‹ Grammaire comparée du grec et du latinChapitre 78 sur 306 · Cf. Cavun, Delectus, elc., n°° 51 et · texte numérisé non relu

Cf. Cavun, Delectus, elc., n°° 51 et

2. Cf. Rxmaxs ct Cucusz, Règles fondamentales de la Syntaxe grecque (d'après l'ouvrage d'A. von Bamberg), nouvelle édit., p. 95, Paris, Klincksieck, 1888).

3. Cet usage était très fréquent en sanscrit, ct cette langue n’emploie presque l'aoriste que dans ce sens-li. Cf. Decentex, die Grandlagen.…, Ὁ. 107 sq.

#. Voy. d'autres exemples dans Künxen, aus/. Gr. d. gr. Spr., 8 386, 9.

GRAMM. COMP. DU GREC ET DU LATIN (Syntaxo). 18

Il faut rapprocher de ces exemples l'emploi, si fréquent dans le dialogue, des aoristes ἥσθην, ἐπήνεσα, ἐγέλασα, etc., pour indiquer que la joie, l'éloge, le blâme, etc., auraient déjà pu être exprimés antérieurement au moment où on les exprime.

Le français est obligé de traduire par le présent!.

Ex. : Sopn., 4j., 536 : ἑπῆγνεσ᾽ ἔργον χαὶ πρόνοιαν ἣν ἔθου, je loue ta conduite et la prévoyance que tu as fait paraître

(ce sentiment étant né dans l'âme d'Ajax pendant que Tecmesse parlait, le grec emploie l'aoriste, temps du passé). De même

Lucien, Dial. des m.,16, 2 : ἐγέλασα, tu me fais rire.

258. — Dans un certain nombre de verbes, et particulièrement dans ceux dont le radical du présent exprime un état, l'aoriste marque qu’à un certain moment du passé tel ou tel état de choses a commencé, que le sujet est entré dans telle ou telle situation. Exemple :

ἄρχω, je suis archonte, . ἦρξα, je devins archonte. βασιλεύει, il est roi, ἐδασίλευσεν, il devint roi. δουλεύει. il est esclave, ἐδούλευσεν, il omba en esclavage. ἔχω, je possède, ἔσχον, j'obtins.

πλουτῶ, je suis riche, ἐπλούτησα, je devins riche. πολεμεῖ, il fait la guerre, ἐπολέμησεν, il commença la guerre. βλέπω, je regarde, ξόλεψα, je jetai un regard.

νοσῶ, je suis malade, évoonou, je {ombai malade.

YEÀ&, il est en train de rire. ἐγέλασεν, il éclala de rire.

Etc., etc. Etc., etc.

REMARQUE. — Il est bien entendu que ces aoristes n'expriment pas uniquement l'entrée de l’action dans la réalité; il est des cas où ils expriment simplement que l’action signifiée par le radical appartient au passé. C'est le contexte qui permet de déterminer, par exemple, si ἐπολέμησεν signifie il fit la guerre Ou il commença la guerre.

259. — Dans les propositions relatives ou temporelles, l’aoriste s'emploie pour marquer une action antérieure à une action déjà passée.

Ex. : Χέν., Anab., 1, 1,2 : Κῦρον μεταπέμπεται (Δαρεῖος) ἀπὸ τῆς ἀρχῆς ἧς αὐτὸν σατράπην ἐποίησεν. — Anab., 1, 9, 9 : ἐπεὶ Κῦρος Τισσαφέρνει ἑἐπολέμησς, πᾶσαι αἱ πόλεις ἐχοῦσαι Κῦρον εἵλοντο ἀντὶ Τισσαφέρνους.

REMARQUE. — L'aoriste peut, même dans une proposition principale, exprimer le même rapport de temps que notre plus-que-parfait ou que notre passé antérieur, à la condition que l'idée d’antériorité se dégage nettement et naturellement du contexte ὃ.

