Rerum Belgicarum Annales, préf.,2, Francf
4. Waldack, Historia Provinciae Flandro-Belgicae Societatis Jesu, IX, 24.
moins en moins en public ^ Les femmes surtout Tabandonnent. On envoie les jeunes filles chez les Ursulines, parce que celles-ci viennent de France -. Dans les bibliothèques privées, s'il y a quelques livres, ce sont des livres français. Les avocats invoquent le droit français, les juristes français les lois françaises ^.
Progrès croissants. — Tout engouement mis à part, ce changement, en apparence paradoxal, s'explique de soi. La séparation des provinces du Nord avait détruit en Belgique Téquilibre entre l'élément flamand et l'élément français. Le flamand n'apparaissait plus que comme une langue provinciale, un dialecte presque étranger. Des hommes hostiles à la France, tels que Jansenius, lequel a écrit contre elle son Mars Gallicus, sont des francisants par force et par intérêt. Des princes purement espagnols tels qu'Albert et Isabelle ^, sont obligés de laisser parler français à leur cour : n'est-ce pas la langue de cette noblesse qui a ramené à l'Espagne la Wallonie ? Une épithète heureuse sauve les apparences : on l'appelle « langue bourguignonne^ ». 11 arrive du reste fort souvent que les jeunes gens vont l'apprendre, sinon en Bourgogne, du moins en Franche-Comté, dans cette Université de Dôle où en 1631 se constitue une Nation flamande, peuplée surtout de catholiques des Pays-Bas ^.
Au fur et à mesure qu'on avance dans le siècle, la situation du français s'améliore encore. C'est Teffet de ce prestige qui agit par-