ANALYSE DES SUCRES BRUTS
Pour faire une ou plusieurs analyses le plus rapidement possible, on commence par les pesées nécessaires k la détermination de l'eau et des cendres. Pendant
qae le sacre sèche* puis calcine^ on dose le sucre cristallisable.
— La dessication et rincinération se font dans des capsulés en platine. Comme le plus souvent on a à faire plusieurs analyses à la fois, il est nécessaire d'avoir plusieurs capsules qu'on distingue les unes des autres par une lettre ou par un signe quelconque gravé sur la capsule ; on emploie généralement des capsules ronfles à fond plat de
55mm à 60"" de diamètre supérieur.
22,5 à 25 de hauteur.
Une balance très commode pour les pesées est celle construite par M. Deleuil, et qui, en portant 300 gr. dans chaque plateau, est sensible au demi-milligramme.
En y remplaçant* les plateaux avec fils de platine par d'autres plateaux en cuivre d'une plus grande dimension, avec un seul étrier rigide, on facilite beaucoup les mouvements de la main, et les pesées exigent très peu de temps. Le plateau en cuivre pèse environ 50 à 55 gp. ; la capsule, 20 à 25 gr., et avec le poids de sucre qu'on prèse habituellement, on est loin d'arriver à la charge maxima de 300 gr. Aussi en employant les précautions voulues, en retirant les plateaux lorsque les analyses sont terminées, on peut se servir très longtemps de cette balance sans qu'elle ait besoin de réparation.
— On se servira avec avantage, dans ces pesées, au moins pour les fractions du centigramme, de poids en aluminium qui se manient plus facilement que les poids en platine^ et qu'on a moins de chance de perdre ou de briser.
— Enfin, on aura soin de placer dans la cage de la balance un verre contenant du chlorure de calcium desséché.
DOSAGE DE l'EâU. ^
Le dosage de l'eau est très simple : on pèse un certain poids de sucre, on le fait. sécher, on le pèse de nouveau, et la perte de poids indique la quantité d'eau contenue dans le sucre. On opère généralement sur 5 grammes de sucre.
Voici comment on peut faire les pesées :
On commence par établir pour chaque capsule une
tare correspondante ; pour cela, on met snr le plateau droit de la balance :
La capsule, ' '
Un poids de 5 grammes,
Et S ou 3 centigrammes. '
Sur le plateau gauche, avec le bouchon qui la fermera, une petite bouteille portant le sigiie de la capsule, et dans laquelle on met de la grenaille de plomb jusqu'à équilibre; on ferme la bouteille qui sert indéfiniment de tare ; il n'y a que le poids N de 2 ou 3 centigr. qui varie un peu par suite de Tusure de la capsule, mais on a soin de le noter à chaque analyse.
Pour peser les 5 gr. de sucre, on enlève le poids de 5,gr., et on met dans la capsule, au moyen d'une spatule en os, le sucre à analyser jusqu'à ce que l'équilibre soit rétabli : on a alors exactement 5 gr, de sucre dans la cajRuIe.
C'est la méthode des doubles pesées, dont l'exactitude est toujours rigoureuse et qui ne demande qu'une balance sensible.
— Dans cette première partie de l'analyse, il y a deux précautions à prendre :
40 Avant chaque pesée il ne suflBt pas de laver et d'essuyer la capsule, il faut la faire sécher un moment dans l'étuve ou mieux dans la inoufle ; sans cette précaution on peut commettre des erreurs de 2 à 3 miil. sur la tare, et une erreur de 2 mill. sur la tare entraînerait une erreur d'environ fr. 20 par sac de lOOkil.
à^ En prenant les 5 gr. de sucre on doit bien mélanger tout l'échantillon : si le sucre a voyagé dans des boites et surtout s'il est impur, il se purge et la partie supérieure est plus riiche que la partie inférieure qui renferme presque toute la mélasse et par suite presque toutes les impuretés.
15i Tair est très sec, il est prudent d'enlever toutela partie de Téchantillon qui, en contact avec l'air, a pu perdre une partie de son humidité.
EnfiJD, on écrase et on mélange avec le reste du sucre les parties agglomérées qui peuvent s'y trouver.
— On porte la capsule contenant les 5 gr. de sucro dans une étuve chauffée de 100 à 405 degrés. Au boyt de trois quarts d'heure à une heure, la dessication est terminée.
Le temps nécessaire à Tévaporation de l'eau pouvant varier avec le tirage de l'étuve, il est bon de le déterminer pour chaque éluve. Pour cela, au moyen de plusieurs expériences, on note le temps après lequel deux pesées successives, h un quart d'heure d'intervalle, donnent le même résultat.
On peut employer l'étuve du docteur Coulier ou un simple bain de sable couveat, chauffé au moyen d'une grille à gaz.
Un thermomètre à mercure indique la température qu'on règle en faisant varier rentrée du gaz et le tirage de l'étuve.
Les grandes étuves en tdle, à bain de sable et à deux OU trois compartiments sont beaucoup plus avànta-
getises, car on peut obtenir à la fois plusieurs températures très constantes en raison même de la grandeur de Tétuve.
— La dessication terminée, on laisse refroidir le sucre sous une cloche dont Tair est maintenu sec au moyen de chlorure de calcium ; sans cette précaution le sucre en refroidissant reprend assez rapidement une nouvelle quantité d'eau d'autant plus grande qu'il est plus chargé de sels hygroscopiques. — Le sucre refroidi, on le porte sur le plateau de la balance ; en raison de Teau qui s'est évaporée, l'équilibre n'existe plus ; il faut pour le rétablir ajouter à côté de la capsule un certain poids qui est exactement celui de l'eau contenue dans les 5 gr. et disparue par évaporation.
— Si, dalis la pesée du sucre encore humide, N était le poid^ qu'on avait mis sur le plateau pour l'équilibre ; §i N' est le poids pour l'équilibre dans la pesée
. du sucre sec ; N' — N représente Teau contenue dans les 5 gr. (N' N) X 20 donne la proportion d'eau pour cent.