Kaïorn (Griechische Sprachlshre, $ 54, 2, 2) cite
Ansr., Thesm., 870 : jah Ψεῦσον, ὦ Ζεῦ, τῆς ἐπιούσης ἐλπίδος. — Dém., XIX, 77: ὧν ὑμᾶς οὗτος ἐξηπάτησε LA δότω δίχην. — Sorn., 47., 1334 : μὴ ἡ βία oe μηδαμῶς νικησάτω.
Yoyez d’autres exemples recucillis par Condos, Λόγιος ‘Epuñs, 138 8544. Quant à l'exemple
"Eschine (1, 193: μὴ θέσθε νόμον μηδένα) que cite Madvig, il n'est pas très concluant, car il est facile de corriger μὴ θῆσθε. Voyez aussi un article de R. Haxsex dans les Veue Jahrbücher, 1880,
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Ex. : Dé, XXI, 211: μὴ χατὰ τοὺς νόμους δικάσητε, ὦ ἄνδρες δικασταί, μὴ βοηθήσητε τῷ πεπονθότι δεινά... — Ριλτ.,
Lois, 882 b : ὁ REXTNLLÉVOG.…. δεδεμένον αὐτὸν μὴ λύση. REMARQUE. — Dans les maximes générales, on préfère ordinairement l'impératif
présent au subjonctif aoriste précédé de μιή, parce qu'il s'agit d’une action qui doit être répétée dans tous les temps (cf. ci-dessus, ὃ 270, 15). Ex. : Sopx., Phil., 112 : θεὸν νόμιζε καὶ σέύου, ζήτει δὲ μή.
En dehors de ce cas, le choix entre l'impératif présent et le subjonctif aoriste précédé de μὴ est déterminé soit par l'usage, soit par la volonté de l'écrivain, soit (dans quelques cas seulement) par la nécessité d'exprimer une nuance de signification particuliére. C'est ainsi, par exemple, qu’on dira μὴ φοθοῦ, si l’on veut dire ne crains pas, tandis que μὴ φοῤηθῆς signifie ne t'effraie pas (cf. ci-dessus, ὃ 273, 2°).
D. — OPTATIF GREC.
314. — Sens propre de Foptatif!. — Il semble qu'on puisse dire de l’optatif grec que c’est le mode de l'éventualité possible*, le subjonctif étant, en quelques-uns de ses emplois tout au moins, le mode de l'éventualité probable. En d’autres termes, le subjonctif et l'optatif s'accordent tous deux en ce qu'ils expriment que la chose énoncée est une pure conception de l'esprit, mais ils diffèrent l’un de l’autre en ce sens que le subjonctif implique cette idée qu'on veut voir ou qu'on s'attend à voir la chose énoncée se réaliser, tandis que l'optatif indique seulement qu'il est possible qu'elle se réalise.
3145. — Optatif homérique sans ἄν. — Comme mode de la possibilité ou mode potentiel?, l'optatif est ordinairement accompagné de la particule ἄν. mais à l'époque homérique l'addition de la particule n'était pas nécessaire.
Chez Homère (et particulièrement dans l’/liade“), l'optatif employé seul répond donc à notre verbe pouvoir suivi de l'infinitif et signifie * que la chose énoncée est possible, ” qu'elle est soumise à une condition, δ qu'on engage à la faire (impératif adouci), enfin * qu'on admet qu'elle puisse se faire.
1. Pour l'origine de ce terme, voir ci-dessus, p. 283, n. 1. En choisissant le nom de εὐχτιχή (s.-ent. ἔγχλισις) pour désigner ce mode, les Grecs ont considéré un des sens seulement de l'optatif, celui du souhait.
2. C'est, à peu de chose près, la définition de G. Ccarius qui s'exprine ainsi dans sa Grammaire grecque classique, ὃ 515 (p. 307 de la trad. Clairin): « L'optatif indique en général une chose regardée comme possible. » Voyez aussi Kocu, Gramm. grecque, tr. Rouff (A. Colin et C'*), p. 402. Dans sa thèse sur l'Optatif grec (Paris, Vieweg, 1897), H. Vandaclc me parait avoir établi d'une façon à peu près certaine la justesse de cette définition générale. Mais presque tous les grammairiens rattachent ou cherchent à rattacher tous les sens de l’optatif à celui du souhait. Voy. encore B. Darsnücx, rergl, Syntar, 2° partic, ὁ 121.
3. Ce terme est une invention des grammairiens modernes ; le mot ἰδία potentialis ἃ été formé d'après l'adverbe potentialiter qu'on trouve chez saint Augustin, mais dans uu sens différent.
