‹ Histoire de la langue française (volume 4)Chapitre 271 sur 352 · Élût de la Cour de Br,, p · texte numérisé non relu

Élût de la Cour de Br,, p

4. Voir Une pensionnaire des Ursulines de Paris, ConsUnce- Emilie de U Porte (1683-1747); Bu Zl Soc, H. Prol., 1892, 537.

fois, on y joue, on y lit, on y prend du café, on y passe le temps le plus doucement du monde. L'électeur et Télectrice les honorent souvent de leur présence. * » « Frédéric Guillaume, disent les Mémoires d'Erman et Reclam, dut se féliciter de rencontrer parmi la Noblesse Réfugiée, des personnes qui, avec une instruction solide, pouvoient donner aux Princes et aux Princesses de sa Maison, ce vernis de politesse, ces manières aisées, ce ton de la conversation, plus nécessaires aux Grands qu'à tout autre ^. »

De fait, les rois de Prusse étaient plus justes et plus clairvoyants que leur peuple. On se souvient en quels termes le fils de Sophie Dorothée, Frédéric II, appréciait le rôle joué par le Refuge dans son royaume. Il écrivait un jour à d'Alembert : « Le zèle de Louis XIV nous a pourvu dune colonie de huguenots, laquelle nous a rendu autant de services que la société d'Ignace en a rendu aux Iroquois ^, » Je ne voudrais pas prendre à mon compte cette comparaison, mais il est certain que les Français et la langue fran- <çaise jouèrent alors un rôle capital dans la formation et la direction <ies esprits en Prusse.

Les Réfugiés et la. propagation de la langue. — Il me faudrait maintenant être plus précis encore, et parvenir à déterminer dans, quelle mesure les Réfugiés contribuèrent à renseignement de notre langue. On se représente en effet trop volontiers chaque émigré comme un missionnaire, tout au moins un propagateur du français. Le métier a fait vivre d'autres émigrés, un siècle plus tard, et il nous semble, à nous, modernes, que c'était le plus sûr et le plus lucratif que des Français pouvaient prendre à Tétranger. Il n'en est rien, et ceux qui ont lu les chapitres qui précèdent sur la diffusion <iu français en France, devineront dès l'abord pourquoi.

En effet, pour quelques-uns qui — en haut — étaient capables d'enseigner notre littérature et notre idiome, la masse était composée de pauvres hères sans instruction. On trouve dans les listes des gens de tous métiers, mais surtout des ouvriers et des laboureurs illettrés. Parmi les deux cent dix réfugiés qui, le 17 février 1690, s'installèrent à Madgebourg, soixante et onze, donc un tiers, n'étaient pas en état d'écrire leur nom *. Certains ouvriers ont été des agents de civilisation, je le veux bien. Admettons que les « fai-

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