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488 HISTOIRE DE LA TJ^NGUE FRANÇAISE

Les réfugiés et le français. — Qu'importe après cela qu'un huguenot ait enseigné ici ou là le français à des Anglais * ? Là n'est pas le rôle spécifique des réfugiés. Français de langue, Anglais de domicile, ils ont été, comme Ta très bien vu Texte, au moins quelques-uns d'entre eux, les premiers « citoyens de l'Europe pensante » les avant-coureurs du cosmopolitisme philosophique du xvui® siècle*.

Ce qu'ils ont fait connaître en Europe, ce n'est ni la politique, ni la philosophie, ni la science, ni l'esprit français. En revanche ils se sont servis pour leur œuvre de diffusion à peu près exclusivement de notre langue. L'anglais leur permettait de se mettre en contact avec tout ce qu'ils voulaient faire connaître, c'était leur langue de recherches, mais ce ne fut pas leur instrument de vulgarisation. Leur (( style réformé » n'a pas donné au français un ouvrage, au sens littéraire du mot; il a contribué à lui donner un monde. Plus que beaucoup de chefs-d'œuvre, il a répandu notre langue et en Angleterre et hors d'Angleterre, car des milliers de gens ont appris le français, sans avoir en aucune façon le désir de prendre part au festin des lettres, mais avec la volonté de jouer un rôle dans les affaires politiques et religieuses et dans la science de leur temps.

1. Le 19 déc. 1681, à Southampton, meurt la peLite-fllle de M. Papin « françois de nation, et Maistre Descolle » {Regisire de VÉgL wall. de Sonthamptoriy publié dans The publications of the Huguenot Society of London, IV, 1890, 118).

2. Voir J.-J. Rousseau et les origines du cosmopolitisme littéraire, Paris, 1895, S".

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