B. — SENS DES TEMPS DANS LES MODES AUTRES QUE L'INDICATIF
268. — À part quelques cas particuliers (cf. ci-après, $ 275, 279, 280). les différentes formes des modes autres que l'indicatif n'expriment pas une idée de temps : elles ne marquent pas que, par rapport au moment où l'on parle, telle action est passée, présente ou future.
C'est donc par abus qu'on dit : les temps de l'impératif, du subjonctif, de l’optatif : en réalité, ce sont des formes que l'étymologie rattache soit au radical du présent, soit au radical de l’aoriste ou du parfait, mais qui, par elles-mêmes, n'expriment qu’une idée étrangère à la notion de temps : presque toujours (du moins, en grec) elles marquent simplement que l'action est arrivée à tel ou tel point de son développement”.
1. Μᾶλω et l'adjectif verbal latin servent l'un et l’autre à signifier que l’on se propose un but qui mérite d'être atteint, mais que, pour l'atteindre, il est nécessaire d'accomplir l'action de la proposition principale.
De là vient qu'en grec μέλλω s'emploie souvent comme synonyme de « je dois » ou « il faut que je...» De là enfin le sens de πῶς οὐ μέλλω ; et de τί οὐ μέλλω ; « comment ne serre pas... »? expression de la langue familière. 5
Ex. : Puar., Protag., 309 e : πῶς οὐ μέλλει τὸ σοφώτερον χάλλιον φαίνεσθαι; Rép., 530 a : κί δ᾽ οὗ μέλλεις γελοῖον εἶναι;
2. Logiquement ce chapitre ne devrait venir qu'après l'étude complète des modes dans les propositions indépendantes et dans les propositions dépendantes ; car beaucaup d'observations s'appliquent à des constructions employées ailleurs que dans la proposition simple (dont nous nous occupons dans cette première partie de l'ouvrage). Toutefois il a paru qu'il valait micux grouper en un seul corps de doctrine tout ce qu'on sait sur l'emploi des temps en grec et en latin, que d'en présenter une étude morcelée en deux ou trois parties.
3. 11 y a donc sur ce point une différence très nette entre l'indicatif et les autres modes : seul l'indicatif peut exprimer à la fois le temps de l'action et le degré de son développement; les autres modes ", ἡ ἡ κα ἦε π' Β΄ ὁδί, par eux-mêmes, que la seconde fonction, En grec, cela se comprend de soi: comme c'est l'augment ee qui est le signe du passé et que l'augment ne sort pas de l'indicatif, il suit de là qu'en dehors de ‘:° : ea ζ l'indicalif les formes verbales ne peuvent pas marquer le passé : de même les formes du futur sont les ©’ ῇ seules qui puissent marquer l'avenir; or, en dehors de l'indicatif, le futur n'a qu'un mode, l'optatif, et deu formes nominales, l’infinitif et le participe, qui, si l'on met à part le participe, ne s’emploient que rarement et dans un seul cas particulier (ef. ci-après, $ 275, 3° et 8.280, 1°, 6). Mais il faut bien prendre garde que cette théorie s'applique surtout au grec; le latin, qui n'a qu’un scul mode (le subjonctif) pour le subjonctif et l'optatif grec, a établi dans ce mode une distinction que le grec ne fait pas (cf. ciaprès, $ 279) : à côté du subjouctif proprement dit, il a un véritable subjonctif passé; de même, à l'impératif, il a uoe série de formes qui, à proprement parler, se rapportent au futur (cf. ci-après, ἃ 271). Toutefois le latin est d'accord avec lo grec sur beaucoup de points, et s'il convient de sigualer d'avance des divergences qui tiennent à ec que les deux langues se sont développées isolément, il n’y a pas lieu d'exagérer l'importance du désaccord ni de séparer le latin du grec dans l'étude de ce point
Ave υ δ α
Le Fetes PA tits
L — Impératif.
269. — L'impératif, en vertu de sa fonction même, ne peut que se rapporter à l'avenir, mais par lui-même il n'exprime aucune idée de
temps.
En grec, il peut avoir trois formes, l'une (λῦε) exprimant l'action en voie d’accomplissement; l'autre (λιλυχὼς ἴσθι) ἢ signifiant l'action accomplie ; la troisième enfin (λῦσον) signifiant l'idée verbale pure et simple.