Par conséquent on enseigne
4° Qu'avec les verbes signifiant une action, le présent de l'infinitif peut appeler l'attention sur la durée de l’action et que l’aoriste de l’infinitif signifie ordinairement l’action indépendamment de la durée.
Ex. : Ρμιμέμον, fragm., 21 : χαλεπὸν τὸ ποιεῖν, τὸ δὲ κελεῦσαι ῥάδιον. — θέμ., Il, 26 : πολὺ ῥᾷον ἔχοντας φυλάττειν ἢ χτήσασθαι πάντα πέφυχεν. Etc. |. :
1. Cette théorie se vérifie ἀδὴ5 un grand nombre de cas, mais elle est insuffisante, parce que les exceptions sont presque aussi nombreuses que les applications de la règle ; aussi l'on trouve à l'aoriste des
2° Que quand le verbe signifie un état, l'aoriste de l'infinitif marque souvent que le sujet entre dans cet état.
Ex. : βασιλεύειν, étre roi, βασιλεῦσαι, devenir roi, monter sur le trône; νοσεῖν, élre malade, νοσῆσαι, fomber malade ; μισεῖν. hair, μισῆσαι, prendre en aversion. Εἰς.
Lrsas, XVIII, 18 : τοῖς θεοῖς εἰς ὁμόνοιαν εὔχεσθε χαταστῆναι μᾶλλον ἢ τὴν μὲν πόλιν στασιάσαι (se troubler) τοὺς δὲ λέγοντας ταχέως πλουτῆσαι (devenir riches). — Dém., IX, 53 : δεῖ τοὺς ὑπὲρ Φιλίππον λέγοντας μισῆσαι. Etc.
3° Que le parfait exprime, comme à l'indicatif, l'entier accomplissement de l'action ou la situation qui résulte d'un acte antérieurement accompli.
Ex. : Puar., Crit., 46 : où βουλεύεσθαι ὥρα, ἀλλὰ βεδουλεῦσθαι.
REMARQUE. — Un certain nombre de parfaits conservent naturellement, à l'infinitif, la valeur de présents qu'ils ont à l'indicatif.
Ex. : PLATON, Phéèdre, 234 ἃ : δοχῶ σοι παίζειν ἡ &omoubamévat: Phédon, 64 ἃ : χινδυνεύουσι γὰρ ὅσοι τυγχάνουσιν ὀρθῶς ἁπτόμενοι φιλοσοφίας λεληθέναι τοὺς ἄλλους ὅτι οὐδὲν ἄλλο αὐτοὶ ἐπιτηδεύουσιν À ἀποθνήσχεῖν τε χαὶ τεθνάναι. — DÉM., XXI, 201 : ὃς τὸ ὑμᾶς δεδιέναι δοχεῖν αἰσχρὸν ἡγεῖται, τοῦτον οὐχ ἀπολωλέναι δεχάχις προσήχει;
283. --- Infinitif latin. -- L'infinitif latin n'exprime le temps que dans un seul cas : dans les propositions infinitives dont le sujet est à l'accusatif et où l'on rapporte, au style indirect, la pensée ou les paroles de quelqu'un (cf. ci-dessus, $ 280). |
En effet, dans une phrase comme dixit illum tum maxime proficisci, l'infinitif présent proficisci marque une action présente par rapport au moment où se trouve placé celui dont on cite les paroles (style direct : proficiscitur).
verbes qui, par essence, signifient durée (ἐτόλμησε μεῖναι), et d'autre part on trouve au présent des verbes qui expriment essentiellement une action transitoire (ξέναι). De plus, l’aoriste de l'infinitif s'emploie très souvent d’une action qui dure, et, réciproquement, Île présent de l'iufinitif, d’une action passagère (δεῖ γάρ με χαὶ ταῦτα ὑμᾶς διδάξαι — ἔτοιμος n πέμπειν). Enfin, la différence entre l'aoriste οἱ le présent est souvent si imperceptible qu'on trouve les deux formes employées dans la même phrase ou dans deux phrases successives :
Ex. : Asripuox, 1, 10 : βασανιστὰς αὐτοὺς ἐχέλενον γέγνεσθαι ct 1, 11 : θέλων αὐτὸς βασανιστὴς Yyevéaôae — Lrsras, ὁ. Agoralos, 69 : προσήχει ὑμῖν τούτον κατα- Ψηφέξζεσθαι... δεῖ ὑμᾶς θάνατον αὐτοῦ καταψηφίσασθαι (cf. ναυμαχῆσαι et ναυμαχεῖν dans Tauc., II, 83, 1 et 3), etc. Voy. Ga. Cucuez, Essai sur la langue et le style de l'orateur Antiphon (Paris, 1886), ὃ 55, et cf. ci-dessus, p. 285, n, 1.
4, La nuance de signification qui, dans les verbes marquant un état, sépare l'aoriste du présent, a été poar la première fois indiquée par Anisrorx, Morale à Nicomaque, X, 2,9 : αθῆναι... ἔστι ταχέως, ὥσπερ ὀργισθῆναε, ἔδεσθαι δὲ οὔ, « on peut parler de rapidité quand il s’agit de decenir joyeux, comme de se mettre en colère, mais non quand il s'agit d'étre joyeux.
GRAMM. COMP. DU GREC ET DU LATIN (SyntaxC). 19
Dans une phrase comme dixit illum decem diebus ante profectum esse, l'infinitif aoriste profectum esse marque une action passée par rapport au moment où se trouve placé celui dont on cite les paroles (style direct : profectus est).
Enfin dans une phrase comme dixit illum postero die profecturum esse, l'infinitif futur profecturum esse marque une action future par rapport au moment où se trouve placé celui dont on cite les paroles (style direct : proficiscetur).
