‹ Histoire de la langue française (volume 4)Chapitre 172 sur 352 · CHAPITRE V PREMIÈRE PARTIE DU XVII« SIËCLE · texte numérisé non relu

CHAPITRE V PREMIÈRE PARTIE DU XVII« SIËCLE

A LA COLR ET DANS LA SOCIÉTÉ CULTIVÉE. — Frédéric Henri, qui succéda à Maurice de Nassau (1625), était fils de cette Louise de Coligny dont nous avons déjà parlé et qui avait été la quatrième femme de Guillaume I®*". Huygens nous apprend combien la tradition française était vivante sous ce prince. « En cette cour, il n'y a pour tout compte que deux langues en usage, la françoise et la nostre^ » D'ailleurs, Frédéric-Henri avait reçu une partie de son éducation en France-. Lui-même y envoya son fils naturel, Frédéric de Nassau 3. Le roi de Bohème, qui a été en relations très étroites avec la cour du Stathouder, avait été élevé chez Henri de Bouillon * et son fils aîné avait habité Paris ^.

Guillaume H, qui régna ensuite, avait le don des langues. 11 parlait l'allemand, l'anglais, en même temps que le français. C'est cependant en français qu'il écrit son journal, et s'il y laisse passer des imperfections de langue, elles sont sans importance. Il est sensible que notre langue lui est très familière et qu'il Ta faite sienne. Ainsi des noms de villes hollandaises lui viennent souvent sous forme française, c'est assez dire^.

Quelques mariages de grands seigneurs avec des dames françaises ont dû contribuer à introduire çà et là l'influence française. Ainsi

1. Mém, 38. Un de ses pagres fut Gédéon du Puis, sieur de Landou ville, gentilhomme normand, qui entra ensuite au service du prince Guillaume où il était en 1670 {Mém. de Pomponne, Aff. Etr., Holl., Corr., 90, f» 36).

5. S. Van Zuylen van Nyevelt, Conrt-Ufe in the Dulch Republic, Londres, 1906,

3. Corr.de Huygens, 1,422, n. Cf. Mém,, 170, où on trouvera les conseils donnés par Huygens à ce sujet.

4. Gebauer, dans Touvrage cité plus loin, 57, n. 2, 71 et 72.

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