INVERSION
Il est resté après la première observation 40 a
60 cmc; de dissolution clarifiée et décolorée (1).
On prend un ballon marqué sur le col de deux traits de jauge indiquant : le premier, une capacité de 50 cmc; le second, une capacité de 55 cmc, de telle sorte que le volume compris entre les deux traits de jauge est le dixième du volume compris jusqu'au premier trait.
On verse la liqueur seulement jusqu'à la hauteur du premier trait, et on y ajoute jusqu'au niveau du second de Tacide chlorydrique pur et fumant, on agite pour que l'acide se mélange bien au liquide sucré, et on plonge un thermomètre dans le ballon qu'on place dahs UH bain-marie ou dans l'étuve qui sert à la dessication des sucres. A 68®, on arrête le chauffage, qui doit durer environ dix minutes. On laisse refroidir à Tair ou dans de l'eau froide ; on retire le thermomètre; avec quelques gouttes d'eau on ramène au trait de jauge supérieur le niveau du liquide qui a été légèrement abaissé par l'évaporation ; on agite et on filtre le liquide pour séparer le précipité de chlorure de plomb qui s'est formé. — On se sert alors du tube construit spécialement pour l'inversion. L'intérieur de ce tube est en verre, car le cuivre serait attaqué par la
(1) On ajoute au besoin les 20 cmc. qu*on avait mis dans le tube du saccharimèlre, car il y a intérêt à faire passer sur le noir le moins de liquide possible pour que la' décolo^ ration soit plus promptement obtenue. .
liqueur acide. Il est muni au milieu d'une tubulure verticale dans laquelle on place un thermomètre disposa de telle sorte que, par un mouvement de frottement de sa moDture métallique sur la tubulure, on peut faire pénétrer le réservoir jusqu'au-dessus du rayon lumineux qui doit traverser le tube. — Ce tube a 2â cm. de longueur : Texcédant de â cm. sur le tube ordinaire servant à compenser l'effet produit par l'addition de l'acide.
On remplit le tube en versant le liquide par la tubulure centrale, et en inclinant le tube dans tous les sens pour faire sortir les bulles d'air ; enfin on le porte sur le saccharimètre.
— Sous l'action de l'acide chlorydrique, tout le sucre cristallisable qui tournait à droite a été converti en sucre interverti tournant à gauche, tandis que le sucre incristallisable et les autres principes n'ont pas été modifiés ; aussi l'égalité de teinte n'existe plus, et il faut pour la rétablir faire tourner le grand bouton horizontal H noo plus de droite à gauche, mais de gauche à droite. Quand l'uniformité de la teinte, qui doit toujours être la teinte sensible, est rétablie, on voit à quelle division correspond le trait de l'indicateij^r, et l'on note cette division ainsi que la température t indiquée par le thermomètre au moment de l'observation.
Voici -maintenant ce qui reste à faire pour obtenir définitivement le titre de la mélasse essayée. Le uombre de divisions B trouvé après l'inversion peut
être à droite ou à gauche du de Téchelle. Le nombre A trouvé avant était toujours à gauche.
Si B a été trouvé à droite, on l'ajoute au nombre A'.
Si B a été trouvé à gauche, on le retranche du nombre A.
Et on a ainsi un nouveau nombre C qui est une somme (A + B) ou une différence (A •— B). Alors, dans une table spéciale construite par M. Clei:get, on cherche, sous le chiffre correspondant à la température t de Tobservation, en suivant la colonne verticale au-dessous de ce chiffre, le nombre qui s'approche le plus du nombre G, et suivant de l'œil la colonne horizontale de ce nombre on rencontre dans la-€olonne A du tableau le nombre de centièmes de sucre pur contenus dans la mélasse ou sa richesse, son titre.
A défaut de la table de M. Clerget, voici comment on calcule la richesse en sucre de la mélasse essayée. Soient :
P la richesse *>/o eu sucre cristallisable ;
t la température à laquelle on a opéré ;
C la somme ou la différence des déviations ; 200 X C
Remarques, — On opérerait de la môme manière pour la dissolution d'un sucre brut ou de toute autre substance sucrée.
Avant de faire pour la première fois une inversion il sera bon de faire un essai sur un liquide ne contenant que du sucre cristallisable, et de voir si la table
de Clerget donnera le même nombre que la lecture directe.