‹ Histoire de la langue française (volume 4)Chapitre 243 sur 352 · Gebauer, o. c · texte numérisé non relu

Gebauer, o. c

3. Cf. Kluge, Von Luther bis Lessing, 4* éd., Strasbourg, 1904, 128 et suiv.

de grierre et de marine figurent dans la liste en nombre très respectable : admirai, arsenal, artillerie, bataille, cornett, corporal, flamberge, flotte, fortifikation, fregatte, golf, havarie, kalm, kapitalation, kapitulieren, kommandieren^ lavieren (louYOjer), lerm (alarme), leutnant (lieutenant), munition, muskete, pilât, postieren, ramion (rançon), ranzionieren, rapier (rapière), ser géant, on a parfois attribué au contact des armées françaises et des populations allemandes, une partie des résultats que nous avons constatés. C'est une idée enfantine. La guerre de Trente ans n'a pas empêché la diffusion du français en Allemagne, c'est tout ce qu'on peut dire. Vérification faite, la plupart des mots de guerre avaient passé antérieurement à cette époque. Pour regarderies choses d'un peu plus haut, cette longue suite de calamités qui transforma en désert des contrées jusqu'alors cultivées, vida les villes, rejeta les paysans à la vie nomade, pêle-mêle avec des brigands et des filles, et en fit des bandes de maraudeurs, fut un obstacle invincible à toutes les formes de la civilisation. Les églises wallonnes du Palatinat avaient été presque anéanties à la suite de l'invasion des troupes impériales. Mannhein rasé, Heidelberg pillé, le culte interdit et les pasteurs en fuite, il ne restait à peu près rien des communautés de langue française. Ailleurs les dommages, quoique différents, n'étaient pas moindres. Quand les porcs se promenaient dans les rues de Cologne transfonnées en cloaques^ que les loups pullulaient dans les campagnes vides de leurs laboureurs, que le commerce des grandes villes était tombé à rien, que les énergies étaient abattues par les malheurs et dépravées par les excès d'une soldatesque déchaînée, si certains princes et le petit clan qui les entourait, pouvaient encore s'intéresser à des études de luxe, la partie cultivée de la nation qui eût pu les suivre, découragée et ruinée, n'avait guère le goût à Fétude de la 'langue française. Et qu'on ne parle pas d'utilité. L'Allemagne s'est-elle mise au suédois, alors que les bandes suédoises contribuaient avec les nôtres à la fouler et à la ravager?

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