1. Voy. Kümxen, ἰ. L., et Kaïaxn, Griech. Sprachlehre, ὃ 53, 6, 8. 2. L'aoriste par lui-même ne signifie rien autre chose que l'action passée ; c'est l'idée contenue dans l'ensemble du passage qui permet de décider à quel moment précis du passé l'action appartient.

20 | Üorite

. LA ° “Φ Li » ’ Εχ.: XÉN., Anab., 1, 10, 19 : ἄδειπνοι ἦσαν οἱ πλεῖστοι... σαν δὲ χαὶ avaρίστοι mov Υχρ δὴ χαταλῦσαι τὸ στράτευμα πρὸς ἄριστον, βασιλεὺς

260. — On trouve très souvent dans les maximes' ou dans les ! pensées générales l'aoriste employé pour signifier un fait d'expérience.

Ex. : Méx., fragm., 290 : οὐδεὶς ἑπλούτησεν ταχέως δίκαιος ὦν. — Isocn., Dém., 1 : τὰς τῶν φαύλων συνουσίας ὀλίγος χρόνος | διέλυσε, τὰς δέ τῶν σπουδαίων φιλίας οὐδ᾽ ἂν ὁ πᾶς αἰὼν ἐξαλείψειεν.

REMARQUES. — I. L'emploi de cet aoriste ἃ eu naturellement son origine dans des phrases où le fait d'expérience est nettement indiqué au moyen d'adverbes signifiant déjà, souvent, jamais, toujours, etc.

Ex.: Tauc., 11, 89, 5 : πολλὰ στρατόπεδα ἤδη ἔπεσεν ὑπ᾽ ἐλασσόνων. — PHILÉMON, fragm., 116 : πολλάκις ἔχων τις οὐδὲ ταναγχαΐα νῦν αὔριον ἐπλουτησ᾽, ὥστε γἀτέρους τρέφειν. — PLATON, Crilias, p. 108 : ἀθυμοῦντες ἄνδρες οὔπω τρόπαιον ἔστησαν.

IT. Un fait d'expérience peut être exprimé aussi au moyen du présent ou du parfait. Mais le sens n'est pas le même : en employant l'aoriste, le grec se contente d'indiquer l'expérience même qu'il ἃ faite, laissant aux autres le soin d'exprimer la vérité qui s'en dégage?. En employant le présent, le grec veut, comme le français et comme toutes les autres langues, signifier une vérité générale qui trouve son application dans tous les temps. Enfin, en employant le parfait, les Grecs veulent marquer que le fait rappelé est actuellement vrai, que c'est une vérité présente.

Ex. : GNOxM., ἅπανθ᾽ ὃ λιμὸς γλυχέα πλὴν αὑτοῦ ποιεῖ. — XÉN., Mém., IV, 2, 85: πολλοὶ διὰ δόξαν καὶ πολιτικὴν δύναμιν μεγάλα χαχὰ πεπόνθασιν.

Quelquefois l'aoriste et le présent se trouvent réunis dans la même phrase.

Ex. : PLAT., Rép., VIII, p. 566 : ὃ τύραννος ταῖς μὲν πρώταις ἡμέραις προσγελᾷ τε χαὶ ἀσπάζεται πάντας ὑπισχνεῖταί τε πολλὰ καὶ ἰδία χαὶ δημοσίᾳ, χρεῶν τε ἡλευθέρωσε χαὶ γῆν διένειμε δήμῳ τε χαὶ τοῖς περὶ ἑαυτὸν χαὶ πᾶσιν ἵλεώς τε χαὶ πρᾶος εἶναι προσποιεῖται.

ΠΠ. 1] ne faut pas confondre cet aoriste avec celui qu’on trouve dans certaines comparaisons homériques, comme par exemple dans l’Iliade, 111, 23 544. : ὥστε λέων ἐχάρη μεγάλῳ ἐπὶ σώματι χύρσας, εὑρὼν ἢ Ἔσο χεραὸν ἢ ἄγριον αἰγα πεινάων᾽ μάλα γάρ τε χατεσθίει, εἴπερ ἂν αὐτόν σεύωνται ταχέες τε χύνες θαλεροί τ᾽ αἰζηοί" ὡς ἐχάρη Μενέλαος...

