‹ Histoire de la langue française des origines à 1900Chapitre 53 sur 385 · HISTOIKK DE LA LANGUE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

HISTOIKK DE LA LANGUE FRANÇAISE

concert avec rAcadémie françoise, car le moyen de se concerter quand on est esloigné de deux cent lieues ? joint que T Académie estant chargée par les lettres de son institution de faire un dictionnaire, une grand mère, une rhéthorique et une poétique, elle ne peust associer personne dans ses travaux, à quoi elle s'appliquera aussitost que le dictionnaire sera achevé » ^ .

Évidemment M. de Vertron avait manqué de prudence et de tact. Mais si IWcadémie refusait toute proposition de collaboration, c'est, comme le laisse très nettement entendre la lettre de Charpentier, qu'elle se réservait le monopole de travaux qu'elle «avait encore l'espoir de mener à bien. D'autre part on entendait à Paris exercer une sorte de tutelle sur les sociétés qu'on afliliait, alors que certains provinciaux, emportés par leur caractère méridional, rêvaient d'égalité. On exigeait même de ces sociétés des tributs annuels, symboles de la subordination des uns et de la suzeraineté des autres. Arles ne voulut jamais s'abaissera ces conditions^. Ces Messieurs de la Royale avaient l'indépendance et ils y tenaient. Loin de reconnaître leur infériorité, ils poussaient Torgueil jusqu'à juger des productions de Paris et conclure avec un serein aplomb qu'elles ne feraient pas honte à celles de leur Compagnie '^ ?

L'Académie de Soissons — Seule, une des Académies provinciales parait avoir accepté non seulement la qualité de vassale, mais s'être régulièrement acquittée de ses obligations, c'est l'Académie de Soissons, vraie filiale de l'Académie française *. Les lettres patentes d'érection, de juin 1674, organisaient le corps, à la condition qu'une correspondance régulière serait entretenue avec "ladite Académie (celle de Paris), que le protecteur serait un des Académiciens de Paris, que les membres enverraient tous les ans^une pièce à Paris. Or, pendant tout le reste du siècle, les Soissonnais vinrent apporter leur tribut ^, Les auteurs de ces pièces, admis à la

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