‹ Grand dictionnaire de cuisineChapitre 15 sur 353 · JANVIER · texte numérisé non relu

JANVIER

Ce mois commence glorieusement Tannée. Il est signalé par l'extinction des haines, le rapprochement des familles; c'est un temps d'amnistie et de jubilation; il partage avec l'automne l'avantage de rassembler les productions les plus faites pour exciter et pour satisfaire notre gourmande sensualité.

Dans ce mois, on voit arriver en foule à Paris les bœufs magnifiques de l'Auvergne et du Cotentin, chargés d'une graisse succulente. Leurs flancs recèlent ces aloyaux divins dont l'appétit se lasse moins vite que des mets les plus recherchés ; la culotte, et plus particulièrement la pointe, produisent d'admirables bouillis.

Le bœuf offre des ressources inépuisables pour varier les entrées et même les hors-d'œuvre d'une table bien servie ; il est une mine inépuisable entre les mains d'un artiste habile; c'est vraiment le roi de la cuisine. Sans lui, point de potage, point de jus; son absence seule suffirait pour affamer et attrister toute une ville. Heureux Parisiens ! félicitez-vous, car, s'il faut en croire les voyageurs les plus gourmands, vous mangez dans vos murs le bœuf le plus délectable de l'univers. L'Auvergne et la Normandie

Page 1