REMARQUES. — I. Tandis qu’en grec (cf. ci-dessus, ὃ 280, 1° REM.), l'infinitif appelé présent peut s'employer avec le sens d'un imparfait dans toute proposition infinitive dépendant d'un verbe qui signifie dire ou croire, cet usage n'existe guère en latin que pour les infinitifs présents dépendant des verbes memini et recordor ou de l'expression memoriä teneo.
Ainsi la phrase memini me scribere signifiera je me souviens que j'écrivais, tandis que memini me scripsisse se traduira par je me souviens que j'ai écrit},
II. En dehors de ce cas, le latin ne marque pas ordinairement?, à l'infinitif, la distinction qu'il fait, à l'indicatif, entre l'aoriste et l’imparfait : c'est l’infinitif aoriste qui sert à rendre l'un et l’autre.
Par exemple, la phrase de Cicéron (in Verr., 11, 5, 10, 27) : cum... ver esse cœperat,.… dabat se labori atque itineribus serait devenue au style indirect : dicunt Verrem, cum ver esse cœæpisset, dedisse se labori atque itineribus, et, si l'on avait voulu marquer la répétition de l'action, on aurait emprunté la périphrase solere avec l'infinitif : dicunt Verrem, cum ver esse cœpisset, solitum esse dare se labori atque itineribus.
284. — Sauf dans le cas du paragraphe précédent, l'infinitif latin n’exprime par lui-même que le degré du développement de l'action ou l’action verbale pure et simple.
Hoc fieri velim signifie je voudrais que cela se fasse (à un moment quelconque de l'avenir) et pourtant fieri est la forme du présent. De même hoc factum esse velim signifie je voudrais qu'(à tel moment de l'avenir) cela soit une chose faite, et pourtant factum esse est la forme du parfait. Ici le parfait, là le présent se rapportent donc à une action future : la seule différence qu'il y ait, au point de vue du sens, entre
1, Quand memini rappelle un fait dont on a été témoin, c'est aussi le présent de l'infinitif que l'on cmploie avec la valcuc d'un imparfait.
Cic,, de Amic., 3, 11 : Memini Catonem anno ante, quam est mortuus, mecum et cum Scipione disserere.
Quand on n'a pas été témoin du fait, on emploie l'infinitif parfait suivant la règle générale.
Cic., P. Sest., 22, 50 : Memineram, judices,.… C. Marium,... cum vim prope justorum armorum profugisset, primo senile corpus paludibus occultasse demersum.
Cette remarque est de Cu, Tuvror, Cours professé à l'École normale (notes autographiées, p. 92 sq.).
2. Toutefois on ne peut pas dire que les Latins aient absolument ignoré l'emploi de l’infinitif présent pour signifier l’imparfait, même dans d’autres constructions que celles des verbes memini, recordor, elc. En écrivant Ja phrase suivante :
P. Arch., ἃς 8: Heracleæne esse tum (— tum cum lex ferebatur) adscriptum negabis ?
Cicéron veut exprimer cet idéc : Heracleæ adscriptus erat cum lex ferebatur et non pas Heracleæ adscriptus est. Voy. 0. Riemaxx, Syni. lat, δ 454 D, Rau. IV.
les deux formes tient à ce que fieri désigne une action qui est en train de se faire, tandis que factum esse signifie une action qui doit être achevée : c’est une notion étrangère à l'idée de temps.
Dans le vers d'Horace (Carm., IV, 1, 35) : dulce et decorum est pro patria mori, l'infinitif présent mori désigne, si l'on veut, que le fait de mourir est présent par rapport au verbe principal. Mais, si l’on change le verbe principal et qu'on suppose la phrase gestit pro patria mori, ‘la même forme mori désignera une action à venir.
Prise en elle-même, la forme mori ne signifie donc pas autre chose que l'action verbale pure et simple.
REMARQUES. — I. L'infinitif scripsisse est tantôt un aoriste et tantôt un parfait.
Employé comme parfait, cet infinitif n'a ni le sens d'un imparfait, ni ordinairement celui d’un plus-que-parfait.
Quand il y ἃ lieu, au style indirect, d'exprimer à l'infinitif l’idée du plus-que-parfait de l'indicatif, ce sont les périphrases scriptum babuisse, pour l'actif, et scriptum fuisse pour le passif que l'on emploie le plus souvent.
Ainsi j'effirme qu'à tel moment j'avais fini d'écrire la lettre se dirait en latin : dico me tum scriptam habuisse epistulam ou dico tum scriptam mihi (cf. ci-dessus, 8 89, 39) faisse epistulam.
Il. Les Latins emploient souvent le parfait de l'infinitif pour exprimer l'entier achévement de l'action, là où le français néglige parfois de marquer cette nuance!.
Ex. : Hor., Ép., Il, 3, 328 : Poteras dixisse, lu pourrais avoir déjà répondu. — T.-Live, XXXVII, 19 : Bellum ante hiemem perfecisse possumus, nous pouvons avoir terminé la guerre avant l'hiver,
Cet usage est particulièrement fréquent après satis est, satis habeo, contentus sum, et aprés les futurs pænitebit, pudebit, pigebit, juvabit, melius erit, qui marquent ce qui suivra l’accomplissement de l'action signifiée par l'infinitif?.
Ex. : T.-Live, III, 48, 3 : quiesse erit melius, restez tranquilles : cela vaudra micux (c.-à-d. vous vous trouverez bien d'avoir suivi ce conseil). — HoR., Ép., IL, 3, &16 : Nunc satis est dixrisse. — VELLEI., 11, 103, 5 : contenti simus id unnm dixisse. — TAC., Agr., 3 : non tamen pigebit.. memoriam prioris servitutis ac testimonium præsentium bonorum composuisse.
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