NATURE ET PRODUCTION DES SUBSTANCES ALIMENTAIRES H
répugnances. Un sauvage qui, au besoin, fait repas de tout, trouve encore à subsister là où un civilisé mourrait de faim.
A mesure, en elfet, que riiomme parvenait à se procurer par sou industrie une abondance croissante, il pouvait éviter les dures extrémités de la famine, choisir les aliments qui lui agréaient le mieux et suivre libi’ement ses goûts. Il a fini par ne retenir, pour sa subsistance habituelle, que les choses reconnues les meilleures dans le banquet inégal de la création. Faisons un rapide inventaire de ces produits les plus usités. Nous aurons à distinguer les aliments plastiques, assimilés par l’organisme, et les aliments calorificateurs, destinés à être brûlés. Quoique leur opposition ne soit pas aussi tranchée que le supposait Liebig, puisque, d’une part, les matériaux plastiques concourent, en s’oxydant à la calorification, et que, de l’autre, nombre d’aliments servent à la fois à produire de la chaleur et à la réfection des tissus, la distinction se justifie dans un classement sommaire, car elle reste fondée sur une différence de nature, la valeur des aliments plastiques consistant surtout en composés complexes d'azote, et celle des aliments calorificateurs en composés plus simples de carbone. Nous leur adjoindrons, à titre accessoire, les condiments ou adjuvants de la nutrition.