‹ Histoire de la langue française (volume 4)Chapitre 154 sur 352 · GEuv.^ III, 11. AmRîid verd · texte numérisé non relu

GEuv.^ III, 11. AmRîid verd

le préféré, sinon le plus grand, parait avoir été Claude Bouton, seigneur de Corbereau, qui joua un si grand rôle dans la diplomatie et la politique, sous Charles-Quint *. Des femmes aussi se mêlaient de vers, telle la comtesse de Homes. Bref, tout un petit cercle de lettrés vivait autour de la gouvernante, et prenait son plaisir à des divertissements littéraires 2. Dans ce cercle on ne parlait que français et les « rederijkers », tels Herpener, en 1556, s'en sont plaints.

On peut ajouter que si le nombre des bons écrivains français des Pays-Bas n'a pas été plus grand, ce n'est pas que les Muses y aient parlé flamand, c'est que, là comme ailleurs, quelques-unes se croyaient trop inspirées pour s'exprimer autrement qu'en latin. Des pédagogues comme Sturm et Vives, le délicat Jean Second se détournèrent à la fois des deux langues vulgaires. Malgré ces défections, M. Doutrepont n'a pas manqué de le remarquer, la littérature bourguignonne est devenue plus elle-même, sous le dernier duc de Bourgogne et après sa mort qu'auparavant ^, Sous Marguerite, son centre était bien la Flandre.

Chakles-Qlint et Marie de Hongrie. — L empereur, élevé par Marguerite, avait lui aussi le français pour langue maternelle. 11 n'a jamais correspondu qu'en français avec Tarchiduchesse Marguerite et la reine Marie ^, et on pourrait citer une foule de faits montrant qu'il avait l'habitude* d'user exclusivement du français, même en pays flamand. Ainsi, quand il prit possession de la ville de Dunkerque, en 1520, c'est en français qu'il prêta son serment ^. Et on rapporte qu'il avait défendu à ses serviteurs et à ses ministres de langue française de s'entretenir avec lui dans sa chambre en une autre langue ^.

Avec Marie de Hongrie (1531) les choses changèrent déjà. La nouvelle maîtresse du pays était née à Bruxelles (1505), et avait été élevée à Malines. Toutefois, transplantée de bonne heure en Allemagne, elle n'avait pas reçu cette culture toute française dont Marguerite

1. Il est l'auteur d'un Mirouer des darnes^ inédit. Voir E. Beauvois, Un agent politique de Charles-Quint, Paris, 1882, et H. Guy, Hist. de U Po, au XV !• «., I, VEc. des rhétor.. Pari?, 1910, p. 44.

2. L. Tilmant, Les albums poétiques de Marg. d'Aulr., Bull, du cercle archéol. de Malines, XI (1901), p. 129 ; dans Pirenne, III, 314.

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