‹ Histoire de la langue française (volume 4)Chapitre 258 sur 352 · CAUSES DE CBTTB DIFFUSION. LA. POLITIQUE ET LA LANGUE · texte numérisé non relu

CAUSES DE CBTTB DIFFUSION. LA. POLITIQUE ET LA LANGUE

reusement. On lui donna une rose en diamants. De son côté, il dédia à la duchesse son Orateur Chrétien^ et en 1682, il devint, grâce à elle, gouverneur des pages de la cour de Brimswick-Lunebourg, chaîne dans laquelle il mourut, le 18 août 1701 ^ . En 1676, son fils Christophe avait été appelé à Zell, comme secrétaire du duc GSeorges-Guillaume ^.

Cette colonie française fut au complet, quand la Révocation de rÉdit de Nantes eut amené dans les duchés de Brunswick de nombreux protestants, qui y furent sinon très bien accueillis, du moins tolérés par les luthériens. Si bien qu'un jour, à la table du prince, tous les convives, dit-ou, étaient Français. Et Tun d'eux, encouragé par la bonne humeur du maître, s'écria en riant : « Nous pourrions dire, Monseigneur, que vous êtes la seule personne étrangère ici. »

Chez les frères du duc. — La francisation ne s'était pas restreinte à la seule cour de Georges-Guillaume ^. Dans la branche de Lunebourg-Wolfenbuttel, c'est surtout à Antoine Ulrich, qui se piquait de littérature, que notre langue fut chère. Toutefois son frère la possédait aussi, et Chappuzeau, en parlant de la maison, dit que tous les princes parlent c< parfaittement » français . En eiFet, presque tous les descendants de Georges furent plus ou moins, par leurs mariages, entraînés, comme leur frère Georges Guillaume, dans l'orbite française. Ernest-Auguste avait épousé Sophie, sœur de Charles-Louis de Bavière. Notre langue était presque la sienne. Elle s'en servait à peu près exclusivement pour sa correspondance, comme si elle eût été française. Elle eut autour d'elle plusieurs de nos compatriotes ; d'abord en 1660 Madeleine Marchant, puis M'^ de la Motte, qui l'accompagna dans ses voyages, M'^® de la Manselière, et toute sorte d'autres personnages ^.

Cette éducation qu'elle avait reçue, elle entendit qu'on en accordât aussi le bienfait à Liselotte d'abord, sa nièce (fille de Ch. -Louis), qu'elle craignait de voir partir en Italie, où « son françois demeurera au croc et où elle deviendra \ma dama italiana », à moins de trouver un maître français à Venise ^. Elle voulut ensuite la trans-

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