BENOITE
d'œufs d'oiseaux, qu'elle va prendre au nid , et malgré le léger service qu'elle rend à l'agriculteur , en le débarrassant des rats qu'elle peut poursuivre jusqu'au fond de leur trou, elle n'en est pas moins un objet de haine pour celui-ci, qui ne manque pas de la tuer chaque fois qu'il la rencontre.
Sa chair salée a, paraît-il, le goût du lièvre et pourrait servir à l'alimentation, mais dans les cas de nécessité seulement, car elle n'est ni tendre, ni agréable;
Les peuples du Mexique mangent la belette, et Fernand Lopez, dans son histoire de l'Inde, rapporte que des soldats prenaient beaucoup de belettes, qu'ils faisaient cuire à la broche et qu'ils mangeaient avec plaisir.
J'aime mieux un bon train de derrière de lièvre, cuit à la broche, et vous.?...
BELIER. — La chair du bélier, n'a pas grande valeur en cuisine et est considérée pour l'alimentation, comme la plus mauvaise après celle du bouc ; elle est de difficile digestion , ne nourrit pas et a une odeur fétide très-désagréable.
Il est donc préférable de le manger jeune, c'est-à-dire quand il n'est encore qu'agneau, ou bien de le faire châtrer, afin de l'avoir mouton; du moins pour l'alimentation.
BÉNAFOULI. — Riz du Bengale, qui répand, lorsqu'il est cuit, une odeur très-agréable.
Ses propriétés alimentaires sont les mêmes que le riz, il est plus léger que ce dernier.
BÉNARI. — Espèce d'ortolan, passager en Languedoc; il devient très-gras, aussi est-il servi sur les meilleures tables.
BENOITE. — Plante de la famille des rosacées, dont le nom signifie herbe bénite et vient des vertus médicinales et des propriétés merveilleuses qu'on lui attribue.
Elle passe pour vulnéraire, sudorifique et un peu astringente; ses racines fraîches sont recommandées dans les cas de catharres chroniques ; sèches, on les emploie contre les hémorrhagies et les fièvres intermittentes. Elle pourrait, paraît-il, remplacer au besoin le quinquina dans certains cas.
En Norwége, on emploie cette plante pour empêcher la bière, de devenir acre; une très-petite quantité, ajoutée au
aia BERNARD L'ERMITE.
houblon, suffit pour arriver à ce résultat et donner à la bière un parfum fort agréable.-
BENNI. — Espèce de barbeau, du Nil, possédant les mêmes qualités que le barbeau ordinaire.
BERCE. — Genre de plante de la famille des ombellifères, dont l'espèce la plus répandue et la plus connue est la fausse branche ursine. Cette plante est vivace, elle croît dans les prés de l'Europe et est surtout très-commune dans le Nord.
Cette plante n'a d'autres qualités que de servir à faire une espèce de bière, très-forte et très-enivrante, nommée Raffle^ qu'on obtient par la fermentation. Les Russes, les Polonais et les Lithuaniens boivent, paraît-il, beaucoup de cette liqueur qui occasionne la mélancolie; l'ivresse qu'elle produit dure quelquefois vingt-quatre heures.
BERGFORELLE. — Ce poisson, dont la chair molle et tendre, devient légèrement rouge en cuisant, est très-estimé dans le comté de Galles.
BERNARD L'ERMITE. — Espèce de cancre dont la chair est regardée comme un mets très-friand; on le fait le plus ordinairement griller dans sa coquille avant de le manger.
Rien de plus drôle que ce petit crustacé; la nature l'a fait armé jusqu'à la ceinture, cuirassé, gants et masque de fer, de ce côté il a tout; de la ceinture à l'autre extrémité, rien, pas même de chemise; il en résulte que le bernard l'ermite fourre cette extrémité où il peut.
Le créateur, qui avait commencé à l'habiller en homard, a été dérangé ou distrait au milieu de la besogne et l'a terminé en limace.
Cette partie, si mal défendue et si tentante pour l'ennemi, est sa grande préoccupation; à un moment donné, cette préoccupation le rend féroce. S'il voit une coquille qui lui convienne, il mange le propriétaire de la coquille et prend sa placé toute chaude, c'est l'histoire du monde au microscope. Mais comme au bout du compte la maison n'est pas faite pour lui, au lieu d'avoir l'allure grave et honnête du colimaçon, il trébuche comme un homme ivre, et, autant que possible ne sort que le soir de peur d'être reconnu.
BETEL. a33
BETEL. — Plante grimpante des Indes, qui fait le principe du masticatoire de ce nom. Des masticatoires en usage dans les pays chauds, le bétel est le plus énergique. Quatre substances le composent ordinairement : premièrement, la feuille brûlante du poivrier-bétel, qui donne son nom à cette composition. Quelquefois aussi on se sert du fruit jaune de la plante, ou d'une assez forte quantité de feuilles de tabac, ou de chaux ^îve, beaucoup plus caustique que la nôtre, ainsi que Vauclin s'en est assuré.
Le père Papin indique qu'il y a des individus qui prennent de cette chaux gros comme un œuf par jour.
La noix Dariquier, qui forme à elle seule plus de la moitié du poids du bétel, est encore plus active parce qu'elle contient une très-forte proportion d'acide gallique, ce que Ton reconnaît à la grande astriction qu'elle produit dans tout l'intérieur de la bouche et de la gorge ; l'action en est d'autant plus forte qu'elle est mêlée à des substances également irritantes. En effet, toutes les dents en sont corrodées, dissoutes même, au point qu'il est ^
rare de voir chez les peuples màcheurs de bétel des jeunes gens en avoir encore. Elles ne tombent point, elles sont usées jusqu'au bord des gencives. Et celles-ci sont bientôt horriblement tuméfiées.
De tous les astringents connus, le bétel paraît être le plus énergique, le plus fort, le plus propre à soutenir l'estomac dans un degré de force et de ton nécessaire dans un pays où les sueurs excessives occasionnent des maladies redoutables ; il stimule fortement les glandes salivaires et les organes digestifs ; il diminue la sueur et prévient la faiblesse qui en résulte; enfin, il doit produire au dedans l'effet salutaire que les bains froids, les frictions huileuses déterminent au dehors.
L'instinct et l'expérience ont pu seuls suggérer à ces nations brûlantes le courage de mâcher le bétel ; aussi, malgré la destruction totale de leurs dents, est-il d'usage général dans tous les climats chauds depuis les Moluques jusqu'au rivage du fleuve Jaune, et depuis ceux de l'Indus et du Gange jusqu'au bord de la mer Noire.
Une autre preuve de l'utilité de cet usage, c'est la nécessité où se trouveijt les Européens fixés dans ces climats d'avoir