EAU, NAÏUHELLE OU MODIFIÉE
tient le résidu d’une lixiviation générale du globe, est tellement riche en sels, qu’elle cesse d’être potable et ne peut plus désaltérer, car, loin d’étancher la soif, elle l’irrite et I l’exaspère. L’art d’obvier à tant de défauts et d’obtenir partout des eaux de bonne qualité avait doue une notable 1 importance et nécessitait des procédés spéciaux.
On a su de bonne heure débarrasser les eaux courantes ' des particules terreuses qui les troublent en les laissant I reposer un temps dans des vases. Les Égyptiens clarifiaient I ainsi l’eau du Nil et avaient imaginé le siphon pour décan- I ter le liquide sans l’agiter. On filtre souvent les eaux limo- I neuses à travers une couche de sable fin ou une plaque de I pierre poreuse. Les substances organiques, dont la dé- ! composition corrompt les eaux croupissantes, sont retenues par des filtres de charbon dont l’emploi date de 1800. Mais M. Chamberland a démontré (1884) C[ue, pour débarrasser de leurs germes infectieux les eaux contaminées, il faut les faire passer sous pression à travers des tubes en porcelaine dégourdie. La soude sert à neutraliser et précipiter les sels calcaires dans les eaux qui en sont trop chargées. Enfin on ote par distillation leur salure et leur amertume aux flots de la mer qui, absolument impotables, exposaient les navigateurs à périr de soif au milieu môme des eaux.
Le problèiïie de la transformation des eaux salées en eau douce, d’un si grand intérêt pour la marine, parut insoluble à l’antiquité. Aristote pourtant, dans ses Météorologiques^ avait indiqué, comme moyen de le résoudre, une distillation élémentaire, et l’on paraît avoir essayé d'appliquer ce procédé du temps d’Alexandre d’Apbrodise, qui le signale dans ses Commentaires . Mais on ne réussit pas à le rendre pratique, et jusqu’à nos jours, les équipages ont dû emporter avec eux leur approvisionnement
msTOiRK iih: l’alimentatiu.n
d’eaii. Celle précaulion poiivail suffire pour de petites traversées, dans une mer close comme la Méditerranée. Mais, lorsqu’on aborda la grande navigation et les longs parcours, l’eau ne tardait pas à se corrompre dans les ton- .1 neaux, et occasionnait des maladies. On essaya d’y remé- , dier en carbonisant les tonneaux à l’intérieur, puis en "i les remplaçant par des caisses de tôle qui avaient aussi des inconvénients. La vraie solution exigeait qu’on pùt se pi-o- ' curer en mer l’eau dont on avait besoin. Dès la fin du ^ XVII® siècle, les inventeurs s’en occupaient (1). Le problème a été résolu de notre temps, d’abord par Clément et Freycinet, ensuite d’une manière plus complète par MM. Peyre et Rocher, au moyen d’un appareil dis..llatoire, qui fonctionne sans autre dépense que celle du combustible nécessaire pour la cuisine de l’équipage. Cette utile découverte, après avoir mérité à ses auteurs la médaille d’or à l’exposition de Paris en 18-49, a été honorée d'un prix Monthyon par l’Académie des sciences et d’un grand prix à l’exposition universelle de Londres en I80I. Plus récemment, on a eu recours à des appareils frigorifiques pour séparer les éléments de l’eau de mer par congélation, avec moins de frais encore, parce que sa température ordinaire est plus rapprochée de celle de la glace que du point de vaporisation.
Il fallait aussi pouvoir modifier la condition thermique de l’eau, afin de l’absorber à volonté chaude ou fraîche, car l’eau tiède est indigeste et provoque des nausées. Échaulfée ou refroidie, elle exerce au contraire une action tonique.
Dès qu’on eut des vases allant au feu, il devint facile de
Mj llaiinton, dans Traitsaclious i)hiloÿoplii<jites, 1070.