‹ Histoire de la langue française des origines à 1900Chapitre 72 sur 385 · Mém, de Louis XIV, éd. Dreyss, II · texte numérisé non relu

Mém, de Louis XIV, éd. Dreyss, II

3. Mon coUègue M. Cultru, professeur d'Histoire Je la Colonisation à la Sorbonne, a bien voulu m'aider pour ce chapitre de ses conseils et de son érudition. Voir Abbé Paillon, lïist. de Ut Colonie franc, en Canada (Villemarie, 1866, t. III, p. 257-284).

bec, avait, dès l'abord, considéré comme sage d'étudier Talgonquiiiy et elle estimait qu'elle nV avait pas perdu son temps ^

L'assimilation. — Toutefois Ghamplain avait eu la pensée, l'illusion, si l'on veut, qu'«avec le temps et la fréquentation d'un peuple civilizé », des indigènes qui n'étaient « point tant sauvages » pouvaient « estre rendus polis. » Plus précisément, il espérait « leur enseigner avec la cognoissance de Dieu, la gloire et les triomphes » du roi, et « faire en sorte qu'avec la langue françoise, ils consoivent aussi un cœur et courage françois^ ».

Divers efforts semblent avoir été spontanément tentés dans la première moitié du xvii® siècle, pour donner à des enfants indiens une culture à la française. Ainsi au Séminaire des Hurons, établi à No tre-Dame-des- Anges, en 1634. Mais les directeurs se lassèrent bientôt : ils ne voyaient pas de « fruict notable parmy les Sauvages, commençant l'instruction d'un peuple par les enfants ^ ». Au contraire, chez les Ursulines, qui avaient un pensionnat et des écoles, on ne paraissait pas mécontent enl644. « A peine auroit-on creu que les filles sauvages se deussent jamais assuiettir à tous les exercices d'une classe ^. » Le 12 octobre 1655, la direction était en mesure de montrer les « séminaristes » aux ambassadeurs iroquois, en particulier un petit phénomène qui chantait en huron, en latin et en français''. Mais en 1658, les désillusions sont venues, la correspondance le laisse voir. Des petites filles capables d'enseigner à lire et à écrire à leurs compagnes ont préféré, une fois adultes, retour* lier à la liberté^'.

CoLBERT INTERVIENT. — SuT CCS entrefaites, survint un événement qui, pendant longtemps, réchauffera le zèle des tièdes. Golbert arrive au pouvoir, et sous son influence, les idées de francisation s'affirment et s'imposent avec une toute autre vigueur. Sans doute, il ne va pas jusqu'à imaginer de faire de l'apprentissage du français une condition nécessaire pour devenir « regnicole ». C'est en embrassant le catholicisme qu'on acquiert ce précieux privilège*^. Néanmoins Colbert voudrait que cette première conversion,

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