‹ Histoire de la langue française des origines à 1900Chapitre 215 sur 385 · Ib., 300, cf. Remania, XXX · texte numérisé non relu

Ib., 300, cf. Remania, XXX

4. Roudet, Éléments de phonétique générale, Paris, 1910, 92 : « i ouvert anf^lais, dit bref {bit, tip, lick, etc.) est encore un peu plus ouvert (que i dans Tall. Lippe) et son timbre paraît à une oreille française assez voisin du timbre de é. Le français ne possède pas de i ouvert. » C'est là exactement le son du hollandais dont il s'agit ici.

5. M. Van Wijk considère ce mot comme un emprunt fait au latin, non au français, et il le rapproche de morus devenant en vieux hollandais mûr, où le changement de o en ou serait analogue à celui de e latin en i germanique, comme dans Rin du latin Benus. Mais en néerlandais moras devient moer (pron. mour) et non pas *muttr. Voyez Franck's Etymologisch Woordenboek der NederUndsche Tant, 2" éd., par N. van Wijk i. v. moerbei et uur.

6. 11 est vrai — M. R. A. Kollcwijn nous le faisait remarquer — que quelques rares mots néerlandais commencent par un son qui se rapproche beaucoup de la chuin-

Comme il est fait ici même, dans les chapitres qui concernent les autres langues, les mots seront présentés par catégories. Le groupement adopté, dont l'explication et la justiGcation ont été données ailleurs ^ repose en somme sur une idée essentielle que voici. Il importe de distinguer entre les mots étrangers qui ont passé la frontière en même temps que Tobjet ou le concept qu'ils désignent (mots techniques), et ceux qui nomment des idées ou des choses déjà connues au moment où ils y sont introduits (mots non techniques). En outre, il ne faut pas oublier que plus Tidée exprimée est individuelle, personnelle, plus le mot qui l'exprime est probant pour Tinfluence française, car la vie intime est beaucoup moins facilement accessible à des influences étrangères que la vie publique ; on est soi-même surtout dans sa maison et dans ses relations d'homme privé. Et dès lors, il semble qu'après avoir commencé par les mots qui ont une signification très impersonnelle et qui se rapportent à l'homme en général, il convienne de pousser l'exposé vers ce qui concerne de plus en plus l'individu.

Ces observations faites, nous n'allons pas reproduire ici une liste de tout ce que doit au français le néerlandais du xvi^ et du xvii® siècle. On trouvera cette liste ailleurs, aussi complète qu'il a été possible de la faire ^. Ne seront cités ici que des mots qui sont restés dans la langue, dont la présence dans un texte du xvi® ou du XVII® siècle n'est pas due par conséquent au caprice d'un écrivain 3.

Sciences. — Les mots de ce groupe sont extrêmement nombreux aujourd'hui, mais il importe, — et la chose est souvent assez difficile — de bien distinguer les mots proprement d'origine française et les termes internationaux, c'est-à-dire ces termes aux éléments grecs et latins, qui, malgré leur apparence française, proviennent souvent de pays autres que la France. Anciennement la science, en

taille française, et peut-être même n'en ditîère pas du tout, par exemple sjofelj sjouwen. A rintérieur des mots, ce son n'est pas non plus complètement inconnu en hollandais ; en effet, le sj dans besjCj musje, etc. ressemble beaucoup à ch français. Cependant les Hollandais qui prononcent ch, j, français sans avoir appris à produire ces sons convenablement, ne les identifient instinctivement, ni avec sj de sjofel, ni avec sj de besje.

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