fortuna vestra habueritis, vicimus.

B. — Plus-que-pariait.

241. — Plus-que-parfait au sens propre. — Le plus-queparfait est, avec le parfait, dans le même rapport que l'imparfait avec le présent. Il exprime donc proprement soit l'entier achèvement

je songe », ἔπιτεθύμηκα « je suis rempli du désir » οἱ ἐπιθυμῶ « je désire », ἐσπούδακα « je suis plein de zèle » et σπουδάζω « je m'applique », etc.

1. Ordinairement, dans le latin des Comiques, la périphrase avec habeo ne se distingue pas nettement pour le sens de la forme simple du parfait. On sait que dans les langues romanes c’est la forme périphrastique qui a pris la place de la forme simple.

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dans le passé, soit les résultats passés d'une action accomplie. Ex. : ἐκεχτήμην, j'étais en possession ; ἐτεθνήχει, il était mort; ἐτέ- Ourto, il était enseveli: noveram, je savais; urbs condita erat, la ville était bâtie. Lee re | 248. — Sens figurés du plus-que-parfait. — Dans un récit, on met quelquefois le plus-que-parfait pour indiquer que certaines actions ont été tellement rapides qu’elles étaient, en quelque sorte, accomplies au moment où d’autres se produisaient. EX. : Hox., Il, V, 636 : τὸν δ᾽ ἔλιπε ψυχή, κατὰ δ᾽ ὀφθαλμῶν χέχυτ᾽ ἀχλύς (et déjà le brouillard de la mort δέαϊέ répandu sur ses yeux). — Tuce., IV, 47, 1: ὡς δὲ... ἐλήφθησαν, ἐλέλυντό τε αἱ σπουδαὶ (la trêve éfait déjà rompue) χαὶ τοῖς Κερχυραίοις παρεδέδοντο οἱ πάντες. -- Χέν., Anab., V, 2, 15 : χαταθέμενοι τὰ ὅπλα, ἐν χιτῶνι μόνον ἀνέθησαν, χαὶ ἄλλος ἄλλον εἶλχε καὶ ἄλλος ἀνᾳδεδήκει χαὶ ἡλώχει τὸ ywpiov(lesautres étaient déjà montés et la place éfail prise). Anab., VI, 2, 8: εὐθὺς TA τε χρήματα ἐχ τῶν ἀγρῶν συνῆγον καὶ αἱ πύλα! ἐκέχλειντο(επ un clin d'œil les portes se trouvaient fermées), χαὶ ἐπὶ τῶν τειχῶν ὅπλα ἐφαίνετο. 249. --- Il existe en latin un usage analogue, ‘ais plus étendu qu'en grec.

Ex. : T.-Live, IV, 20, 3 : postquam recepere se regii in loca tuta, verterat periculum in Romanos. VII, 25, 10 : inter cetera tristia ejus anni consul alter Ap. Claudius in ipso belli apparatu moritur, redierantque res ad Camillum. — Q.-Cunc, X, 17, 18 : nec muris urbis luctus continebatur, sed proximam regionem ab ea, deinde magnam partem Asiæ cis Euphraten tanti mali fama pervaserat.

250. — Dans un certain nombre d'exemples empruntés à la langue familière, le plus-que-parfait latin exprime cette sorte d'étonnement naïf qu'on éprouve en présence de l'inattendu. On n'en peut rendre le sens qu’en supposant une ellipse du genre de celles-ci : « Je ne savais même pas comment », « au moment où j'y pensais le moins », ete. Quelquefois aussi l'ellipse est plus particulière. Cf. Prorencr, Élég., II, 22 (29), 4-7, ΠΩ 1 hesterna. cum potus nocte vagarer | … Obvia, nescio quot pueri, se mihi turba minata | Venerat*.. | Sed nudi fuerant (mais, autant que J'avais pu le voir, ils étaient nus).

{. De même qu'on emploie en latin consueverat et assueverat au sens de 8olebat, de même les plus-que-parfaits cognoverat, perspexerat, perceperat peuvent tenir la place de sciebat, et statuerat, constituerat, decreverat, ete., celle de in animo habebat.

Le plus-que-parfait de ccrtains verbes do mouvement ou de sens aualoguc s'emploic aussi avec la taleor de l'imparfait, parce que l'on considère le résultat du mouvement dans le passé.

