CHAPITRE X
ROLE MÉDIOCRE DE CES SOCIÉTÉS DANS LA DIFFUSION DU EEAU LANGAGE EN FRANCE
Les académies provinciales et les amateurs de beau langage^ — L'Académie française avait tout à fait raison de refuser les. oiîres qu'on lui faisait de collaborer avec elle dans le travail de (( fixation de la lan^e ». Étant donné les idées qui régnaient, des provinciaux ne pouvaient aidera établir le bon usage.
Ils pouvaient du moins le répandre. Il était possible aux Académies d'être des sortes d'oflices de renseignements. Les demandes étaient nombreuses et pressantes. Si peu qu'on feuillette un registre*, on y trouve des questions, l'exposé de scrupules de langage sur lesquels des correspondants voulaient être résolus. Dès le folio 20 du registre d'Arles, M. l'abbé Rance a trouvé une consultation de ces MM. deTarascon (nov. 1666) L'année suivante, le 31 octobre 1667,, (( M. de Sabatier fit voir un escrit qu'il avoit reçu d'Aix, par lequef on consulte T Académie sur certaines difficultés qui furent données à vuider à M. de Robias, pour estre examinées et pour en dire son sentiment^ ». En décembre de la même année, on « leut une lettre d'Apt (adressée par M. Marmet de Valcroissant) qui estoit la recharge d'une première demande sur la question du Pour et du De^ sçavoir qu'est-ce qu'on de voit dire pour bien parler, et de quel terme on devoit se servir pour exprimer l'intention de l'auteur- ».
Il arrive que ce sont les membres eux-mêmes qui viennent soumettre leurs doutes à la sagacité de leurs confrères. En octobre- 1670, M. d'Arbaud, dont on avait critiqué plusieurs expressions « faict voir une apologie qu'il a faicte pour certains mots qu'on avoit censuré dans une de ses lettres : eaux exquises, contour , siéger, et soumet le tout à la critique légitime de l'Académie •'*».
Le difficile était de répondre avec compétence à ces demandes de^ consultations. La bonne volonté ne manquait pas. On s'exerçait à lire ou chez soi ou en séance les « bons livres » des théoriciens ou
1. Rég, de VAcad., f* 43 bis, v», dans Rance, o. c, III, 369 n. 1.