‹ Grammaire comparée du grec et du latinChapitre 96 sur 306 · Cet usage οκίβίθ déjà dans Homère · texte numérisé non relu

Cet usage οκίβίθ déjà dans Homère

IL, V1, 340 : ἀλλ᾽ ἄγε νῦν ἐπίμεινον, prix τεύχεα δύω. IX, 60 : ἀλλ᾽ ἄγ᾽ ἐγὼν... ἐξείπω.

Dans ce dernier passage, le futur se rencontre à côté du subjonetif : xal πάντα δεξξομ χε. Le sens est celui ci : « eh bien! voyons ! que je parle οἱ je raconterai tout. »

2 Dans le second cas, on met le subjonctif à la première personne du pluriel : il peut être précédé ἀ᾽ ἅγε (qqf. ἴθι) ou de φέρε'. Ex. : How.,IL., Il, 236 : οἴκαδέ περ... νεώμεθα. Odyss., XXII, 71 : ἔλθωμεν δ᾽ ἀγὰ ἄστυ. -- Eun., Oreste, 1258 : χωρεῖτ᾽, ἐπειγώμεθα... [πο,34: φειδώμεθ᾽ ἀνδρῶν εὐγενῶν, φειδώμεθα : χαχοὺς δ᾽ ἀποπτύωμεν ὥσπερ ἄξιοι. — Χέν., Cyr., VII, 4, 5: παρῶμέν τε... ἀσκῶμέν τε... παρέχωμεέν τε...

ΠοΜ., JL, IX, 26 : ἀλλ᾽ ἄγετε... πειθώμεθα πάντες. — Ακιβτορη., Nues, 860 : ἀλλ᾽ ἴθι, βάδιζ᾽, ἴωμεν. — PLarox, Protag., 332 : ἴθι δὴ ἀναλογισώμεθα τὰ ὡμολογημένα ἡμῖν. Polit., 294 : φέρε νῦν ἀναλάδωμεν πάλιν τῇ μνήμῃ τὰς ἐπιτάξεις. — Χέν., Cyr, V, 5, 15 : ἅγε σχοπῶμεν τὰ ἐμοὶ πεπραγμένα πάντα af ἕν Éxactov. V, 3, 84: ἄγετε καταλίπωμεν

ἔχαστοι τοὺς μετ᾽ αὐτῶν ἐπιτηδειοτάτους πορεύεσθαι. REMARQUE. — Quand la proposition est négative, on se sert de la négation μή devant

la première personne du pluriel.

Ex. : ΒΟΡΗ., Ajar, 108... μὴ δοκῶμεν ὁρῶντες ἂν (-Ξ ἃ ἂν) ἡδώμεθα | οὐχ ἀντιτίσειν αὖθις ἂν λυπώμεθα. — Tauc., III, 9, 2 : μηδέ τῳ χείρους δόξωμεν εἶναι. — PLATON, Gorg., 505 : μὴ ἀτελῇ τὸν λόγον καταλίπωμεν. Phèdre, 211 α : μὴ πειθώμεθα. Phil, 20 ἃ : μὴ οἰώμεθα... -- Χέν., Anab., VII, 1, 29 : μὴ μαινώμεθα...

344. — Dans une proposition interrogative, le subjonctif (présent ou aoriste) employé surtout à la première personne du singulier ou du pluriel* sert à marquer qu'on est dans le doute sur la résolution qu'on doit prendre* ou dans l'incertitude sur ce qu'on va faire, sur ce qui va arriver, etc. C’est ce qu'on appelle le subjonctif délibératif ou dubitatif.

Ex. : How., Od., XV, 509 : πῇ γὰρ ἐγώ, φίλε Téxvov, ἴω, τεῦ δώμαθ᾽ ἱκάνω: 11., ΧΙ, 404 : ὦμο! ἐγώ, τί πάθω (que vais-je souffrir?

1. Ουεϊᾳυοίοίβ aussi de ἔα, qui est proprement un cri d'encouragement : «ch bien! allons! » Ex. : PLatox, Soph., 239 Ὁ: ἔα σκεψώμεθα.

11 ne faut pas confondre cette interjection avec l'impéralif du verbe ἐᾶν, « permettre ».

2. On voit par cet exemple et par celui de Xénophon cité plus bas que l'impératif ἄγε peut étre remplacé par le pluriel, quand le subjonctif de résolution doit être mis au pluriel. 11 n’en est pas de même de 56pz, qui reste toujours au singulier, étant pris pour une véritable iuterjection.

Ex.: Pratox, Gorg., 455 a: φέρε δὴ tOwmev Protag., 330 b: ἀλλὰ φέρε δὴ σκεψώμεθα.

