Lcyde, 1690, Stengel, p. 50, n
3. Behrens, «r^c.,172. Aux registres matricules de l'Université on trouve d'autres maîtres de danse :
1656 Joseph Renaud, maistre à dencer à Paris, mense aprili ; 1671 Franciscus de la Marche, Argentoratensis, Tantzmeister, 2 nov. ; 1677 Joannnes Gautier de Perincour, maître de langue et de danse, 6 nov. ; 1700 Duperron, Parisien, maître de danse, 6 oct.
4. Pendant les repas, aux élèves qui n^avaient que trois mois de séjour chez Deshayes, il était défendu de parler allemand pendant un quart d'heure, à ceux qui y étaient depuis six mois, une demi-heure, à ceux qui y étaient depuis neuf mois, trois quarts d'heure, et enfin pendant tout le repas, à ceux qui s'y trouvaient depuis un an, et ce, sous peine d'une amende d'un pfennig (Tollin, o. c, 111, 1" p., 7»2-783).
5. Voir Tollin, o. c, III, l'* part., c. 782-785. Deshayes était chargé de famille et ne put se suffire. Il quitta Magdebourg en 1687, probablement pour Berlin, où parut un programme d'école tout semblable au sien.
de Berlin, inscrit Deshayes en qualité de maître de danse. Le brave homme Tétait en effet, mais il était aussi maître de langue ^ Ce n'était pas du reste le seul Français qui cumulât l'enseignement du français avec les leçons « de danse et de maintien. »
Le CARACTÈRE DE LA LANGUE FRANÇAISE ET LES ALLEMANDS. — Ainsi
la langue française apparaissait aux Allemands comme inséparable des bonnes manières. Elle Tétait en effet; ils ne se trompaient point. Les Français Tavaient voulue ainsi. Ils en avaient fait ime forme de « la politesse », de « Tart de plaire à la Cour. » Deux générations avaient travaillé à lui donner, à lui ôter aussi ce qu'il fallait pour qu'elle pût satisfaire le goût le plus raffiné que le monde ait connu depuis les beaux temps d'Athènes. La peine que Vaugelas prend pour définir ce que c'est qu'un galant homme dit assez les exigences de la société du temps ^. La langue qu'on avait façonnée sur cet idéal avait son prestige à elle, et sa valeur propre. Des Allemands, dont la culture était suffisante pour qu'ils pussent être de bons juges, et ne céder à aucun entraînement de mode, Tont reconnu et proclamé. Thomasius par exemple, qui n'a jamais, tant s'en faut, été le partisan d'un total abandon, qui a au contraire amené ses compatriotes à se ressaisir, voyait avec une parfaite netteté les rapports entre notre sociabilité et le caractère que nous avions donné à notre français, « Leur langue, dit-il, est gracieuse, charmante ; sa liberté respectueuse sans contrainte est plus habile à s'infiltrer dans les sentiments des hommes qu'une gravité affectée d'un orgueil de rustre ^. » J'ai trouvé dans un manuel conservé à la Bibliothèque de Hambourg ^, un témoignage plus naïf, mais qui reflète la même impression : Dans cette langue, dit la Préface au lecteur, on rencontre une douceur et un charme particulier, car chaque langue a son caractère propre, et on dit : Avec les dames il faut parler français, c'est-à-dire aimablement et amicalement. Avec Tennemi on parle allemand ^.