‹ Grammaire comparée du grec et du latinChapitre 77 sur 306 · Vos. Rirmanx, Études... sur T.-Live, 2° éd., p · texte numérisé non relu

Vos. Rirmanx, Études... sur T.-Live, 2° éd., p

᾿Απέθανεν signifie donc il mourut ou il est mort (à ce moment-là), il est mort (courageusement)"!!

De même ἐπολέμησαν oi ᾿Αθηναῖοι signifiera les Athéniens firent ou ont fait la guerre.

REMARQUES. — I. L'aoriste sert même à constater un fait passé en dehors du récit. C'est ainsi qu'on lit sur des inscriptions votives : ἀνέθηκεν ou ἀνέθεν (p. ἀνέθεσαν), — sur des bases de statues : ἐποίησε, à côté de ἐποίει, — sur des décrets : ἔδοξεν τῇ βουλῇ (Corp. INsCR. ATT., t. 1, n° 32), — dans les comptes : τὰδε παρέδοσαν, ἐπέτειχ ἐπέγενετο, ou encore ᾿Αθηναῖοι ἀνήλωσαν ἐς Κέρχυραν τάδε.... χαττίτε ρος ἑωνήθη ἐς τὸ ἄνθεμον..., ξύλα ἑωνήθη τὼ χλίμαχε ποιῆται ἐν οἷν τὼ ἀγάλματε ἐσηγέσθην (Core. IxscR. ATT., 1. 1, n° 319) ἢ,

Enfin les Grecs exprimaient au moyen de l'aoriste notre formule j'ai reçu et lu (votre lettre).

Ex. : CAUER, Delectus inscriplionum Græcarum, etc., n° 49, χουιισάμενοι τὸ

Il. Dans un récit les Grecs emploient l'imparfait, à côté de l'aoriste®.

L'aoriste sert simplement à cons{ater que tel fait a eu lieu dans le passé, tandis que l'imparfait transporte le lecteur ou l'auditeur au milieu des événements et lui représente en quelque sorte l'action au moment même où elle était en train de se faire‘.

On peut donc dire que l'imparfait substitue un /ableau ou une descriplion au récit d'un fait passé exprimé au moyen de l'aoriste.

Ex. : Tauc., 111, 15, 1-2 : ξυμμάχους te τοὺς Λεσθίους ἐποιήσαντο (récit d’un fait passé) χαὶ τὴν ἐς τὴν ᾿Αττιχὴν ἐσθολήν τοῖς τε ξυλμάχοις παροῦσι χατὰ τὰγος ἔφραζον (on se représente les explications données) ἱέναι ἐς τὸν ᾿Ισθμὸν τοῖς δύο μέρεσιν ὡς ποιησόμενοι, xat αὐτοὶ πρῶτοι ἀφίκοντο (simple fait) χαὶ δλχοὺς παρεσκεύαζον (on se représente les préparatifs : ils s'occupèrent à préparer des machines pour tirer les navires). Kat où μὲν προθύμως ταῦτα ἔπρασσον (description des travaux entrepris par les alliés des Lacédémoniens)" οἱ δὲ ἄλλοι ξύμμαχοι βραδέως τε ξυνελέγοντο (imparfait marquant une idée de durée) χαὶ ἐν χχρποῦ ξυγχομιδῇ ἦσαν (imparfait marquant la simultanéité) χαὶ ἀρρωστίᾳ τοῦ στρατεύειν. — Χέν., Hell., IV, 4, 1 : μετὰ τοῦτό τε μὴν ἀφείθη μὲν χατὰ πόλεις τὸ ἄλλο στράτευμα, ἀπόπλευσε δὲ χαὶ ὃ ᾿Αγησίλαος ax” οἴχου. ‘Ex δὲ τούτου ἐπολέμουν ᾿Αθηναῖοι μὲν χαὶ Βοιωτοῖ... Ὁρῶντες δὲ οἱ Κορίνθιοι ἑαυτῶν μὲν τὴν χώραν δῃουμένην... oi πλεῖστοι χαὶ βέλτιστοι αὐτῶν εἰρήνης ἐπεθύμησαν χαὶ συνιστάμενοι ἐδίδασκον ταῦτα ἀλλήλους.

1. On sait que cette idée : « il est mort maintenant ἡ ou « il est mort ἐΐψ a deux ans » sc rend en grec par le parfait τέθνηχεν.

2. Voy. les exemples rccucillis par Deisnicx, Grandlagen der gr. Syntar, p. 102 sq. Ces emplois de l'aoriste s'expliquent par cette considéralion que ceux qui gravaient l'inscription pensaient à l'époque où on la lirait, οἱ songeaicnt qu'à ce moment-là 105 aoristes employés représenteraient naturellement le passé.

3. Lo sanscrit 56 scrvait aussi de l'imparfait dans le récit, mais avec le même sens que l'allemand cmploic son prétérit.