3. La deuxième personne ne se rencontre, dit-on, que dans l'interrogation indirecte.

Ex.: Anisr., Ois., 164: τί σοι πιθώμεσθ᾽ ; — "O τι πέθησθε:

Pcisthétæros répond à la Huppe en reprenant, sous forme d'interrogation indirecte, les termes mêmes de sa question : « fu me demandes s'il faut que vous vbéissiez ». On dit, en français, exactement de la même façon : « s'il faut que vous obéissiez ? »

Mais logiquement il n'y a pas d'impossibilité à ce qu'on mette en question la résolution d'un autre, Comparez, en latin,

Tén., Eun., 14 : quid agam nescio. — Quid agas, nisi ut te redimas ... etne te adflictes ?

Pour l'emploi de la troisième personne, voy. p. 316, Rex. I.

4. C'est le tour interrogatif qui donne au subjonctif le sens dubitatif. Comparez en cffet ἴωμεν. « allons» et ἴωμεν ; « allons-nous? » c'est-à-dire « devons-nous aller ? » « faut-il que nous allions? »

c.-à-d. que va-t-il m'arriver?). — Escuyce, Supp., 919 : τί γένωμαι, que vais-je devenir? 1b., 1049 : τέ πάθω: τί δὲ δρῶ; τί δὲ μήσωμαι; -- Hén., IV, 118 : τί γὰρ πάθωμεν μὴ βουλομένων ὑμέων τιμωρέειν; — Eur, lon, 158 : εἴπωμεν ἢ σιγῶμεν᾽;

Quand la proposition est négative, la négation employée est ur.

Ex. : XÉN., Écon., 4, 4 : ἀρα, ἔφη ὃ Σωχράτης, μὴ αἰσχυνθῶμεν τὸν Περσῶν βασιλέα μιμήσασθαιἷ;

REMARQUES. — 1. Il peut arriver que le subjonctif délibératif soit employé à la troisième personne du singulier.

Il est un cas en effet où cette construction est logique : c'est quand l'auteur s'exprime à l'aide d'un pronom indéfini, pour effacer, en quelque façon, sa propre personne ou celle des auditeurs.

Ex.: DÉM., XVIII, 124 : πότερόν σέ τις, Αἰσχίνη, τῆς πόλεως ἐχθρὸν ἢ ἐμὸν εἶναι φῇ ; (en réalité Démosthène pourrait dire et il veut dire πότερον... φῶ ;). — PLAT., Phil., 450 : πόθεν οὖν τις ἄρξηται ; (c'est comme s’il y avait πόθεν ἀρξώμεθα ;) 5.

II. Le subjonctif délibératif est souvent précédé de βόυλει ou de βούλεσθε *.

Ex.:Sopx., Ph., 161 : βούλει, λάδωμαι δῆτα χαὶ θέγω τί σου ; — Χέν., Mém., Il, 1, 1: βούλει, σκοπῶμεν ; (οἵ. 1., III, 5, 1; IV, 9, 43; 16). — Eur., Hec., 1042 : βούλεσθ᾽, ἐπεισπέσωμεν ; — XÉN., Bang., 6, 3: ἢ οὖν βούλεσθε, ὑμῖν διαλέγωμαι;

ΤΠ. Le subjonctif délibératif est quelquefois remplacé par le futur ou par le présent de l'indicatif (cf. ci-dessus, $ 298).

4° Le futur de l'indicatif signifie simplement ce qui arrivera et correspond, non plus au français devoir, falloir, mais au verbe aller suivi de l’infinitif.

Ex.: PLAT., Rép., 391 ἃ : τί οὖν HOLÂGOMEY ; (qu'allons-nous faire ?) ... πότερον εἰς τὴν πόλιν πάντας τούτους παραδεξόμεθα ἢ τῶν ἀχράτων τὸν ἕτερον ἢ τὸν χεχραμένον ; — DÉM., XX, 4 : ἀρ᾽ οὖν θησόμεθα νόμον dix ταῦτα μηδὲ τὸ λοιπὸν ἐξεῖναι τῇ βουλῇ μηδὲ τῷ δήμῳ μήτε προθουλεύειν μήτε χειροτονεῖν μηδὲν ;

1. Remarquez: PLarT., Bang., 212: δέξεσθε ἡμᾶς ἡ ἀπέωμεν ; « voulez-vous nous recevoir ou faut-il que nous partions ? »

2. Quand on rencontre la négation οὐ, c’est qu’elle porte sur un autre mot que sur le subjonctif. Ex.: Parox, Gorg., 514 c: φῶμεν ταῦτα ὀρθῶς λέγεσθαι à οὔ; C'est comme s'il y avait .. À οὐχ ὀρθώς λέγεσθαι ; 3. 1l est extrêmement rare que le subjonclif délibératif à la troisième personne ait pour sujet un nom de chose. On cite :

Déu., XX, 447: τίνος ἕνεκα ἐφ᾽ ἡμῶν πρῶτον καταδειχθῷ τοιοῦτον ἔργον ; à pourquoi un tel fait doit-il ètre donné pour la première fois en exemple à notre époque ? » :

Telle est la leçon du ms δ), ot la vulgate χαταδειχθείη, quoi qu'en dise Ktuxrn (ausf. Gramm. der gr. Spr., t. I, p. 186, 5), doit être considérée comme fautive.

