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APPLICATION DES RÈGLES GÉNÉRALES AUX DIFFÉRENTES ESPÈCES DE VERBES

Participe passé d'un verbe actif.

604. Le participe passé d’un verbe actif, étant | toujours accompagné de l’auxiliaire avoir. suit la règle générale du participe passé conjugué avec avoir, c’est-à-dire que ce participe s'accorde avec {| son complément direct quand ce complément est {|

Lee avant le participe, et qu’il reste invariable si e complément direct est placé après le participe, ou s'il n’y a pas de complément direct.

Ex. : On regrette les années qu’on a passées sans faire le bien.

Heureux les enfants qui ont toujours aimé leurs parents!

Nos ancêtres ont combattu pour la patrie.

Participe passé d’un verbe passif.

606. Le participe passé d’un verbe passif, étant toujours accompagné de l’auxiliaire être, peut être È considéré comme un adjectif qui s’accorde en | genre et en nombre avec le sujet du verbe, quelle j que soit la place de ce sujet. à

Ex. : La France a été sauvée par Jeanne d'Arc. Plusieurs batailles furent gagnées par

Napoléon 1er. ‘ Bénis soient les rois qui sont les pères de

leurs peuples !

|. Ar Ji ‘hi, Wien.

Participe passé des verbes employés, tantôt comme L verbes transitifs, tantôt comme verbes intransitifs. 4

606. Certains verbes s’emploient dans deux sens différents : dans un sens, ils sont transitifs ; dans un autre, ils sont intransitifs. Lorsque ces verbes

sont employés comme transitifs, ils ont un complément direct, et leur participe passé suit la Née générale d’un participe conjugué avec avoir.

Ex. : Ces domestiques nous ont bien servis.

La langue qu'ont parlée Racine et Boileau est bien belle.

Mais lorsque ces verbes sont employés comme intransitifs, ils n’ont pas de complément direct, et leur participe reste invariable.

Ex. : Vos outils ne nous ont pas servi.

L'heure que j'ai parlé m'a fatigué.

Norte. — Nous donnons ci-dessous les principaux verbes ayant des sens différents.

607. Coûter est intransitif dans son sens propre, c'est-à-dire lorsqu'il signifie être acheté un certain priz ; il est transitif dans le sens figuré de causer, occasionner.

Ex. : Les deux francs que ce livre a coûté.

L”s efforts que ce travail m'a coûtés.

RemaArquz. —- D’après l’Académie, coûter est neutre même au figuré, lorsqu'il signifie causer, cscasionner. Mais d’accoid avec plusieurs srammairiens, nous nous croyonsexcusable de ne pas suivre ici l'opinion de l’Académie. D ailleurs ne itrouvet-on pas dans Fénelon : « Vous n'avez pas oublié les soins que vous m'avez coûtés depuis votre enfance » ; dans Racine : «Après tous les ennuis que ce jour m'a coûtés. »

608. Valoir est infransitif dans son sens propre, c’est-à-dire lorsqu'il signifie avoir un certain prix ; il est transitif dans le sens figuré de procurer.

Ex. : Dix francs, ce livre ne les a jamais valu.

Les honneurs que son courage lui a valus.

609. Peser est infransilif lorsqu'il signifie avoir un certain poids ; il est transitif dans le sens de constater le poids, et quand il est employé dans le sens figuré de examiner, apprécier.

Ex. : Les cent livres que ces marchandises ont

pesé.

Vos effets, nous les cvons pesés.

Vos raisons, îe les ai pesées.

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6:0. Courir est intransitif dans le sens de aller avec vitesse ; il est transitif quand il signifie poursuivre, parcourir, s'exposer à.

Ex. : Les deux lieues que nous avons couru.

Les ours que les chasseurs ont courus.

La ville et la campagne que j'ai courues.

Les périls que nous avons courus. (Acad.)

Note. — Il importe donc beaucoup d'examiner la signification de ces verbes pour se tixer sur la variabilité de leur parti-

cipe.

Participe passé d’un verbe intransitif.

611. Le participe passé d’un verbe intransitif, employé comme tel, conjugué avec avoir, est toujours invariable, parce que le verbe intransitif n’a pas de complément direct.

Ex. : Où la mouche a passé, le moucheron de-

meure.

Les histoires nous ont toujours plu.

On regrette les années qu’on u vécu sans aimer le bon Dieu.

Le participe passé d'un verbe intransitif, « :1jugué avec être, suit la règle d’un participe passé conjugué avec être, c’est-à-dire qu’il s’accorde avec le sujet du verbe.

Ex. : Wolfe et Montcalm sont morts la même

année.

Que de héros inconnus sont restés sur les champs de bataille!

Participe passé des verbes pronominaux.

612. Le participe passé des verbes pronominsux s'accorde avec le sujet, excepté dans deux cas : 1° lorsqu'il y a un véritable complément direct

8 on suit la règle générale d'accord avec le complément) ; 2° lorsqu'il s’agit d’un participe neutre

ES

qui se conjugue normalement avec l’auxiliaire avoir quand il n’est pas employé à la forme pronominale.

Ex. : Ils se sont souvenus de leurs promesses. Elles se sont aperçues de leurs fautes.

Cette maison s'est vendue cher.

Les cadeaux qu'ils se sont faits.

Elles se sont écrit plusieurs lettres. Ils se sont nui sans le vouloir.

Note. — On écrira donc: Nous nous étions imaginé que nous réussirions. — Ils s'étaient persuadé qu’on n’oserait les contredire. Maïs on écrira : Les choses fausses qu’ils se sont imaginées. — Ils se sont mutuellement persuadés de la bienveillance de leurs intentions.

Participe passé d’un verbe impersonnel.

613. Le participe passé d’un verbe impersonnel ou employé impersonnellement, quel que soit l’auxiliaire qui l’accompagne, est toujours invariable, parce que ce verbe n’a pas de complément direct.

Ex. : Les trois jours qu'il a neïgé.

Les chaleurs qu'il a fait.

Les grands froids qu'il y a eu.

IL est arrivé de grands malheurs.

IL s'est élevé plusieurs difficultés.

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