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CHAPITRE V

Des Secrétaires interprètes, des Drogmans ET DES Interprètes.

34. Secrétaires interprètes, drogmans, interprètes, élèvesdrogmans et élèves-interprètes, — Les secrétaires interprètes, les drogmans et les interprètes sont nommés par le président de la République, sur la présentation du ministre des aflaires étrangères. Les secrétaires interprètes, dont l'un porte le titre de premier secrétaire interprète, sont au nombre de trois et résident à Paris ; l'un d'eux est spécialement chargé des travaux concernant les langues d'Extrême- Orient. Le nombre des drogmans est fixé à trente, et celui des interprètes à douze. (1)

Les secrétaires interprètes sont choisis parmi les drogmans et les interprètes ; ceux-ci parmi les élèves-drogmans et les élèves-interprètes, et ces derniers sont généralement recrutés, dans les conditions que nous exposerons ci-après, parmi les élèves diplômés de l'Ecole des langues orientales à Paris, anciennement appelée Ecole des jeunes de langue. (2)

L'institution des Jeunes de langue est de date fort ancienne en France, et remonte à l'administration de Colbert. Réglementée d'abord par les arrêts du conseil des 18 novembre 1669 et 31 octobre 1670, elle fut modifiée par celui du 7 juin 1718. A cette, époque, l'Etat faisait simultanément les frais de l'éducation de dix jeunes Orientaux au collège des jésuites à Paris et de douze enfants français aux couvents des capucins de Constantinople et de Smyrne. Ce système pouvait avoir pour résultat d'engager l'État pendant plusieurs années

(1) Décret du 12 novembre 1891, art. 14. (F.)

(2) Ordonnance du 20 août 1833. (F.) — Décret du 18 septembrcl880. (F.)

successives dans des dépenses faites pour des enfants qui, soit par manque de dispositions naturelles, soit par défaut d'application, ne devenaient jamais capables de servir utilement dans les emplois qui leur étaient destinés. L'arrêt du conseil du 20 juillet 1721 fît cesser ces inconvénients, en statuant qu'à l'avenir il serait élevé dans le collège des jééuites de Paris (1), au lieu de douze jeunes Orientaux, dix jeunes enfants français, de l'âge de huit ans, pris dans les familles françaises établies dans le Levant, ou faisant en France le commerce des échelles, et que ces enfants, après avoir reçu à Paris une première éducation et suivi un cours d'arabe et de turc, seraient ensuite envoyés au collège des capucins de Gonstantinople pour se perfectionner dans l'étude des langues orientales, de manière à devenir aptes aux emplois de drogman.

Cette législation a, depuis lors, été modifiée, en raison des réformes mêmes qu'a subies depuis plus d'un siècle notre organisation consulaire dans le Levant ; mais le principe qui en fait la base a été maintenu. L'utilité d'une école préparatoire pour les jeunes drogmans ne saurait, en effet, être mise en doute, et la supériorité de nos drogmans, due en grande partie à l'éducation pratique qu'ils commencent à recevoir dans un âge très jeune, commande impérieusement la conservation du système actuel.

Il n'y a plus depuis longtemps de collège spécial à Gonstantinople ; jusqu'en 1875, les jeunes de langues, en sortant de l'école du drogmanat, attachée à l'un des lycées de Paris (2), étaient envoyés à Gonstantinople ou dans les consulats généraux du Levant, pour y terminer leur éducation, sous la direction du premier drogman de léchelle à laquelle ils étaient attachés par le ministre des affaires étrangères, avec le titre d'élèves-drogmans. Ce stage a été remplacé, depuis 1875, par l'obligation de suivre les cours de l'école des langues orientales vivantes.

(1) Aujourd'hui lycée Louis-le-Grand.

(2) Actuellemenl lycée de Vanves et lycée Louis-le-Grand.

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