‹ Histoire de la langue française (volume 4)Chapitre 173 sur 352 · Van Zuylen van Nyevelt, o. c · texte numérisé non relu

Van Zuylen van Nyevelt, o. c

6. Par exemple Uitreck (Utrecht), J/aes(ric/f (Maestricht), iVimesr/ie (Nymegen). On trouvera d'autres détails dans une communication faite, en 1912, à la réunion générale de la « Maatschappij der Nederlandsche Letterkunde » à Leyde. M*"* Van Zuylen van Nyevelt, o. c, 46, prétend que les lettres que Guillaume envoyait d'Angleterre à son père sont écrites « en mauvais français ». C'est trop sévère. Les inexactitudes sont, ici encore, en majeure partie, des fautes d'orthographe.

Aerssen van Sommelsdijk avait épousé une marquise française ^ \Ime Y^jj Boetselaer s'appelait de son nom de jeune fille, marquise de Clermont-Gallerande*. Mais ces faits accidentels sont peu de chose. La vérité est que la connaissance de notre langue paraissait un complément nécessaire d'éducation. Dans sa très curieuse relation rimée des événements de sa vie, Coenraet Droste nous raconte que son frère Guillaume a été élevé à la cour du prince de Tarente, Henri-Charles de la Trémoille, à Thouars ; son frère Matthieu reçut, à Sedan, les leçons du pasteur Saint-Maurice -^

Un Hollandais de haute culture : Constantin Huygens. — Mais aucun exemple ne montre mieux que celui de Constantin Huygens ce qu'un homme d'une haute culture, élevé à la fois pour les affaires publiques et pour la vie intellectuelle, donnait d'application à notre langue, le cas qu'il en faisait et les services qu'elle lui paraissait pouvoir rendre et à un Hollandais et à la Hollande. Il a été secrétaire, à partir de 1625, des princes Frédéric-Henri, Guillaume II, et de Guillaume III pendant les premières années de son règne ; il a servi ces divers princes pendant soixante-deux ans. C'était à la fois un des hommes de la haute société et un des bons littérateurs des Pays-Bas, où ses œuvres sont devenues classiques.

De bonne heure il avait appris le français à fond, avec le chantre de Téglise wallonne de La Haye ^. Son gouverneur Jean Brouart, frère de lait du prince Frédéric-Henri, élevé lui-même dans la maison d'un gentilhomme français, avait reçu, en entrant au sei'vice de la famille Huygens, l'ordre de faire comme s'il ignorait complètement le hollandais •'.

Une pareille éducation avait porté ses frujts. Les nombreuses lettres françaises qui nous restent de Constantin Huygens, ses mémoires

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