COR. Κύηχεκ, ausf. Gramm. d. gr. Sprache, p
di
a) En grec, on emploie ainsi ἐξῆν, παρῆν, ἦν, οἷόντ᾽ ἦν, ὑπῆρχε, il était possible (c.-à-d. il serait ow il eût été possible), on pouvait (c.-d-d. on pourrait Ou on aurait pu); — ἔδει, on devait (c.-à-d. on devrait ou on aurait dù)! ; χρῆν ou ἐχρῆν, il fallait (c.-d-d. il faudrait ou il aurait fallu); προσῆκε, il convenait (c.-d-d. il conviendrait ou il eût convenu); — des expressions comme ἀνάγκη (ou ἀναγκαῖον) ἦν. il était (il serait, il eût été) nécessaire; καιρὸς ἦν, il était (il serait, il eùt été) à propos; εἰκὸς ἦν, il était (il serait, il eùt été) naturel; καλὸν (κάλλιον) NY, il était (il serait, il eût été) beau (plus beau); καλῶς εἶχε, il était (il serait, il eût été) avantageux ou convenable; ἄμεινον ἦν, il était (il serait, il eût été) meilleur; κρεῖττον ἦν, il était (il serait, il eût été) préférable; δέκατον ἦν, il était (il serait, il eût été) juste; ἄξιον ἦν, il était (il serait, il eût été) digne; αἰσχρὸν ἦν, il était (il serait, il edt été) honteux; — et enfin des adjectifs verbaux en -τέος au neutre, accompagnés de ἦν.
Ex. : Χέν., Hell, 11,3, 41 : ἐξῆν ταῦτα ποιεῖν. — Dés, XXVII, 10 : τὴν μὲν διαθήχην noavixare, ἐξ ἧς ἦν εἰδέναι περὶ πάντων τὴν ἀλήθειαν. XX, 63 : ἔδει σε... τοὺς ἐχθρούς, εἰ δύνασαι, πεῖσαι. — Ριλτον, Rép., 343 ἃ : οὐχ ἀποχρίνεσθαι χρῆν μᾶλλον ἢ τοιαῦτα ἐρωτάν : 450 d : καλῶς εἶχεν ἢ παραμυθία. Euthyd., 304 ἃ : χαὶ μήν, ἔφη, ἄξιόν γ᾽ ἦν ἀχοῦσαι. --- ANTIPHON, V, 28 : εἰκός γε ἦν..." νῦν δέ... — χεν., Mém., II, 7, 10: θάνατον ἀντ᾽ αὐτοῦ προαιρετέον ἦν. — Dé, XVIII, 499 : οὐδ᾽ οὕτως ἀποστατέον τῇ πόλει τούτων ἦν... Etc.f.
1. Εἰ chez les poètes ὥφελον (plus rar. ὥφειλον), « je devais », c'est-à-dire « j'aurais dû », « ἢ aurait fallu que je... ».
Ex. : Houw., 1, XXII, 546: ὥφελεν ἀθανάτοισιν εὔχεσθαι, « il aurait dû adresser des prières aux immortels ».
Cette expression ἃ fini, dans le grec classique, par signifier un regret. Ex. : Sopx., El, 113 : ὥφελον πάροιθεν ἐχλιπεῖν βίον, « j'aurais dû quitter (d’où plût aux dieux que j'eusso quitté) la vic auparavant ».
2. On rapproche quelquefois de cette construction celle de l'imparfait ἔμελλον avec l'infinitif employé pour signifier qu'on aurait fait telle ou telle chose, si telle ou telle condition s'était trouvée remplie. Mais le rapprochement est forcé et l'origine de la locution est toute différente.
Ex. : Hénovors, Il, 43 : εἴγε παρ᾽ Ελλήνων ἔλαθον οὔνομά τευ δαίμονος, τούτων... μάλιστα
À " " Celle phrase signifie littéralement : « si c'était des Grecs que les Égyptiens eussent reçu le nom du OÙ ‘dieu, il fallait s'attendre (cf. ci-dessus ὃ 267, 4°) qu'ils conservassent particulièrement leur souvenir ». De ce sens, il n'y ἃ pas loin à celui-ci: « ils auraient conservé... ». De mème en latin, l'adjectif verbal en -urus avec l'indicatif du verbe sum ἃ fini par être employé pour rendre l'idée du conditionnel.
Ex.: T.-Live, XXXVIII, 47, 4 : 4008 ego, si tribuni me triumphare prohiberent, testes citaturus fui rerum ἃ me gestarum (lité. : « c'est eux que j'avais l'intention de citer comme témoins de mes actions, au cas où les tribuns s’opposeraient à mon triomphe »), d'où: « ce sont eux que j'aurais cilés comme témoins, si les tribuns s'étaient opposés à mon triomphe ».
3. L'infinitif et le participe de ces verbes peuvent conserver ce sens spécial de l'indicatif,
Ex.: Xén., Mém., I, 3, 3 : οὔτε θεοῖς ἔφη καλῶς ἔχειν, εἰ ταῖς μεγάλαις θυσίαις μᾶλλον ἢ ταῖς σμικραῖς ἔχαιρον, « il disait aussi qu'il ne serait pas convenable pour les dieux
sel
ι τὴ on salf LE VERBE. — EMPLOI DES MODES. 301 -.
REMARQUES. — I. On emploie ainsi l'indicatif dans la proposition principale, même
à côté d'une proposition conditionnelle, quand il s'agit d’une possibilité ou d’une obli- ie gation indépendante de la condition exprimée. act ὄν
Ex. : Tauc., 1, 38, 5 : καλὸν δ᾽ ἦν, εἰ καὶ ἡμαρτάνουεν, τοῖσδε μὲν εἶξαι τῇ ,). J7! ἡμετέρᾳ ὀργῇ, ἣμῖν δὲ αἰσχρὸν βιάξασθαι τὴν τούτων μετριότητα, εἰ, | quand nous aurions des Loris, il serait beau à eux de céder à notre colère, comme il serait honteux à nous de faire violence à leur modération. — ΠᾺΜ., IX, 6 : εἰ μὲν οὖν ἅπαντες ὡμολογοῦμεν, Φίλιππον τῇ πόλει πολεμεῖν, οὐδὲν ἄλλο ( ἔδει τὸν παριόντα λέγειν χαὶ ouubouAeberv, ἢ ὅπως ἀσφαλέστατα } αὐτὸν ἀμυνούμεθα, si donc nous nous accordions tous à dire αυὰ Philippe est en guerre avec notre état, l'orateur n'aurait d'autre devoir que de conseillère par sa parole les moyens les plus sûrs de le repousser.
