C. — Futur antérieur
252. — En grec, le futur antérieur exprime proprement le résultat ur d'une action accomplie.
Ex. : τεθνήξει, il sera mort, ἐστήξω, je serai debout, γεγράψεται ἢ ἐπιστολή. on aura fini d'écrire la lettre.
253. — Il peut exprimer aussi la conséquence immédiate d'une ion accomplie dans l'avenir (cf. ci-dessus, 8 248). Ex. : Lysias, XX VII 7 : ἐὰν χαταψηφισάμενοι τούτων θανάτου τιμήσγτε, τῇ αὐτῇ ψήφῳ τούς τε ἄλλους χοσμιωτέρους ποιήσετε ἢ νῦν εἰσι, χαὶ παρὰ τούτων δίχην εἰληφότες ἔσεσθε. —Déu., XIV, 2 : εἰ παρελθὼν εἷς ὁστισοῦν δύναιτο διόχξαι, τίς παρασχευὴ χρήσιμος ἔσται τῇ πόλει, πᾶς ὁ παρὼν φόθος λελύσεται. EMARQUES. -- 1. Les verbes dont le parfait a le sens du présent, ont au futur érieur le sens du futur simple.
Ex. : μεμνήσομαι, je me rappellerai, κεκτήσομαι, je posséderai, κεκλήσομαι, je m'appellerai, etc.
I. Jamais le futur antérieur grec ne s'emploie pour marquer un fait passé par rapport n fait qui appartient encore à l'avenir. C’est le subjonctif aoriste avec ἄν qui exprime e relation de temps.
254. — En latin, le futur antérieur exprime proprement qu'à un ment donné de l'avenir on aura fini de faire l'action.
Ex. : scripsero, j'aurai fini d'écrire.
255. — Mais dans les propositions subordonnées où le temps se rque par rapport au temps de la proposition principale, le futur érieur peut signifier simplement une action passée par rapport ine proposition principale au futur.
Ex. : Cic., de Orat., Il, 65, 361 : ut sementem feceris, ita metes. — T.-Live, XXIV, 38, 5 : qui prior strinxerit ferrum, ejus victoria erit.
tEMARQUES. — 1. Le futur antérieur, surtout dans le langage familier, a parfois un s si effacé qu'il pourrait être remplacé par le futur simplei.
o Africo, chez celui du de Bello Hispaniensi, Vitruve, Tertullien, saint Cyprien, οἷς. L'origine de | incorrection ou de cette anomalie se trouve peut-être dans l'emploi abusif de fueram, que la langue aire confondait tantôt avec fui, tantôt avec eram. Mais c'est surtout dans le latin africain que l'abus it fréquent, parce que la languc punique n’exprimait que le temps ct non les diverses manières d'être ‘action. 1] s’est passé pour le plus-que-parfait de l'indicatif quelque chose d’analogue à ce qui s'est δ pour le plus-que-parfait du subjonctif, qui, employé à chaque instant dans la languc vulgaire à la » de l'imparfait du subjonctif, est devenu cn français l’imparfait du subjonclif. Non seulement la langue aire devait, cn certains cas, préférer le plus-que-parfait à'l'imparfait de l'indicatif, parce que la forme un était plus pleine que celle de l’autre, mais clle devait être guidéc aussi par l'analogie des verbes fs et des verbes déponents. Voy. ci-après, Rex. IV.
Il est hors de doute que la langue latine a pour le futur antéricur une certaine prédilection. On re ee Cicéron lui-mème potuero, voluero, licuerit, placuerit, ctc., là où l'on attendrait le simple.
Ex : Cic., Brut., 5, 21 : ego vero, si potuero, faciam vobis satis aurait ici quelque subtilité à dire que c'est l'application de la règle ὃ 485).
- LS] | oral
Ex. : PLAUTE, Pseud., 316 : si tu argentum attuleris, cum 1110 perdidero fidem. — Cic., ad Fam., XVI, 1, 2 : quod valetudini tuæ maxime conducet, si feceris, maxime obtemperaris voluntati meæ.
On emploie particulièrement ainsi ie futur antérieur videro, videris, etc.
Ex. : Cic., de Fin., 1, 10, 35 : quæ fuerit causa mox videro... — T.-LiveE, II, 40, 9 : de his videris, tu verras ce que tu as à faire, etc.
IT. Mais le futur antérieur ajoute souvent au sens cette idée que l’action sera vite accomplie.
Ex. : Cic., ad Att., V, 1, 3 : Pomponia, inquit, tu invita mulieres, ego
accivero pueros, et surtout ad Alt., ΙΧ, 7, 5 : de triumpho tibi assen-
tior; quem quidem totum facile et libenter abjecero, j'aurai bien vite fait
d'y renoncer,
Π|. Les verbes dont le parfait a le sens du présent ont au futur antérieur le sens d'un futur simple.
Ex. : meminero, novero, cognovero, etc.
IV. La périphrase scriptus ero sert proprement de futur antérieur au passif scribor, c'est-à-dire qu’elle signifie qu’à tel moment de l'avenir l’action sera accomplie. On peut l'employer aussi, dans une proposition subordonnée, comme il ἃ été dit ci-dessus, pour signifier une action passée par rapport à une proposition principale au futur. Mais, de même que nous avons vu, surtout dans la langue de l'empire, la forme fueram remplacer eram, de même fuero a été mis souvent à la place de ero.
La périphrase scriptus fuero ne devrait cependant s'employer que pour marquer un état de choses qui, à tel moment de l'avenir, aura cessé d'exister*?.
Elle paraît justifiée aussi quand il s'agit de marquer une action antérieure à celle qu'indique, dans la même phrase, le futur antérieur ordinaire avec ero.
Ex. : Cic., Tusc., IV, 15, 35 : si quando adepta erit id quod ei fuerit concupitum.
Mais, en dehors de ces cas particuliers, la confusion de scriptus ero et de scriptus fuero appartient surtout au langage familier.
ΠΙ. — Temps de l'action pure et simple.
A. — Aoriste grec.
256. — Sens propre de l’aoriste. — L'aoriste exprime purement et simplement que tel ou tel fait appartient au passé; c'est, par excellence, le temps de la narration historique.
De méme Plaute et Térence (un peu moins souvent) emploient le futur antéricur au lieu du présent. Ex : Pracre, Bacch., 211 : immo hercle abiero potius. —€f. Césan, de B. Gall, 1V,86,3: ego-certe meum offioium-rei publies-atque imperateri præstitoro.
Cet emploi, qui était peut-être une des particularités de la langue archaïque et familière, se retrouve dans Cicéron surtout, dans T.-Live et chez des auteurs qui, comme Apulée et Fronton, recherchent les archaïsmes. Voy. Scuxaiz, Lai. Gramm., S 28. |
1. Le même usage devait exister en grec. Cf. Anisropnaxe, Plul., 1027 : Τί γὰρ ποιήσῃ (ὁ θεός); ; — Φράζε καὶ πεπράξεται. ᾿
4. Comme dans cette phrase de T.-Live, 11, 23, 5 : quia... villa incensa fuerit (depuis il et l'avait rebâtie), direpta omnia, pecora abacta.