DANS LES PROVINCES-DNIES
Assurément, durant son règne et celui de son fils, tout de luttes atroces et sans fin, jamais la noblesse, peu nombreuse du reste, ne put se grouper autour des princes, et vivre un peu de cette vie intellectuelle et mondaine qui suppose, pour devenir possible, de longues années de paix. En revanche, divers capitaines français commencèrent à se rendre auprès de ces princes calvinistes. Guillaume avait été stathouder de trois provinces, Maurice le fut de cinq, et après 1620 de six. Il était, comme son père, très familier avec le française Sa maison était en partie française. Il avait un chirurgien français appelé Luc - ; deux domestiques français, « dont Tun le servoit à la chambre, nommé Jean de Paris, » dont « l'autre êtoit un de ses hallebardiers nommé Jean de la Vigne '^. » Mais, chose d une autre importance, il vit venir à lui toute une jeunesse protestante, originaire de France, qu'attirait sa réputation d'homme de guerre et qui désirait s'instruire à son école *. « Toute la Noblesse de France, dit Aubery du Maurier, au sortir de l'Académie, alloit apprendre la guerre sous le Prince Maurice, comme autres-fois elle alloit en Piémont, sous ce grand Maréchal de Brissac. Les Hyvers, la Haye êtoit toute pleine de Seigneurs et de Gentils-hommes François, qui ne manquoient pas, pour honorer le Roy, en la personne de son Ministre, de raccompagner à r Audiance de MM. les Etats généraux, quand il y alloit ^ ».
Le Refuge. — Les édits terribles de Charles-Quint contre les protestants, renouvelés par Philippe II, de 1355 à 1567, avaient déjà obligé des milliers de nouveaux convertis à se réfugier en Angleterre, en Allemagne. Lorsque le duc d'Albe et le duc de Parme eurent entrepris d^exterminer Thérésie par le fer et le feu, et qu'ils eurent provoqué la révolte, Témigration wallonne se dirigea presque exclusivement vers ces provinces du Nord qui s'étaient délivrées du joug de Rome et de l'Espagne ; elle y forma des églises''. Ces églises se lièrent facilement avec les
1 . Il fréquentait Téglise française. « Je l'ay considéré mille fois, dit du Maurier, dans TËglise Françoise du Château de la Haye, qui servoit autres-fois de Chapelle aux Comtes de Hollande » {Mém. hist. IIoU., 1680, 244).