II. Ces verbes et ces locutions ne sont accompagnés de ἂν (cf. ci-après, $ 302) que dans un cas : c'est pour signifier que la possibilité ou l’obligation n'existe pas ou n'a point existé.
Ex. : Hou., 11... III, 41 : χαί χε τὸ βουλοίμην, χαί κεν πολὺ κέρδιον fev (il serait plus avantageux [mais en réalité il n'est pas plus ἀνδηίδϑϑυχ)) ἢ οὕτω λώθην τ᾽ ἔμεναι χαὶ ὑπόψιον ἄλλᾷν. Οἵ. Odyss., IX, 228. — Tauc., I, 14, 4 : εἰ δὲ προσεχωρήσαμεν... τῷ Μήδῳ.... οὐδὲν ἂν ἔτι ἔδει ὑμᾶς... ναυυαχεῖν, si nous avions cédé aux Perses, vous n'auriez eu nul besoin de livrer une bataille navale (mais nous n'avons pas cédé et il vous a fallu livrer, εἰς). — Lys., XII, 48: à! L | εἴπερ ἣν ἀνὴρ ἀγαθός, ἐχρὴν Av... μιὴ παρανόμως ἄρχειν, s'il avait été honnète homme, il aurait dù ne pes gouverner contrairement à la légalité (mais il n'était pas honnête et il a dû, etc.). — DÉM., IV, 1 : εἰ ἐχ τοῦ παρεληλυθότος χρόvou τὰ δέονθ᾽ οὗτοι συνεθούλευσαν, οὐδὲν ἂν ὑμᾶς νῦν ἔδει βουλεύεσθαι, si, dès le temps passé, ces hommes vous avaient donné les conseils nécessaires, vous n'auriez pas besoin de délibérer maintenant !.
b) En latin, on trouve ainsi construits à l'indicatif les verbes possum, debeo, oportet, decet, les locutions opus est, æquum (æquius) est, melius (optimum) est, longum est, etc., et enfin l'adjectif verbal en -ndus avec le verbe sum.
L'emploi de ces tournures appelle quelques observations.
qu'ils prissent plus de Plaisir aux gros sacrifices qu'aux pelits ». — PLarom, Cril., 44b: πολλοῖς δόξω... ὡς οἷος τ᾽ ὧν σε σῴζειν, ei ἤθελον ἀναλίσχειν χρήματα, ἀμελῆσαι,
« aux yeux de beaucoup de gens, je passerai pour un homme qui, aurait pu te sauver ἃ la ef condition de consentir à dépenser de l'argent, mais qui a négligé de le faire ».
4. 11 arrive souvent qu à une hypothèse fausse les Grecs opposent ce qui est la réalité, au moyeu de la particule νῦν δέ. « mais au lieu de cela », « mais en fait ». En pareil cas, l'emploi de la particule ἄν est nécessaire dans la proposition qui exprime l'hypothèse fausse (ἔδει ἄν..." νῦν δέ οὐ δεῖ...).
Ex. : Pratox, Rép., 328 c: ὦ Σώχρατες, οὐδὲ θαμίζεις ἡμῖν καταθαίνων εἰς τὸν Πειραιᾶ᾽ χρῆν μέντοι εἰ ἐγὼ ἔτι ἐν δυνάμει ἦν τοῦ ῥαδίως πορεύεσθαι πρὸς τὸ ἄστν, οὐδὲν ἄν σε ἔδει ἰέναι, ἀλλ᾽ ἡμεῖς ἂν παρὰ σὲ ἥμεν᾽ νῦν δὲ σὲ χρὴ πυκνότερον δεῦρο ἱέναι, « Socrate, lu ne descends pas souvent au Pirée pour venir nous voir : ce n'est pas bien ; si j'élais encore en état de me transporter facilement à la ville, tu n'aurais nul besoin de venir: c'est nous qui irions te voir; mais puisque c'est impossible, il te faut nous faire des visites plus fréquentes ». — Xex., Cyr., III, 3, 17: εἰ μὲν μείζων χένδυνος ἔμελλεν ἡμῖν εἶναι ἐκεῖ à ἐνθάδε, ἴσως τὸ ἀσφαλέστατον ἣν ἂν αἱρετέον" νῦν δὲ ἴσοι μὲν ἐχεῖνοι ἔσονται... --- Dim. ΧΧΙΧ, 58: εἰ μὲν μὴ καὶ παρὰ τοῖς αὑτοῦ φίλοις χαὶ παρὰ τῷ διαιτήτη προεγνωσμένοις ἀδιχεῖν τούτους ἐποιεῖτο τοὺς λόγους, ἧττον ἂν ἣν ἄξιον θαυμά᾽ειν" νῦν δὲ...
802 GRAMMAIRE COMPARÉE DU GREC ET δῦ LATIN.
&) On se sert du présent de l'indicatif possum, debeo, oportet, etc., quand il s'agit d'exprimer cette idée que je pourrais OU je devrais faire telle ou telle chose (mais que je n'ai pas l'intention de la faire).
EX. : PLaute, Trin., Il, 2, 92 : multa ego possum dicta docte et quamvis facunde loqui. — Cic., de Sen., 16, 59 : pOssum persequi permulta oblectamenta rerum rusticarum, sed ea ipsa quæ dixi sentio fuisse longiora (cf. p. Rab. Post., 11, 41; p. Flacc., 5, 12; p. Cæl., 22, 53 : in Pis., 28, 68; ad Fam., 1], 15, 8; XIV, 4, 1, etc.). — Cic., in Verr., II, 3, 53 : at debet nos certiores facere, quo pacto se habeat provincia; debet, verum tamen non cogitur. De Of. 1, 14, 44 : æquius est. 1, 45,54: quid est stultius? In Verr., 11, 1, 60 (Cf. p. Cluent.. 13; de Nat. deor., 11, 64) : longum est, il serait trop long (cf. Conx. Nép., Aft., 5, 4)!,
B) On se sert de l’imparfait de l'indicatif poteram, debebam, oportebat, etc., pour signifier ceci : j'aurais dû faire telle chose (mais je ne la
fais pas).