4. L'imparfait signifie proprement une action qui durait dans le passé. Cf. ci-dessus, $ 230.

5. Régulièrement il faudrait que, dans tous les récits, on cût à l'aoriste tous les verbes exprimauot simplement un fait passé sans idée de durée. Si l'on trouve parfois des imparfaits là où l'aoriste semblerait plus naturel, cela tient à ce que l’imparfait parait avoic été le temps le plus ancien de la narration, comme le prouvent le sanscrit et l'ancien perse (cf. Decntex, ouv. cifé, p. 105). Le grec, en cmployant l'aorisle concurremment avec l'imparfail, a voulu exprimer certaines nuances particulières que nous avons indiquées, mais il a pu quelquefois aussi négliger de le faire. Enfin, les dificultés que nous rencontrons dans certains lexles liennent souvent à ce que nous ne savons pas souvent; au juste,

II. L'aoriste et le parfait ont fini par être confondus; ainsi dans deux décrets de Teos datant du second siècle avant J.-C., on trouve d'une part ἐπειδὴ Τήιοι ἀπεστάλχαντι et sur l’autre ἐπειδὴ Τήιοι ἀπέστειλαν'. Mais dans l'ancienne langue on peut dire que la distinction était toujours faite.

On cite bien des cas où l'on pouvait employer indifféremment l'un ou l’autre des deux temps; la vérité, c'est qu'ils conservent l’un et l'autre leur valeur propre, mais que pour le sens de telle ou telle phrase donnée, il importe assez peu qu'on emploie l'un ou l’autre. Comparez, par exemple :

DÉx., XIX, 72 : ὧν (attraction pour ἃ) ἀπήγγειλεν, ὧν ὑπέσχετο, dv πεφενάκικε τὴν πόλιν, les nouvelles (fausses) qu'il nous ἃ annoncées, les promesses (mensongères) qu'il nous a faites, la manière dont il s'est joué de notre ville, et au contraire, XIX, 177 : ἐπέδειξα (αὐτὸν) οὐδὲν ἀληθὲς ἀπηγγελκότα, ἀλλὰ φενακίσανθ᾽ ὑμᾶς, j'ai démontré qu'il ne vous avait annoncé que des nouvelles fausses et qu'il s'était joué de vous.

Il s'agit là de faits qui sont passés; donc on peut employer, en parlant d'eux, l’aoriste ; — mais, d'autre part, il est ac{uellement vrai qu'Eschine s'est joué d'Athènes; c'est une vérité présente; donc le parfait se comprend aussi?.

La nuance qui sépare le parfait de l’aoriste étant parfois presque imperceptible, on comprend que la langue ait fini par ne plus la marquer.

257. — Sens figurés de l'aoriste.— L'aoriste s'emploie souvent en parlant de ce qui vient de se passer.

Toutefois, ce tour très fréquent dans la langue homérique et chez les poètes tragiques ne s’est pas développé dans la prose classique, sauf dans certaines phrases d'une allure toute familière. Ordinairement l’aoriste, ainsi employé, est accompagné d’un adverbe, comme νῦν, qui rapproche le temps passé du moment présent.

Ex. : How., JL, IN, 444 sqq. : Ζεύς ue μέγα Κρονίδης ἄτῃ ἐνέδησε βαρείῃ, | σχέτλιος, ὃς πρὶν μέν μοι ὑπέσχετο χαὶ κατένευσεν | Ἴλιον ἐχπέρσαντ᾽ εὐτείχεον ἀπονέεσθαι, | νῦν δὲ χαχὴν ἀπάτην βουλεύσατο... IL, III, 438 544. : μή με, γύναι, χαλεποῖσιν ὀνείδεσι θυμὸν ἔνιπτε. | NÜv μὲν γὰρ Μενέλαος ἐνέκησεν σὺν ᾿Αθηνῃ, | κεῖνον δ᾽ αὖτις ἐγώ...

Mais souvent il n’est pas nécessaire d'ajouter un adverbe, le contexte

suffisant à indiquer la nuance particulière de sens qu'exprime l’aoriste.

Ex. : Sorm., 47., 910 : πῶς τοῦτ᾽ ἔλεξας, où χάτοιδ᾽ ὅπως λέγεις".

si ce que nous prenons pour un aoriste n'était pas primitivement un imparfait ou réciproquement. On dit bien que ἔφην, ἔλεγον, ἔγραφον sont des imparfaits, parce qu'on peut les rattacher à des radicaux de présents comme φημί, λέγω, γράφω : pourquoi ἔβην, ἔφυγον, etc., dont la formation parait semblable à celle des imparfaits cités, sont-ils rangés dans la catégorie de l'aoriste? Uniquement parce qu'on ne connait pas de présents formés avec leurs radicaur.

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