ὶ 4. ϑορβοοικ (Œd. roi, 651; ÆEl,, 80) se sert de même de ἐθέλεις.

5. Il est peu probable que le subjonctif dépende de βούλει et que nous ayons affaire ici à une propoposition subordoanée. Pour se rendre compte de la construction, il suffit de comparer le français : « Examinous, voulez-vous ? » qui équivaut bien à « voulez-vous que nous examinions ? » mais qui est, en réalité, tuut autre chose.

2° Le présent de l'indicatif indique que la décision doit être prise sur-le-champ : c'est donc proprement un futur prochain (cf. ci-dessus, ὃ 228).

Ex.:PLAT., Bang., 214 : πῶς οὖν, ὦ ᾿ΑΛλχιῤιάδη, ποιοῦμεν ; οὕτως οὔτε τι λέγομεν ἐπὶ τῇ χύλιχι οὔτ᾽ ἐπάδομεν, ἀλλ᾽’ ἀτεχνῶς ὥσπερ οἱ διψῶντες πιόμεθα;

912. — A l'emploi du subjonctif délibératif se rattache très étraitement celui que quelques grammairiens appellent subjonctif exclamatif.

En effet, on se sert en grec du subjonctif présent ou aoriste pour se demander, parfois avec indignation, s’il faut donc, pour contenter telle ou telle personne, agir de telle ou telle manière!.

Ex. : Amsropu., Lys., 530 : σιώπα. — Σοί Υ: ὦ χατάρατε, σιωπῶ γώ; Gren., 1135: Αἰσχύλε, παραινῶ σοι σιωπᾶν... — ᾿Εγὼ

σιωπῶ τῷδε; — Χέν., Mém., I, 2, 36 : μηδὲ σὺ διαλέγου νεωτέροις τριάχοντα ἐτῶν. Mndé, ἄν τι ὠνῶμα:, ἔφη, ἣν πωλῇ νεώτερος τριάχοντα ἐτῶν, ἔρωμαι, ὁπόσον πωλεῖ;

REMARQUE. — On peut rattacher encore à l'emploi du subjonctif dont il vient d'être question celui qui sert à repousser (souvent avec indignation) une supposilion inadmissible *.

Ex.: Déx., XXII, 64 : εἶτα ταῦθ᾽ οὗτοι πεισθῶσιν (veux-tu qu'ils se laissent persuader) ὑπὲρ αὑτῶν σε ποιεῖν χαὶ τὰ τῆς σῆς ἀναισθησίας χαὶ πονηρίας ἔργα ἐφ᾽ αὑτοὺς ἀναδέξωνταις (veux-tu qu'ils en prennent la responsabililé) ;

3143. — Le subjonctif grec sert quelquefois enfin à remplacer l'impératif (cf. ci-dessus, 8 304), pour exprimer une défense”.

L'impératif aoriste étant à peu près inusité dans les défenses, sauf peut-être à la troisième personne (cf. ci-dessus, 8 304, 2)*, on se sert du subjonctif aoriste précédé de ur.

1. La seule différence qu'il y ait entre cette construction et la précédente, c’est que, dans celle-là, la question est faite sur un ton indigné ct préjuge unc réponse négative, tandis que dans celle-ci on s'attend bien à une réponse négative, mais sans élever le tou.

2. Dans cette construction, à vrai dire, il n’y a plus aucune idée de délibération ; on se demande avec indignalion, non pas, comme tout à l'heure, s'il fauv/rait vraiment, pour contenter quelqu'un, agir de telle ou telle (açon, mais bien si telle ou telle façon est possihle, croyable, etc.

3. L'emploi du subjonctif, au licu de l'impératif, pour exprimer un ordre, est irrégulier en grec. On cilait autrefois :

Soru., Phil., 300 : φέρ᾽, ὦ τέχνον, νῦν καὶ τὸ τῆς νήσου μάθῃς.

Mais Nauck et les éditeurs récents corrigent : μάθε.

Dans une inscription d'Élide postérieure à Alexandre (Caven, Delectus, cte., 2° éd., n. 264, 1. 32), on trouve la troisième personne du subjonctif pour exprimer un ordre : τὸ δὲ ψάφισμα τὸ γεγονὸρ..ἀνατεθᾷ ἐν τὸ ἱαρὸν τῶ Διὸρ τῶ ᾿Ολυμπίω, et un peu plus loin (1. 36) : ἐπιμέλειαν ποτῆχται Νικόδρομορ ὁ A ti re

Ces exemples n'ont aucune autorité.

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