Ex. : Cic., Tusc., 1Π, 4, 1 : ego poteram morbos (appellare) et id verbum esset e verbo, sed in consuetudinem nostram non caderet (cf. de Fin., III, 10, 35). De Fin., Il, 35, 149 : et quanquam aliquid ipse poteram, tamen invenire malo paratiores familiares nostros. De Div. Il, 43, 91 : oculorum fallacissimo sensu judicant ea, quæ ratione atque animo videre debebant. De Nat. deor., HI, 32, 19 : debebant illi quidem (dii) omnes bonos efficere, si quidem hominum generi consulebant. In Cat., 1, 4, 2 : ad mortem te, Catilina, duci jussu consulis jampridem oportebat. P. imp. Cn. Pomp., 11 : quod si Romæ (τ. Pompejus privatus esset hoc tempore, tamen ad tantum bellum is erat diligendus atque mittendus. — Séx., Ép., 76, 20 : non erat faciendum, si esset….. — Cic., de Nat. deor., I, 30, 84 : quam bellum erat confiteri potius nescire quod nescires! Phil., 8, 10, 28 : jus non erat. Etc.
y) On se sert du parfait de l'indicatif potui, debui, oportuit, etc., pour exprimer cette idée : j'aurais pu, j'aurais dû faire telle chose (mais je ne l'ai point faite).
1. Cette expression est remplacée par immensum est chez les poètes et chez les prosateurs de l'époque impériale (ef. Ov., Fast., IV, 573 ; Sun, Const. sap., 18,1; Puimx, Hist. nat., IT, 28). Tacite et les écrivains postérieurs emploient l'expression longum fuerit (τον. ci-après, $ 332, 2°). Cf. Tac., Hist., I, %: Carrror., Pert., 9.
ARR CT dicañis À -
un
Ex. : Cic., in Verr., 1, 11, 33 : fructum illius laudis, qui ex perpetua
oratione percipi potuit, in alia tempora reservamus. Οναί..
9, 32 : cum mutila quædam et hiantia locuti sunt, quæ vel
sine magistro facere potuerunt, germanos se putant esse
Thucydidas. — T.-Live, V, 4, 9 : aut non suscipi bellum
oportuit, aut geri pro dignitate populi Romani oportet. —
Cic., Tusc., IV, 17, 40 : moderatius igitur ferre debuit. In Verr.,
Il, 4, 9, 21 : navem imperare ex fœdere debuisti; remisisti
in triennium. 4d Att., VIII, 3, 3 : quæ condicio non accipienda fuit potius quam relinquenda patria?
REMARQUE. — Bien que la différence entre poteram et potui, debebam et debui
soit ordinairement très nette, il arrive parfois qu'on emploie ces locutions l'une pour l'autre.
Ex. : Cic., Cat., 1, 2, 5 : hoc, quod jampridem oportuit. Cut., 9, 2, 3 : interfectum esse L. Catilinam... jampridem oportebat.
Toutefois, on peut dire que le sens n'est pas dans les deux cas absolument le même : la première phrase signifie proprement : depuis longtemps j'aurais dù avoir fait périr Catilina, mais je ne l'ai pas fait, tandis que la seconde signifie : depuis longtemps j'aurais dù avoir fait périr Catilina, mais vous voyez que je ne le fais pas mettre à mort.
δ) Enfin on se sert du plus-que-parfait de l'indicatif potueram, debueram, oportuerat, etc., pour signifier ceci : antérieurement à (οἷ moment du passé j'aurais pu ow j'aurais dù faire telle chose (mais je ne l'avais point fait au moment dont il s'agit).
Ex. : Cic., de Div., 11, 64, 133 : non potueras' hoc igitur a principio, citharista, dicere ? — T.-Live, V, 33 : expulso cive, quo manente.. capi Roma non potuerat. — Cic., p. Mur., 25, 51 : erupit (aor.) e senatu triumphans gaudio, quem omnino vivum illinc exire non oportuerat. — T.-Live, XXXV, 31 : oratione habita, qualis habenda ab Alexameno fuerat, societati Achæorum Lacedæmonios adjunxit. — Sex, Ép, ΤΊ, 3 : hoc, etiamsi senex non essem, fuerat sentiendum.
REMARQUES. — I. Avec les verbes ou les locutions indiquant obligation ou possibilité on trouve l'indicatif dans la proposition principale, même à côté d'une proposition conditionnelle au subjonctif, quand il s’agit d'une possibilité ou d’une obligation indépendante de la condition énoncée.
Ex. : Cic., Phil., 2, 38, 99 : omnibus eum contumeliis onerasti, quem patris loco, si ulla in te pietas esset, colere debebas.
Ici debebas est nécessaire parce que le sens est : « c'était ton devoir de le vénérer comme un père ». Pour comprendre la proposition conditionnelle, il faut suppléer : « ec tu le vénérerais en effet comme un père, si tu avais le moindre sentiment de reconnaissance ».
L'ellipse est anologue à celle dont il ἃ été question ci-dessus, ὃ 292, REx. I.
4. Telle est la leçon des meilleurs msa: les autres onl poteras.
11. Toutefois, il est des cas où le latin emploie possim, possem ou potuissem là où, d'après l'usage ordinaire, on attendrait possum, poteram ou potui. C'est ainsi qu'en français on dit je pourrais ou j'aurais pu là où la logique exigerait qu'on dit je pouvais ou j'ai pu.
Ex. : Cic., Phil., 2, &, 8 : quo me teste convincas? an chirographo? qui possis? (cf. ad Q. fr., 1,1, 15 : qui potes reperire..?) — SALL., Cat., 1, 1: memorare possem quibus in locis maxumas hostium copias populus Romanus parva manu fuderit.…., ni ea res longius nos ab incepto traheret. — Cic., Phil., 2, 21, 61 : non modo unius patrimonium quamvis amplum..., sed urbes et regna celeriter tanta nequitia devorare potuisset (p. potuit)'.