Ex.: venerat (— aderat) « il était là»: reverterat « il était de retour »; recesserat

a il était loin » ; verterat « il était changé » ; adoleverat « il était grand », εἰς.

Voyez Horrxaxx, die lat. Zeilpart., p. 17 544. 2. Vor. ci-dessus, n, 1.

REMARQUE. — La périphrase latine scriptum habebam sert à marquer plus fortement que ne ferait scripseram qu'à tel moment du passé on était en possession du résultat indiqué :

| Ex.: Cés., de B. Gall., 1, 15, 1 : quem (sc. equitatum) ex omni provincia

coactum habebat.

251. — Dans les propositions subordonnées où le temps se marque, non plus par rapport au moment où l'on parle, mais par rapport au temps de la proposition principale, il peut arriver en grec, mais surtout en latin, que le plus-que-parfait de l'indicatif, perdant le sens particulier qui ἃ été indiqué ($ 247), s'emploie tout simplement pour signifier une action antérieure à une action déjà passée.

Ex. : Tauc., III, 26 : ἐδύωσαν... τῆς ᾿Αττικῆς τά τε πρότερον τετμημένα... καὶ ὅσα ἐν ταῖς πρὶν ἐσθολαῖς παρελέλειπτο. -- Χέν., Cyr, VI, 2,9: ἦλθον οἱ ᾿ἸΙνδοὶ ἐκ τῶν πολεμίων οὗς ἐπεπόμφει Κῦρος ἐπὶ χατασχοπην᾽.

Cic., de Am., 3, 11 : suMmmam spem civium, quam de eo jam puero habuerant, continuo adulescens incredibili virtute superavit. — Ner., Pausan., 5, 5 : Pausanias eodem loco sepultus, ubi vitam posuerat.

REMARQUES. — Ἰ. Les Latins, particulièrement les historiens et parmi eux surtout Salluste et Tite-Live, emploient très souvent le plus-que-parfait au lieu du parfait-aoriste, quand ils reviennent, en quelque sorte par parenthèse, sur des événements antérieurs à ceux qu'ils sont en train de raconter.

Ex. : SALL., Cat., 36, 4-5 : ea tempestate mihi imperium populi Romani multo maxume miserabile visum est. Cui cum ad occasum ab ortu solis omnia domita armis parerent, domi otium atque divitiæ... affluerent, fuere tamen cives qui seque remque publicam obstinatis animis perditum irent. Namque duobus senati decretis ex tanta multitudine neque præmio inductus conjurationem patefecerat, neque ex castris Catilinæ quisquam omnium discesserat; tanta vis morbi ac veluti tabes plerosque civium animos invaserat. Cf. Cat., 18, 6; 24, 1; 50, ἀ 56, 2; Jug., 42, 1; 64, 4; 72, 1.

Les plus-que-parfaits patefecerat et discesserat servent à indiquer des faits qui auraient dù être racontés par Salluste avant la phrase précédente où il porte un jugement sur la société romaine au temps de Catilina. En reprenant ces faits dans une sorte de parenthèse, il veut donner les motifs de son jugement : fuere, qui seque remque publicam obstinatis animis perditum irent. L'imparfait ou le parfait-aoriste auraient un tout autre sens?.

1. Cet emploi est rare en grec, où le rapport d'antériorité marqué en français par le plus-que-parfait s'exprime au moyen de l'aoriste (voir ci-après, ὃ 259, Rex.). Mais quand on emploie le plas-queparfait, on ajoute à l'idée exprimée ὑπὸ nuance que l'aoriste ne pourrait pas rendre : en effet le plus-que-parfait marque la situation où se trouvait le sujet avant que fût accomplie l’action du verbe principal. Ici encore le plus-que-parfait garde donc une partie de son sens propre.

Pour l'emploi de l'imparfait, en pareil cas, ef. ci-dessus, 8 237.

2. La suite des idées peut être résumée ainsi : « Le Sénat promit l'amnistic... À ce moment l'empire romain me semble avoir été dans la situation Ja plus déplorable. Alors que l'univers dompté obéissait à ses lois, il avait à l'intérieur des ennemis acharnés à sa ruine; en effet (namque). malgré deux décrets du Sénat, l'appät des récompenses n'avait déterminé personne à dénoncer la conjuration. » — Sur le plus-que-parfait dans Salluste, τοῦ. Burssmaxx, Observationes Sallustianæ (Progr, de Hamm, 1871),

Les autres exemples qu'on trouve chez les auteurs s'expliquent par la même raison ou par des raisons analogues.

