Id., Henriette Anne d'Angleterre, Paris
4. Id., Henr. de Fr., 308. Cf. Henr. d'Angl.^ Préf., 4 et 5. Jusqu'en 1669, dans sa correspondance avec sa sœur, quatre lettres seulement sont en français.
Le roi semblait avoir voulu emporter la France avec lui. Avant le départ, il commanda à Sourceau, son tailleur, les costumes du couronnement, et toute sa vie, malgré des retours et de brusques saillies, il garda le goût pris en France des arts, de la vie de cour, des jardins, des opéras, et le manifesta de cent façons.
Il se plaisait, en temps ordinaire, à s'entretenir pendant des heures avec nos ambassadeurs. Ainsi Gourville, qui ne savait pas l'anglais^, faisait de longues promenades avec lui, dans le parc de Saint- James (1663). Hamilton cite des plaisanteries qui prouvent qu'à la cour des conversations avaient lieu en français. On prêchait parfois en français dans la chapelle du château^.
Charles 11 paraît avoir personnellement fait cas de Saint-Évremond et avoir désiré son retour en Angleterre 3, car il le gratifia d'une pension de trois cents livres sterling, et il le recevait Tété à Windsor. 11 est certain aussi qu'il a encouragé les troupes d'acteurs français ^ qui, malgré les plaintes de leurs rivaux anglais, dont Drjden s'est fait l'organe, attiraient la foule des élégants. 11 avait vécu à la cour de France, alors que la culture de la langue occupait les salons et les beaux esprits. En matière littéraire, il était tout français de goût. Celle de ses maîtresses qui eut le plus longtemps sa faveur, qui devint, à partir de 1671, sa maîtresse en titre, la célèbre duchesse de Portsmouth, était une Française, Louise de Kéroualle.
Avec tout cela, loin d'être entêté de français, le roi entendait ne pas s'en servir d'ordinaire, même dans sa famille. Ainsi il écrivait régulièrement à sa sœur en anglais, lui donnant pour raison d'abord que cela lui était plus commode à lui, mais en outre qu'il voulait Tempêcher d'oublier sa langue paternelle. Il se réservait même le droit de faire semblant d'ignorer notre langue. Il en usa un jour où, aux prises avec ce « charmeur » de Courtin, il était un peu ébloui des saillies spirituelles, des réponses habiles et pressantes de l'envoyé français. « Depuis que je suis dans mon Royaume, dit le roi, j'ai quasi oublié la langue française, et, dans la vérité, la peine que j'ai à trouver les paroles me fait perdre mes pensées. C'est pourquoi j'ai besoin d'être soulagé et d'avoir du
1. « Tous ces messieurs m'en parlcrent aussi (de m'clablir à Londres), mais conurie je me défiois de pouvoir apprendre la langue •... {Mém., éd. Mich. et Pouj., 540).
2. Il y a un témoignage d'Evelyn. En 1662, Alex. Morus tient attentif même un auditoire anglais (Charl., Vie soc, 205).
3. Let. du comte d'Arlington au chev. Temple, 29 av. 1670, dans Saint-Evrem., (JEuv.y I, 102.
i. Kn 1661 il leur fait verser une somme de trois cents livres (Charl., Th. et crit. ,. 71). En 1678, le roi assiste toujours aux représentations, prés de M"»* de Mazarin (Id.,^ ih., 73V