II. I ne faut pas confondre cette construction avec celle où le subjonctif est naturellement amené par l'idée à exprimer.
Ex. :Cic., P. Rosc. Am., 20, 55 : ei qui hunc accuset possim aliquo modo ignoscere. P. Cluent., 6, 18 : Cluentio ignoscere debebitis quod hæc a me dici patiatur : mihi ignoscere non deberetis, si tacerem. De Div., 11, 8, 20 : nisi revertisset, in eo conclavi ei cubandum fuisset quod proxuma nocte corruit : ruina igitur oppressus esset.
Dans ces différents exemples, la possibilité ou l'obligation dont il s'agit est subordonnée à une condition (cf. ci-dessus, ὃ 292, 2, a, REM. II), qui n’est pas, n'a pas été ou ne sera pas remplie?.
293. — Indicatif exprimant un ordre ou une défense. — En grec, on se sert de l'indicatif futur à la 2° personne pour exprimer un ordre : c'est une formule adoucie, au lieu de l'impératif : elle est fréquente à toutes les époques de la langue.
Ex. : How., 11., X, 88 : ὦ Νέστορ...., γνώσεαι ᾿Ατρείδην. Odyss., 11, 270 : Τηλέμαχ᾽, οὐδ᾽ ὄπιθεν χαχὸς ἔσσεαι οὐδ᾽ ἀνοήμων. --- Xéx. ν Hell, II, 3, 84: Ὡμεῖς οὖν, ἐὰν σωφρονῆτε, οὐ τούτου, ἀλλ᾽ ὑμῶν φείσεσθε.
/ σ-Ψ Tu REMARQUE. — Comme on le voit par ce dernier exemple, c'est la négation οὐ qu'on emploie avec l'indicatif futur pour exprimer une défense. On emploie ur quand on veut
1. Le subjonclif possem remplace quelquefois l'indicatif après un comparatif suivi de quam.
Ex.: Cons. Nér., Paus., 3, 2 : epulabatur more Persarum Juxuriosius quam aderant perpeti possent (— poterant, cf. Cic., de Leg. agr., 3, 28, 75), «il prenait ses repas à la manière des Perses et avec plus de faste que les assisiants n'auraient pu en supporter ».
Sur cette construction, voy. Rerue de Philologie, t. IV, p. 186 sq.
2. Toutclois la tendance du latin à employer l'indicatif dans ces sortes de locutions est ai générale et si forte qu'on trouve decebat, æquum erat, elc., là méme où la logique exigerait l'imparfait du subjonctif.
Ex.: Cic., Tuse., ΠῚ, 1, 2 : quod si tales nos natura genuisset ut eam ipsam.…. perspicere... possemus, haud erat sane quod (« on n'aurait pas besoin de... ») quisquam... doctrinam requireret.
3. C'est ainsi qu'en français l'on dit rous ferez au lieu de faites. En s'exprimant ainsi l'on veut marquer qu'on s'attend à ce que la personne fasse ce qu'on lui demande, mais qu'on s’en rapporte à elle jusqu'à un certain point.
insister sur l'idée de défense et non sur l'idée de futur ; en pareil cas, le futur est considéré comme l'équivalent de l'impératif, et la formule polie disparait.
Ex.:Lysias, XXIX, 13 : φανερὸν... ποιήσετε ὅτι..., χαὶ μηδεμίαν αὐτοῖς ἄδειαν δώσετε. ὑδνηνε 4 dre ἃ μ vote 294. — En latin, cet emploi du futur est aussi fréquent qu’en grec.
Ex. : Pravre, 4sin., 312 : tu Cavebis ne me attingas, si sapis. — Οιο.. ad Fam., VI, 20,2: valebis meaque negotia videbis meque, dis juvantibus, ante brumam exspectabis.
REMARQUE. — On rencontre quelquefois aussi la 3° personne.
Ex. : Cic., de Off., 1,6, 18: quod vitium effugere qui volet, adhibebit ad considerandas res diligentiam. Ad Fam., II, 9, 4 : hæc igitur tibi erunt curæ meque totum et mea et meos commendatos habebis.
295. — Α cet emploi de l'indicatif futur se rattache une construction dans laquelle le même temps, sous la forme interrogative et avec une négation, sert réellement à exprimer un ordre; il ne s’agit plus seulement ici d'une formule polie : le ton peut être ironique ou amer.
Ex. : où παύσῃ λέγων ; tu ne cesseras pas de parler? — Eun., Andr.., 1061 : … OÙY ὅσον τάχος | χωρήσεταί τις Πυθιχὴν πρὸς ἑστίαν....: — Piar., Gorg., 466 a : οὔκουν ἀποδείξεις τοὺς ῥήτορας νοῦν ἔχοντας; REMARQUE. — Dans ces sortes de phrases, l'emploi de la négation présente un cas particulier.
Il peut arriver que la phrase renferme deux futurs, dont l'un exprime proprement un ordre et l’autre une défense, et, dans ce cas, il semble que le futur signifiant un ordre soit précédé de οὐ et que le futur signifiant une défense soit précédé de un.
Ex. : EUR., Hipp., 498 sq. : ... οὐχὶ συγχλήσεις στόμα | χαὶ μὴ μεθήσεις αὖθις αἰσχίστους λόγους; — PLAT., Bang., 115 a : οὕκουν καλεῖς αὐτὸν χαὶ μὴ ἀφήσεις:
Mais, en réalité, dans des cas semblables, la négation οὐ (οὐχί, οὔχουν) porte sur la phrase tout entière, sur le second verbe comme sur le premier : οὐχὶ συγχλήσεις ; puis οὗ μὴ μεθήσεις᾽;
296. — Ces sortes de propositions se rencontrent aussi en latin; mais le latin emploie le présent de l'indicatif concurremment avec le futur.
a) Ex. : Pauvre, Bacch., 621: non taces, insipiens? — Τέκ., Andr., 143 : non mihi respondes? Adelph., 181 : non manum abstines, mastigia ?
Ὁ) Ex. : Cic., Tusc., 8, 1, 17 : Quid? si te rogavero aliquid, non respondebis? (Entendez : veux-tu répondre, quand je t'interroge ?).