Ainsi l'emploi fréquent de dixeram (οἷ. PLAUT., Capt., prol. 17; I, 2, 85; Mén., pr. 57; Bacch., 1V, 9, 33; PompoN. MELA, 11, 6, etc.), de ut dicere institueram (Cic., p. Cæcina, 5). de demonstraveram (CÉs., de B. Gall., IV, 27) et d'autres formes analogues s'explique de la façon la plus simple par cette considération que l'auteur veut rappeler un fait dont il avait parlé, avant de passer à autre chose. Il faut d’ailleurs noter d'une façon générale que le latin est particuliérement exact à marquer le rapport d'antériorité qui existe entre deux faits ou deux actions.

11. De même que epistula scripta est peut correspondre au grec ἢ ἐπιστολὴ γέγραπται et signifier actuellement la lettre est écrite (on a fini de l'écrire), de même epistola scripta erat peut correspondre au grec ἢ ἐπιστολὴ ἐγέγραπτο et signifier (à tel moment du passé) la lettre était écrite (on avait fini de l'écrire).

Mais, en latin, l'usage ἃ donné à cette périphrase un autre sens, et on l'emploie surtout dans les propositions subordonnées pour indiquer une action antérieure à une action déjà passée.

Ex. : tumultum, qui exortus erat, brevi oppresserunt.

HT. 1} est arrivé en latin, particulièrement dans la langue familière et surtout dans la langue vulgaire, que la périphrase scriptus erat a été remplacée par scriptus fuerat. Régulièrement ces deux périphrases n'ont pas le même sens ; la première a tantôt l'une, tantôt l’autre des deux significations que nous avons dites, mais elle sert toujours ἃ exprimer le plus-que-parfait de l’action subie; la seconde ne peut signifier qu’une chose, c’est que « à tel moment du passé telle ou telle situation avait cessé d'exister »

(plus-que-parfait de l'éfat).

Ex. : T.-Live, 1, 27, 1.: tribus militibus fortuna publica commissa fuerat (clle

avait été entre leurs mains, mais elle n'y était plus).

IV. Toutefois le plus-que-parfait avec fueram pouvait s'employer aussi comme véritable plus-que-parfait de l’action, en parlant d'un fait antérieur à un autre fait exprimé au moyen du plus-que-parfait ordinaire.

Ex. : T.-LivE, XXX, 38, 6 : Romæ trepidatum fuerat jussusque erat T. Claudius mature classem in Siciliam ducere.

Mais en dehors de ces deux cas la périphrase avec fueram n'a pas de raison d'être. V. Dans le sfyle épistolaire, le parfait est souvent remplacé par le plus-que-parfait.

Ex. : Cic., ad Atl., ΙΧ, 10, 4 : nihil habebam quod scriberem : neque enim novi quicquam audieram et ad tuas omnes rescripseram pridie (on dit en français : je n'ai rien appris de nouveau et j'ai répondu hier à toutes tes lettres).

Le plus-que-parfait étant proprement l’imparfait de l'action accomplie, on comprend qu'il joue ici, par rapport au parfait, le même rôle que l’imparfait par rapport au présent (cf. ci-dessus, ὃ 239).

p. 1 et suiv. De plus, dans son édition de Salluste (Paris, Hachette, 1888), Ε΄, Anrorxx fait justement remarquer {Cat., 18, 6) que l'auteur emploie le plus-que-parfait beaucoup plus souvent que les autres re parce qu'il veut rompre la monotonie que donnerait au récit l'emploi exclusif du parfait aoriste.

. Voy. ci-après (ξ 255) une autre application de cette règlo et ajoutez les exemples suivants qui Le, avec quel soin et quelle exactitude le latin marque le rapport de ss qui existe entre la proposition subordonnée ct la proposition principale :

Cic.. Parad., 2, 18 : quocumque aspexisti, ut furiæ, sic tuæ ‘occurrant injuriæ. Brut., 4, 1 : cum mihi de 0. Hortensii morte esset allatum, opinione omnium majorem animo cepi dolorem.

Toutefois. il y a certains emplois du plus-que-parfait qui ne peuvent s'expliquer de cette façon et dans

lesquels ce temps n'a pas d'autre valeur que celle d'un imparfait. Cette particularité so rencontre surtout chez les écrivains dont la langue est familière ou vulgaire, par excimple chez Plaute, chox l'auteure du de

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