‹ Grammaire comparée du grec et du latinChapitre 94 sur 306 · C. — SUBJONCTIF GREC · texte numérisé non relu

C. — SUBJONCTIF GREC

308. — Sens du subjonctif grec. — On ἃ dit quelquefois” que le subjonctif* grec signifie proprement une action éventuelle ; mais la seule chose qu'on puisse dire, c'est que ce sens est un des plus anciens : on le rencontre très souvent chez Homère.

Ex. : Odyss., XII, 383 : δύσομαι εἰς ᾿Αἰδαο χαὶ ἐν νεχύεσσι φαείνω, je pénétrerai chez Hadès et (dans ce cas) je brillerai au milieu des morts. JL, 1, 262 : οὐ γάρ πω τοίους ἴδον ἀνέρας, οὐδὲ ἴδωμαι, je n'ai pas encore vu de semblables héros et sans doute ἐξ ne m'arrivera pas d'en voir. Il, VI, 459 : χαὶ ποτέ τις εἴπησιν, et il arrivera un jour que l'on dira. Etc.

REMARQUES. — I. Ce subjonctif est quelquefois, chez Homère, accompagné des particules χε (xev) ou ἄν, qui marquent d’une façon expresse l’idée d'éventualité.

Les Attiques n’emploient jamais ce subjonctif (soit seul, soit accompagné de ἄν) dans une proposition principale; mais dans les propositions dépendantes (relatives, conditionnelles et temporelles), ils combinent la particule ἄν avec le relatif ou les particules conditionnelles et temporelles qu'ils font suivre du subjonctif.

II. Chez les Attiques, dans une proposition principale, c'est le futur qui remplace le subjonctif pour signifier une action éventuelle. Mais on sait que le subjonctif ou le futur ont entre eux, pour la forme et pour le sens, les rapports les plus étroits : les subjonctifs édoua, γέω, etc., servent de futurs, et d'autre part le futur peut remplacer le subjonctif avec ἄν dans des propositions conditionnelles comme celle-ci (EscH., III, 147) : εἰ μὴ γρυσῷ στεφάνῳ στεφανωθήσεται, ἀγαναχτεῖ".

1. Le mot εἶεν, soit, n’est pas une forme verbale, mais une sorte d'interjection, qui se raltache peut-être à εἶα.

ἃ, Voyez, par exemple, Kocu, Grammaire grecque, ὃ 105, 3.

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