1. Comparez OÙX ἀφήσεις αὐτόν; « est-ce que lu ne vas pas le licher ? » (ς.--α. veux-tu bien le lâcher ἢ et οὗ ph ἀφήσεις αὐτόν ; « est-ce que Lu ne vas pas {e garder de le lâcher 3.» (c.-à-d. veux-lu bien ne pas le lücher ἢ). |
Sur l'origine de cet emploi de οὐ μή pour exprimer une défense, les grammairiens sont loin d'être d'accord. Il faudrait trouver une explication qui ne séparât pas οὐ μὴ ἀφήσεις de οὐχ ἀφήσεις; Voy. Gooowx, Syntax of the moods and tenses of the greek verb (nouv. édit., 1807), & 297-301 et Appendice II, p. 389 et suiv.
GRAMM. COMP. DU GREC ET DU LATIN (Svntaxc). . 20
297. — L'indicatif futur sert enfin quelquefois, en grec, comme en français, à remplacer l'impératif employé pour signifier une concession, une permission (cf. $ 307).
Ex. : Sopu., Œd. à Col., 956 : πρὸς ταῦτα πράξεις (vous pouvez faire: οἷον ἂν θέλης.
298. --- Indicatif dans les propositions délibératives. --- En grec (mais en grec seulement), l'indicatif futur s'emploie quelquefois, au lieu du subjonctif, dans les propositions interrogatives qui expriment l'incertitude sur ce qu'on doit faire (propositions délibératives).
Ex. : Puar., Protag., 333 ç : πότερον οὖν πρὸς ἐχείνους τὸν λόγον ποτή-σομαι ἢ πρὸς σέ; Gorg., 505 ς : τί ποιήσομεν; μεταξὺ τὸν λόγον χαταλύομεν ; Λὑτὸς γνώσει.
Quelquefois on trouve dans la même phrase le futur de l'indicatif
employé à côté du subjonctif (cf. ci-après, 8 311, avec la Rex. II). Ex. : Ecn., Jon., 158 : εἴπωμεν ἢ σιγῶμεν; ἢ τί δράσομεν; ΕἸ.. 961: τί δῆτα δρῶμεν; μητέρ᾽ ἡ φονεύσομεν ;
REMARQUES. — I. De même, dans les exhortations qu'on s'adresse à soi-même sous forme interrogative, on trouve fréquemment, ex grec, le futur précédé de la négation où, au lieu du subjonctif.
Ex. : EUR., Méd., 818 : ... οὐχ ἀπαλλαχθήσομαι | θυμοῦ; Il. 11] peut arriver qu'une inferrogation rive au futur, exprimant un doute ou une
incertitude sur ce qu'on doit faire (cf. αὶ 311, REx. III), prenne, par extension de sens, ‘Ja valeur d’une protestation indignée (cf. ὃ 312).
Ex. : ARISTOPH., Acharn., 912 : ταῦτα δὴ τολμᾷς λέγειν ; εἶτ᾽ ἐγὼ σοῦ φείσομαι; (et après cela, moi, je te ménagerai 3);
299. — Indicatif concessif. — L'indicatif peut servir à exprimer, en grec et en latin, qu'on suppose comme vrai ce qu'on n'admet pas ou ce qui n'est que possible.
Ex. : Dém., XVIII, 274 : ἀδικεῖ τις ἐχών᾽ ὀργὴ χαὶ τιμωρία χατὰ τούτου. ᾿Εξήμαρτέ τις ἄχων συγγνώμη ἀντὶ τῆς τιμωρίας τούτῳ, XXII, 26 : ἀσθενέστερος el: τοῖς ἄρχουσιν ἐφηγοῦ.
Cic., Parad., 6, 1, 44 : fililam quis habet : pecunia est opus.
800. — En grec, quand l'indicatif est précédé de χαὶ δή, il équivaut au français eh bien! soit! je vous accorde, j'admets 486... Ex. : Eun., Méd., 386 : καὶ δὴ τεθνᾶσι τίς με δέξεται πόλις ; ÉL., 1059 : καὶ δὴ παρεῖχεν εἶτα πῶς ἄνευ νεὼς | σωθησόμεθα : — Χέν., Anab., V, 1,9: ποιῶ ὑμᾶς ἥχειν εἰς Φᾶσιν" καὶ δὴ χαὶ ἀποθαίνομεν᾽ γνώσεσθε δήπου ὅτι οὐχ ἐν τῇ ᾿Ελλάδι ἐστέ". 1. En pareil cas χαὶ δή peut être remplacé par ἤδη.
Ex.: Xéx., Hell, NII, 1, 12 : ἤδη γήσεσθε χατὰ θάλασσαν... οὐκοῦν ὑμεῖς Εἱλώτων ἡγήσεσθε.
801. — Indicatif exprimant un souhait. — En grec, pour exprimer un souhait irréalisable ou un regret sur ce que telle chose n'a pas lieu ou n'a pas eù lieu, on se sert d'un temps passé de l'indicatif précédé de εἴθε (poét. αἴθε) ou de εἰ γάρ, si seulement..! L'imparfait se rapporte au présent, l'aoriste au passé.
La négation est μή.
Ex. : Ecn., Heracl., 131 : εἴθ᾽ ἦσθα δυνατὸς δρᾷν ὅσον πρόθυρος εἶ, si seulement la force égalait chez toi l'intention! Alc., 536 : εἴθ᾽ n0po- 9 » Α ᾿ ιὲεν ο. Adunre, μη λυπούμενον, δὲ seulement, Admèëte, nous ne t'avions pas trouvé dans l'affliction! — XEN., Mém., 1, 9, 46 : εἴθε σοι τότε συνεγενόμην, ah ! si j'avais été alors avec toi!
REMARQUE. — La même idée est rendue quelquefois aussi en grec par l'aor. 2 ὦφελον, ὦφελες, ὥφελεν', etc., μὴ ὥφελον, ὦφελες, ὥφελεν, etc., avec l'infinitif présent, s'il s’agit du présent ; avec l'infinitif aoriste, s’il s'agit du passé. On dit aussi εἴθε (poét. αἴθε) ὥφελον, etc., εἰ γὰρ ὥφελον, etc., et ὡς ὥφελον, etc.