L'aoriste ἐχάρη du v. 23 signifie une action qui est entrée dans la réalité; on attendrait le présent, comme dans χατεσθίει, mais le sens ne serait pas le même; car, en grec, le présent signifie proprement une action qui dure ou qui est en train de s'accomplir. Le grec n'ayant pas de présent pour exprimer l'action qui entre dans la réalité est contraint d'employer l’aoriste ; n'ayant pas de forme verbale pour dire : “ de même qu'uu lion entre dans des transports de joie... », il est obligé de dire : « de même qu'un lion ἃ été transporté de joie. ».

1. De là l'expression d'aoriste gnomique qu'on trouve dans certaines grammaires. 2. Cf. Kocu, Gr. grecque (trad. fr. de l'abbé Rouff), $ 98, 5, Ruu.

LA

B. — Parfait latin correspondant à l'aoriste grec.

264. — À l'absence d’aoriste proprement dit le latin supplée par le parfait. Scripsi correspond donc à la fois à ἔγραψα et à γέγραφα et se traduit, selon les cas, tantôt par j'écrivis Ou j'ai écrit, tantôt par j'ai fini d'écrire.

262. — Le parfait employé en tant qu'aoriste sert à raconter les faits passés, il est, par excellence, le temps de la narration historique.

Comme en grec, le parfait-aoriste latin alterne avec l'imparfait.

Tandis que le parfait-aoriste se rencontre surtout dans les propositions principales contenant le récit des faits saillants, l’imparfait est employé dans les propositions accessoires où sont exprimées les circonstances qui expliquent ou motivent les actions principales (cf. ci-dessus, ὃ 232).

Cic., de Off. M, 27,100 : (Regulus) Carthaginem rediit neque eum caritas patriæ retinuit nec suorum, neque vero tum ignorabat se ad exquisita supplicia proficisci, sed jusjurandum conservandum putabat. Tusc., 1, 3, 4 : in Græcia musici floruerunt, discebantque id omnes, nec, qui nesciebat, satis excultus doctrina putabatur (le fait saillant c'est floruerunt, les autres ne sont qu'accessoires). Ibid. 30, 72 : ita enim censebat itaque disseruit (Socrates) : duas esse vias, etc. (c'est comme s'il y avait : cum ita censeret [fait accessoire], ita disseruit [fait important]). — T.-Live, XXXII, 23, 7-8 : atrox prœlium ortum est, ac primo multitudine facile expellebantur Romani; assumptis deinde auxiliis æquabant certamen (les actions marquées par les deux imparfaits expliquent le parfait ortum est!).

REMARQUE. — Les circonstances accessoires qu'exprime ordinairement l'imparfait en corrélation avec le parfait-aoriste peuvent être signifiées aussi par le parfait-aoriste ;

mais, en ce cas, on les envisage comme de simples événements appartenant au passé, on ne les considère pas expressément dans leurs rapports avec les faits principaux.

Ex. : Cic., de Off., 11, 22, 76 : omni Macedonum gaza, quæ fuit maxima, potitus Paullus..…. nihil domum suam intulit. — T.-Live, III, 52, 3 (plebeji) via Nomentana, cui tum Ficulensi nomen fuit, profecti castra in monte Sacro locavere.

De même on peut mettre au parfait-aoriste une action qui logiquement devrait ètre signifiée par le plus-que-parfait, quand on veut simplement la considérer comme passée, sans indiquer expressément qu'elle est antérieure à une autre action passée.

Ex. : CÉs., de B. civ., III, 18, 5 : bello perfecto ab eis Cæsar hæc facta cognovit, qui sermoni interfuerunt. — SALL., Jug., 10, 1 : Bomilcar, cujus impulsu Jugurtha deditionem, quam metu deseruit, inceperat. — T.-Live, 1, 1, 1 : (constat) Æneæ Antenorique..., quia pacis redden-

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