‹ Grand dictionnaire de cuisineChapitre 152 sur 353 · FIGUES D'INDE · texte numérisé non relu

FIGUES D'INDE

fico! puis la remît en place; le tout sous peine d'être pendu.

« Plusieurs aimèrent mieux périr que de se soumettre à une semblable humiliation, mais la crainte de la mort y détermina le plus grand nombre. De là la fureur des Milanais quand on leur fait la figue. »

C'est aussi une ligue qui décida le sénat romain à la destruction de Carthage. Toutes les fois que Caton donnait son avis dans le sénat, il terminait par ces mots :

« Il faut détruire Carthage! [Delenda est Carthago!) »

Dans une séance où Ton délibérait sur la guerre avec cette puissance, Caton montra à ses collègues une figue :

« Depuis quand, dit-il, croyez-vous que cette figue soit cueillie? A en juger par sa fraîcheur, il y a peu de temps. Eh bien! cette figue pendait à Tarbre il n'y a que trois jours, et elle vient de Carthage. Jugez combien l'ennemi est près de nous ! »

La guerre fut à l'instant décidée.

Thouin, le pépiniériste du jardin des Plantes, avait chargé

' un domestique fort simple de porter à Buffon deux belles figues

de primeur. En route, le domestique se laissa tenter et mangea

un de ces fruits. BufFon, sachant qu'on devait lui en envoyer

- deux, demanda l'autre au valet, qui avoua sa faute.

« Comment donc as-tu fait? » s'écria BufFon.

Le domestique prit la figue qui restait et dit en l'avalant :

« J'ai fait comme cela !... »

FIGUES D'INDE. — Tout touriste ayant voyagé en Sicile ou en Calabre sera reconnaissant aux figues d'Inde des services qu'elles lui auront rendus.

La figue d'Inde est le fruit du cactus raquette. Elle est ou jaune ou rose, elle contient une pulpe glacée quoique exposée au soleil ; il est vrai qu'elle ^%t abritée par une peau épaisse, qu'il faut ouvrir avec précaution à cause des épines qu'elle contient. \Jne fois entrées dans la peau, ces épines se refusent obstinément à en sortir ; du reste, quelque chaleur qu'il fasse, quelque quantité qu'on en mange, je n'ai jamais entendu dire dans le pays que l'on ait été indisposé d'une indigestion de figues de barbarie. C'est, avec le cocomero, le mets éminemment national des Napolitains.

Les Napolitains ont l'habitude de dire, en vantant leur pays,

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que pour un liard de cocomero ils mangent, ils boivent et se débarbouillent.

FILETS. — Les filets, chez les quadrupèdes, sont les parties charnues qui longent l'épine dorsale ; dans l'oie et le canard, ce sont les aiguillettes que Ton peut découper dans les muscles des ailes et sur les estomacs; dans les poissons, on nomme filet toute bande de chair dépourvue d'arêtes. *

FLAN DE CRÈME A LA FRANGIPANE. — Croûte en pâtes brisées. Garnissez de frangipane à la moelle, faites cuire au four et glacez-la avec sucre en poudre avant de servir.

Flan de fruits. — Prenez un moule qui n'ait pas plus de cinq centimètres de hauteur, garnissez avec de la pâte à dresser, donnez à votre pâte la forme exacte du moule ; mettez dans un vase des brugnons, des prunes, des abricots dont vous aurez dté les noyaux; sautez-les dans du sucre en poudre, couchez-les dans la croûte que vous avez moulée ; arrosez de sirop et faites cuire à four chaud.

Flan suisse, — Faites bouillir 125 grammes de beurre fin dans un demi-litre de crème ; faites une pâte à choux à la confection de laquelle vous emploierez de la farine de fécule de pommes de terre; maniez cette pâte dans une terrine avec sel, gros poivre, 250 grammes de beurre fondu, gruyère râpé, parmesan, et neufchâtel; déliez avec des jaunes d'oeufs crus; fouettez la moitié de vos blancs d'œufs et incorporez-les dans votre pâte; vous garnirez celle-ci d'un papier fort et beurré que vous ficellerez ; vous mettrez cuire votre flan dans un four qui ne soit pas trop chaud, et quand il sera cuit vous le dresserez.

FLÈCHES DE LARD. — Les rôtisseurs et les cuisiniers appellent flèches de lard les morceaux de graisse ou de panne que Ton enlève de dessus les côtes des porcs, depuis les épaules jusqu'aux cuisses. Ils composent beaucoup de ces flèches de lard pour barder leur viande.

FOIE. — Il n'existe en réalité que trois bonnes manières d'apprêter le foie de veau : à la broche, à la bourgeoise et à l'italienne.

Foie de veau rôti. — Qu'il soit gros, gras, blond ; piqué de gros lardons, assaisonné d'épices, de fines herbes, d'ail.

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