Ex. : Hox., 1].. XXIV, 254 : αἵθ᾽ ὠφέλετε, 88 que n'avez-vous,..! — Escx., Pers., 916; ARIST., Gren., 955 : ὡς ὥφελες. — PLAT., Rép., 4392 c : εἰ γὰρ
ὥφελον. --- XÉN., Cyr., IV, 6, 3 : ὡς μήποτ᾽ ὥφελε...., plàt aux dicux que jamais il πο...3,
302. — Indicatif avec ἄν. — La valeur de l'indicatif se trouve complètement modifiée par la particule ἄν, le cas échéant, qui donne à la proposition où elle se trouve un sens conditionnel ou dubitatif.
1° L'indicatif imparfait ou aoriste accompagné de &v (hom. xs ou
key) sert à exprimer qu'à l'occasion telle ou telle chose pouvait se produire dans le passé.
Ex. : ον, 11, IV, 421 : δεινὸν δ᾽ ἔδραχε χαλχὸς ἐπὶ στήθεσσιν ἄναχτος | ὀρνυμένου " ὑπό κεν ταλασίφρονά περ δέος εἷλεν (m. à
m. : le cas échéant, la crainte s'est emparée d’un homme même
d'une âme courageuse, c.-à-d. un tel bruit d'armes était [d’où eût
été] de nature à faire trembler un homme même d'une âme courageuse) ἢ, Odyss., IV, 546 sq. : ἢ γάρ μιν ζῶόν € χιχήσεαί ᾿ ñ
κεν ᾿Ορέστης | κτεῖνεν ὑποφθάμενος' σὺ δέ χεν τάφου ἀντιθολήσαις (ou tu le rencontreras vivant, ou ἐΐ se peul qu'Oreste
1. Rarement par l'imparfait ὥφειλον. Sur wpshov, voy. ci-dessus, p. 300, n. {. 3. Dans la grécité postérieure ὥφελον et ὥφελε sont méme devenus invariables et employés arcc l'mdicatif, absolument comme le latin utinam avec le subjonctif. Ex.: Caunraous, Épig., 18, 1 : ὥφελε μηδ᾽ ἐγένοντο θοαὶ νῆες. — Nouv. Tesr., Corinth., 4, 8: ὥφελον ἐδασιλεύσατε. — Anniex, Diss., 2, 18: ὥφελόν τις μετὰ ταύτης ἐχοιμήθη. 3. L'origine de la particule ἄν est incertaine. Mais son correspondant homérique xe ou xev parait se rattacher à χός, pronom indéfini éolien et dorien, équivalent de τις. G. H. Mucller a proposé de rattacher ἀν (= ἄμ) à ἀμο-. thème de l’indéfini ἀμός, qui, en dorien, signilie « quelque », ct qu'on retrouve dans les mots οὐδαμοῦ, οὐδαμοῖ, cle. Mais, en tout cas, la parenté de ἄν et de an latin ne parait pas douteuse.
4. Cette phrase peut servir à montrer comment l'indicatif accompagné de ἄν a fini par exprimer l'idée que le fraocçais rend par le conditionnel,
(rimiuu
ail trouvé l'occasion de prendre les devants et de le tuer, etc.). — Sorn., Phil, 512 : πρὸς ποῖον ἂν τόνδ᾽ (c.-à-d. πρὸς ποῖον ἂν ὄντα τόνδε, équivalent de ποῖος ἂν ἣν ὅδε πρὸς ὃν) αὐτὸς οὑδυσσεὺς ἔπλει ; quel pouvait bien être cet homme vers qui Ulysse en personne ἃ pu entreprendre de venir par mer? — AnisrT., Gren., 1022 : τοὺς ἕπτ᾽ ἐπὶ Θήδας" [ὃ (sc. δρᾶμα) θεασάμενος πᾶς ἄν τις ἀνὴρ ἠράσθη δάϊος εἶναι, drame qu'on n'a jamais pu voir sans être saisi de sentiments guerriers !. — Tauc., VI, 2: Σιχελοὶ δὲ ἐξ ᾿Ιταλίας διέδησαν ἐς Σιχελίαν... ἐπὶ σχεδιῶν..., τάχα ἂν δὲ χαὶ ἄλλως πῶς ἐσπλεύσαντες (s.-e. διέθησαν), les Sicèles passèrent d'ltalie en Sicile sur des canots, mais peut-être ont-ils employé aussi, Ze cas échéant, quelque autre moyen de transport. — PLar., Apol., 48 c: ἐν ταύτῃ τῇ ἡλικίχ..., ἐν ἡ ἂν μάλιστα ἐπιστεύσατε, à l'Age où vous pouviez être le plus confiants du monde. — Χέν., Hell., ΠῚ, 4, 18 : ἑπερρώσθη δ᾽ ἄν τις χαχεῖνο ἰδών, on ne pouvait pas assister à ce spectacle sans reprendre courage. — Din, IX, 13: οἴεσθ᾽ αὐτόν, où ἐποίησαν οὐδὲν ἂν xaxôv (qui, à l’occasion, ne pouvaient lui causer aucun ἰοτί)..., τούτους... ἐξαπατᾶν αἱρεῖσθαι μᾶλλον ἢ προλέγοντα βιάζεσθαι ;
REMARQUE. — C'est sans doute une simple extension de cet emploi particulier? qu il faut voir dans les locutions bien connues ᾧόμεν ἄν, je pouvais croire, ᾧετό τις ἄν, ἔγνω τις ἄν, ἤσθετό τις ἄν, εἶδες ἅν, ἡγήσω ἄν, etc. (cf. en latin : putares, crederes, diceres, cerneres, videres), on pouvait croire, on pouvait peuser, on pouvait dire, ou pouvait s'aperccvoir, etc. (d'où : on aurait pu croire, penser, dire, s'apercevoir, etc.).
