‹ Histoire de la langue française (volume 4)Chapitre 217 sur 352 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Quand on essaye de suivre dans les principaux pays de TEmpire le mouvement qui aboutit à faire connaître le français, une chose frappe d'abord, c'est que l'impulsion vint d'en haut, et que ce fut pour imiter les princes que des familles nobles firent donner à leurs enfants une éducation française. Les cours d'où semble être venu l'exemple sont celles de Palatinat et de Hesse.

Palatinat. — Dans ce pays on avait toujours eu besoin du français ^, mais il semble que de bonne heure on en avait pris le goût. Dès 1531, Kaspar Scheit, de Worms, compose une poésie, sorte de Débat entre Mai et l'Automne, dans l'introduction de laquelle Mai parle de la préférence de l'Electeur du Palatinat et de sa femme pour le français. Le poète est obligé d y puiser pour leur plaire et satisfaire aux inclinations de la cour 3. Il cite même nombre de vers français.

Dix ans plus tard, une église franco-hollandaise se fondait à Frankenthal ^. L'électeur d'alors, Frédéric III ^, élevé à Nancy, correspondait souvent en français 6, et fit élever ses trois fils en France ^. Frédéric IV 8, son petit-fils, épousa Louise Julienne, fille de Guillaume de Nassau Orange, et de Charlotte de Montpensier,

1. Sur le français dans les cours d'Allemagne, voir, outre les ouvrages généraux cités plus haut: Vehse, Geschichle der deulschen //ô/c,Uamb., 1851-8, 48 vol. in-12*. Cf. D.-C. Pietz, Prinzenunlerrichl im 16 und i7 Jahrhunderty (Jahrcsbericht des Neust&dter Realgymnas. zu Dresden, 1887).

2. Hubert Thomas entre ainsi en 1522 au service particulier du duc Frédéric II le Sage, de Palatinat, qui avait besoin d'un secrétaire français. (Sleinhausen. art., 358;.

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