‹ Histoire de la langue française (volume 4)Chapitre 152 sur 352 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

5. //>., 271. S'il n'est pas parlé de ce sujet en ce qui concerne la Zélande et la Hollande, c'est certainement que la chose allait de soi pour ces provinces. (//>., 269-70).

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vation du flamand, mais son développement ; elles sont avant tout d^ordre économique. Néanmoins le français tirait de sa situation dans les cours de précieux avantages. La noblesse et les classes riches ne cessaient pas de le considérer comme un instrument nécessaire de culture, dont tout enfant bien élevé devait s'assurer la possession, s'il voulait se pousser dans le mondée

Si la littérature flamande, depuis le xui® siècle, n'avait pas cessé d'exister, le genre littéraire le plus estimé dans ces pays du Nord, terre d'élection de l'histoire, je veux dire la chronique, continuait à fleurir en langue française. Sans doute elle ne produit plus un Froissart, ni un Jean le Bel, ni un Commines. Malgré cela, il n'est pas sûr que les contemporains s'aperçussent de la décadence, car Georges Chastellain tenait le rôle, et avec assez d'éclat pour être appelé « le grand Georges 2 ». En 1455 il se trouvait à Valenciennes, dans la patrie même de Froissart. C'est là que le duc lui avait accordé un logement et qu'il lui donna deux ans plus tard ime charge de conseiller, c'est là que fut écrit le second livre des Chroniques, là encore que le 2 mai 1473 le Téméraire, tenant le chapitre de la Toison d'Or, fît à l'historien l'honneur de l'armer chevalier. Ses compatriotes avaient tout droit de croire que le genre n'avait jamais compté d'écrivain plus éminent.

Pour ce qui est des provinces du Nord, il faut distinguer entre la Hollande et la Zélande d'une part, et Utrecht et la Gueldre de l'autre. Chastellain appelle les habitants de ces dernières contrées « une diverse génération de gens », et appuie souvent sur leurs sentiments hostiles envers les Français. Le pays au nord de Deventer, comprenant les provinces actuelles d'Overijssel, de Drenthe, de Groningue et de Frise, était, d'après le même Chastellain, habité par « diverses et sauvages nations » ; le français y était à peu près inconnu ^. Il est d'autant plus remarquable que, dans les milieux savants, l'idée s'y perpétuât cependant qu'il était nécessaire d'avoir visité et même habité la France pour avoir une éducation complète. Ainsi dans la seconde moitié du xv® siècle on voit le célèbre humaniste Agricola, natif du pays de Groningue, se rendre

1. M. Pircnne renvoie (II, 413, n. 1), à de Potter, Gent, II, 79 n., où se trouve un acte dans lequel un patricien de Gand rappelle le temps où lui et ses frères « waren buten lands omme walsch te learen ende in scolen » . Pour Tépoque postérieure, voir la Préf. de Ram à VHistorU Lovaniensium de Molanus, I, p. vi.

2. Né dans le comté d'Alost, vers 1404, il fut élève de Louvain, et vécut un peu partout, en France, à Cologne, en Bretagne, à Nevers.

3. J. Huizinga, Mit de Voorgeschiedemis van ons nationaal besef {dans de Gids, 1912, p. 51 et 52 du tirage à part).

non seulement à Erfurt et à Cologne, mais aussi à Louvain, où en peu de temps il apprit le français. Et il ne s'agissait pas pour lui, comme nous le raconte un de ses biographes, « de posséder la prononciation grossière des Hennuyers», mais d'attraper le « français élégant », un français qui étonnait ses camarades de France K

1. IL J. E. M. van der Velden, Rodolphus Agricola, thèse de I^yde, 1911, 55-60. Il n'est pas impossible qu*Agricola ait passé aussi quelque temps à l'Université de Paris.

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