Ex. : Hom., 11., XVI, 638 sq. : οὐδ᾽ ἂν ἔτι φράδιαων περ ἀνὴρ Σαρπηδόνα δῖον | ἔγνω. Od., XXIV, 61 : ἔνθα κεν οὔτιν᾽ ἀδάχρυτόν γ᾽ ἐνοήσας (cf. 18... 90). — EuriP., Iphig. à Aulis, 1582 : θαῦμα. δ᾽ Ἦν αἴφνης ὁρᾶν" πληγῆς χτύπον γὰρ πᾶς τις ἤσθετ᾽ ἂν σαφῶς. —XÉN., Anab., 1,5, 8 : θᾶττον, ἡ ὥς τις ἂν ᾧετο, μετεώρους ἐξεχόμισαν τὰς ἁμάξας. — DÉM., XVII, 295 : ἃ μήτε προΐδει μηδεὶς μήτ᾽ ἂν φήθη τήμερον ῥηθῆναι.
L'emploi de l'imparfait ou de l’aoriste dans ces sortes de locutions ne permet pas de les rapporter au présent : elles expriment toujours qu'à tel ou tel moment du passé, telle ou telle opinion (idée, conception, etc.) était possible ὃ. Van
2° L'indicatif imparfait ou aoriste accompagné de ἄν hdi χε Ou xev) sert à signifier que l’action du verbe avait lieu ou ἃ eu lieu toutes les fois que la condition nécessaire à son accomplissement était ou ἃ été remplic*.
1. Dans ces sortes de phrases, la particule ἄν sert à appeler l'attention sur la condition exprimée par le participe, condition nécessaire pour que l’action se produise. Le rôle de la particule est le même quand la condition, au lieu d’être exprimée par un participe, cst indiquée à l'aide d’une proposition complète (hypothétique, relative, temporelle), Cf. ci-après, p. 309, l'exemple de Thucydide cité (VII, 71).
2. Quelques grammairieus voient dans ces expressions un cas particulier de la construction étudiée ci-après, p. 310, D. Mais n'est-il pas plus simple de les expliquer comme nous faisons ici ?
3. De là l'expression potentiel du passé par laquelle certaios grammairiens désignent l'imparfait ou l'aoriste accompagné de ἄν, quand il est employé dans cette acception.
4. 1} cût été plus logique de parler de cette construction (comme aussi de celle dont il sera question tout à l'heure) dans la deuxième partie de l'ouvrage, où il est traité, non plus de la proposition simple, mais de la syntaxe de la phrase. En effet, ce qui donne à l'indicatif accompagné de ἄν les divers sens dont nous
Ex. : Ilérovore, ΠῚ, 419 : ἢ γυνὴ τοῦ ᾿Ινταφέρνεος φοιτέουσα ἐπὶ τὰς θύρας τοῦ βασιλέος κλαίεσκε ἂν χαὶ ὀδυρέσκετο, la femme d'Intaphernès se rendait aux portes du palais et chaque fois! elle répandait des larmes et laissait éclater ses gémissements. — Tauc., VII,74,3 : εἰ μέν τινες ἴδοιέν πῇ τοὺς σφετέρους ἐπιχρατοῦντας͵, ἀνεθάρσησαν τε ἂν χαὶ πρὸς ἀνάχλησιν θεῶν... ἐτρέποντο, chaque fois qu'ils voyaient les leurs avoir l'avantage, ils reprenaient de l'assurance et ils se mettaient à invoquer les dieux. — PLAT., Apol., 22 ἢ : ἀναλαμθάνων οὖν τὰ ποιήματα διηρώτων ἂν αὐτούς, τί λέγοιεν. — Χέν., Anab., II, 3, 11 : εἴ τις αὐτῷ δοχοίη τῶν πρὺς τοῦτο τεταγμένων βλᾶχεύειν, ἕπαιεν ἄν, si quelqu'un lui paraissait faire le paresseux parmi ceux qu’il avait chargés de cette besogne, il ne manquait pas de le frapper?.
3° Il ne faut pas confondre l'emploi de la particule ἄν dont il vient ‘être question avec celui qui sert à signifier que l’action aurait lieu ou bien aurait eu lieu, si la condition dont elle dépend se trouvait ou s'était trouvée remplie. L'indicatif imparfait avec ἄν correspond alors au conditionnel présent employé comme présent, et l'indicatif aoriste avec ἄν correspond au conditionnel passé.
a) CONDITIONNEL PRÉSENT.
Ex. : Χέν., Cyr., V, 5,34 : εἴ τι ἐμοῦ Exr dou, οὐδενὸς ἂν οὕτως υ᾽ ἀποστερεῖν ἐφυλάττου, ὡς ἀξιώματος χαὶ τιμῆς, si tu avais quelque souci de moi, ἐμ 6 garderais de me priver surtout de considération et d'honneur*. — Χέν., Anab., I, 1, « : εἰ μὴ ὑμεῖς ἤλθετε, ἐπορευόμεθα ἂν ἐπὶ βασιλέα, si vous n'étiez pas venus,
allons nous occuper, c'est le contexte, c'est-à-dire l'union de la proposition principale avec une proposition dépendante complète (ou abrégée sous la forme d'un participe). Mais il faut considérer, d'une part, que l'on reviendra sur ces constructions dans la deuxième partie de l'ouvrage ct, d'autre part que, parlant des emplois figurés et dérivés de l'indicatif, il était impossible d'omettre ici le plus important.
1. Littéralement : « le cas échéant », c.-à-d. toutes les fois qu'elle se rendait (φοιτέουσα, cf. ci-dessus, p. 308, n. 1) aux portes du palais. » On voit comment s'explique le sens spécial de la particule ἄν dans cœt emploi et dans les emplois analogues.
3. Remarquez l'exemple suivant, dans lequel l'idée de répétition sc dégage du contexte, sans que la coadition nécessaire à l'accomplissement de l'action soit marquée expressément par un participe ou par unc proposition dépendante.
Exs.: Eva. Phénic., 401, Jocasle : πόθεν δ᾽ ἐθόσχου, πρὶν γάμοις εὑρεῖν Biov; Polynice: ποτὲ μὲν ἐπ᾿ ἦμαρ εἶχον, εἶτ᾽ οὐχ 6 χοὸν ἄν (« mais il y avait des cas aù je n'avais rieu »).
Kcuses (ausf. Gramm. der gr. Spr.,t. 1, p. 173, 5) cite bien How., Od., II, 104 : ἔνθα REY ἡματίη μὲν ὑφαένεσκεν μέγαν ἱστόν, | νύχτας δ᾽ ἀλλύεσχεν, ἐπεὶ δαΐδας παραθεῖτο.
