‹ Grammaire latine à l'usage de toutes les classesChapitre 197 sur 218 · DELIBERATION, SUPPOSITION · texte numérisé non relu

DELIBERATION, SUPPOSITION

Picam an taceam ?

Utrum superbiam Verris prius commémorera an crudelitatem?

(Cic).

Dois-je le dire ou le taire ?

Que dois-je rappeler d'abord, l'orgueil ou la cruauté de Verres ?

2° Quand la délibération porte sur un fait passé, c'est en latin V imparfait, jamais le plus-que-parfait, et en français, le conditionnel passé :

Quid agêrem ? | Qu'aurais-je fait?

507. Une supposition, une concession s'expriment de la même manière par le subjonctif:

Sit fur, sit sacrïlëgus, at est bonus imper âtor (de).

Qu'il soit voleur, qu'il soit sacrilège (je le veux bien, je l'admets), du moins c'est un bon général.

Remarque. I. Si la proposition est négative, il faut exprimer la conjonction ut (ut non) :

Vêrum ut hoc non sit, tâmen prœclârum spectàcûhun mihi pvopôno (Cic), à supposer que cela ne soit pas vrai (cela ne fût il pas vrai), je ne m'en place pas moins sous les yeux un magnifique spectacle.

II. Quand, dans ces sortes de phrases, on rencontre la négation ne, c'est que l'idée de volonté, d'intention se combine avec l'idée de supposition ; presque toujours, la proposition implique l'idée d'un contradicteur à l'objection duquel on répond :

Né sit sânë summum mâlam dôlor, mâlum certe est (Cic..). (vous voulez) que la douleur ne soit pas le plus grand des maux (je le veux bien), mais assurément elle est un mal.

La possibilité dans les propositions subordonnées.

i° Interrogation indirecte.

508. Nous avons vu l'interrogation exprimée dans la proposition indépendante :

i° (441) Par l'indicatif quand il s'agit d'un fait réel; Quid agïtur? Que se passe-t-il?

2° (5o5; par le subjonctif, quand il s'agit d'un fait possible : Quis crëdat? Qui le croirait ? (Qui pourrait le croire?)

Fréquemment '*} le subjonctif de possibilité s'est trouvé juxtaposé, comme L'indicatif du fait réel, à une autre proposition, connue dans le groupe suivant :

Quid agâtur ? Xescio, que peut-il bien se passer ? Je n'en sais rien

En transposant et en supprimant la ponctuation, on a une principale et une subordonnée :

* Xescio quid agâtur.

Comparez à Dicmihi, quis tues? (Plaute, Bacchis, IV, 2,6001.

Le cas de la subordination devenant de plus en plus fréquent dans la langue classique, l'analogie a uniformisé ce groupe de propositions, et le subjonctif est devenu la règle unique, qu'il s'agisse d'un fait possible ou d'un fait réel.

C'est ce qu'on appelle l'interrogation indirecte.

L'interrogation directe, c'est-à-dire celle qui se fait par une proposition indépendante, a donc son Terbe à l'indicatif ou au subjonctif selon qu'il s'agit d'un fait réel ou d'un fait possible.

L'interrogation indirecte au contraire, c'est-à-dire la proposition subordonnée commençant par tout mot propre à faire une interrogation, a toujours son

1 C'est surtout fréquent chez les comiques, qui reproduisent le mieux la langue de la conversation courante.

l'interrogation INDIRECTE 265

verbe au subjonctif, tandis qu'il est en français à l'indicatif.

Cette proposition est l'équivalent d'un nom et remplit la fonction de complément d'objet : Il lui fit connaître ce qu'il coulait.

Équivalent :

Il lui fit connaître sa volonté.

509. Comme l'interrogation directe, l'interrogation indirecte commence :

i° Par un mot interrogatif (Voir§442) si l'interrogation affecte un autre mot que le verbe (44 TJ :

Rogas | quid agâtur ? J Tu demandes ce qui se

passe?

Dis-moi qui tu es.

Écris-moi comment tu te

portes.

Je demande lequel des

deux est ton frère.

Die mihi | quis sis.

Scribe mihi \ ut cale as.

Quœro | ûter sit f rater tuus.

20 Ou par une des particules interrogatives : -né, num, nonne, an, si l'interrogation affecte le verbe :

Se ire vëlim num bonus (ou bonusnë) sit.

Je voudrais savoir s'il est honnête.

Remarques. I. — Il convient de faire grande attention, dans V exercice du thème, à ne pas confondre la proposition interrogative indirecte avec la proposition relative, quand elle commence par le neutre ce que, parce que la forme des deux propositions est la même en français :

Interrogative indirecte.

Dis-moi | ce que tu veux = dis-moi \ quelle chose tu veux.

Die mihi | quid vëlis.

Relative.

Apporte-moi | ce que/ai demandé = apportemoi | la chose que j'ai demandée.

Affermihi | quodpetîvi.

II. — On rappelle ici qu'il faut employer le pronom réfléchi se et l'adjectif possessif suus dans linterrogation indirecte pour renvoyer au sujet de la principale 122, 3°) :

Orâtor pervestïget quid sui cives cogitent (Cic), que l'orateur s'inquiète de ce que pensent ses concitoyens.

510. L'interrogation indirecte double se construit comme l'interrogation double directe (443), sauf la différence du mode :

Interrogation directe.

Utrum ûnus (ou ùnusnë) \

an plùres sunt mun-

di ?

Y a-t-il un ou plusieurs

mondes ?

Interrogation indirecte.

Scirevelim j utrum ûnus ouùnusnë) \ anplùres sint mundi.

Je voudrais savoir s'il y a un ou plusieurs mondes.

Remarques. I. Utrum ou né sont quelquefois sous-entendus dans le premier membre :

Delibei^abâtur de Avarïco I incêndi placêret \ andefendi Cœs. , on délibérait sur le parti à prendre, brûler Avaricum ou le détendre.

II. On pourrait donc dire ; Scire vélim | ûnus ) an plùres sint mundi.

On pourrait même sous-entendre tout le premier membre : Scire vêlim | an plùres sint mundi.

Page 1