4. Voy. Kaïcen, Gr. Sprachl., WU, p. 97 ($ 54, 3,9)et G. Worrr, das fehlende ἄν bei dem unabhængigen Optativus potentialis in Drama (Rh. Mus., 1863, p. 602 sqq.). H. Vandacle (ouc. cit, p. ? sqq.) cite 17 exemples de l’Zliade et ἃ seulement de l'Odyssée.
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Quand il y a lieu de mettre une négation, c’est οὐ qui est employé,
parce que les propositions de ce genre sont assimilées à celles qui énoncent un fait. Exemples :
a) How., Od., 1Π, 231 : ῥεῖα θεὸς γ᾽ ἐθέλων χαὶ τηλόθεν ἄνδρα σαώσαι, un dien peul facilement, s'il le veut, sauver un homme, mème de loin. |
b) How., JE, XIX, 321 : οὐ μὲν γάρ τι χαχώτερον ἄλλο πάθοιμι, | οὐδ᾽ εἴ χεν τοῦ πατρὸς ἀποφθιμένοιο πυθοίμην, c'est qu'en effet il ne peut m'arriver rien de pire, non, pas même si j'apprenais le trépas de mon père. — Hésionr, Théog., 125 :... χάλχεος ἄχμων
| éx γαίης κατιὼν δεχάτῃ ἐς Τάρταρ᾽ ἵκοιτο, une enclume d'airain tombant de la terre arriverail (= peut arriver) le dixième jour dans le Tartare!.
Ο) Ηον., Od., IV, 198 : πίθοιό μοι, tu peur m'en croire (crois-moi;. I., ΙΝ, 93 (cf. VII, 43): ἢ ῥά νύ μοίτι πίθοιο: peux-tu, oui, peux-tu m'en croire? (allons, crois-moi, obéis-moi) ὦ, — Hou., J., II, 340 : ἐν πυρὶ δὴ βουλαί τε γενοέατο μήδεά τ᾽ ἀνδρῶν, ( lité. ils peuvent bien s'en aller, ils s'en iront sans doule, je pense, d'où) qu'ils s'en aillent donc en feu (— se perdre) les résolutions et les desseins des hommes?!
d) How., Od., XIV, 193 : εἴη μὲν νῦν νῶϊν ἐπὶ χρόνον ἡμὲν ἐδωδη | ἠδὲ μέθυ.... ἄλλοι δ᾽ ἐπὶ ἔργον ἕποιεν᾽ | δηϊδίως χεν ἔπειτα χαὶ εἰς ἐνιαυτὸν ἅπαντα | οὔ τι ΕΝ, ἸΌΝ λέγων ἐμὰ χήδεα θυμοῦ, admetllons que nous eussions toujours cette nourriture et ce vin doux et que d’autres fussent occupés aux travaux, il ne me serait pas facile, même en y employant une année entiére, de te
raconter toutes les douleurs de mon cœur.
REMARQUE. — Cet emploi de l’optatif sans &v est exceptionnel chez les Attiques. On n'en trouve que quelques exemples chez les Tragiques * et chez les Comiques. Quant aux prosateurs, ils semblent l'éviter soigneusement : beaucoup de prétendus emplois de l'optatif sans ἄν qu’on relève chez Platon et chez les Orateurs doivent étre négligés, parce que l'optatif s'explique soit par le style indirect”, soit par tout autre raison. Néanmoins, il serait exagéré de vouloir corriger tous les passages où l'optatif sans ἂν parait choquer les idées reçues, et, en tout cas, il y a dans les Tragiques plusieurs exemples où le mètre employé s'oppose absolument à ce que l’on change le texte. 11 semble donc quon peut conclure que, fout en n'étant pas complètement perdu, l’usage homérique de l'optatif au sens potentiel s’est de plus en plus effacé devant l'emploi de ἅν, et cela se comprend, puisque la particule rendait avec précision des nuances déli-
1. L'exemple ce Pixvans Olymp., 3,45 : οὔ μιν διώξω " χεινὸς εἴην) cité par KEnxer (aus/. Gramm. d. gr. Spr., p. 191, 3) est contestable, parce qu'on peut entendre: « que je sois fou (si je l'entreprends) ! »
2. On trouve aussi chez Homère la troisième personne de l'optatif employée pour significr une sorte de prescription enveloppée dans une forme sentencieuse. Cf. How., Od., V, 8; XVIII, 141.
3. Cet exemple contiendrait donc une ironic amère. Mais peut-être vaudrait-il micux ratlacher ent emploi de l'optatif à l'optatif de souhait : « qu'ils s'en aillent donc en fumée vas desscins d'autrefois (puisque vous πὸ voulez pas agir). » Voy. Moxno, Aomeric grammar, ὃ 299, ce (2° éd., p. 271).
4. Voy. Katosn, Gr. Sprachlehre, H, p. 97 (S 54, 3, 8), et le travail de ὦ. Wourr cité p. 318, n. #.