Maus dans ce passage les mcilleurs textes portent ἔνθα καέ.
3. On donne quelquefois à l'indicatif modifié de cette façon le nom de mode de la non-réalité ou mode irréel. En effet, la forme de phrase employée sert essentiellement à exprimer celte idée que l'action marquée par le verbe n'a pas licu ou n'a pas cu lieu, parce qu'elle dépendait d'une coudition qui ne s'est pas trouvée remplie.
4. Il est aisé de rattacher cette acception dérivée au sens propre de la particule ἄν : traduite littéralement, la phrase de Xénophon signifie: « quand tu avais quelque souci de moi, tu te gardais, le cas échéant, de me priver... » ; on supplée aisément ceci: « mais en réalité tu n'as (maintenant) nul souci de moi et lu πὸ le gardes pas de me priver... ». L'intelligence complète ce que la forme de la phrase laisse simplement entendre.
GS
nous marcherions contre le roi. — Isocr., A4rchid., 81 : GUY οὕτως ἂν προθύμως ἐπὶ τὸν πόλεμον ὑμᾶς παρεκάλουν, εἰ μὴ τὴν εἰρηνῊν ἑώρων 8x τοῦ πολέμου χαλὴν καὶ βεθαίαν γενησουξνην, je ne mettrais pas tant de zèle à vous conseiller la guerre si je ne voyais pas que de la guerre sortira une paix excellente et durable. — Lys, XXXI, 23 : ὁπότερον τούτων ἐποίησε Διογείτων, οὐδενὸς ἂν ἧττον ᾿Αθηναίων πλούσιοι ἦσαν, que Diogiton eût adopté l'une ou l'autre de ces lignes de conduite, ἐΐ8 seraient aussi riches qu'aucun autre Athénien.
b) COXDITIONNEL PASSÉ.
Ex. : Puar., Apol., 32 : ἴσως ἂν ἀπέθανον, εἰ μὴ ἢ τῶν τριάχοντα ἀρχὴ διὰ ταχέων χατελύθη, sans doute j'aurais péri, si le gouvernement des Trente n'avait été promptement renversé. — Dé, IV, 5 : εἰ ὁ Φίλιππος τότε ταύτην ἔσχε τὴν γνώμην, ὡς χαλεπὸν πολεμεῖν ἐστὶν ᾿Αθηναίοις, οὐδ ἄν͵ ὧν νυνὶ πεποίηχεν, ἔπραξεν, si Philippe avait eu à cette époque l'opinion qu'il est dangereux d’être en guerre avec Athènes, il n'aurai rien entrepris de ce qu'ila achevé aujourd'hui. — Escrine, If, 86 : el ἐγὼ ἐτόλμων τοῦτο ποιεῖν, ἐπέτρεψας ἄν, ὦ Δημόσθενες, καὶ οὐχ ἐνέπλησας βοῆς χαὶ χραυγῆς τὴν ἀγοράν; si j'en avais le courage, l'aurais-fu permis, Démosthène, et n'aurais-lu pas rempli la place de tes éclats de voix! ?
REMARQUE. — À cet emploi particulier de l'indicatif avec ἄν se rattache la locution ébouAduny ἄν (lat. vellem), jo voudrais bien ?.
Ex. :XÉN., Cyr., VII, 8, 16: ἑδουλόμην δ᾽ ἂν οὕτως ἔχειν (je voudrais bien qu'il en ft aujourd'hui ainsi) νῦν δὲ πᾶντα τἀναντία εὐθὺς ἐξ ἀρχῆς πράττων
προσηνέχθην τῷ ᾿ΑΛπόλλωνι. — Ι500Ἀ., XVIII, 51 : ἐδουλόμην ἂν ὑμᾶς ὁμοίως ἐμοὶ γιγνώσχειν αὐτόν.
On trouve assez souvent aussi ἐδουλόμην (sans ἄν), probablement par analogie avec les locutions dont il a été question ci-dessus ($ 292, 2 a). Le
1. On emploie quelquefois le plus-que-parfait avec ἄν. Mais, en ce cas, ou bien le plus-que-parfait est l'équivalent d'un imparfait, ou bien il sert à exprimer l’entier achèvement de l'action.
Ex.: Prar., Apol., 31 : el ἐγὼ πάλαι ἐπεχείρησα πράττειν τὰ πολιτιχὰ πράγματα, πάλαι ἂν ἀπολώλῃ («il y a longtemps que je serais mort ») χαὶ οὔτ᾽ ἂν ὑμᾶς ὠφαλὴκη οὐδὲν οὔτ᾽ ἂν ἐμαντόν (« οἱ je n'aurais pas pu vous être utile ni m'être utile à moi-même [comme je l'ai été jusqu'au bout) »).
2. Logiquement cette locution devrait se rapporter au passé et signifier « j'aurais voulu » ; mais l'usage lui a attribué la valeur d'un conditionnel présent, à cause de l'idée particulière contenue dans le verbe « vouloir », Ce qu'on exprime ainsi c'est un souhait qui n’est plus réalisable, c'est-à-dire un regret sur ceci que la réalité ne répond pas aux intentions qu'un avait et qu'on aurait encore.
3. Quelques grammairiens ajoutent ici les expressions dont nous avons rendu compte ci-dessus, p. 308, Ræuanque. « Une chose qui n’a pas eu lieu, disent-ils (cf., par ex. Cucuri-Risuaxx, Règles fondamentales de la syntare grecque, 25 éd., $ 91, Ru. 11), parce que la condition d’où elle dépendait ne s'est pas trouvée remplie, a pu être regardée comme possible à un certain moment du passé, alors qu'on ne savait pas encore si la condition se remplirait ou non : ἔνθα δὴ ἔγνω ἄν τις, tum vero cerneres, « on pouvait alors s'apercevoir.…. » ; τίς ἄν @eto, quis crederet 7 « qui pouvait alors croire... ? » Mais la traduction mème que l'on donne de ces expressions prouve qu'il est plus simple de les rattacher, comme cas particulier, au $ 302, 1°. Le cas n'est pas le même pour le latin, qui, n'ayant pas à sa disposition uuc particule comme ἄν, emploie απὸ des formes du subjonctif passé (ἡ 334).
où
Loin